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Antoinette Six (Traducteur)
EAN : 9782752904102
416 pages
Éditeur : Phébus (16/04/2009)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 96 notes)
Résumé :
Lorsque Grace Melbury revient dans le petit hameau boisé de Little Hintock, après ses études, son avenir est depuis longtemps tracé, déterminé par une promesse intérieure faite entre son père et celui de Giles Winterbone, décédé.

Grace et Giles sont promis l'un à l'autre, ils se marieront. Mais Grace a grandi. Elle a découvert, hors des frontières de son village, une tout autre vie, d'autres rêves.

Portée par l'ambition et ses nouvell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  04 janvier 2016
Je ne sais pas pour vous mais moi la forêt est vraiment un lieu qui ne peut me laisser indifférente. Elle peut être à la fois si accueillante et si inspirante, et d'autres fois si inquiétante et si mystérieuse... Et le pire réside sans doute dans le fait qu'elle peut être tout cela à la fois en un laps de temps fort court. Je me souviens par exemple parfaitement de m'être perdue en forêt au cours d'une randonnée et d'être passée en quelques secondes d'un état d'harmonie à un état de panique totale. Un beau soleil, des châtaignes sous vos pieds, des mousses fascinantes sous votre main et tout semble parfait, puis, d'un seul coup, un gros nuage, un bruit insolite, le vent dans la feuillée, l'écho d'un tir de chasseur et l'enchantement devient cauchemar, vous passez du décor de Blanche-Neige à celui du projet Blair Witch.
C'est dans cette ambiance ambivalente de la forêt que Thomas Hardy implante son roman "Les forestiers". Lui qui d'habitude offre à l'imagination de son lecteur des paysages de collines et de prés s'étendant jusqu'à l'horizon et de vastes champs fait ici le choix de l'inviter dans un contexte aussi exhalant qu'oppressant, sous le couvert des bois. La ruralité y est toujours très présente, notamment avec la découverte des industrieux hommes et femmes qui vivent (ou survivent) des fruits de la forêt et de l'exploitation du bois mais pour cet auteur qui affectionne particulièrement la nuit et l'action nocturne, l'ambiance se fait particulière.
Grace Melbury est la fille d'un marchand de bois plutôt prospère qui lui a fait donner de l'instruction par ambition. De retour de pension, la pauvre jeune fille est aussi à l'aise dans son milieu natal qu'un funambule débutant sur son fil. Attirée par ses racines et ses amours juvéniles mais vouée par son père à une autre destinée, prétendue plus brillante, elle se laisse voler les choix capitaux de son existence et est rapidement entraînée dans un drame sentimental contre lequel elle n'est pas armée et qui lui coûtera son rêve de bonheur et ses grandes espérances.
Ambition, adultère, jalousie, vengeance forment le terreau de ce très beau roman qui compte donc parmi les œuvres noires de l'auteur. Les personnages principaux sont comme d’habitude très bien campés, leur psychologie finement analysée et s'il émerge fugacement des sombres circonstances du récit le sentiment de l'honneur, de l'amour et de l’honnêteté, il est toutefois insuffisant à faire des "Forestiers" un roman optimiste.

Challenge 19ème siècle 2016
Challenge Multi-Défis 2016
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berni_29
  24 janvier 2020
Françoise Héritier disait de ce magnifique roman de Thomas Hardy, Les Forestiers, qu'il était le livre de sa vie, celui qui l'avait bouleversé.
La littérature classique anglaise m'apparaît toujours avec ce charme particulier, je ressens ce plaisir que je ne sais jamais bien définir. L'autre matin, j'écoutais sur France Culture Mona Ozouf évoquer cette particularité qui la touche aussi, elle trouvait avec justesse les mots pour décrire la littérature anglaise du XIXème siècle, disant que "celle-ci faisait entrer L Histoire dans le concret des vies, faisait descendre le politique dans le domestique. Il y a chez les romanciers anglais, un sens du concret, du détail, de la saveur, de la couleur, du grain des choses..."
Voici le troisième roman de Thomas Hardy que je lis. Autant vous l'avouer sans détour : cette rencontre fut un enchantement.
Ici nous sommes au rythme de la forêt, ceux qui travaillent ici dépendent de cette ressource quel que soit leur niveau social : propriétaires forestiers, bûcherons, négociants, cidriers... Jusqu'à ces étroites chaumières où des femmes taillent à coup de serpe de petites baguettes à usage domestique... J'ai trouvé cette fresque sociale peinte avec beaucoup de finesse et de justesse. On s'y croirait.
Et puis il y a l'amour... C'est une histoire anodine à première vue, mais violente lorsqu'on avance dans ce roman, violente comme la passion, non pas une passion exacerbée, mais quelque chose de contenu, une force souterraine tout au long du récit. Violente et poignante.
L'intrigue repose sur trois fois rien, quoique Thomas Hardy n'en finit pas de nous égarer dans les méandres de l'âme humaine, de démêler les fils ténus qui sous-tendent cette histoire, qui emportent dans un destin partagé plusieurs personnages aux velléités parfois différentes.
Il y a tout d'abord ce personnage principal qui m'a totalement séduit, cette jeune femme Grace Melbury qui revient dans son village natal, Little Hintock, après ses études à la ville. Son avenir est déterminé par une promesse faite entre son père et celui de Giles Winterbone, décédé. Grace et Giles sont promis l'un à l'autre, c'est décidé, c'est écrit, ils se marieront. Mais voilà, Grace a grandi. Elle a découvert, hors des frontières de son village, une tout autre vie, d'autres rêves, d'autres horizons...
Et puis, un autre homme, en la personne d'un certain Edred Fitzpiers, médecin, beau, irrésistible et troublant, va en décider autrement et venir troubler ce chemin si bien tracé d'avance...
Grace appartient au milieu des forestiers, mais elle est déchirée entre deux mondes, comme si elle venait brusquement d'une autre classe sociale, comme si elle était devenue autre... Elle entre dans cette histoire avec cette déchirure.
Les personnages, leurs itinéraires qui se croisent, se vivent au rythme de la forêt, celle-ci est tantôt apaisée, tantôt tourmentée, tantôt rebelle ou mystérieuse.
J'ai aimé le personnage de Giles Winterbone, élégant et rustre, ce fiancé pressenti, promis à Grace, admirable forestier, taiseux magnifique, fidèle dans son amour, d'une noblesse de coeur, avec un rapport aux arbres qui est touchant, tandis qu'Edred Fitzpiers, le médecin qui courtise Grace, est si éloigné du coeur et des préoccupations de la jeune femme. Si éloigné des arbres aussi.
Vous l'aurez compris, derrière les ramures et les feuillages, parmi les sapins, les hêtres et les chênes, se dessine une sorte de triangle amoureux.
Quatuor amoureux plutôt puisqu'il y a aussi la belle et mystérieuse Felice Charmond, la châtelaine qui réside tout là-haut à Hintock House, traversant le paysage parfois furtivement, dans son carrosse noir, laissant deviner à travers la vitre opaque un visage énigmatique...
Dans une ambiance rustique, c'est aussi un roman aux accents modernes, dans la manière qu'a l'auteur de vouloir rompre les codes amoureux établis, dont souffrira Grace Melbury tout au long du récit, contre lesquels elle se battra, aidée du reste par l'entremise de celui qui l'aime et qu'elle aime, Giles Winterbone.
J'ai beaucoup aimé aussi le père de Grace, ce père qui voudrait aider sa fille à sa manière ; à certains moments il s'indigne des règles qui condamnent une femme une fois mariée à devoir se résigner à jamais, s'accommoder de son sort en silence. J'ai beaucoup aimé ce père, austère et digne.
Les personnages secondaires sont également attachants, comme cette Marty South, jeune fille pauvre du village, aux cheveux magnifiques et tant convoités...
La distinction des différences sociales ici est forte, dévastatrice, dicte les destins amoureux, imprime des chemins irrémédiables qui vont à la fois rassembler, séparer, unir, désunir, rendre malheureux en définitive. Chercher la compassion.
Thomas Hardy est un peintre, au geste ciselé, touchant l'intime des coeurs. C'est une peinture aux touches délicates. Peindre l'âme, c'est un peu aussi peindre une forêt, aimer l'âme humaine, c'est presque le même rapport aux arbres.
C'est fin, c'est intelligent.
Parfois je me suis demandé ce que Grace Melbury serait devenue si elle s'était emparée de son destin d'une toute autre manière, se révoltant contre les biens pensants, la bienséance, le poids d'un monde façonné par les hommes, si tant de fois on n'avait pas décidé pour elle...
Parfois aussi le destin est capricieux, tient à trois fois rien ; à quelques millimètres près à l'échelle romanesque, le sort d'un amour peut peut être sceller dans un sens comme dans l'autre...
Elle est au milieu du gué, déchirée entre deux chemins possibles et cela rend ce roman d'une incroyable beauté.
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cmpf
  25 novembre 2015
Si en ces temps sombres vous avez envie de changer de décor, je vous propose de partir pour le Wessex, région imaginaire ou Thomas Hardy situait ses romans et que l'on peut identifier au sud-ouest de l'Angleterre. Non pas que les romans de cet auteur soient gais et pleins d'espérance, loin s'en faut. Mais le malheur vient de de la vie quotidienne et mêmes les personnages les moins recommandables sont encore pleins d'humanité. Surtout vous pourrez y respirer l'air des forêts, marcher en compagnie de l'un ou l'autre à travers les sentiers, dans une nature très présente.
Parmi ces forestiers de Little Hintock, Melbury, marchand de bois assez aisé, veuf remarié, qui a voulu donner à sa fille une éducation au-dessus de sa condition. Mais son désir de lui offrir le meilleur va se retourner contre celle-ci. En effet depuis longtemps il est sous-entendu qu'elle épousera Giles Winterbone, fils d'un ami de son père et qu'il a frustré autrefois de sa possible conquête. Melbury espère ainsi se racheter. Mais voyant les deux jeunes gens côte à côte, il pense que Giles est indigne de sa fille, que Grace a maintenant des goûts trop raffinés pour être comblée par la vie que ce mari pourrait lui offrir.
Justement un jeune médecin, Edred Fitzpiers s'est installé au village, et sensible au charme de Grace, la demande en mariage. Celle-ci hésite mais son père estime que le couple sera mieux assorti. Fitzpiers est agréé. Cependant des références culturelles communes suffiront-elles à en faire un ménage heureux ?
Giles, lui, pourrait cependant connaître le bonheur auprès de l'humble Marty South, travailleuse comme lui. Malheureusement il ne voit en elle qu'une amie, tandis qu'elle ne voit que lui.
C'est un chassé-croisé amoureux entre cinq personnes auxquelles on pourrait encore ajouter Tim Tang et sa fiancée Suke. Mais écrit par Thomas Hardy, on est loin du récit à l'eau de rose.
Un grand plaisir de lecture.
Challenge ABC 2015-2016
Challenge 19ème siècle
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sarahdu91
  21 avril 2017
Eh bien encore une oeuvre de Hardy qui vaut la peine d'être lue.
Très différente des autres de par son lieu puisque cette fois nous avons droit au décor de la forêt, sombre, mystérieuse et toujours aussi verte si on la compare aux collines habituelles du comté du Wessex.
La psychologie et le caractère des personnages est encore une fois bien détaillé, entre des hommes ambitieux, adultérins et perfides comme notre médecin cité et qui cherche à tout prix une belle jeune fille avec qui se marier, nous avons justement Grace Melbury, belle et attirante mais qui connaîtra la jalousie et vivra des moments difficiles dans sa vie. Un choix qu'elle aura fait mais bien vite regretté.
Mise à part la vie de campagne, ce tout petit village de Hintock est bien servi avec ces personnages qui se connaissent tous.
Bref, un pur moment de plaisir malgré un début assez long à se mettre en place...
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sylvaine
  02 octobre 2017
En route pour le Wessex, cette région au Sud-Ouest de l'Angleterre que Thomas Hardy affectionnait tant. Aujourd'hui pour Mr Melbury est un grand jour. Après un an d'absence ,sa fille Grace, rentre enfin à la maison. Tout le monde l'y attend le coeur joyeux, surtout son ami d'enfance Giles Winterbone ! Mr Melbury, marchand de bois prospère, s'est promis d'unir les deux jeunes gens et se réjouit à l'avance de pouvoir aider le jeune couple . Mais voilà, quand il retrouve sa fille il doit se rendre compte qu'une année passée loin de ce petit village, dans un environnement plus instruit, plus policé, plus riche a métamorphosé sa fille adorée. Giles , modeste forestier, sera t'il "à la hauteur"?
Deux personnes vont venir modifier la vie de tout ce petit monde , tout d'abord un jeune médecin Edred Fitzpiers et Felice Charmond , la jeune et jolie châtelaine , veuve d'un riche mari et qui s'ennuie à mourir dans ce château entouré de bois et de forêts .
Les personnages sont en place. le père et son amour paternel exclusif , la jeune fille qui lui voue un amour aveugle, un jeune médecin qui s'approche de Grace, Giles l'amoureux respectueux qui s'efface, la belle Mrs
Charmond qui s'ennuie... Rumeur , passion, tromperie, humiliation, revanche, amour, tout va bientôt se déchaîner et le drame se nouer .... Hardy inaugure avec Les forestiers ses romans noirs . Une fois de plus il pose les questions qui lui sont chères , le couple, la place de la femme dans la société, l'instruction et nous brosse un tableau exhaustif de cette société de la campagne ;qu'il connait très bien et qu'il apprécie . Nous sortons cette fois-ci des plaines et vallons pour nous enfoncer dans un univers plus sombre et plus majestueux :la forêt , véritable écrin de ce roman.
Un roman qui ,s'il reflète le talent incontesté et incontestable de Thomas Hardy, ne m'a pas enthousiasmée autant que ceux que j'ai déjà lus , j'y ai trouvé, pour mon goût , beaucoup trop de longueurs , le pathos larmoyant de certaines pages m'a gênée . Lecture en demi-teinte donc pour moi.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
berni_29berni_29   19 janvier 2020
Il savait qu'une fois donnée en mariage à un homme une femme doit, en général, s'accommoder de son sort et s'y résigner sans que personne ait à intervenir. Pour la première fois il se demanda s'il était juste que cela se passât ainsi. D'ailleurs il se disait que le cas de Grace était exceptionnel. Sans compter que Grace elle-même était une femme exceptionnelle, sa situation particulière, à mi-chemin entre deux étages de la société, ajoutée à la solitude de Hintock, rendait l'abandon de son mari beaucoup plus grave pour elle que pour une femme qui aurait eu un large cercle d'amis. À tort ou à raison, et indifférent à ce que faisaient les autres parents ont pareil cas, il résolut de prendre en main le bonheur de sa fille.
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cmpfcmpf   10 décembre 2015
Un beau jour, il y eut quelque chose de changé dans les jardins. Les légumes voyaient leurs feuilles les plus tendres diminuer sous la première gelée blanche et pendre lamentablement comme des haillons fanés. Dans les bois, les feuilles, qui jusque-là étaient descendues de leurs branches à loisir, tombèrent soudain et toute hâte et par multitudes, et toutes les teintes dorées qu’on avait vues au-dessus de soi étaient maintenant amalgamées dans la masse informe qu’on voulait aux pieds et où des myriades chaque jour plus rousses et plus dures s’enroulaient avant de tomber en pourriture.
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Gwen21Gwen21   29 décembre 2015
Oui, l'on doit tout connaître de ces êtres disparus qui, jadis, traversèrent ces champs si gris, vus de sa fenêtre ; on doit se rappeler qui poussa la charrue grinçante le long de ces sillons, quelle main planta ces arbres qui aujourd'hui s'élèvent sur la crête de la colline, à qui appartenaient les chevaux et la meute qui traversèrent haletants ce sous-bois, quels oiseaux affectionnent certains de ces fourrés, et quels drames domestiques de l'amour, de la jalousie, de la vengeance et de la déception se sont joués jadis dans ces cottages, dans ces maisons, dans cette rue, sur ce pré.
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Gwen21Gwen21   27 décembre 2015
Juste avant le départ de Grace, elles s'arrêtèrent toutes deux par hasard devant un miroir qui leur renvoya leurs images côte à côte, rendant ainsi tangibles leurs traits communs et leurs dissemblances. L'une et l'autre étaient jolies, mais la proximité du visage de Grace eut pour effet de vieillir Mrs Charmond. S'il existe des types de beauté qui se font valoir mutuellement, il en est d'autres qui se heurtent, l'une faisant impitoyablement tort à l'autre.
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Gwen21Gwen21   08 janvier 2016
L'amour n'est pas une plaine étale : on aime plus ou l'on aime moins. Or Giles n'avait pas remarqué de décroissance dans sa tendresse. Depuis le refus de Grace et depuis son mariage, il s'était efforcé de réduire sa passion aux proportions d'une amitié calme, par pure raison ; mais jusqu'ici il n'avait pas remporté un succès bien éclatant.
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Videos de Thomas Hardy (59) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Hardy
Loin de la foule déchaînée (Far from the Madding Crowd) (2015), un film dramatique américano-britannique de Thomas Vinterberg, l'adaptation du roman homonyme de Thomas Hardy, publié en 1874.
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