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Georges Goldfayn (Traducteur)
ISBN : 2743609281
Éditeur : Payot et Rivages (17/04/2002)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Stephen Smith, un jeune architecte venu restaurer l'église d'une petite paroisse du Wessex s'éprend d'Elfride, la fille du vicaire. Ce dernier, en raison des origines modestes du jeune homme, s'oppose à leur mariage. Le couple décide de s'enfuir à Londres mais Elfride y renonce au dernier moment.

Ce roman en partie autobiographique dresse le magnifique portrait d'une jeune femme broyée par le poids des préjugés, par des passions contrariées, et livrée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Gwen21
  10 juillet 2015
Dans la famille des chefs-d'oeuvre de Thomas Hardy, je demande la fille !
Et la fille, en l’occurrence, c'est Elfride Swancourt, 19 ans, vivant dans le Wessex, au sud de l'Angleterre. Fille d'un pasteur féru de généalogie qui se gargarise d'être affilié à la famille du baronnet local et qui, par là même, nourrit des ambitions pour sa fille et lui-même, orpheline de mère, bientôt soumise à l'influence d'une belle-mère, cette jeune personne, dont les beaux yeux donnent son titre au roman, est décrite par l'auteur comme un être pouvant "dire des choses dignes d'un épigrammiste français et agir comme un rouge-gorge dans une serre". Confrontée à ses premiers émois affectifs, Elfride, prise dans les affres à la fois suaves et douloureux de cet âge délicat entre la jeune fille et la jeune femme, ne saura pas assumer tous ses choix ni identifier la piste menant vers le bonheur.
Ainsi, comme toujours avec Hardy, le protagoniste principal n'est ni tout blanc ni tout noir mais offre au contraire une complexité psychologique dense qui n'est pas sans rappeler notre propre complexité psychologique. Je m'extasie à nouveau devant la capacité de cet écrivain à fouiller sans concession mais avec une indéniable indulgence les sentiments féminins. Il suffit sans doute de se rappeler qu'il était d'abord poète et n'écrivait ses romans que pour gagner sa vie. Comme beaucoup de ses personnages, Elfride, bien que jeune (ou parce que jeune) va donc connaître en un laps de temps assez court - quelques années tout au plus - des mutations profondes, des évolutions et des expériences qui vont à la fois permettre à sa personnalité de se révéler et semer d'embûches son parcours initiatique. Tout comme Bathsheba dans "Loin de la foule déchaînée", Elfride est une héroïne à laquelle le lecteur a d'abord du mal à s'attacher. Éduquée assez librement, son besoin d'autonomie et d'indépendance se heurte vite au carcan des convenances de son temps (fin du 19ème siècle), à la morale rigide de ces contemporains et à la censure de la société.
Pour avoir lu plusieurs romans de Hardy, je peux affirmer que l'un de ses plus grands plaisirs est de faire de ses personnages le jouet des circonstances, de leurs tempéraments et de leurs choix, judicieux ou hasardeux mais toujours de nature à incliner ou à bouleverser leurs existences. Comme lors de mes précédentes lectures, j'ai été totalement emportée par le récit, fascinée par le traitement des sentiments, en quête des réactions des personnages et des rebondissements de l'action. L'écriture est toujours aussi magistrale, le rythme ne faiblit jamais et les descriptions, tout en sensibilité, en poésie et en sincérité, résultent définitivement d'une incroyable alchimie entre la force d'évocation et la concision. La nature, si présente au fil des pages, se fait non seulement cadre mais aussi source d'inspiration de la narration et lui donne avec générosité tout le romanesque de ses rochers, de ses prés, de son bord de mer et de ses bois.
En ce qui me concerne, Thomas Hardy vise à chaque roman la cible du cœur et il met dans le mille à chaque flèche. Bref, je suis conquise, et aussi insatiable qu'une amoureuse. Le romantisme de son oeuvre, dépourvu de mièvrerie, harmonieusement dosé en drame, riche en émotions, est le gage d'une lecture marquante et envoûtante.

Challenge 19ème siècle 2015
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Mimeko
  07 février 2017
Elfride, jeune et ingénue, s'éprend du jeune Stephen Smith, un architecte en devenir mais qui, pour son malheur, n'est que le fils d'un maçon. le père de la jeune fille met son véto à cette union. Après un échange de promesse et la tentative échouée d'un mariage secret, Stephen accepte un travail à Bombay, espérant se faire une situation digne d'une tel mariage. Peu de temps après elle fait la connaissance d'Henry Knight, un parent de sa belle-mère et un ami de Stephen, ce qu'elle ignore, elle s'éprend de lui...Difficile alors de lui avouer qu'il n'est pas son premier amoureux...
Au delà du côté suranné de l'intrigue, qu'il faut replacer dans le contexte d'une Angleterre victorienne rigide qui assimilait un baiser échangé à une situation pratiquement scandaleuse si la jeune fille n'était pas épousée,
Thomas Hardy évoque avec Les Yeux bleus des situations humaines bien plus complexes, il analyse avec finesse et sensibilité tous les sentiments de la relation amoureuse : l'engagement sincère mais peut-être trop rapidement donné par idéalisme ou par amour de l'amour, l'attirance pour une personne que l'on pense supérieure intellectuellement et qui crée une infériorité et une dépendance de l'un sur l'autre, le fait pour un homme de vouloir être le premier ou encore l'affrontement des égos de deux hommes, affrontement qui leur fait perdre tout sentiment vrai, les laissant comme deux coqs au combat. C'est un roman essentiellement humain ce qui n'exclut pas les descriptions de la nature magnifique de l'ouest de l'Angleterre où je me suis perdue dans les chemins de traverse, au milieu des falaises...
Il faut également se remettre à l'imparfait du subjonctif et des tournures de phrases quelquefois complexes (j'avoue avoir dû relire certaines phrases plusieurs fois pour bien les assimiler).
Un roman d'amour où les tours du destin, à contre-temps, se jouent des êtres qu'il va rendre malheureux.
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sylvaine
  24 novembre 2015
Elfride Swancourt est une jeune fille de 19 ans , la vie lui sourit. Fille de pasteur, orpheline, elle entretient une relation d'amour et de confiance avec son père. Certes elle est ravissante, ce qui frappait quand vous la croisiez pour la première fois c'était ses yeux, des yeux bleus :"bleus comme les lointains en automne- du bleu des brumes que l'on voit se retirer des collines et de leurs pentes boisées par un matin ensoleillé de septembre. Un bleu vaporeux, diffus où le regard plonge plutôt qu'il ne s'arrête" (p10 ) A cela s'ajoutait une fraicheur et une spontanéité dans ses propos qui désarmaient ses interlocuteurs et lui conféraientt beaucoup de charme!
Sa vie bascule lorsque Stephen Smith, jeune architecte entre dans sa vie. Venu pour dresser les plans d'une vieille église il s'éprend d'Elfride le pasteur met un véto formel Stephen n'a pas le sou. Elfride et Stephen décident de se marier en cachette mais au dernier moment Elfride renonce . Toute sa vie elle craindra que cette folie en tout bien tout honneur, nous sommes au 19me siècle,ne soit cause de scandale.Stephen part en Inde , Le pasteur se remarie , le monde s'ouvre devant elle Harry Knight apparait....
J'arrête là , je laisse Thomas Hardy vous porter, vous entrainer avec Elfride dans le tourbillon des sentiments, de l'amour , de la raison , d'une société où les jeunes filles ne peuvent qu'obéir à leur destin et aux circonstances.J'ai retrouvé une fois encore son écriture pleine de poésie, de tendresse,pour les gens humbles ou riches,, avec lui j'ai marché sur la lande, arpenté les chemins de son Wessex adoré .
Un auteur à découvrir si ce n'est déjà fait !
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sarahdu91
  07 novembre 2015
Franchement on ne peut pas passer à côté de ces chefs d'oeuvre...quelle sensibilité dans l'écriture, quel caractère chez les personnages, quelle Angleterre puritaine et quelle époque!!! Heureusement que les temps changent, que la culture et les moeurs évoluent sinon pauvres femmes que nous serions encore...Malgré tout il existe encore des trésors cachés et celui ci vaut plus que la peine d'être lu...
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sandraboop
  26 octobre 2014
Au risque d'être passée à côté, cette lecture en anglais ne m'a pas laissé un souvenir impérissable si ce n'est l'ennui que j'ai eu à lire cette oeuvre.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   06 juillet 2015
Et, la prenant dans ses bras, Stephen l'embrassa.
C'était le premier baiser d'Elfride. Aussi se montra-t-elle pleine de gaucherie.
Il n'y eut pas la lutte apparente qui vous soumet davantage. Il n'y eut pas non plus la passivité qui vous rapproche épaule contre épaule, visage contre visage.
Elfride ne sut pas prendre la pose abandonnée et cependant composée qui enflamme le cœur des amoureux. L'expérience lui faisait défaut. Une femme doit être embrassée plusieurs fois avant de savoir recevoir et donner un baiser.
Elfride ignorait cet art, Stephen en éprouva un moment de regret : un baiser reçu avec cette confusion manquait son effet.
Mais à la réflexion il en conçut du plaisir. La gaucherie de la jeune fille n'était-elle pas son principal charme ?
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Gwen21Gwen21   10 juillet 2015
Tant qu'il s'était trouvé en compagnie d'Elfride, la présence enfantine de la jeune fille ne l'avait pas troublé. Il n'avait pas constaté que son entrée dans sa sphère eût en quoi que ce soit modifié son horizon. Mais maintenant qu'il ne la voyait plus, Knight éprouvait une réelle sensation de vide. Le superflu devenait l'indispensable : Knight était amoureux.
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ladyogaladyoga   18 juillet 2015
- Les gens ont recommencé leur friture.
- Bon Dieu ! J'en suis désolé!
- Oui, bougonna Worm à l'adresse de Stephen. Il se fait un tel tintamarre dans ma tête que je n'ai plus de paix ni le jour ni la nuit. C'est comme si des individus faisaient frire du poisson dans ma tête : frr, frr, frr, tout le long du jour, jusqu'à ce que je ne sache plus si je suis ici ou là. J'espère que le Tout -Puissant me délivrera bientôt.
- Moi, ma surdité, dit M. Swancourt impressionné, est un silence de mort; tandis que celle de William consiste en un bruit de friture. Curieux, n'est-ce pas ?
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Gwen21Gwen21   03 juillet 2015
Lorsqu'une femme fait une impression durable sur un homme, elle revit presque toujours dans son esprit telle qu'elle lui apparut à un moment donné, dans une attitude qui semble la résumer toute au pays du souvenir.
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Gwen21Gwen21   07 juillet 2015
- [...] Pourquoi n'écrivez-vous pas de romans, monsieur Knight ?
- Ceux que j'écrirais n'intéresseraient personne.
- Oh ! Je suis sûre au contraire que vous deviendriez vite célèbre.
- Tant de gens le sont de nos jours, qu'il est plus distingué de rester dans l'obscurité.
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Videos de Thomas Hardy (59) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Hardy
Loin de la foule déchaînée (Far from the Madding Crowd) (2015), un film dramatique américano-britannique de Thomas Vinterberg, l'adaptation du roman homonyme de Thomas Hardy, publié en 1874.
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