AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246728517
Éditeur : Grasset (23/01/2008)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 35 notes)
Résumé :
En 1863, Eugène Fromentin publiait Dominique, fiction autobiographique dans laquelle le héros éponyme raconte son amour impossible, quoique réciproque, pour Madeleine d’Orsel. Aujourd’hui, Julie d’Orsel, sœur cadette de Madeleine et personnage secondaire du roman de Fromentin, toujours vivante puisque « les héros de romans ne meurent jamais », raconte ce que Dominique n’a pas su... Car, si Dominique n’a d’yeux que pour la belle et blonde Madeleine, Julie, « noiraude... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  11 juin 2017
Julie est amoureuse de Dominique, lequel l'est de Madeleine qui ne s'en rend pas vraiment compte et épouse Alfred qui ne l'aime pas et la traite « comme une fille de ferme ».
Une légère inquiétude me saisit tout à coup. Dans quelle histoire me suis-je embarquée ? Un tel scénario à priori « facile » risque de basculer rapidement dans un marivaudage sans intérêt.
Mais voilà, je suis dans un roman de Jacqueline Harpman qui a le talent de nous plonger dans une histoire banale avec un regard empli de finesse et de sensibilité.
Julie est terriblement attachante, observatrice sans concessions, en rébellion constante avec les impératifs du « savoir-vivre ». Elle vient nous livrer des confidences que Dominique n'a semble-t-il pas perçu ni seulement imaginé. Dès le début, Julie nous prévient en déclarant que Dominique est « un homme aux idées étroites qui se croit large d'esprit car il a souffert ».
Ces analyses subtiles confèrent aux personnages une vraie profondeur et les « seconds rôles » (notamment le père et le cousin) ont une présence réelle et indispensable. Au-delà de la qualité narrative, Jacqueline Harpman par la maitrise d'une plume tellement précise offre un pur bonheur de lecture.
Je me suis laissée emporter par cette histoire où l'on découvre les contraintes que s'imposait à elle-même une certaine société avec le culte de la pureté et de la fidélité comme vertus cardinales jusqu'à en arriver à une hypocrisie malsaine.
Après le magistral « Moi qui n'ai pas connu les hommes » j'ai eu envie de découvrir un autre texte de l'auteure et mon choix s'est porté sur « Ce que Dominique n'a pas su ».
Un peu par hasard je dois dire car j'ai découvert ce roman chez un bouquiniste alors que je n'y cherchais rien de précis.
Ce fut une belle découverte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
cecilestmartin
  03 mai 2015
Un des romans qui m'a le plus accrochée ces dernières semaines. Julie d'Orsel est un magnifique personnage de roman, intelligent, sensible et sensuel, dont on comprend mal la passion pour un Dominique plutôt falot, emprunté et pas vraiment vif d'esprit…
Jacqueline Harpman – que je découvre à cette occasion – utilise ici un procédé littéraire qui m'a emballée : sa narratrice est un des personnages secondaires du « Dominique » d'Eugène Fromentin. Dès les premières lignes , Julie nous interpelle : « Il se peut que des lecteurs dociles à Dominique qui n'a regardé que ma soeur, Madeleine, ne m'aient pas remarqué : je suis au fond de la scène, toujours présente et toujours en colère. Je continue. Et je vais raconter ce que Dominique n'a pas su ou, s'il le savait, n'a pas dit ».
C'est ainsi qu'elle va nous conter l'histoire d'amour platonique, et fatale, que Madeleine sa soeur a vécu avec le jeune homme. Julie, dès la première rencontre, alors qu'elle n'est qu'une enfant, tombe amoureuse de Dominique, l'ami de son cousin germain Olivier. Dominique, lui, n'a d'yeux que pour Madeleine qui, les premières années, ne voit en lui qu'un adolescent maladroit. Pour son plus grand malheur, elle va accepter un mariage avec le Comte de Nièvre, un homme brutal qui fera son malheur. C'est plus tard qu'elle prendra conscience du trouble que fait naître Dominique chez elle mais, en épouse et femme conforme aux moeurs de son temps, elle luttera pour rester fidèle aux voeux prononcés.
Au-delà de l'histoire assez classique de Madeleine, jeune femme du XIXème siècle, soumise aux codes de la bonne société, le vrai coup de coeur c'est Julie d'Orsel. Celle-ci se rebelle très tôt contre le carcan imposé aux femmes : cela commence par le refus des bigoudis et du fer à friser et se poursuit par celui du mariage. Julie comprend très tôt que son amour restera secret, elle n'entend pas lutter pour ravir le coeur de Dominique à sa soeur, qu'elle aime infiniment. Dominique ne le regarde pas, ne la voit pas et elle fait le deuil d'une vie affective tant elle est sûre qu'aucun homme ne pourra rivaliser avec lui. Pour autant, ce qu'elle ne peut avoir, elle aimerait que Madeleine l'obtienne et elle pousse celle-ci à succomber à sa passion.
Julie d'Orsel, c'est aussi une jeune femme, qui entend bien profiter des plaisirs de la chair. Elle choisit comme amant son cousin Olivier, personnage très attachant lui aussi – orphelin qui trimballe un spleen que seules la fantaisie et la liberté de sa jeune cousine vient distraire. Couple romantique, un peu désespéré, ils incarnent la modernité par la volonté qu'ils ont de vivre selon leurs propres codes.
Un roman que je n'ai pas lâché avant de l'avoir terminé, souriant de la répartie de Julie, de ses audaces, émue par l'amour qu'elle porte à sa soeur et à son père qui l'amène à de gentilles intrigues pour qu'ils trouvent le bonheur alors qu'elle en a banni pour elle toute idée, de l'amitié amoureuse qu'elle entretient avec Olivier.
Harpman réussit une jolie mise en abyme, un roman aux parfums du XIXème mais très contemporain dans le style et qu'on quitte vraiment à grand peine.
Je ne suis pas sûre que ma critique rende hommage au plaisir que m'a procuré cette lecture et ça me désole un peu : dans tous les cas, ne passez pas à côté « Ce que Dominique n'a pas su », ce serait dommage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Lune
  02 juin 2008
Dominique aime Madeleine
Madeleine ne le sait pas
Julie aime Dominique
Dominique ne le sait pas
Madeleine aime Dominique
Mais il est trop tard
Julie ne dira jamais qu'elle aime Dominique
Julie protège Madeleine...
On pourrait presqu'en faire une ronde. C'est le jeu du "Je sais que tu sais que je sais". Dominique, le roman d'Eugène Fromentin a inspiré ce nouveau roman à Jacqueline Harpman. Julie, la jeune soeur révoltée, qui se marginalisera volontairement dans cette société du XIXe siècle brimant les femmes, société les menant au mariage comme pouliche à l'étalon, nous conte sa version des faits, "Ce que Dominique n'a pas su". Dans un style châtié, les tournures de phrases, les concordances de temps nous enfouissent dans une époque révolue dont l'incidence perdurera dans la mentalité jusque très loin au XXe siècle. C'est donc une histoire qui touche la femme et lui rappelle le dur chemin qu'elle a dû mener pour arriver à se dépêtrer de tous les conditionnements dans lesquels hommes et société l'ont maintenue durant des décennies. L'amour, dit à peu près Madeleine, c'est dans les livres et non dans le mariage. La fidélité dans l'engagement pris la mènera à se sacrifier, voire à mourir. Julie, la cadette, observe, disserte (en elle-même et avec son cousin Olivier) sur la stupidité du système et nous fait comprendre, à nous, ses non-contemporaines, combien il ne fut pas évident d'exister par soi-même. Une femme pouvait-elle penser? Non. Une femme pouvait-elle vivre? Non. Une femme pouvait-elle aimer et connaître les émois amoureux? Non, à peine savait-elle ce que c'était... C'est un livre qui dénonce, c'est un livre qui remue, c'est un livre qui étonne de par le choix d'un roman qui pourrait paraître poussiéreux et qui sous la plume de Jacqueline Harpman, prend une autre couleur. C'est un livre qui fait relativiser nos "désespérances" actuelles. On a envie de relire Dominique et d'aller plus loin dans le parallélisme entre les deux avis. On retrouve chez Jacqueline Harpman les grandes maisons aussi parlantes que les êtres qui y vivent, la médecine (ici à ses balbutiements) et la jeune fille qui regarde et pénètre au coeur de la dualité humaine. La complexité des pensées et des sentiments donne envie d'en discuter...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
erobin
  08 juin 2013
Premier livre de Jacqueline Harpman que j'ai lu et il m'a donné très envie d'en lire d'autres du même auteur !
Le récit est une reprise du Dominique d'Eugène Fromentin, mais vu par Julie, un personnage secondaire de l'histoire originale. 
Comme si Jacqueline Harpman voulait nous rappeler que chacun est le personnage principal du récit de son existence.
Julie est une jeune femme qui se veut libre, une jeune femme d'aujourd'hui dans un 19e siècle rigide et opprimant. Tombée amoureuse de Dominique, elle ne veut pas rester dépendante dans cette attirance. Elle veut vivre pleinement, elle veut apprendre et découvrir même s'il faut tricher et se dissimuler pour cela.
Julie assiste impuissante au destin malheureux de Madeleine, sa soeur. Madeleine et Dominique, c'est l'histoire d'une "presque" rencontre. Ils auraient peut-être pu être ensembles, amants et heureux. Mais cette fine barrière qui sépare encore les êtres avant qu'ils ne se trouvent n'a jamais été franchie. Madeleine, très belle jeune femme mariée par convenance à un rustre, se fane et finit par mourir.
Si l'histoire pourrait paraître un peu sentimentale, il n'en est rien. En effet, au delà des personnages particuliers, ce sont les questionnement et les non-dits dont les cicatrices hantent nos âmes qui sont le vrai sujet du roman et que Jacqueline Harpman décrit très justement...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41
MALIKA
  16 juillet 2010
Le livre qui m'a fait découvrir la plume enchanteresse de Jacqueline Harpman ...
Tout me poussait à me laisser séduire par ce livre : une tres belle couverture (eh oui ça a son importance, n'oublions pas que le livre est aussi un objet !!!), un titre enigmatique, et puis cette 1ere phrase du roman "les heros de roman ne meurent jamais"...
Et forcément j'ai été non pas séduite mais conquise !! Ce livre est une pure merveille d'élégance, d'intelligence, de style et d'originalité.
Et j'ai découvert depuis que toute son oeuvre est ainsi ...
A découvrir de toute urgence, si ce n'est déjà fait !!!
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
cecilestmartincecilestmartin   03 mai 2015
Je ne m’interrogeai pas sur mon étourdissement, le lien avec la fureur était évident. Il ne faut pas oublier que je suis d’un temps où les dames s’évanouissaient pour un oui, pour un non – quand je me demande d’où vient que cela ne leur arrive plus, je me dis que ce qui s’est perdu est la notion de dame
Commenter  J’apprécie          40
cecilestmartincecilestmartin   03 mai 2015
A l’époque, je n’étais pas encore capable de penser cela car nous ne savions pas que le passé trace dans les âmes des sentiers obscurs où le chagrin chemine masqué.
Commenter  J’apprécie          20
sylvie2sylvie2   01 janvier 2014
Pour moi, aimer, c'est regarder.
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Jacqueline Harpman (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline Harpman
Lectomaton, extrait de "La plage d'Ostende", de Jacqueline Harpman, lecture par une étudiante IESSID, bibliothécaire documentaliste.
autres livres classés : littérature belgeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Français ou Belge ?

Georges Simenon

Francais
Belge

10 questions
313 lecteurs ont répondu
Thèmes : roman , littérature française , littérature belgeCréer un quiz sur ce livre