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EAN : 9782253086246
448 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (02/05/2018)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 421 notes)
Résumé :
Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l'Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés. Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l'arme contre soi-même ? C'est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d'enfance, n'a aucune raison d'en douter. S'il n'y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste : Luke a menti. Tu as menti. Sois ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (167) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  01 mai 2020
Ce polar s'ouvre sur le retour d'un paria, celui d'Aaron Falk dans la communauté rurale de Kiewarra, à une heure de Melbourne, en plein outback australien. Plus de vingt ans qu'il n'y avait pas mis les pieds, chassés lorsqu'il était adolescent avec son père ( pour une raison volontairement cachée au lecteur durant un certain temps). Lui, qui n'a vécu que pour mettre son passé derrière lui, revient suite à l'injonction à la fois laconique et comminatoire du père de son ami d'enfance, Luke,  qui s'est suicidé après avoir assassiné femme et enfant : «  Tu as menti. Luke a menti. Sois présent aux funérailles. »
Aaron se retrouve rapidement à gratter derrière les apparences et les faux-semblants pour comprendre les ressorts ce qui s'est réellement passé, tout en se débattant avec ses souvenirs à lui. Et rien à dire, l'auteure mène parfaitement son intrigue, les pages se tournent toutes seules, d'autant plus que les pensées d'Aaron échappées du passé et tous les flash-backs sont en italique, ce qui rend très fluide et aisé leur raccrochage aux événements du présent.
Si le récit en lui-même est classique et mène à une résolution impeccable ( et surprenante, je n'avais pas vu venir le dénouement malgré les indices astucieusement semés ), le plus intéressant dans ce polar, c'est son ambiance, parfaitement ancrée dans le terroir australien. Jane Harper sait prendre son temps pour faire ressentir la canicule qui écrase cette communauté agricole au bord de la crise de nerfs. Son écriture est tellement visuelle et cinématographique que le lecteur est complètement immergé, presque suffoquant dans ce huis-clos rural pourtant ouvert sur l'immensité des paysages âpres et monotones du bush, effaré aussi par la violence de ces hommes que la faillite liée à la sécheresse rend dingue.
Si le personnage principal manque un peu de charisme, ce polar atmosphérique et efficace est très réussi. Il a d'ailleurs été couronné du Prix des lecteurs Livre de Poche 2018.
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nameless
  30 mai 2018
Ca chauffe à Kiewarra, bourgade cernée de toutes parts par le bush australien, en raison de cet événement climatique exceptionnel qui sévit depuis deux ans, une canicule féroce, qui ruine agriculteurs et éleveurs, sans récoltes, sans revenus, aux prises avec leurs échéances impayées, entraîne la fermeture des magasins et une paupérisation galopante de tous les habitants. Seul le pub fait encore recette, souvent à crédit. Dans ce coin perdu de l'hémisphère sud, la pluie ne serait pas une calamité mais une bénédiction. Mais il y a surtout cette incompréhensible tuerie, Luke a assassiné sa femme et son fils aîné, laissant la petite Charlotte âgée de 13 mois sauve, puis s'est suicidé.

Le père de Luke a sommé Aaron Falk, originaire de Kiewarra, ami d'enfance de son fils, de venir de Melbourne où il travaille pour la police financière, pour assister aux funérailles. C'est avec des semelles de plomb que Aaron revient dans cette bourgade qui l'a chassé, quand adolescent, il a été suspecté, ainsi que son père, du meurtre jamais élucidé de Ellie.

Canicule est un roman à combustion lente qui privilégie l'atmosphère à l'action. La description des ravages caniculaires et du bush est tellement réaliste que l'on transpire durant la lecture. Mais c'est surtout sur la vie de cette communauté malheureuse, désespérée, hargneuse, prête à s'enflammer et exploser à la moindre étincelle, que s'attarde Jane Harper. Si l'on n'est pas né à Kiewalla, on est pour toujours un étranger. Et si l'on y est né, chacun connaît tous les secrets de chacun. Impossible dans ces conditions de pouvoir oublier son passé et d'y échapper. Dans tous les cas, il vaut mieux ne pas vivre là. Parce qu'il pense avoir une dette envers les parents de Luke, Aaron subit la vindicte, les insultes, les agressions d'une population à bout, pour laquelle la tuerie perpétrée par Luke, sert de détonateur et catalyse toutes leurs difficultés, haines enfouies, espérances détruites.

Canicule est un roman que j'ai adoré, au style précis et agréable, à l'intrigue élaborée, aux personnages intéressants dans leur diversité, et qui décrit bien l'Australie profonde, bien éloignée des rêves suscités par Melbourne ou Sydney.
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marina53
  11 mai 2020
Kiewarra, petite bourgade au sud-est de l'Australie, subit, depuis quelques mois, une véritable canicule. L'on n'avait pas vu pire depuis un siècle. Des conditions météorologiques terribles qui mettent à mal aussi bien les hommes que les animaux. Serait-ce à cause de cela que Luke aurait tué sa femme et son fils avant de retourner l'arme contre lui, laissant sa petite fille, âgée de 13 mois, seule ? Toujours est-il que toute la population se presse pour assister aux funérailles de la petite famille. Au premier plan, les parents de Luke, Gerry et Barb Hadler, faisant fi des messes basses concernant leur fils. Au fond de l'église, Aaron Falk, policier au service du renseignement financier, est venu tout spécialement de Melbourne. D'une part parce que Luke était son ami d'enfance, même si leur dernière rencontre date d'il y a 5 ans ; d'autre part parce que Gerry lui a envoyé un petit mot explicite le sommant de venir. Lorsque ce dernier lui demande d'enquêter sur ce drame, Aaron sait qu'il va se heurter à une population peu loquace, voire hargneuse et hostile, un drame survenu il y a 20 ans et impliquant le policier étant encore dans toutes les mémoires...
Revenir sur les lieux de son enfance après leur avoir tourné le dos définitivement, qui plus est suite à des décès, n'est pas ce qu'Aaron Falk, désormais installé à Melbourne, avait noté dans son agenda. N'était le mot un brin étrange du père de Luke, il se serait bien privé de l'ambiance glaciale qui l'accueille malgré une canicule meurtrière. Chargé d'enquêter sur ce qui s'est réellement passé, les parents de ce dernier peinant à croire à des meurtres puis un suicide, le policier va peu à peu mettre en lumière un présent peu reluisant et remonter à la surface un drame qui a laissé de nombreuses blessures. Jane Harper sait y faire pour installer une ambiance oppressante et tisser un scénario diabolique et rondement mené au dénouement inattendu. Entremêlant subtilement passé et présent, un véritable huis clos dans l'immensité du bush australien...
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LydiaB
  21 mai 2017
J'avais vu passer ce livre sur le blog de Belette, "The Cannibal Lecteur". Et je dois bien avouer que j'ai passé quelques bonnes heures de lecture !
Alors, de quoi ça parle (pour ceux qui n'aiment pas lire les quatrièmes de couverture) ? le Sud-Est de l'Australie fait face à la canicule depuis deux ans. Pas le moment de demander si quelqu'un a du feu ou de faire un barbecue ! Pas le moment non plus de titiller les gens qui ont les nerfs à fleur de peau ! Au point de dézinguer toute sa famille ? Il semblerait en tous les cas ! Car dans la famille Hadler, on réclame la carabine ! Luke aurait ainsi tué sa femme, Karen, et son fils, Bill avant de se tirer une balle en pleine poire. Pourquoi a-t-il laissé Charlotte, le bébé, en vie ? Mystère ! C'est son ami d'enfance, Aaron Falk qui va enquêter. Cependant, celui-ci n'est vraiment pas le bienvenu. En effet, il y a des années en arrière, une jeune fille, Ellie, avait été retrouvée noyée. Celle-ci, côtoyait les deux garçons et tout accusait Falk. Querelle d'amoureux ayant mal tournée ? N'avait-il pas supporté qu'elle choisisse Luke ? Pourtant, ce dernier avait toujours dit qu'ils étaient, Aaron et lui, à la chasse aux lapins. En voyant le carnage de sa famille, Luke n'aurait-il pas été capable de ce meurtre en sachant qu'elle tournait autour de son copain ? Deux enquêtes étroitement imbriquées dans ce trou paumé où chacun fait sa loi…
Ce roman est aussi aride que des champs de maïs brûlés par le soleil ! On se met tour à tour dans la peau des personnages, on pousse la porte du bar pour éviter la déshydratation, on essaie de comprendre ce qu'il s'est passé… et on se prend un bel uppercut au final ! Eh bien moi, je dis BRAVO !
Lien : https://promenadesculturelle..
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Verdorie
  16 mai 2017
Entre polar d'ambiance et roman noir, ce premier roman d'une auteure australienne n'est pas à proprement parler un livre captivant par le nombre d'actions, puisqu'il y en a peu.
Captivé, on reste néanmoins par la qualité de son suspens ingénieusement distillé. Non pas tant par les deux intrigues entremêlées, que par l'habilité avec laquelle Jane Harper sait faire parler ses personnages qui reviennent sur leurs passés.
Un passé qui se réveille, vingt ans après des événements qui avaient alors créé un climat de suspicion dans cette petite ville agricole et extrêmement appauvrie par une sécheresse qui perdure.
Quand Aaron Falk (agent fédéral des services de fraudes) y revient pour assister aux obsèques d'un ami d'enfance, il remue, sans le vouloir, les poussières à peine déposées des rancoeurs, liées à un secret d'un petit groupe d'adolescents. Sollicité par les parents de son copain décédé et un doute sur le suicide de ce dernier, vont entraîner Falk dans une enquête qui déclenchera les excès vindicatifs de certains habitants...
Dans un style d'écriture très naturel, distinguant présent et passé par deux typographies différentes, l'auteure nous amène à réfléchir sur ce que le destin de l'un(e) ou l'autre aurait pu être SI seulement...
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Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   24 février 2019
La vie était un savant dosage entre les pour et les contre. Son appartement était peut-être trop calme, trop vide quand il rentrait à la fin de la journée, mais il n’était pas observé par des yeux curieux qui savaient la moindre chose sur son compte. Ses voisins ne le jugeaient pas, ne le harcelaient pas ni ne répandaient de rumeurs sur sa famille. Ils ne déposaient pas de carcasses d’animaux devant sa porte. Ils lui fichaient la paix.
Certes, il avait pour habitude de tenir les gens à distance, de se faire des connaissances plutôt que des amis. Mais cela valait beaucoup mieux que de voir à nouveau l’un d’eux flotter a la surface d’une rivière, boursouflé, les membres brisés, a un jet de pierre de sa propre maison. Et oui, il devait supporter les déplacements quotidiens pour se rendre au travail, les journées passées sous les néons du bureau, mais au moins sa vie n’était pas suspendue à la menace d’un évènement climatique exceptionnel, Au moins n’était-il pas réduit à l’angoisse et au désespoir par ces ciels perpétuellement vides. Au point que le trou noir d’un canon de fusil pouvait apparaitre comme l’unique solution.
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ladesiderienneladesiderienne   18 octobre 2017
Falk regarda attentivement Deacon. Durant deux décennies, cet homme lui était apparu comme un personnage terrifiant. C'était l'épouvantail, le croque-mitaine, le monstre sous le lit. En se retrouvant devant lui à cet instant, Falk sentait encore ce vieil arrière-goût de colère au fond de la gorge, amis avec quelque chose de plus maintenant. De la pitié ? Non, certainement pas.
Le sentiment d'être floué, voilà ce que c'était, Falk venait de la comprendre. Il avait attendu trop longtemps pour abattre le monstre et, au fil des ans, sa rage s'était émoussée, ratatinée, au point que, désormais, le combat n'était plus égal. Il avança d'un pas et, l'espace d'une seconde, il lut de la peur dans les yeux de Deacon. Une bouffée de honte le parcourut, et il s'arrêta net.
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iris29iris29   15 mai 2017
- C'est ça le drame avec les problèmes d'argent, c'est contagieux. Les fermiers n'ont pas de fric à dépenser dans les magasins, les commerces font faillite et, du coup, il y a encore moins de gens qui ont de l'argent à dépenser dans les magasins. Apparemment, ils sont tombés comme des dominos.
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ladesiderienneladesiderienne   15 octobre 2017
Le calme de la campagne...
C'est en partie ce qui déconcertait les gens de la ville comme les Whitlam. Le silence. Le calme. Falk comprenait leur souhait d'une vie paisible, au vert. Ils n'étaient pas les seuls, loin de là. L'idée était particulièrement séduisante quand on était coincé dans un embouteillage ou que l'on vivait entassé dans un appartement sans jardin. Tous partageaient le même rêve : respirer l'air pur, connaître ses voisins. Les enfants se régaleraient de bons légumes du potager, apprendraient la valeur d'une honnête journée de travail. Mais à l'arrivée, à peine le camion du déménagement disparaissait-il au loin qu'ils regardaient autour d'eux et restaient bouche bée devant l'étendue des terres à perte de vue. Car c'était d'abord cette immensité écrasante qui les frappait le plus. Le fait de ne pas voir âme qui vive entre soi et l'horizon suscitait chez beaucoup une impression étrange et dérangeante.
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petitsoleilpetitsoleil   26 octobre 2018
[A l'école primaire où étaient Karen et Billy Hadler, Karen en tant que mère d'élève et comptable, et Billy élève dans l'une des classes, tous les dessins évoquent la canicule et ses conséquences]

Des dessins en bâtons représentaient des familles dont tous les visages avaient la bouche tombante.
Une peinture montrait une vache avec les ailes d'un ange et cette légende, d'une écriture mal assurée : "Toffee, ma vache au paradis".
Tous les champs étaient colorés en marron.
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Vidéo de Jane Harper
http://www.librairiedialogues.fr/ Annaïk de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur du rayon Polars : "Là où vivent les loups" de Laurent Guillaume (Denoël), "Colère blanche" de Cilla et Rolf Börjlind (Seuil) et "Canicule" de Jane Harper (Le livre de poche). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Delphine le Borgne.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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