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Brice Matthieussent (Traducteur)
ISBN : 2264031743
Éditeur : 10-18 (03/05/2001)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Après "La route du retour", ce nouveau livre de Jim Harrison confirme s'il en était besoin le goût pour le nomadisme et les grands espaces de l'auteur.

"Le voyage sans destination particulière, dit-il, est mon mécanisme de survie." Pourtant, il n'est pas question dans ce recueil de trois longues nouvelles de conquête de l'ouest au sens traditionnel du terme.

L'ouest qui est évoqué dans la nouvelle qui donne son titre au recueil c'est Ho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Thyuig
  14 avril 2012
Trois longues nouvelles composent ce recueil de Jim Harrison. Dans la première, "en route vers l'ouest", Harrison convoque à nouveau pour notre plus grand plaisir le personnage de Chien Brun, déjà croisé par ailleurs dans La femme aux lucioles et Julip. Chien Brun est un rêve de personnage, parfait candide découvrant à pas d'homme la marche d'un monde qu'il ne comprend pas. Aussi le rejoignons-nous alors qu'il arrive à pieds à Los Angeles, à la recherche de Lone Marten, activiste indien mais surtout escroc, coupable d'avoir emporté avec la voiture qu'ils partageaient, une peau d'ours dont Chien Brun ne se sépare jamais. Harrison prend un plaisir évident à confronter la candeur naturelle de Chien Brun à la facticité du monde de LA, symbolisé dans toute sa folie par le personnage de Bob, sorte d'épouvantail écrivain et scénariste à Hollywood, boulimique et prétentieux, mythomane aussi, un héros rabelaisien qu'Harrison confronterait à son Candide voltairien.
Rien de nouveau ici mais un plaisir évident et décuplé à mesure que Chien Brun et Bob partagent ensemble cette tentative de rapt sur Peau d'Ours. On pense un peu à Dortmunder, personnage tout aussi culte développé dans les polars de Donald Westlake et finalement, le rire ne m'a jamais accompagné autant chez Harrison qu'avec cette première nouvelle.
Pour la suivante, "La bête que Dieu oublia d'inventer", Harrison se coltine à un autre de ses pensum qui inéluctablement revient à chacun de ses livres : la maladie. Ici elle s'est muée en conséquence d'un accident de moto donnant lieu à une hémorragie cérébrale débouchant sur une déficience qualifiée de "prosopagnosie", autrement dit une absence totale de mémoire visuelle qui oblige Joe à voir "tout pour la première fois, encore et encore". Nouvelle difficile à lire, déjà parce que Jim HArrison a déjà traité avec grande finesse ce sujet de la déficience dans nombre de ses romans, que l'on pense particulièrement à Retour en terre et la terrible agonie de Donald, à la tragique fin de Dalva, à l'infirmité incapacitante de Robert Strang dans Faux soleil ou bien à la cruelle blessure de Joseph dans Nord-Michigan. Harrison est obsédé par la douleur et la maladie, visiblement, selon lui, elles font naître chez l'être humain une perception et une acuité, un sentiment et une sensibilité qu'il est bien difficile d'atteindre par ailleurs. le problème de "la bête que Dieu oublia d'inventer" est que la nouvelle tend des ficelles par trop visibles et que même la légendaire finesse d'Harrison ne parvient à nous faire totalement oublier le processus un peu facile de redaction de celle-ci.
Pour la dernière, "J'ai oublié d'aller en Espagne", l'auteur s'accapare d'un thème cher aux écrivains américains : l'écrivain que je ne suis pas. le concept n'existe qu'en réaction à Hemingway et son parcours victorieux au sein du vingtième siècle d'une Europe sanguinolente. Ici le narrateur écrit des Biocompactes, mini biographies écrites au kilomètre pour apprendre la vie d'un être illustre sans risquer le claquage de cerveau et ce narrateur, la cinquantaine bien affirmée, découvre à son corps défendant que malgré le succès et la vie facile que lui octroient ses fameuses Biocompactes, il ne vit pas la vie rêvée qu'il désirait.
Nouvelle assez rejouissante car pétillante de bons mots, elle ne fait pourtant naître aucune empathie envers le narrateur : qu'il se soigne ou plonge dans la dépression, on s'en moquerait presque. Pas certain au final que le but d'Harrison ait été atteind sur ce coup-là. A lire tout de même pour ceux qui douteraient que Jim Harrison serait autre chose que cet écrivain des grands espaces, non, il est aussi de manière moins rejouissante cet écrivain du petit sérail de la littérature mondiale, un rien nombriliste et caricature d'elle-même.
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bina
  05 août 2013
Jim Harrison présente trois nouvelles, chacune centrée sur un personnage marginalisé, original, qui dénote par rapport au monde dans lequel il vit. J'ai beaucoup apprécié les deux premières, qui présentent des hommes simples ou devenus simples, qui n'ont pas besoin de grand chose pour vivre au contact de la nature.
En route vers l'ouest: Chien Brun (CB) vient du nord. C'est un indien, à la poursuite d'un autre indien escroc pour récupérer sa peau d'ours.Il est aussi accessoirement en fuite suite à quelques petits délits activistes pour la sauvegarde du patrimoine indien. Porteur de sa philosophie simpliste, il dénote à Los Angeles, où sa quête le mène.Il vit habituellement au jour le jour au contact de la nature, et il arrive dans une grande ville où la moindre bouteille d'eau coûte un dollar! La présence improbable de cet indien dans la ville, solitaire, attachant, libre, ours, est le moyen pour l'auteur de pointer du doigt les excès et le débordement de la grande ville, le bruit, les voitures trop nombreuses, l'alimentation, trop abondante. Tout le monde est ou veut être acteur, et seul CB est dans le vrai.
La Bête que DIeu oublia d'inventer: Cette nouvelle est le récit rédigé par Norman Artz, solitaire de 67 ans pour un coroner du Michigan, suite à la mort de Joseph Lacort, dit Joe, survenue par noyade.
C'est l'occasion pour le narrateur de présenter un homme marginal, vivant coupé de la société, comme un gentil sauvage. Mais cet isolement ne relève pas d'une démarche volontaire. Deux ans plus tôt, à l'âge de 35 ans, Joe est blessé dans un accident de moto Un hetre en pleine tête, cela ne pardonne pas. Traumatisme cérébral, un an d'hospitalisation répare le physique, mais rien ne peut remettre d'aplomb un cerveau endommagé. Dans ce comté du nord où la nature est encore très présente, Joe va opérer un retour à la nature, à une vie de simplicité. C'est une vie de liberté loin de toute contrainte sociale ou sociétale.
Son ami le narrateur retrace les dernières semaines de sa vie, exprimant parfois son incompréhension à la lumière d'un homme civilisé mais redevenu simple après une vie de travail à Chicago. On se demande qui a raison. celui qui vit par et pour la nature la nature comme en communion, ou celui qui se raccroche à une vie trépidante mais éreintante, coupée des valeurs les plus simples. Encore une histoire de Jim Harrison qui interroge sur l'homme et la société dans il vit.
J'ai oublié d'aller en Espagne: cette nouvelle présente un écrivain professionnel, auteur d'une trentaine de biocompactes, des biographies de célébrités d'une centaine de pages chacune. A 55 ans, il se réveille de son train train, plaque son travaille et part pour la France , et surtout l'Espagne, où il rêve d'aller depuis longtemps .
Marginal dans le sens où il plaque tout et change de direction, mais marginal qui a les moyens de ses caprices, contrairement aux deux personnages précédents. Et pour cela, je le trouve bien moins attachant que Chien Brun, Joe ou Norman
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cathlivres
  26 mars 2015
J'avais aimé Retour en terre, je n'ai pas accroché à ces nouvelles...
Il y a toujours ces personnages décalés et proches de la nature,
mais trop d'introspection et de situations improbables à mon goût.
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cedricjover
  10 septembre 2014
J'ai passé un bon moment, je le recommande !
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
ThyuigThyuig   03 avril 2012
Au cours de son existence passée dans les bois, Chien Brun avait vu trois oiseaux différents - un corbeau, un faucon à queue rouge et une humble grive - tomber raides morts de leurs perchoirs respectifs et une autre fois, alors quil pillait illégalement une épave dans le lac Supérieur à une profondeur d'une centaine de pieds, une très grosse truite de lac choisit ce moment pour se laisser choir lentement, toute tremblante et sans vie, vers le fond du lac. L'espace d'un instant, il fut tenté d'aller l'y ramasser et de la glisser dans son sac de plongée avec quelques accessoires en cuivre prélevés sur le bateau coulé, mais il pensa aussitôt que ce poisson venait de mourir en paix et que ce ne serait pas bien de le faire griller, de l'arroser de sauce piquante pour finir par le transformer en étron.
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ThyuigThyuig   05 avril 2012
Il s'efforça d'ouvrir cette conserve avec ses mains glacées et la lâcha aussitôt en se coupant le doigt. Puis il tenta vainement d'ôter de la viande les aiguilles de pin, les fragments de feuille ainsi que son propre sang, avant de la fourrer dans sa bouche. La conserve lui fit trois bouchées et il ne trouva rien à boire hormis quelques centilitres de schnapps à la banane dans une bouteille poussiéreuse qu'on lui avait donnée, car ce liquide faisait également office de lotion antimoustiques. Au cours de l'indigestion qui s'ensuivit, il se dit que l'inventeur du schnapps à la banane aurait bien mérité de se faire botter le cul.
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binabina   05 août 2013
C'est amusant, et je suis certain qu'un anthropologue pourrait l'expliquer, cette manie qu'ont les hommes de jauger et de commenter l'anatomie féminine sans s'inquiéter une seconde de leur propre aspect négligé ou de leur inélégance foncière. J'ai vu un salopard le plus ignoble noter une pauvre femme sur une échelle allant de 1 à 10, mais je ne doute pas une seconde que les femmes ont des comportements à peu près similaires, qu'elles ne dévoilent pas aux membres du sexe opposé. ( La bête que dieu oublia d'inventer)
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binabina   05 août 2013
L'ironie constitue une manière de nous protéger contre la vulgarité évidente et épuisante de notre culture. Elle rend la vue plus supportable, mais sans l'améliorer. (J'ai oublié d'aller en Espagne)
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binabina   05 août 2013
En retour, il prit un chemin plus long afin de remonter la colline à travers bois, dansant à moitié entre les arbres comme un ours de cirque qui apprend à marcher avec difficultés, giflant les troncs et éructant quelques syllabes dépourvues de sens, retournant ainsi en dansant vers la table de pique nique, où il engloutit une autre bière, s'empara de son sandwich au corned-beef spam et contempla avec une reconnaissance illimitée le vert profond de la fin du printemps. (En route vers l'ouest, excipit)
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Videos de Jim Harrison (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Harrison
Cet épisode du podcast Homo Ethicus est un hommage à Jim Harrison et, plus particulièrement, à sa vision toute personnelle de la sagesse. Sa vision du monde était faite d'amour de la nature sauvage, de gueuletons inimaginable, d'amitié, de poésie et d'écriture que nous voyons à travers des citations de plusieurs de ses ouvrages.
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