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ISBN : 2259220436
Éditeur : Plon (05/06/2014)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 117 notes)
Résumé :
Ils ont menti pour protéger leur pays. Il a dit la vérité pour le sauver. Un roman historique captivant dans le Paris de la Belle Epoque par l'auteur de "Fatherland".


Paris, janvier 1895. Par un matin glacial, un officier de l'armée, Georges Picquart, assiste devant vingt-mille personnes hurlant " À mort le juif ! " à l'humiliation publique d'un capitaine accusé d'espionnage : Alfred Dreyfus.

Picquart est promu : il devient le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
frgi
  26 février 2018
Après ma découverte de l'écriture de Robert Harris avec l'excellent "Conclave", j'ai poursuivi ma découverte avec "D.", afin de me rendre compte si, une fois les premiers émois passés, j'appréciais toujours autant cet auteur. Et, ...-roulements de tambours - ... je dois bien avouer que OUIIIIII.
Bon, je dois bien reconnaître que "D." est un peu plus poussif que "Conclave". Ceci est probablement dû à la longueur de certains chapitres, qui se justifient parfaitement, surtout au début du livre. En effet, ces longueurs retranscrivent très bien les longueurs et l'ennui qu'Alfred Dreyfus a dû ressentir seul sur l'île du Diable.
Ce petit écueil passé, tout au long du livre, on ressent parfaitement toute l'animosité de l'époque vis-à-vis des juifs ainsi que vis-à-vis du peuple allemand suite à la défaite de 1870 et à la perte de l'Alsace et de la Lorraine.
Un livre à lire de toute urgence pour tous ceux qui ont envie de comprendre un peu mieux une des plus grandes "erreur" judiciaire du XIXème siècle ainsi que la tension existant en Europe à cette époque, conduisant quelques années plus tard à la première Guerre Mondiale.
Pour ma part, ce n'est qu'un Au Revoir Monsieur Harris !
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brumaire
  22 avril 2018
Un excellent livre. Quoi dire d'autre sur l'affaire Dreyfus que nous ne sachions déjà ? Jean Denis Bredin avait , dans les années 1980 , commit un ouvrage synthétique qui fait toujours référence : " L'Affaire" , précisément. Robert Harris n'est pas historien. Il aborde l'affaire Dreyfus en romancier, et le héro qu'il s'est choisi pour nous faire découvrir la vérité au fil des chapitres de "D" n'est autre que le colonel Georges Picquart chef du Service de statistiques , autrement dit le 2e bureau de l'Etat-Major . Personnage clé dans le dévoilement de la vérité , son obstination a eu raison des manigances de l'armée qui avait trouvé dans le capitaine Dreyfus , juif alsacien , le coupable idéal, le bouc émissaire parfait, dont la condamnation exemplaire pour espionnage au service de l'Allemagne, au bagne à perpétuité, était censée montrer que la nation française pouvait avoir confiance en son armée pour débusquer les traîtres ! scrongneugneu !
On sait ce qu'il advint de tout cela : la découverte de faux documents , les mensonges par omission, le "suicide" du Commandant Henry , le " J'accuse" de Zola, le second procès à Rennes, la Grâce présidentielle, puis enfin la réhabilitation de Dreyfus et sa réintégration dans l'armée au grade de colonel.
Robert Harris trace de Georges Picquart un portrait tout en nuances qui fait la part belle à ses doutes et à ses hésitations quant à la recherche de la vérité. L'homme était partagé entre sa conscience morale qui lui faisait entrevoir l'innocence de Dreyfus , et son appartenance viscérale à un corps qui incarnait , à l'époque , le patriotisme le plus intransigeant . C'est tout à son honneur d'avoir placé la notion de justice plus haut que celle d'obéissance. Il le paya cher : prison et expulsion de l'armée. Son courage fut d'autant plus remarquable que lui-même n'aimait pas beaucoup les juifs. Certes , ce n'était pas le seul à l'époque ; l'antisémitisme y était bien porté, aussi bien à droite qu'à gauche , n'oublions pas ce que Jaures répondit au sénateur Scheurer-Kestner, lorsque celui ci lui proposa d'intercéder en faveur de Dreyfus :" oh, c'est une histoire de juifs, qu'ils se débrouillent entre-eux...." .
L'Affaire , comme la Commune de Paris, le 6 février 1934 , Vichy, la guerre d'Algérie , est souvent présentée par les historiens comme un évènement clivant séparant la France en deux clans. Il y aurait le clan du bien , les Deyfusards , un peu vite assimilés au camp du progrès , et puis évidemment le clan du mal : les anti-dreyfusards, synonymes de réactionnaires invétérés ; presque des fascistes avant le mot. La réalité est plus complexe. Qu'aurait fait , s'il avait vécu jusqu'en juin 1940 , le futur général et Ministre de la Guerre de Clémenceau, Georges Picquart ? aurait-il voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain ? Nous n'en saurons rien bien évidemment puisqu'il est décédé d'une banale chute de cheval en 1914 , mais l'on sait maintenant grâce aux travaux de l'historien franco-israélien Simon Epstein , que les destins des antidreyfusards dans la première moitié du 20e siècle , ne sont pas de longs fleuves tranquilles. Dans " le paradoxe français" , il répertorie et retrace le parcours de dizaines d'anciens dreyfusards , ou adhérents à la LICA , tous philosémites au sortir de l'Affaire, qui se sont retrouvés dans les cabinets ministériels de Vichy. A l'inverse , Epstein note le grand nombre de personnages d'extrême droite , ou qui furent des partisans actifs de mouvements d'extrême droite, dans les mouvements de résistance (hors les Communistes ).
J'arrête là , car je sens que je m'éloigne un peu du bouquin de Harris.... et puis je sais bien ce que quelques lecteurs vont déduire de mes apartés :-)
Alors concluons sérieusement et dignement : si l'histoire de cette époque vous intéresse, si vous avez déjà lu un Robert Harris et avez apprécié sa prose, si malgré tout les bouquins d'histoire vous gavent mais qu'une histoire "vraie" romancée peut vous séduire , alors lisez "D" !
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Bigmammy
  27 janvier 2018
Cette fameuse affaire qui secoua notre pays de façon cataclysmique pendant l'entre-deux-guerres de 1870 et 1914, m'a toujours fascinée, en particulier parce que, malgré les preuves irréfutables de l'innocence du Capitaine Dreyfus qui finirent par être présentées à la connaissance de la Nation, il en est resté de lourdes séquelles.
Ma première prise de conscience date de mes 12 ans, à la lecture du chapitre qui était consacré à cette affaire dans un livre collectif rédigé sous la direction de Gilbert Guilleminault « le roman vrai de la IIIème République » publié en 1958. Plus tard, j'ai lu avec passion l'ouvrage référence de Jean-Denis Bredin. Aujourd'hui, j'ai apprécié le parti choisi par l'auteur de faire parler à la première personne Georges Picquart, un point de vue bien entendu largement romancé par un auteur de talent mais aussi étayé par les dernières études historiques, rendant vivant et follement sympathique celui qui a « levé le lièvre » de la vacuité du dossier d'accusation.
Comment s'est enclenchée l'affaire, comment les plus hauts gradés de l'Armée se sont acharnés à forger des preuves pour accabler celui qu'ils avaient désigné à la vindicte publique parce qu'il était juif, comment la raison d'état interdit de revenir sur une grossière erreur, comment de nombreux « accidents » et/ou « suicides » ont fermé la bouche à des témoins, comment la justice fut manipulée … et se laissa manipuler, jusqu'à ce que finalement, quelques hommes de bien – Emile Zola, Georges Clémenceau, Bernard Lazare, le sénateur Scheurer-Kestner, Arthur Ranc, Joseph Reinach, la famille Dreyfus, Maître Labori – se mettent eux-mêmes en péril pour faire rendre justice à un innocent.
C'est une histoire plus complexe encore que ce qu'un auteur de thriller saurait imaginer. Une machination redoutable ourdie au plus haut niveau et avec des moyens considérables, riche de rebondissements dramatiques, de quoi faire douter chaque citoyen de la réalité d'un complot né au sein d'une organisation qui se sent menacée.
C'était il y a plus d'un siècle … Cela pourrait-il encore se passer aujourd'hui ?
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Philemont
  13 octobre 2014
Pour son nouveau roman Robert HARRIS s'attelle à une reconstitution historique particulièrement intéressante pour le lectorat français. Il s'agit de l'affaire Dreyfus, qui empoisonna la vie politique et sociale française entre 1894 et 1906, et qui eut un impact à l'international, à court terme dans les relations franco-italiennes, à plus long terme dans l'émergence du mouvement sioniste. Comme il n'est probablement pas utile d'en rappeler les tenants et les aboutissants, rappelons simplement que l'affaire en question tourne autour de l'accusation de trahison faite au capitaine Alfred Dreyfus ; français d'origine alsacienne, alors même que sa région d'origine a été annexée par l'Allemagne depuis la défaite dans la guerre franco-prussienne de 1870, il est le bouc-émissaire parfait simplement du fait qu'il est de confession juive ; on en connaît également l'épilogue : Dreyfus sera innocenté après douze ans de procédures.
L'artisan de cette réhabilitation est Marie-Georges Picquart, et c'est autour de lui que Robert HARRIS construit son roman. D'abord comme lieutenant-colonel dans le service de renseignement militaire, il relève peu à peu des indices tendant à prouver que l'espion à la solde des allemands n'est pas Alfred Dreyfus mais un médiocre commandant d'infanterie. Militaire jusqu'au bout des ongles, Picquart en informe sa hiérarchie qui refusera de se désavouer, l'erreur étant difficilement admissible et la judéité de Dreyfus étant finalement bien commode ; en prime le lieutenant-colonel sera muté en Tunisie, où l'on tentera même de se débarrasser de lui, avant d'être accusé et emprisonné à son tour. Il sera finalement réhabilité le même jour que Dreyfus et nommé général de brigade dans la foulée, avant de participer au premier gouvernement de Georges Clemenceau en tant que ministre de la guerre.
Le coeur du roman d'HARRIS demeure toutefois le lent processus d'enquête mené par Picquart, ainsi que ses relations avec l'ensemble des protagonistes de l'affaire ; en cela le travail de reconstitution réalisé est tout simplement remarquable. Mais Robert HARRIS est aussi un formidable conteur et dote son récit d'éléments romanesques subtiles qui transforment D., du nom donné au dossier secret de l'affaire, en un véritable thriller. Il parvient même à mettre en place des éléments de suspense alors que l'histoire racontée est connue de tout un chacun. Pari audacieux s'il en est, mais pari en l'occurrence parfaitement réussi.
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Scopa
  23 juin 2015
Une fois de plus Robert Harris a réussi son pari. Il s'approprie le canevas de " la grande Histoire ", tend la corde du thriller, et tel un funambule entre deux gratte ciel il nous captive avec un formidable "page turner".
Après " Fatherland " ( un petit bijou de roman uchronique ), et " Enigma "qui nous emmenaient durant la seconde guerre mondiale. Robert Harris a décidé ( sous le conseil avisé de Roman Polanski ) de nous conter l'un des plus grand scandale de l'histoire de France ; l'affaire Dreyfus. Plutôt que d'articuler l'intrigue de son roman autour du capitaine Alfred Dreyfus, l'auteur prend comme narrateur le lieutenant-colonel Marie George Picquart, militaire alsacien qui n'a guère de sympathie pour Alfred Dreyfus ( ce juif typique ). À la faveur d'une promotion comme chef du bureau des statistiques  ( appellation pudique du renseignement intérieur ), Picquart qui tenait Dreyfus pour coupable du crime de haute trahison se rend progressivement compte qu'en réalité ce dernier est innocent. Les intérêts d'ambitions politiques, les conséquences de l'humiliante débâcle de la défaite de 1871 ( avec la perte de l'Alsace - Lorraine ), et l'antisémitisme patent d'une grande partie du pays, seront les principaux obstacles sur la route de la vérité.
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critiques presse (2)
Chro   01 juillet 2014
Dans la série « les bons pavés de l’été », voici l’arme absolue pour transcender vos après-midi de plage. Après le fameux Ghost Writer transformé en film à succès par Polanski, Robert Harris s’offre un retour sur l’histoire, avec un grand H, d’où un titre avec un grand D.
Lire la critique sur le site : Chro
Lexpress   30 juin 2014
Le romancier britannique Robert Harris revient avec brio sur la célèbre affaire. Dans les pas d'un héros oublié: Georges Picquart, le militaire qui a permis d'innocenter le capitaine.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
frgifrgi   15 février 2018
"Le secret n'existe pas - pas vraiment, plus dans le monde d'aujourd'hui, plus avec la photographie, le télégraphe, le chemin de fer et la presse. Le temps du cercle restreint de personnes réfléchissant pareillement et communiquant à la plume d'oie par voie de parchemin a disparu. Tôt ou tard, la plupart des choses finissent par être rendues publiques." (p. 222)
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PatsalesPatsales   07 septembre 2014
Dix minutes plus tôt, Dreyfus ne me paraissait pas plus suspect que n'importe qui d'autre. Mais le pouvoir de la suggestion est insidieux. Alors que le colonel et moi remontions les couloirs du ministère, mon imagination s'emballa -la famille de Dreyfus restée en Allemagne, la personnalité solitaire de Dreyfus, son intelligence, son arrogance, son ambition à vouloir entrer à l'état-major et la façon dont il cultivait ses relations avec les officiers supérieurs- à tel point que, lorsque nous arrivâmes au cabinet du général Gonse, je m'étais déjà convaincu moi-même: BIEN SÛR QU'IL NOUS TRAHIRAIT, PUISQU'IL NOUS DÉTESTE; IL NOUS A TOUJOURS DÉTESTÉS PARCE QU'IL N'EST PAS COMME NOUS ET QU'IL SAIT QU'IL NE LE SERA JAMAIS MALGRÉ TOUTE SA FORTUNE. C'EST JUSTE... UN JUIF TYPIQUE!
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rkhettaouirkhettaoui   25 juillet 2014
Enfin, qu’est-ce que je demande nuit et jour ? Justice, justice ! Sommes-nous au XIXe siècle ou faut-il retourner de quelques siècles en arrière ? Est-il possible que l’innocence soit méconnue dans un siècle de lumière et de vérité ? Qu’on cherche ; je ne demande aucune grâce, mais je demande la justice qu’on doit à tout être humain. Qu’on poursuive les recherches ; que ceux qui possèdent de puissants moyens d’investigation les utilisent dans ce but, c’est pour eux un devoir sacré d’humanité et de justice…
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luocineluocine   20 janvier 2015
Je peux vous assurer que je n’éprouve strictement rien pour Dreyfus, ni dans un sens ni dans un autre. Franchement, je voudrais qu’il soit coupable – cela me faciliterait grandement la vie. Et, jusqu’à très récemment, j’étais persuadé de sa culpabilité. Mais maintenant que j’ai les pièces entre les mains, j’ai le sentiment qu’il ne peut pas être coupable. Le traitre c’est Esterhazy

- Peut-être que c’est Esterhazy, et peut-être pas. Vous ne pouvez pas en être certain. Cependant, le fait est que si vous ne dites rien, personne ne le saura.

Nous avons donc enfin atteint le cœur même de ce sombre problème. La pièce me paraît encore plus silencieuse qu’auparavant. Gonse me regarde bien en face. Je choisis mes mots avant de répondre:

- Mon Général, ce que vous dites est abominable ; je ne sais pas ce que je ferai, mais je n’emporterai pas ce secret dans la tombe.
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rkhettaouirkhettaoui   25 juillet 2014
Les commérages, c’est une chose – si ça se limite aux commérages, on peut les ignorer. Mais je te parle de dénonciation publique et d’humiliation. Je te parle de la puissance de l’État mise en œuvre pour nous écraser, pour nous donner en pâture aux journaux et aux tribunaux, pour inventer les pires mensonges sur nous et les présenter comme la vérité. Rien ne pourra résister à ça.
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Videos de Robert Harris (5) Voir plusAjouter une vidéo
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Aujourd'hui une nouvelle uchronie, et aussi un nouveau décor!
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