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ISBN : 2867464501
Éditeur : Liana Lévi (10/05/2007)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Harlem. Le seul bout de terre qui appartienne totalement aux Noirs d'Amérique. Dans le bien et le mal. De plus en plus dans le mal. Cela n'empêche pas le narrateur de cette extraordinaire chronique de retourner y vivre. Et ce retour délibéré est le point de départ d'un voyage envoûtant dans le quotidien et dans l'histoire de ce quartier new-yorkais qui s'effrite physiquement et moralement: les appartements délabrés, les trottoirs sordides, les sacs-poubelles remplis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
sylvie
  04 mai 2009
Dans sa petite enfance, Eddy L. Harris vivait à Harlem avec sa famille. Ses parents ont fuit le ghetto pour Saint Louis, pour une vie meilleure, pour leurs enfants, pour leur éducation,tentant d'échapper à la condition dévolue aux gens qui habitent ce quartier mythique.
Ils ont mis le petit Eddy dans une école blanche et catholique, ils lui ont appris à surtout ne pas devenir comme eux...
Eddy Louis Harris a été à l'université, est devenu cadre chez IBM puis écrivain.
Il a eu besoin toute sa vie de chercher qui il était en remettant son destin dans les mains du voyage.
Il est d'abord parti seul descendre le Mississipi, Missipi Solo, puis, a voyagé en Afrique, à la recherche de racines introuvables, "Native Stranger".
Il a ensuite entrepris un périple à travers le sud des états unis, pays de l'esclavage et de l'apartheid, "South of haunted dreams". Enfin, il a éprouvé le besoin de retourner à Harlem, se fondre dans ce quartier pour une immersion de deux ans durant laquelle il a continué à se chercher.
Aux aguets, il tente de découvrir la place qu'il veut avoir dans ce monde, et il écrit Harlem.
Nous le retrouvons avec les mêmes questions sur l'identité et la difficulté d'être soi.
Quels choix de vie opérer pour s'assurer d'être Eddy Harris et rien d'autre ?
Comment se construire un avenir sans s'entraver dans les pièges du passé.
Comment reconnaître ses propres désirs quand on est plein des rêves et des espoirs des générations précédentes ?
Pourquoi avoir délaissé Harlem, pourquoi ne pas y revenir ? Pourquoi y revenir ?
Peut-on ? doit-on ? se libérer de la culpabilité d'avoir réussi à échapper à la condition peu enviable des gens prisonniers de Harlem, de sa misère, de son abandon, de sa violence et de sa décrépitude ?
Harlem a été le rêve emblématique d'une vie meilleure et libre pour des milliers de migrants du Sud. Quelques cent ans plus tard, ce n'est que désespoir et pauvreté qui rodent à tous les coins de rue.
Comment cette histoire si bien commencée a-t-elle pu si mal finir ?
C'est ce que tente de nous raconter l'auteur avec son style propre qui mêle les portraits des gens qu'il rencontre aux souvenirs qu'ils lui évoquent de son enfance ou des histoires colportées par son père.
Il croise savamment les descriptions des lieux avec une introspection constante qui le fait aller toujours au plus près, au plus juste de la pensée et du ressenti.
En fermant ce livre, j'ai très envie de découvrir le premier qu'il a écrit : "Mississipi Solo"... Merci aux éditions Liana Levi de bien vouloir faire paraître sa traduction, juste pour moi....:)
En fait, je crois que j'ai envie de suivre tous ses voyages, parce que finalement, ils n'en font qu'un...
Parcours initiatiques vers une vie d'homme, libre, digne, sincère et honnête... Un Ulysse des temps modernes en quête vers la vie bonne...
Des images et des liens sur le blog
Lien : http://sylvie-lectures.blogs..
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JMLire17
  02 juillet 2017
Lorsque l'on referme Harlem de Eddy L. Harris, on est un peu KO. Enfin, j'étais un peu KO, j'avais pris un grand coup dans mes convictions. J'avais lu, il y a bien longtemps le " Black Boy de Richard Wright ", plus récemment, Beloved de Toni Morisson, mais mes lectures d'écrivains noirs américains se sont arrêtées là et ma vision de la condition de ce peuple s'est construite sur des reportages radios et télévisions. Concernant Harlem, j'en étais resté, à la vision papier glacé de " paradis nègre ". En retournant vivre à Harlem le narrateur entraîne le lecteur dans une immersion sans concession. Eddy L. Harris, nous montre la réalité crue de ce quartier, son histoire, sa vie faite d'immeubles délabrés, d'immondices qui jonchent les trottoirs, d'enfants qui errent au milieu de la nuit, de violences, mais également une vie intense faite d'un bouillonnement culturel, d'échanges humains forts, ainsi que de réussites individuelles. Il magnifie la transmission de valeurs entre père et fils " Celui avait contribué à me donner mon sens de moi-même ". Il nous fait partager ses questions sur la condition de son peuple, sa force, ses torts, Sans s'en prendre aux blancs, il montre les raisons qui ont transformé Harlem, en ghetto. Une fois le livre refermé je me suis posé la question de la date de l'édition originale, constatant que le livre est paru en 1996, il me vient, obligatoirement, une question, qu'en est-il de Harlem et de la condition des noirs, maintenant qu'un métisse est président des Etats-Unis? L'espoir que cette élection a suscité a-t-il fait changer les choses?
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XoArum
  28 novembre 2010
Eddy L.Harris n'a pas du avoir une vie très lumineuse... Descendant d'une famille noire américaine, il essaye vainement de savoir ce qui fait un Noir en Amérique. Harlem est la description de la vie a Harlem maintenant cmme dans le passé. Des fois, on aimerait pouvoir faire quelque chose. Et on se rend compte que vu comment la situation a évolué, on se sent petit et inutile...
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Franceclaire
  23 octobre 2012
Extraordinaire ce livre! Une plongée dans le Harlem d'il y a quelques décennies.
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jullius
  25 juin 2019
S'installer à Harlem pour regarder les autres tout faire pour en sortir...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
sylviesylvie   04 mai 2009
Elle me faisait soudain penser à mon père, qui, à présent qu'il prend mon écriture au sérieux, me voit lui aussi comme une sorte de témoin, quelqu'un qui dira ce qui doit être dit, car rien ne survit simplement parce que ça a existé autrefois; sans aucune trace les vies disparaissent. Ce sont les conteurs qui se souviennent et racontent leurs histoires, les écrivains qui les recréent et les maintiennent en vie. Et l'histoire de Harlem, tout comme celle de mon père, tout comme tant d'autres histoires, a besoin de survivre afin que les enfants de Harlem et nos enfants et les enfants de nos enfants sachent un jour ce que, pour eux, les gens ont enduré et surmonté. C'est ainsi qu'ils pourront un jour puiser leur force à la force de ceux qui les ont précédés, et tirer fierté de leur fierté, courage de leur courage. Ne serait-ce que pour cette raison, je sentais que j'avais besoin d'être là.
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AustralAustral   16 octobre 2015
Le passé est un lieu dangereux à visiter. Il se présente sous des dehors sûrs, mais il est aussi traître que l'enfer. Il est beau. Il est pesant, aussi. C'est là que nous allons nombreux pour nous souvenir de qui nous sommes, parfois même le découvrir. C'est là que nous allons souvent quand le présent commence à nous submerger, à se flétrir, quand il se refuse à la moindre étincelle, au moindre éclat. Si nous n'y prenons pas garde, sa ronde hypnotique risque de nous engloutir dans un tourbillon d'illusions et de déconvenues.
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sylviesylvie   04 mai 2009
C'était peut-être naïf d'espérer qu'on pourrait peut-être un jour - nous tous, pas seulement les noirs - être jugés d'après notre coeur, comme disait le Dr King, et pas d'après la couleur de notre peau. ça ne serait pas génial si on n'était pas coincé dans l'abjection, si notre destin n'était pas soumis au caprice des blancs ? Pourquoi on ne peut pas avoir le destin qu'on choisit, nous , Ce n'est pas ça qu'ils nous ont promis ? Qu'avec la bonne dose d'effort, la juste dose de persévérance, et même, ouais, la juste dose de chance, on pouvait s'élever et réussir, avoir n'importe qu'elle vie et être n'importe qui, si on était suffisamment déterminé ? Mais c'est un mensonge. Qui a persévéré davantage que le peuple noir ? Qui a travaillé plus dur et pour moins de récompense que nous autres ? Peut-être ça doit tenir à la dose de chance, parce qu'on a eu vraiment pas de chance
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sylviesylvie   04 mai 2009
La vie est une question de choix, j'en ai pris le parti, la vie et les mauvaises passes où nous nous trouvons. Tout se réduit à ce que nous choisissons, et à ce que les autres choisissent pour nous. Que nous le sachions ou ne l'ayons jamais remarqué, quelqu'un fait pour nous - très souvent nous-mêmes et tout aussi souvent d'autres -les choix qui semblent affecter jusqu'à notre souffle, jusqu'à nos pensées, et tout ce que nous entreprenons ou cherchons à entreprendre, tout ce que nous sommes. Et il ne nous reste, après tous ces choix acceptés ou non, aucun choix, en somme.
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sylviesylvie   23 mars 2009
Depuis tout petit, j'ai l'imagination fertile et je me suis mis à la place de quantité d'hommes et de femmes. j'ai vécu quantité de vies dans ma tête. J'ai été soldat combattant les indiens dans l'Ouest; d'une volte-face, je me retrouvais Indien des prairies luttant contre ces mêmes soldats pour les empêcher de voler ma terre. A l'aide des livres que je lisais quand j'étais un jeune infirme, je suis devenu homme noir, femme blanche Asiatique Africain Esquimau.
J'ai vécu toutes ces années dans la croyance erronée que c'était précisément cela être américain, que je pouvais non seulement célébrer toutes ces cultures et ces peuples mais aussi être des leurs; que ce qu'ils avaient en commun, je pouvais également le partager. Je croyais pouvoir être rien qu'un citoyen, et par ce simple mot me définir comme tel : citoyen d'un pays d'abord, citoyen du monde qui l'entoure, ensuite
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Videos de Eddy L. Harris (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eddy L. Harris
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Joana Hadjithomas et Khalil Joreige et Eddy l'Harris Philippe Collin et Jean Echenoz Musique : Claire Diterzi et Byung-Ki Kwang
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©Des mots de minuit - Mars 2006
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Histoire de l'Amérique du nord>Histoire des états du nord-est des états-unis (6)
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