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ISBN : 2253144681
Éditeur : Le Livre de Poche (01/06/1998)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 139 notes)
Résumé :
Devenir autre. Vivre à travers une identité différente, un autre corps, les aventures, les passions, les désirs qui nous sont interdits...
Ce vieux rêve que chacun de nous a fait un jour, Aline, jeune enseignante à la vie (trop) rangée, le conçoit à son tour en regardant un beau garçon blond, Lucien.
Et l'impossible se produit: une partie d'elle-même, sa part masculine, abandonne son corps de femme pour celui du jeune inconnu. Elle est Lucien et Aline.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  03 septembre 2013
Aline, est une jeune femme apparemment heureuse, elle est professeur de littérature et mène une vie sereine bien que sans passion.
Lucien, lui est un jeune journaliste, sans grandes ambitions, célibataire, il partage sa vie entre sa mère, sa soeur et sa petite amie.
Alors qu'ils s'ennuient, chacun à une table, dans un café Parisien, la jeune femme décide « d'envoyer » la part masculine de sa personnalité à l'intérieur du corps du jeune homme.
Ainsi naîtra Orlanda et à travers lui Aline vivra ses fantasmes toujours refoulés.
Mais pour combien de temps ?
Est-il possible de vivre en étant amputé d'une partie de soi-même ?
Jacqueline Harpman signe là un roman complexe et très original et me donne envie de poursuivre ma découverte de l'oeuvre de cette grande dame de la littérature Belge.
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mariech
  01 avril 2012
Orlanda est bien sûr la réponse de Jacqueline Harpmann à ORLANDO de Virginia Woolfs .
Orlanda c'est un peu le rêve que l'on a tous , d'être dans la peau du sexe opposé et pouvoir ressentir des sensations auxquelles on aura jamais accès .
Jacqueline Harpmann est psychanalyste et ses livres sont bien sûr fort axé sur la psychologie .
Ce livre se lit néanmoins facilement car cette romancière a beaucoup de talent
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EliseChocolat
  15 juillet 2018
Aline, trentenaire à la vie bien rangée, attend un train dans un café, à quelques mètres de Lucien, un jeune homme séduisant lassé par la vie. Alors que la belle universitaire essaie de percer à jour les secrets de Virginia Woolf, sans qu'elle s'en rende compte, une partie de son âme se détache d'elle et va se loger dans le corps du beau Lucien.
Comme je l'ai expliqué dans mes précédents articles, j'ai, au cours de ces derniers mois, développé une grande admiration pour Jacqueline Harpman. Par conséquent, une fois remise de ma lecture de Moi qui n'ai pas connu les hommes, je me suis attaquée à mon troisième roman d'Harpman, Orlanda, l'oeil sans doute attiré par ce titre qui n'était pas sans me rappeler un certain Orlando. Il s'agit en effet, comme vous l'aurez sans doute compris, d'un hommage au célèbre roman de Virginia Woolf, dont la poésie m'avait bouleversée. Malheureusement, je n'avais pas poussé ma lecture plus loin, ne m'était pas documentée sur ce roman et n'avait pas cherché à « trouver le sens derrière les mots », ce à quoi ma chère compatriote belge s'est empressée de remédier.
Et c'est indubitablement ce qui m'a le plus séduite dans ce livre : Jacqueline Harpman y développe une interprétation tout bonnement fascinante de l'Orlando de Virginia Woolf. Je vous laisse juge :
"Mais il n'a jamais été un garçon ! s'écria-t-elle. Les sept jours au lit, ma mère m'en a assez bassiné les oreilles, c'est la puberté ! Tout n'est qu'allégorie et c'est elle-même que Virginia raconte ! […] C'est dans l'enfance que les années passent sans qu'on vieillisse ! Et puis le moment du grand changement est venu, il a fallu d'enfant asexué passer à la femme. "
​Ainsi, la plus grande révélation fut pour moi qu'Orlando avait toujours été femme, figurant Virginia Woolf elle-même qui, en passant à l'âge adulte, se voit contrainte de renoncer à sa liberté, car la condition de la femme est emprisonnée de convenances et de règles. Jacqueline Harpman parvient, par cette interprétation, à faire ressortir de ce livre au style alambiqué une vision féministe.
Je trouve aussi admirable qu'elle ait trouvé un moyen d'aborder le sujet à sa manière, en lui donnant une signification bien plus limpide que la version originale et une moralité clairement exprimée. Ainsi, chacun de nous devrait s'écouter, ne pas se restreindre à ce que son entourage attend de lui, et tout simplement se laisser être lui-même. A cet égard, cet extrait est très représentatif :
On détruit sa vie sans le savoir, pour complaire à des gens qui vous ennuient, mais auxquels on n'arrive pas à résister. ​
En effet, il aura fallu que le pauvre Lucien se retrouve possédé par un inconnu sans attaches aucune à sa famille pour qu'il parvienne à dire non aux attentes illégitimes de sa famille. Car contrairement aux idées reçues, on ne doit pas forcément l'obligeance à sa famille, à partir du moment où elle nous rend malheureux. Cette idée est très peu courante, et encore plus rarement exprimée, alors que ces notions de devoir et d'appartenance familiale empoisonnent la vie de tant de gens.
Aussi, tout comme dans le Bonheur dans le crime, l'auteur glisse toute une série d'allusions à son rôle de romancière, tenant entre ses mains le destin de ses personnages, qui semblent pourtant lui échapper. J'aime beaucoup ce genre d'effets littéraires, par lesquels un écrivain se joue de son lecteur.
Enfin, la confrontation matérialisée des deux parties opposées d'une seule âme est tout bonnement fascinante. Effectivement, l'étrangeté et l'originalité de la situation m'a subjuguée.
En conclusion, alors que les premières pages m'avaient fait craindre une déception (les personnages ne prennent de relief qu'au fil du récit. Au début, ils sont très stéréotypés : Orlando est immature et imbu de sa personne, Aline est vide et sans intérêt), pour toutes les raisons que je viens d'énumérer, j'ai beaucoup aimé une grande partie du roman. Malheureusement, une fois les deux âmes retrouvées, le temps m'a semblé long, il s'écoule de nombreuses pages sans qu'il ne se passe rien de remarquable. Cependant, la fin est conforme à mes attentes, c'est-à-dire spectaculaire et diablement immorale.
Avant de vous quitter, toutefois, un avertissement : de longs passages sont consacrés à des supputations sur le livre de Virginia Woolf, qu'il vaut donc mieux avoir lu avant, sans quoi le roman perdrait de sa saveur. de la même manière, il y est également beaucoup question de la Recherche du temps perdu de Proust, que je n'ai pas lu. Il faudra bien sûr y remédier un jour, mais en attendant, une partie de ce livre m'a totalement échappé, ce que je regrette.
Lien : https://elise-et-rapha.weebl..
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Adrienne
  12 novembre 2011
Orlanda, c'est bien sûr en référence à l'Orlando de Virginia Woolf. Déjà à la deuxième page du roman, la narratrice nous explique que le personnage féminin, Aline, s'applique à relire ce passage de la transformation d'un homme en femme. On reçoit même l'extrait en question en anglais.
Puis le roman passe immédiatement à une transformation similaire: l'âme d'Aline va se loger dans le corps d'un jeune homme assis un peu plus loin. Je dis "âme" pour faire simple, ce mot n'est pas employé par l'auteur.
Les deux personnages poursuivent leur vie, l'âme d'Aline étant la narratrice mais vivant dans ce corps masculin, celui d'un certain Lucien, dont elle ne sait rien.
Cette âme qui a changé de corps, c'est la part masculine d'Aline, en quelque sorte, qui se trouve bien heureuse d'avoir pris le contrôle de ce jeune homme.
"(...) j'appellerai Orlanda la moitié évadée d'Aline, et j'espère que l'âme de Virginia ne me le reprochera pas (...)" (p.19)
Ce choix de narration donne cependant quelques changements de points de vue, mais je suppose qu'ils sont voulus, puisque par moments le 'je' de la narration est la voix de l'auteure elle-même, comme par exemple à la page 37:
"Il est temps que je m'en aille, la place d'une dame de mon âge élevée pour les bonnes manières et les inhibitions n'est pas ici, il convient de rejoindre Aline."
Voilà le genre de pirouette que fait l'auteure chaque fois que la narratrice-âme-d'Aline découvre la sexualité masculine par le biais du jeune Lucien. Si vous suivez toujours... ;-)
Parfois aussi, l'auteure s'immisce pour donner des commentaires, comme à la page 49:
"J'ai conté tout au long l'histoire de cet appartement car j'y vois le portrait d'Aline, refermée sur elle-même, mais avec une porte de trop, par où Orlanda s'est échappé(1). Elle ne se connaît pas, mais qui se connaît? N'allons-nous pas tous à travers la vie dans la même ignorance de ce que nous sommes, prêts à nous ruer sur toute description de nous-même qui nous donnerait l'illusion délicieuse d'avoir une identité simple qui tient en quelques mots?"
Il lui arrive même d'englober le lecteur dans ses remarques sur ses personnages, et toujours il s'agit du problème de la vraisemblance:
"Evidemment, pour nous qui connaissons l'étrange situation où elle était, c'est un rêve bien limpide(...)' (p.54)
***
Je voudrais que Jacqueline Harpman me surprenne, mais non, dans ce livre aussi je retrouve tous ses fétiches, à commencer par des allusions aux Diaboliques de Barbey d'Aurevilly, de nombreuses références à Proust et l'immanquable apparition de Jacqueline elle-même comme personnage de ses romans (2):
"(...) il faut que je demande à Jacqueline si ce n'est pas cela qu'on nomme la période de latence (...)" (p.64)
et de la page 169 à la page 174 elles sont ensemble à table: Jacqueline Harpman fait partie de leur cercle d'amis. Où il y a aussi une Adrienne ;-)
***
Enfin, je terminerai sur une petite phrase qui m'a bien fait rire, parce qu'au moment où je lisais Orlanda j'avais aussi repris La recherche en main, avec les conséquences que l'on sait (j'en ai parlé sur mon blog en juillet dernier):
"Ce qui m'épuise c'est qu'il n'y a pas une ligne qui ne soit d'une beauté éblouissante et que l'ensemble tue d'ennui." (p.25)
Mais chez Harpman, il ne s'agit pas de la lecture de Proust: c'est une pensée d'Aline en train de lire Orlando, de Virginia Woolf.
***
(1) remarquez l'accord qui est fait au masculin; sur ce point, je me demande dans quelle mesure l'auteure se rend compte qu'elle n'a pas toujours agi avec conséquence. Il faudrait peut-être que je lui écrive pour lui poser la question ;-)
(2) ce qui ne me fait pas le même effet de clin d'oeil comme de voir apparaître Hitchcock dans ses films; mais là aussi il faudrait que je m'enquière auprès de l'auteure sur ses motivations...
Lien : http://adrienne.skynetblogs...
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Bruno_Cm
  22 juillet 2013
Un peu consternant : Etant "en cours" sur un autre livre de cet auteure, je réfléchissais à mes précédentes lectures et cherchais dans la bibliographie de Harpman. Puis, je vois "Orlanda", et ça me dit quelque chose. Mais pas grand chose. La certitude pourtant de l'avoir lu, il y a quelque temps. Je cherche dans ma bibliothèque et, en effet, je le trouve. Je le feuillette en cherchant des indices attestant de sa lecture : feuilles écornées, traits au crayon ou au bic signalant des passages marquants... Pas grand chose, voire rien. Mais, en (re-)lisant quelques passages, le tilt se fait et je dois reconnaître que je l'ai lu.
Conclusion : Un titre oubliable. Pas mauvais, sans quoi je m'en serais souvenu ; mais pas excellent, sinon je m'en serais souvenu.
Deuxième conclusion : A choisir, lisez plutôt La Dormition des amants.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
calerncalern   20 septembre 2012
Cela ne se peut pas, c'est incroyable et je le fais. Je te quitte sans me détourner et je traverse l'impossible. Je ne sens rien, je sais seulement que je passe, je flotte dans l'indéfinissable, entre l'avant et l'après, en un point qui n'a, forcément, ni durée ni espace, c'est le zéro absolu du temps et cela s'étire infiniment, j'existe pendant une éternité dans un nulle part dont je ne peux me souvenir même pendant que j'y suis car pendant n'a plus de sens, je n'ai d'autre réalité que ce je indissoluble dont je ne comprends pas ce que c'est mais dont l'évidence prodigieuse m'illumine, il est, au sein de l'innommable, le noyau de certitude, la garantie, l'ancrage immatériel qui permet cette impossible navigation dans laquelle je me dirige avec assurance alors qu'il n'y a ni haut ni bas, ni devant ni derrrière, et que cependant je sais où je vais, et je viens à peine de partir que j'arrive, j'ai traversé l'éternité, aucun temps ne s'est écoulé, rien n'a été parcouru, je m'incarne, j'aboutis, l'univers se reforme autour de moi, je possède un regard, j'entends, je sens, je suis!
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calerncalern   25 septembre 2012
Animula vagula blandula, chacun d'entre nous, petites âmes errantes en quête d'une parcelle de bonheur et toujours déçues, nous allons d'aube en aube, le coeur déchiré, courageux et pathétiques, tentant éperdument de nous comporter avec la dignité requise par notre condition d'êtres humains, maladroits, désolés, tenaces, nos erreurs ne nous apprenent rien sur nous ni sur les autres, et quand, au détour du chemin, la mort nous regarde droit dans les yeux, nous baffouillons, nous disons que c'est trop tôt, qu'il s'en fallait de peu pour que nous réussissions, mais elle ricane, elle répond qu'elle nous a laissé le temps nécessaire, que trois siècles de plus n'y ferraient rien car nous sommes inéducables, nous prenons les bonnes manières pour la morale, nos propes mensonges pour la vérité et la vie pour une sotte, après quoi elle nous emporte hurlants vers les mornes chaudrons de l'éternité.
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AVAV   27 août 2012
Depuis qu'elle s'est imposée à moi, je suis toute déroutée car je n'ai rien à dire d'elle. Elle ressemble à sa mère, qui ressemblait à sa mère, ce sont des générations de femmes bien élevées qui ont toutes eu le bonheur de ne pas recevoir trop de talents des fées conviées à se pencher sur leurs berceaux, de sorte qu'elles se sont fort bien accommodées de ce qui leur était permis.
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luis1952luis1952   02 décembre 2011
Je regardais pieds nus , stupéfaite et ravie un petit garçon sortir de sa culotte une partie de sa personne si différente des attributs de la mienne, la tenir du bout des doigts et se livrer à une activité dont je ne savais pas qu'elle pouvait s'accomplir autrement qu'assise ou accroupie.
-Veux-tu bien regarder ailleurs ! me dit ma mère en accompagnant ces paroles d'un soufflet qui me fit, en effet tourner la tête.
-Ma parole, cette petite est vicieuse !
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isabelleisapureisabelleisapure   02 septembre 2013
On demande souvent aux romanciers s'ils croient que l'histoire qu'ils racontent est vraisemblable, sans doute c'est qu'on les confond avec les journalistes, qui ont le devoir d'être des gens sérieux.
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Videos de Jacqueline Harpman (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline Harpman
Lectomaton, extrait de "La plage d'Ostende", de Jacqueline Harpman, lecture par une étudiante IESSID, bibliothécaire documentaliste.
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