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EAN : 9782130800415
512 pages
Éditeur : PUF Presses Universitaires de France (14/03/2018)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
La charrue, l'ampoule électrique, la pilule contraceptive, l'argent liquide, le code-barre, l'air conditionné, l'Etat-providence, le béton, le plastique ... : comment chacune de ces inventions a-t-elle durablement bouleversé l'économie ? À l'heure où l'économie mondiale est de plus en plus complexe et défie la compréhension, Tim Harford conduit le lecteur dans ses arcanes.

Cinquante histoires qui sont autant de prétextes à une plongée dans les mécani... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
ninosairosse
  19 mars 2018
Au début du XXIe siècle, un programme social appelé Piso Firme fit aux familles pauvres de l'Etat mexicain de Coahuila une proposition inhabituelle. Il ne s'agissait pas d'offrir des places à l'école, des vaccins, de la nourriture ou même de l'argent. Il s'agissait de béton prêt à l'emploi, pour un montant de 150 dollars. Des ouvriers apporteraient des bétonneuses dans les quartiers pauvres, s'arrêteraient devant le domicile d'une famille et déverseraient leur mixture par la porte, en plein milieu du salon. [...] Piso Firme signifie "sol solide", et quand des économistes ont étudié ce programme, ils se sont aperçus que le béton prêt à l'emploi avait permis des progrès spectaculaires dans l'éducation des enfants. Comment ? Auparavant la plupart des maisons avaient un sol en terre battue. Les vers parasites pullulent dans la poussière et propagent des maladies qui contrarient la croissance des enfants et les rendent malades. Les sols en béton sont bien plus faciles à nettoyer : les enfants étaient donc en meilleur santé, ils allaient à l'école plus régulièrement, et leurs résultats s'amélioraient. [...]
extrait chap. 48 - le béton - page 327-328
Voilà. CQFD , 150 dollars judicieusement dépensés.
Plus de mains tendues, Adam Smith n'y avait point pensé...
Tout individu qui tente d'investir,
Ne pense qu'à son propre gain;
Conduit d'une main invisible pour remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions......
Précis d'économie, plaisant à lire et bourré d'anecdotes
Faut avoir de l'imagination
pour trouver une chute rigolote
alors : ♫ Laisse béton ♫ - Renaud - 1977 -
Merci masse critique et Ed. puf
4* seulement me direz-vous !
malgré tout le talent de l'auteur
chroniqueur au Financial Times
mais Traductions avec quelques lourdeurs,
Les Flashcodes seraient les bienvenus
Eviter de taper les adresses http://www. et les déconvenues.
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deuxquatredeux
  30 avril 2018
Dans la scène finale de Escape From L.A., le dialogue* suivant s'établit entre quelques-uns des principaux protagonistes du film :
« President: [talking to Plissken's hologram] What's it going to be, Plissken? Them or us?
Snake Plissken: I shut down the third world, you win they lose. I shut down America, they win, you lose. The more things change, the more they stay the same.
President: So what are you going to do?
Snake Plissken: Disappear.
Brazen: [Plissken types 6-6-6 into the satellite control] He's entered the world code. No target code. Sir, that will shut down the entire planet.
Snake Plissken: I told you you'd better hope I didn't make it back.
Malloy: You push that button, 500 years' worth of work will be finished. Our technology, our way of life, our entire history. We'll have to start all over again. For God's sakes, don't do it, Snake!
Snake Plissken: The name's Plissken.
Utopia: [Plissken activates the satellites, shutting down all power, which saves Utopia from being executed in the electric chair] He did it! He shut down the Earth!
Snake Plissken: [Lights a cigarette and blows out the match used to light it] Welcome to the human race. »
Peu ou prou, le livre de Tim Harford pourrait servir pour débuter le Plisskencène** : Harford commence en effet ainsi « Imaginez une catastrophe. La fin de la civilisation. Notre monde moderne, complexe et enchevêtré, n'est plus. Ne vous demandez pas pourquoi. Peut-être à cause de la grippe porcine ou d'une grippe nucléaire, de robots tueurs ou de l'apocalypse zombie. Et maintenant imaginez que vous, petit veinard, êtes l'un des rares survivants. Vous n'avez pas de téléphone. de toute façon, qui appelleriez-vous ? Pas d'Internet. Pas d'électricité. Pas de carburant. […] Que vous faudrait-il pour vous maintenir en vie, et pour préserver les vestiges de la civilisation ? » (p. 13). Harford donne la réponse suivante : « Réponse : un outil simple mais révolutionnaire. Une charrue. Cela s'explique, car c'est une technologie qui permit le démarrage de la civilisation. C'est en fin de compte la charrue qui a rendu possible notre économie moderne » (p.13)
Dans la suite des chapitres - à noter que le chapitre 1 « La charrue » vient avant l'introduction ; j'imagine que c'est parce que la charrue vient avant les boeufs -, le propos de Tim Harford est de parler de 50 inventions qui « nous raconte une histoire, pas seulement celle de l'ingéniosité humaine, mais aussi celle des systèmes invisibles qui nous entourent » (p. 21). Ce faisant, le livre de Harford n'est ni un « catalogue de trois cents pages », ni « un classement hiérarchique » (p. 22) des inventions mais davantage de raconter des histoires sur une cinquantaine d'inventions dont la dynamo, le conteneur maritime, Google (Google search dans la version originale), l'horloge, la propriété intellectuelle, l'iPhone, le passeport, le procédé Haber-Bosch, le tuyau en S, …
Le livre est plutôt bien documenté - et souvent les références sont bien plus intéressantes que ce qu'en fait Harford ; c'est le cas dans le chapitre sur le conteneur et le livre de Marc Levinson, The Box - et les exemples d'inventions - par exemple, la bibliothèque Billy d'IKEA - sont variés et différents des exemples canoniques. le tout est dans le style de Harford - que l'on peut aimer ou pas ; de gustibus non est disputandum.
Pour moi, il y a au moins deux gros écueils avec ce livre. le premier écueil est que Harford mélange allègrement l'invention et l'innovation - et dans une moindre mesure les deux précédents termes avec l'idée. Dans l'interlude introduisant la cinquième partie du livre « D'où viennent les inventions ? », la première phrase est «  Comment l'innovation apparaît-elle ? » (p. 211) puis plus loin « mon livre ne cherche pas à déterminer comment naissent les inventions » (p. 211). Même si ce n'est pas un spécialiste de la question, tout économiste digne de ce nom devrait faire la distinction entre invention et innovation. À titre d'exemple dans « L'innovation à l'épreuve de la philosophie », le philosophe Xavier Pavie distingue entre « Innover, Inventer, Découvrir » (p. 27). Pour faire court, il aurait été bien vu de monter en abstraction et de parler un peu de théorie.
Le deuxième écueil vient du support originel des histoires : initialement, Tim Harford a raconté ces 50 histoires entre novembre 2016 et octobre 2017 dans une émission de radio à la BBC***. Harford explique ainsi son idée : « I've tried to paint a picture of economic change by telling the stories of the ideas, people, and tools that had far-reaching and unexpected consequences for all of us - from the plough to artificial intelligence, from Gillette's disposable razor to Ikea's Billy bookcase. I'm fascinated by unexpected consequences - for example, the impact of the fridge on global politics, or of the gramophone on income inequality ». Ce livre est la traduction de ces chroniques auxquelles ont été ajoutés des interludes pour le format écrit en notant que l'ordre des chroniques a été modifié pour le livre et qu'une 51ème chronique a été oublié dans le livre. En effet, Tim Harford avait demandé aux auditeurs de la BBC de lui donner des idées d'inventions - « Now I want to hear what ideas and innovations people around the world think should be added to the list of things that have made the modern economy » - afin qu'il en traite une 51ème dans une émission. Parmi l'ensemble des propositions, Tim Harford en sélectionna 6 - les 6 idées sélectionnées étaient : le verre, le GPS, l'irrigation, le crayon, la carte de crédit, le traitement de texte -, puis invita les auditeurs à voter - l'idée gagnante a été la carte de crédit - et en raconta l'histoire comme il l'avait fait pour les 50 autres inventions.
Outre qu'il n'est pas clairement annoncé au lecteur qu'il s'agit des retranscriptions écrites des chroniques de la BBC - un vague « entendu pour la première fois à la BBC » en quatrième de couverture, une mention dans les remerciements et dans le verso de la page de titre -, ni que le lien vers ces chroniques ne soit proposé, le passage de l'oral à l'écrit - il explique certainement l'absence de théorisation, d'explications et le format court de chaque chapitre et donc certaines de mes remarques précédentes - n'est pas satisfaisant dans la mesure où le matériau originel a été conçu pour être énoncé à l'oral et pas à l'écrit - et les interludes ajoutés ne sont qu'un pâle cache misère.
Plutôt que lire L'économie mondiale en 50 inventions - traduction approximative de « Fifty Things that Made the Modern Economy » -, il est préférable d'acheter L'innovation à l'épreuve de la philosophie, le livre de Xavier Pavie, et d'écouter en podcast les 51 choses qui font l'économie moderne selon Tim Harford et ses auditeurs.
* Il n'est pas tout à fait exact mais je n'ai pas retrouvé de retranscription exacte.
** Néologisme de mon cru, il est fondé sur le même schéma que l'anthropocène.
*** Les podcasts sont disponibles sur le site de la BBC avec les sources utilisés par Tim Harford à l'adresse suivante : https://www.bbc.co.uk/programmes/p04b1g3c
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folivier
  18 juin 2018
Excellent ouvrage. Avec pédagogie et simplicité, Tim Harford, nous fait découvrir l'impact qu'ont pu avoir des inventions majeures sur l'économie mondiale, mais également et surtout sur les évolutions et fonctionnements de nos sociétés, nos moeurs et nos cultures. Tim Harford reste réaliste, objectif, ne juge pas, fait la part des choses et n'oublie de pas de rappeler que rien n'est parfait et que chaque avancée technologique, chaque progrès à apporter également des risques, des dommages, des perdants. Sa démonstration principale au travers de tous ces petits chapitres est que rien n'est figé, définitif et qu'une vérité du moment pourra être remise en question et bousculée par la prochaine invention. Il démontre bien la complexité de nos sociétés et notamment pour des gouvernements dans des économies libérales oscillant sans cesse entre le laisser faire et l'interventionnisme qui parfois et même assez souvent a été le moteur pour de nombreuses inventions. Essai très intéressant qui à le mérite de faire (re)découvrir au besoin l'histoire de certaines inventions, nous plonge dans l'histoire tout court de nos sociétés et pose des questions d'actualité sur l'économie de marché, la mondialisation, la consommation, l'environnement, la citoyenneté,... le premier chapitre sur l'histoire de la charrue est a lui seul remarquable et donne le ton de l'ensemble de l'ouvrage. En quelques pages, il montre comment selon le développement technologique ente les régions du sud méditerranéen et le nord de l'Europe la charte va entraîner le développement d'organisations de sociétés, des villages voir des relations entre homme et femmes différents.
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Elanoraev
  06 septembre 2018
Au travers de 50 inventions aussi diverses que la charrue, google, la bibliothèque Billy d'Ikéa ou encore le béton, Tim Harford propose de nous plonger dans l'économie mondiale et surtout de découvrir l'impact que ces inventions ont eu dans le temps, dans notre manière de vivre et, donc, dans l'économie.
Dans un style très clair et compréhensible, même pour ceux n'ayant aucune notion d'économie, l'auteur parvient à nous intéresser à ce domaine assez complexe sans jamais lasser ou se perdre dans des explications compliquées. Tim Harford se contente d'exposer les faits et de laisser à chacun le soin de déterminer si, finalement, telle ou telle invention était une si bonne idée que ça.
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peti_lu
  28 février 2018
L'ouvrage assez conséquent (369 pages avec l'index) est divisé en 7 parties et quelques 49 chapitres.
Chaque chapitre traite d'un objet, et c'est un avantage car nous pouvons changer d'objet au gré de ce qui nous intéresse. Pour moi la lecture n'est pas obligatoirement linéaire, page après page.
Moi j'ai commencé par le code-barres (insolite) et son génial inventeur Woodland qui s'amusait avec du sable. 1974 : premier passage en caisse ... mais avant cette date qu'imaginez-vous ? Bon ok, au départ, on veut gagner du temps, du coup on part sur une déclinaison du morse, bon oui et alors ... Mais bien sûr ! Si on transforme le morse en bande ... alors il faut que ce morse puisse être lu ... A l'oeil humain ? Vous avez déjà essayé ? Il faut produire les scanners ... Ah oui mais il y a un hic : on investit ou pas dans des scanners sachant que l'on ne sait pas si le morse linéaire va marcher ? Oui mais en même temps si on ne fait pas de recherche sur le scanner, on ne peut pas tester le code ?
C'est fort résumé mais c'est en quelques lignes la schématisation de pensée que j'ai eu en parcourant les mots et les histoires racontées par Tim Harford
Merci Masse Critique
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ninosairosseninosairosse   16 mars 2018
Au milieu du XIXe siècle, un jardinier français, Joseph Monier, n'était pas satisfait de la gamme de pots de fleurs disponibles. Les pots en béton étaient à la mode, mais ils étaient massifs ou fragiles. La clientèle aimait leur aspect moderne, mais Monier n'avait pas envie de trimballer d'encombrants bacs à plantes, et il se livra donc à une expérience, en verson du béton sur une grille métallique.Cela fonctionna magnifiquement.
Monier avait eut de la chance. Renforcer le béton avec de l'acier ne devrait pas être possible, parce que les matériaux ne se dilatent pas tous de la même manière quand la température augmente. Au soleil, un pot de fleurs en béton armé devrait se fissurer, car l'acier dissimulé à l'intérieur ne se dilate pas à la même vitesse. Mais par une coïncidence admirable, le béton et l'acier se dilatent de la même manière lorsqu'ils chauffent : ils forment un couple parfait.
331
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ninosairosseninosairosse   17 mars 2018
Les Romains prenaient le béton très au sérieux. Avec un ciment naturel créé par les dépots de cendres volcaniques à Puteoli, près de Pompéi et de Vésuve, ils construisirent leurs aqueducs et leurs thermes. A Rome, entrez dans le Panthéon, qui fêtera bientôt son mille neuf centième anniversaire. Levez les yeux vers ce qui resta pendant des siècles (peut-être jusqu'en 1881*) le plus grand dôme de la planète. Vous contemplez du béton. C'est d'une modernité choquante.
p329
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ninosairosseninosairosse   14 mars 2018
Depuis que nos ancêtres ont conquis le feu, les humains peuvent se réchauffer quand il fait froid. Se refraîchir quand il fait chaud a toujours été plus difficile. Héliogabale, excentrique empereur romain adolescent, tenta d'inventer la climatisation en envoyant des esclaves chercher de la neige dans les montagnes pour l'empiler dans son jardin, d'où la brise portait l'air vers l'intérieur .
p106
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ninosairosseninosairosse   20 mars 2018
- Papa, qu'est-ce qui se passe quand on meurt ?
- Je ne sais pas, fiston. Personne ne sait vraiment.
- Pourquoi tu cherches pas sur Google ?
[...] (En Amérique, si vous tapez sur Google "que se passe-t-il quand on meurt", vous verrez qu'un annonceur a bien voulu payer ce genre de clic : les Mormons).
p47+49
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ninosairosseninosairosse   07 mars 2018
La confiance est une composante essentielle des marchés, si essentielle que souvent nous ne la remarquons pas comme un poisson ne remarque pas l'eau. Dans les économies développées, les facilitateurs de confiance sont partout : les marques, les garanties de remboursement, et bien sûr les transactions répétées avec un vendeur peuvent aisément être localisées.
p43
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Vidéo de Tim Harford
LGT TIM HARFORD .
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