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Jeannette Short-Payen (Traducteur)
EAN : 9782070426454
432 pages
Gallimard (25/02/2004)
3.85/5   220 notes
Résumé :
Cette femme vieillie, qui s'appelle Françoise Simon et qui fait office de narratrice, pourrait révéler un terrible secret. Mais elle ne le fait pas ; pas tout de suite. "Ce n'est pas, hélas, aussi simple que ça", confesse-t-elle au début de ces "Cinq quartiers d'orange". Un secret – mais quel secret ? – pourrait se cacher derrière l'aspect si anodin et respectable d'une femme devenue mamie gâteau tenant une petite crêperie sur les bords de la Loire ? Joanne Harris f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
3,85

sur 220 notes

missmolko1
  21 octobre 2012
Quel merveilleux roman! de Joanne Harris je connaissais la trilogie Chocolat (je n'ai lu que les deux premiers tomes) qui m'avait moyennement plu mais ce roman m'a réconcilié avec l'auteure!
Elle arrive à nous transmettre une histoire grave et triste (avec des thèmes comme la guerre, l'occupation, la collaboration, la drogue...) sur un fond plus léger. En effet la narratrice, Framboise aujourd'hui grand mère se souvient de son enfance et les souvenirs qu'elle nous raconte remonte à ses neuf ans. On y découvre alors dans sa bouche la naïveté et l'insouciance enfantine malgré toutes les choses graves qui se passent autour d'elle.
L'intrigue est bien menée car il faut attendre les dernières pages pour y apprendre les secrets et les non-dits qui hantent nos personnages.
Enfin l'évocation des la cuisine et des recettes m'ont fait saliver. Une très belle découverte!
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bilodoh
  08 juillet 2021
Histoire de cuisine et de secrets de famille datant de l'occupation durant la Seconde Guerre mondiale.

Une femme, Framboise, est revenue s'installer incognito dans son village natal où ont eu lieu des événements qu'il vaut mieux taire. Elle revient sur son enfance dans les années de guerre, avec un père mort au combat et une mère aux prises avec des crises de migraine psychotique. Cette mère gagne la vie de la famille avec sa cuisine, elle a même donné des noms de fruits à ses enfants : Cassis, Reine-Claude et Framboise. À son tour, Framboise a nommé ses filles Noisette et Pistache…

Un roman qui sent parfois les oranges, mais aussi de délicieuses odeurs de ragoût ou de confiture.

Une histoire qui raconte à la fois les naïvetés de l'enfance et les corruptions du marché noir pendant l'occupation allemande.

Une livre qui parle de la famille, des difficultés de communication et de l'amour qui reste, même s'il vaut parfois mieux ne pas trop ressembler à sa mère.
Commenter  J’apprécie          415
Gwen21
  05 mars 2017
Comme son titre l'indique, vous entendrez parler d'oranges dans ce roman mais pas que. D'autres fruits, d'autres légumes et beaucoup d'autres saveurs vous y attendent également, la cuisine du terroir occupant une place d'honneur dans la narration.
Les cinq quartiers de l'orange font référence aux cinq chapitres d'un récit qui offre autant de parts d'ombre que de parts de lumière. Framboise est une femme de soixante-cinq ans qui se souvient. En feuilletant les pages du vieux cahier de sa mère décédée - mi-journal, mi-livre de recettes -, c'est son enfance pendant l'Occupation qui lui saute au visage. Framboise se souvient de sa mère, Mirabelle, veuve dure qui cachait ses sentiments ; elle se rappelle aussi comment, avec son frère et sa soeur aînés, elle a "ingénument" collaboré avec les Allemands, fournissant des renseignements sur les habitants de leur village contre quelques barres de chocolat et une canne à pêche ; elle se remémore enfin les bouleversements que ne manquent pas de provoquer la haine, la peur et le manque d'amour.
Si ce roman est très touchant et nous prend facilement dans ses filets, je n'ai pas été complètement séduite. La faute en incombe à des détails : style parfois confus, prénoms de fruits un peu ridicules (de mon point de vue) donnés à tous les personnages de la famille... mais comme il ne faut pas laisser les détails gâcher l'essentiel, je peux dire qu'au global cette lecture reste une découverte tout à fait plaisante. En parallèle de l'émotion qu'elle suscite (comme c'est presque toujours le cas dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale), cette lecture se fait aussi dure et âpre. Aux violences de la guerre s'ajoutent celles des blessures de l'enfance, et l'on sait bien que le temps parvient rarement à cautériser complètement les unes comme les autres.

Challenge Petit Bac 2016 - 2017
Challenge MULTI-DÉFIS 2017
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sabine59
  20 juillet 2018
J'ai lu plusieurs romans de cette auteure, mon préféré restant" Vin de bohème", mais celui-ci m'a bien plu aussi.
On y retrouve, comme souvent chez Joanne Harris, des personnages à part, une famille farfelue , qui va vivre des moments douloureux, durant la période trouble de la seconde guerre mondiale. Cet aspect historique, avec toute l'ambiguïté du comportement des uns et des autres, est bien rendu.
La narratrice est la plus jeune de la famille, Framboise ( oui, comme d'autres lecteurs, je déplore tous ces prénoms ridicules, son frère s'appelle par exemple Cassis et sa mère Mirabelle...), à la personnalité très forte, déjà enfant. On oscille entre deux âges, 9 ans puis 60 ans, après son retour dans le village où les événements se sont passés, et où les habitants ne la reconnaissent pas. Du moins, elle l'espère...
Les sentiments sont intenses, les révélations ne se feront qu'à la fin. On suit les confidences de Framboise, ses interrogations quant aux secrets du passé,en se laissant dériver au gré des méandres d'une Loire mystérieuse, et en humant avec envie les effluves des recettes de fruits laissées par sa mère...
Un moment de lecture gourmand et émouvant.
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Allantvers
  09 octobre 2017
Belle découverte que ce roman dense qui offre un angle de vue original sur les temps troublés de l'occupation, et m'aura collée deux après-midi entières dans mon fauteuil.
Années 90, petit village près d'Angers. Framboise (on passera sur ce détail énervant du livre où tous les personnages sont affublés de ridicules noms de fruits) revient incognito prendre possession de la ferme familiale, cinquante ans après le drame qui en a chassé sa famille, sa mère ayant été accusée de collaboration et d'être responsable de l'exécution par les Allemands de onze habitants du village, en représailles de la mort d'un des leurs. Incognito car bien que le temps ait passé les secrets de la guerre restent lourds, et Framboise a des comptes à régler avec sa propre histoire.
Les allers-retours se multiplient entre son passé d'enfant de neuf ans au sein d'une fratrie sauvageonne et élevée à la dure par une mère sèche et à demi-folle, et son présent de femme mûre, combative et acharnée à faire revivre la cuisine incomparable de cette mère détestée, dont le seul legs qu'elle lui aura laissé est son livre de recettes, agrémentées de mystérieuses notes dont Framboise va peu à peu percer le secret.
Allers-retours dans lesquels on découvre que l'occupant n'est pas dénué de séduction, qu'enfance n'est pas nécessairement innocence, que les temps d'adversité de la guerre et l'occupation sont plus propices que d'autres aux manifestations les plus viles.
Malgré quelques longueurs, l'intrigue est bien menée jusqu'au climax final et l'on se laisse assez vite envouter par les nombreux parfums qui exhalent de ce roman, de l'odeur de la rivière vaseuse à celle de l'herbe fumée, du fumet de l'anchois rôtissant dans l'huile à l'arôme, éminemment toxique dans cette histoire, de la peau d'orange macérée.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres   14 octobre 2014
« En mourant, ma mère légua la ferme à mon frère Cassis ; à ma sœur, Reine-Claude, elle laissa le contenu de notre cave – une fortune sous forme de vins fins – et à moi, la cadette, elle donna son album et un bocal contenant une seule truffe noire du Périgord, grosse comme une balle de tennis et conservée dans une huile de tournesol. Quand on débouche le flacon, il en dégage encore cet arôme puissant qui monte des profondeurs humides de la forêt. Les richesses avaient été assez inégalement distribuées sans doute mais notre mère était une force de la nature, elle dispensait ses faveurs comme bon lui semblait et ne permettait à personne de pénétrer le fonctionnement de sa logique bien à elle.
D'ailleurs, comme le répétait Cassis, la préférée, c'était moi. Bien sûr, ma mère, de son vivant, n'en avait jamais donné la preuve. Elle n'avait jamais eu beaucoup de temps pour les gâteries, même si elle avait été du genre à ça. Son mari avait été tué au front et s'occuper d'une ferme est un travail qui ne se fait pas tout seul quand on est veuve. Aussi, loin de la consoler de la perte de son mari, nous la gênions avec nos jeux bruyants, nos disputes et nos bagarres. Quand nous tombions malades, elle nous soignait avec une tendresse bourrue comme si elle eût calculé ce que notre guérison allait lui coûter. Alors, le peu d'amour qu'elle nous montrait prenait les formes les plus élémentaires : elle nous donnait des casseroles à lécher, une bassine à confitures à nettoyer, une poignée de fraises des bois qu'elle avait ramassées dans la longue bordure derrière le potager et qu'elle offrait sans un sourire enveloppée dans un coin de mouchoir. Cassis serait l'homme de la famille. Elle lui prodiguait encore moins de tendresse qu'à nous. Reinette, déjà, faisait tourner les têtes avant même d'avoir atteint l'adolescence et ma mère était assez vaniteuse pour s'enorgueillir des attentions dont elle faisait l'objet. Quand à moi, je n'étais qu'une bouche de plus à nourrir, pas le deuxième fils qui lui aurait permis d'agrandir la ferme, et je n'avais certainement rien d'une beauté.
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AproposdelivresAproposdelivres   14 octobre 2014
Moi, j'étais celle qui semait toujours le trouble, qui dérangeait l'harmonie et, à la mort de mon père, je devins en plus morose et rebelle. J'avais de ma mère la maigreur et le teint basané, les mains longues et sans grâce, les pieds plats, la bouche trop grande. En me voyant, à contrecœur, elle devait se reconnaître car elle me regardait les lèvres un peu stoïque, fataliste, comme si elle eût deviné que ce ne serait ni Cassis, ni Reine-Claude qui perpétueraient son souvenir mais moi, comme si elle eût préféré se réincarner dans un corps plus agréable à l'œil.
Peut-être était-ce la raison pour laquelle elle m'offrit son album, sans valeur à l'époque à l'exception des remarques et des commentaires notés en marge des recettes, des coupures de journaux et des potions à base d'herbes médicinales. Pas exactement un journal intime, n'est-ce pas ? Il n'y a presque aucune date dans l'album, aucun ordre précis. On y a ajouté des pages au hasard, des feuilles détachées, cousues plus tard à petits points, minutieusement. Certaines ont une minceur de papier pelure, d'autres sont des bouts de cartons taillés de façon à pouvoir être insérés dans la couverture de cuir tout abîmée. Ma mère jalonnait sa vie de recettes, de mets de son invention, de vieilles préparations auxquelles elle ajoutait son tour de main personnel. Elle en marquait ainsi les grands événements. La nourriture représentait sa nostalgie. C'était sa façon à elle de célébrer la vie. Les soins avec lesquels elle la préparait représentaient l'unique forme de sa créativité. La première page de l'album est consacrée à la mort de mon père – son ruban de la Légion d'honneur y est collé maladroitement sous un portrait un peu flou et fané et une recette calligraphiée pour les galettes de blé noir. Elle témoigne d'un humour à vous donner le frisson. Sous la photo, ma mère a écrit en rouge : « Ne pas oublier de déterrer les topinambours ! Ah ! Ah ! Ah ! »
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Gwen21Gwen21   19 mars 2017
A cinq heures du matin, la Loire, baignée de brume, étale son calme et sa splendeur. De l'onde frissonnante, les bancs de sable émergent dans une pâleur éthérée comme des continents perdus. Le parfum de la nuit traîne encore sur la rivière. Un rayon de soleil naissant éclabousse sa surface de luisantes jaspures d'ombre.
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Gwen21Gwen21   03 mars 2017
L'ivresse, nous déclara-t-elle au cours d'un de ses rares moments de confidence, est un crime commis contre l'arbre, contre le fruit, contre le vin lui-même. C'est un crime de lèse-société, c'est un abus de confiance, comme le viol est un abus du désir.
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Gwen21Gwen21   05 mars 2017
J'avais dû naître contestataire mais, l'été de ma neuvième année, cela s'aggrava. Comme des chattes, à l'affût l'une de l'autre, ma mère et moi établissions nos territoires. Chaque contact produisait son étincelle. Chaque mot prenait des airs d'insulte. Nos conversations étaient comme autant de champs de mines.
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