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EAN : 9782702182697
400 pages
Calmann-Lévy (02/02/2022)
3.5/5   53 notes
Résumé :
La jeune Nella Rogers travaille à New-York dans une prestigieuse maison d'édition et semble destinée à une carrière prodigieuse. Cependant, elle souffre du manque de diversité au travail ainsi que des micro-agressions qu'elle subit au quotidien. Elle se retrouve constamment tiraillée entre le désir d'exprimer ses véritables opinions et la nécessité de préserver son poste.

Son monde bascule le jour où Hazel est recrutée : elle a de longues dreadlocks ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
3,5

sur 53 notes

Zakiya Dalila Harris signe, avec « Black Girl », un premier roman ambitieux, à tiroirs, structuré avec intelligence. Un vrai régal de lecture malgré des thèmes forts, qui peuvent mettre mal à l'aise à la lecture.

Nella Rogers travaille depuis quelques années en tant qu'assistante d'édition chez Wagner, une maison d'édition littéraire très réputée. Un rêve pour celle qui a voulu faire ce métier grâce au roman Coeur brûlant, best-seller de la littérature noire américaine, publié chez Wagner par un tandem, autrice et éditrice, noir, ce qui ne s'est jamais revu depuis, l'éditrice ayant disparu à la suite d'un scandale. Ambitieuse et investie, Nella aime son travail, en dépit d'un manque de diversité contre lequel elle se bat dans la mesure des moyens que son entreprise lui laisse, c'est-à-dire pas beaucoup, et des micro-agressions racistes qui en découlent. Jusqu'au jour où Hazel-May MacCall arrive chez Wagner. Si Nella se réjouit dans un premier temps de ne plus être la seule salariée afro-américaine, elle déchantera assez rapidement en voyant sa nouvelle collègue, aux compétences sociales plus développées, beaucoup mieux s'intégrer et se voir rapidement confier des dossiers dont Nella n'a jamais été chargée… sans compter les lettres de menace qu'elle se met à recevoir. Qui lui envoie de telles lettres anonymes ? Serait-ce Hazel, en dépit de la sororité entre filles noires que Nella pensait partager avec elle ? Un autre collègue ?

Ainsi, « Black Girl » commence comme un roman classique de rivalité en entreprise. Je me suis sentie mal pour Nella qui se fait peu à peu éjecter du circuit, incapable de se démarquer face à une fille plus cool et plus audacieuse. Je me suis surprise à avoir parfois envie de la pousser pour qu'elle s'affirme plus, et aie plus confiance en ses capacités, plutôt qu'à se cacher derrière des justifications systématiquement liées au racisme. Avant de commencer à m'interroger justement sur les fondements de ce racisme latent, qui me paraît plus affirmé et perceptible qu'en France (mais peut-être est-il plus facile de regarder chez le voisin que chez soi…) le talent de Zakiya Dalila Harris est là, à se faire se poser des questions sur soi, sur sa déconstruction, en même temps qu'on lit une histoire qui devient de moins en moins banale. Car au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire, cette focalisation sur la place des Noirs dans une société qui se déclare hypocritement égalitaire, dans leurs chances amoindries de réussir dans les mêmes conditions qu'une personne blanche prend de l'ampleur, et participe à l'ambiance oppressante qui s'installe dès lors que Nella reçoit des menaces, qui sont perçues par tous comme un crime raciste. D'autant plus que d'autres personnages interviennent dans l'histoire, sous forme de flash-backs centrés sur une autre jeune femme afro-américaine, Shani Edwards, qui s'est fait licencier de son poste de journaliste dans un journal suite à la trahison d'une de ses collègues. Histoire qui ressemble étrangement à celle de Nella. Mais sont-elles liées ? Et au fait, pourquoi Kendra Rae Philipps, l'éditrice de Coeur brûlant, a-t-elle disparu de la circulation ?

On finira par le savoir, au prix d'un dénouement un peu surréaliste faisant la part belle à un certain complotisme. C'est gros, très gros, et je me demande dans quelle mesure l'autrice ne se moque pas de ses lecteurs en tentant de leur faire gober une histoire pareille, ou ne leur fait tout simplement pas confiance. Comme si le fait qu'une histoire basée tout simplement sur le système oppressif blanc ne serait tellement pas crédible qu'il faut au contraire lui substituer une grosse machinerie implacable digne de la meilleure science-fiction hollywoodienne.

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La prestigieuse maison d'édition Wagner à New York avait mis en lumière le livre préféré de Nella, c'est la raison pour laquelle elle avait postulé au poste d'assistante d'édition.

" Elle voulait marcher dans les pas des deux femmes qu'elle avait étudiées avec assiduité à l'université. Elle voulait s'asseoir au bureau où Kendra Rae Phillips et Diana Gordon s'étaient assises lorsqu'elles avaient remanié ce texte. "

Nella est noire, la seule dans cette maison, elle a bien essayé de parler de mixité.. comme de plaider davantage la cause des livres écrits par des écrivains noirs sur des personnes noires seulement " elle avait été gentiment ignorée " , jusqu'au jour ou une nouvelle assistante est arrivée, noire elle aussi. Mais la couleur étant, ont-elle les mêmes objectifs ? Qui se cache derrière cette fameuse Hazel, celle qui fait tomber chaque personne nous son charme en quelque jour après son embauche ? Nella est torturée, entre la bienveillance trop envahissante de sa collègue et ce quelque chose qui semble pas clair, " quelque chose clochait en elle. " Entre être le plus sincère avec elle même en osant dire ses propres opinions concernant des manuscrits ou se taire afin de préserver sa place ….

Tout un monde, ce monde de l'édition ! Découvrons ainsi les dessous…pourquoi un auteur est plus édité qu'un autre ….. Quelles sont les véritables raisons derrière le lancement d'un auteur, d'un livre ? Les éditeurs sont ils sincères et justes ? Personnellement il m'a séduite dans le sens où cela fait un an que je travaille pour une petite maison d'édition.....

Et puis le regard sur les personne de couleur, je ne comprendrais jamais ces différences. Cela peut il changer un jour ? Un sujet qui me touche de très près...Et pour l'anecdote, en terminant cette lecture, mon mari en rentrant de son bureau m'a annoncé qu'un nouvel employé venait d'être embauché, et un noir. Depuis le début de sa carrière, mon mari a toujours été seul homme de couleur dans son milieu professionnel....Nous venons de le réaliser !!!!

A travers les pages de ce tout premier roman, Zakiya Dalila Harris a le don de nous transporter dans une histoire surprenante empreinte d'un suspens terrible.

Une très belle découverte !

#BlackGirl #NetGalleyFrance

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Nella Rogers travaille dans une prestigieuse maison d'édition (les Éditions Wagner) et voit d'un bon oeil l'arrivée d'une nouvelle assistante afro américaine (comme Nella) dans une profession ou la diversité est loin d'être une généralité. Mais l'arrivée d'Hazel est-elle finalement une bonne nouvelle ?

Bienvenue dans le monde du travail, ici dans l'édition, Zakiya Dalila Harris pointe avec talent, le quotidien d'une jeune femme noire brillante et ambitieuse. Mesquineries, suspicions, intimidations, Nella voit un avenir prometteur remis en question par des petits évènements à priori anodins. Harris plonge petit à petit son héroïne dans une forme de mal être d'autant plus grandissant que la menace se rapproche. le roman mêle habilement suspense et questionnement. Il parle de la représentation d'une communauté (ici la population afro américaine) et de discrimination positive. Comment mener une carrière ou seule la reconnaissance de son travail sert d'indicateur pour évoluer et non pas en regard de son milieu social, de sa couleur de peau ? Petit à petit Harris distille un venin qui met le lecteur (comme Nella) dans une ambiance anxiogène, pesante. Riche en dialogues (un peu trop ?) et réflexions sociologiques "Black Girl" fini par imposer son style.

Un premier roman qui révèle une nouvelle voix et qui montre que le chemin est encore bien long sur l'égalité des chances.

Merci aux Éditions Calmann Levy et à Babelio pour cet envoi.

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Nella est assistante dans une grande maison d'éditions new-yorkaise. C'est chez Wagner qu'est paru son livre préféré : Coeur brûlant, écrit par une écrivaine noire et défendu par éditrice noire, elle aussi. Depuis deux ans, elle est la seule femme noire employée dans les bureaux. Elle organise des débats pour sensibiliser l'entreprise à la diversité, elle espère, également, faire évoluer le monde éditorial, qui, selon elle, caricature les noirs dans la littérature. Hélas, elle est seule à se battre et elle n'est pas entendue : condescendance, micro-agressions, préjugés, elle souffre du racisme quotidien et banalisé. Elle est tiraillée entre son envie de défendre ses convictions et la peur de perdre son poste. Aussi, elle se réjouit lorsqu'une autre femme noire est embauchée. Elle se projette : à elles deux, elles vont pouvoir changer les mentalités, d'autant plus que la nouvelle, Hazel, est très affirmée et revendique sa culture afro-américaine.

Nella admire Hazel et est heureuse d'avoir une alliée. Sa collègue est très sympathique et paraît appréciée de tous. Pourtant, lorsque des évènements troublent Nella (elle se sent épiée et reçoit des lettres l'invitant à quitter Wagner), Hazel ne lui apporte pas le soutien qu'elle escompte, elle semble jouer sur plusieurs tableaux et souffle le chaud et le froid.

Black girl est un suspense, cependant le fond est une volonté de montrer le racisme ordinaire et de faire entendre la voix des minorités. Il montre que la discrimination positive entraîne des situations caricaturales, que les préjugés ne sont pas éteints, et que le monde, en particulier celui du travail, a tendance à vouloir faire entrer les gens dans des cases. J'ai été sensible aux messages de l'auteure. Cependant, peut-être parce que je ne suis ni noire et que je ne vis pas aux Etats-Unis, la perception de Nella au sujet des relations interpersonnelles m'a dérangée. J'ai eu la sensation qu'elle les analysait toutes sous le prisme des couleurs de peau. J'ai eu l'impression qu'elle m'accusait d'agression raciste, simplement parce que je suis blanche, alors que je ne me reconnaissais pas dans les attitudes qu'elle dénonce. Même si la volonté de l'auteure est légitime, j'aurais aimé que le propos soit plus nuancé. de plus, certains faits m'ont semblé comparables à ceux que l'on observe dans de nombreux cadres professionnels et qui naissent de la jalousie, de la rivalité ou de l'ambition. J'ai reconnu des comportements d'anciennes relations de travail : ceux-ci étaient simplement liés à leur personnalité et visaient indistinctement les personnes. Ce n'était pas toujours lié à un sentiment d'injustice. Ecraser les autres pour se faire bien voir peut avoir des sources différentes.

J'ai beaucoup aimé le suspense qui entoure les menaces envers Nella. J'ai eu le cerveau embrouillé par le mystère et j'ai apprécié de ne pas savoir de quel côté venait le danger, ni qui avait intérêt à s'en prendre à cette jeune femme. Jusqu'à la fin, j'ai été happée par le climat anxiogène. Même si la conclusion me paraît un peu tirée par les cheveux (cette partie du corps tient une place importante dans l'histoire), j'ai apprécié le chemin pour y accéder.

Mon avis est en demi-teinte, car si j'ai pris plaisir à lire Black girl, que j'étais impatiente de le reprendre et aussi de connaître l'issue, les éléments que j'ai développés précédemment, ont un peu terni mon ressenti.


Lien : https://valmyvoyoulit.com/20..
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Black Girl est un thriller à la fois stimulant et passionnant sur une femme afro-américaine qui navigue sur un lieu de travail presque entièrement blanc, inspiré en partie par l'expérience similaire de l'auteur dans le monde de l'édition à New York. Nella Rogers, jeune assistante éditoriale ambitieuse et travailleuse, travaille depuis deux ans pour la prestigieuse maison d'édition Wagner Books à New York et a été la seule personne noire présente pendant toute la durée de son mandat. Selon son humeur, elle a des sentiments différents à ce sujet, mais elle se sent toujours comme une étrangère. Aussi, lorsqu'une jeune fille noire apparemment soucieuse de la mode apparaît à son étage, elle est excitée et heureuse d'avoir enfin une alliée, quelqu'un à qui elle peut s'identifier et qui comprend l'adversité qu'elle ressent. Hazel-May McCall est la toute nouvelle assistante de rédaction de Wagner et cette femme calme et assurée devient l'amie de Nella. Au début, elles partagent des histoires et s'entendent à merveille, discutant même de la politique raciale généralement ignorée au bureau, mais cela ne dure pas. Nella continue de se débattre lorsqu'elle est confondue avec Helen-May, « l'autre fille noire », comme si leur seule caractéristique était la couleur de leur peau, et elle souffre de la lecture du manuscrit d'un auteur blanc à succès dont le personnage noir est unidimensionnel et ressemble plus à un stéréotype qu'à une personne réelle, mais ses critiques ne sont pas entendues. L'introduction d'Hazel est vraisemblablement un clin d'oeil à la nécessité pour l'entreprise d'être inclusive et une tentative des dirigeants blancs de montrer qu'ils traitent tout le monde sur un pied d'égalité ; le programme « Diversity Town Halls » prétend s'attaquer au racisme de front mais ne fait rien de tel. Peu de temps après, Nella commence à recevoir des notes anonymes, dont l'une se lit comme suit : « Quittez Wagner. Maintenant ».

Elle se rend vite compte qu'il y a quelque chose qui cloche chez Hazel. Ses supérieurs la traitent comme l'une des leurs, ce qu'ils n'ont jamais fait avec Nella depuis qu'elle est employée ici. Elle semble être adorée et louée par ses supérieurs et elle pense que cela peut être dû au fait que Hazel, née à Harlem, correspond parfaitement à leur stéréotype d'une personne noire ; pour commencer, elle est née de parents qui étaient de fervents militants des droits civiques. Qui écrit ces notes et dans quel but ? Est-ce Hazel ? Nella se lance dans une plongée en profondeur pour trouver des réponses et découvre une dangereuse conspiration plus omniprésente qu'elle ne l'aurait jamais imaginé. Il s'agit d'un thriller psychologique captivant qui mélange les genres, une satire sociale et des touches d'horreur, de réalisme magique et de science-fiction, où les micro-agressions et le gaslighting transforment l'atmosphère « civilisée » d'une maison d'édition en une horreur qui se dévoile lentement. Il est question de race, mais je pense que toute personne ayant travaillé dans une entreprise s'identifiera à la narratrice qui remet en question l'authenticité de ses collègues et sa propre confiance en elle. Ce livre ne peut être classé dans aucune catégorie, mais il s'agit avant tout d'une critique drôle et pointue d'une culture autoproclamée progressiste, qui est également passionnante. Il est nuancé, avec des personnages qui sont si habilement peints et pleins de vie qu'ils sautent des pages et l'humour noir ajoute un peu de légèreté à un sujet sombre. Pointue et pleine d'idées sur la race, la classe et le sexe, cette lecture captivante et sinueuse vous tiendra en haleine jusqu'à la fin. Il s'agit d'une approche totalement nouvelle et intelligente du genre du thriller, qui a également beaucoup à dire sur un sujet brûlant de notre époque.

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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec
26 avril 2022
Tout à fait captivant, un premier roman qui met le monde de l’édition à mal !
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Elle
24 mars 2022
Audacieuse et iconoclaste, elle fait bouger les lignes et propose des modèles inspirants.
Lire la critique sur le site : Elle
Citations et extraits (5) Ajouter une citation

Elle aimait manier les mots et les paragraphes comme dans un jeu de Tetris littéraire. L’édition l’apaisait, et bien qu’elle fût la première à admettre qu’elle avait un penchant pour les écrivains noirs qui aspiraient à trouver un espace pour raconter des histoires de Noirs, elle serait heureuse d’éditer à peu près tout ce qui lui tomberait sous la main.

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Her colleagues, strangely, had made it clear very early on that they didn’t really see her as a young Black woman, but as a young woman who just happened to be Black - as through her college degree had washed all of the melanin away. In their eyes, she was the exception. She was « qualified ». An Obama of publishing, so to speak.

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Nella n'était pas dupe. Elle avait compris que les personnages racisés étaient en vogue, tout comme le fait de dénoncer tout ce qui manquait de représentation.

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What concerned me more were the things I couldn’t name. The things that were causing me to buzz and burn and want to flee not just my home, but the tightening constraints of my skin itself.

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Les Blancs n'ont jamais à être aussi conscients d'eux-mêmes que nous.

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Videos de Zakiya Dalila Harris (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Zakiya Dalila Harris
Sous-titres en français Zakiya Dalila Harris rejoint Carol Fitzgerald pour discuter de son premier roman, L'AUTRE FILLE NOIRE. Zakiya a passé quelques années à travailler dans le département éditorial de Knopf/Doubleday. Elle est partie pour écrire L'AUTRE FILLE NOIRE quand le noyau d'une idée d'histoire lui est venue, et c'était trop beau pour l'ignorer.
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