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Brice Matthieussent (Traducteur)
EAN : 9782264031747
367 pages
10-18 (03/05/2001)
3.82/5   160 notes
Résumé :
Après "La route du retour", ce nouveau livre de Jim Harrison confirme s'il en était besoin le goût pour le nomadisme et les grands espaces de l'auteur.

"Le voyage sans destination particulière, dit-il, est mon mécanisme de survie." Pourtant, il n'est pas question dans ce recueil de trois longues nouvelles de conquête de l'ouest au sens traditionnel du terme.

L'ouest qui est évoqué dans la nouvelle qui donne son titre au recueil c'est Ho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Vous avez beau aimer la route, il arrive que celle-ci vous lasse, que vous n'y trouviez pas de quoi accrocher votre regard, qu'elle vous ennuie avec ses grandes plaines, sans beaucoup de reliefs ou de couleurs pour animer votre voyage. le paysage défile et vous vous surprenez à le trouver bien fade. Il y a bien quelques belles trouées qui vous éblouissent par moments, baignées de lumière, avec quelques collines aux flancs chatoyant de végétation variée, et dont les courbes font onduler l'horizon. Il peut même y avoir quelques animaux sauvages qui dynamisent le tableau et fixent votre regard, soudain attentif et curieux. Malgré cela, touchant à sa fin, le parcours vous aura quand même un peu ennuyé et vous êtes content de l'avoir achevé.

« En route vers l'Ouest » aura été de ceux-là pour moi, un voyage en trois étapes un peu longuettes (recueil de 3 nouvelles) malgré quelques beaux passages. Et puis, les seuls animaux aperçus avaient des derrières rebondis, revêtus – ou pas – d'une mini-jupe, pas vraiment de nature à fixer mon regard !
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Trois nouvelles dans lesquelles le grand Jimmy déroule ses thèmes favoris : appel de l'ouest et des grands espaces, nature, sexe humoristique, cuisine, vins français.

La première voit Chien Brun à la recherche d'une peau d'ours qui lui a été dérobée ce qui le conduit à Los Angeles où il devient par hasard chauffeur de Bob qui va l'aider financièrement et le faire naviguer entre Sunset Boulevard et Culver City. S'ensuivent quelques aventures pittoresques avec ou sans filles, toujours à la recherche du voleur de la peau d'ours. On a droit aux digressions habituelles de Jim Harrison et, par moments, il faut rechercher le fil conducteur.

La deuxième, malgré son titre semblant inapproprié, ramène les lecteurs de Jim dans ses espaces favoris, la forêt et ses nombreux animaux, la rivière et ses truites grillées sitôt pêchées, encore des filles, deux surtout, Ann et Sonia, amours déconcertantes d'un malheureux héros auquel est consacrée la nouvelle, Joe. Sanctification de la nature par Jimmy, extase devant ou plutôt derrière de jeunes postérieurs féminins, digressions sur la vie et la mort, bref un joli cocktail à savourer par les inconditionnels de l'auteur.

La troisième est plus originale que les précédentes et le héros étant riche, à la différence des deux autres, les grands crus français sont débouchés par ses soins à la moindre occasion, qu'il s'agisse de Lynch-Bages ou de Bandol domaine Tempier, favori de Jimmy. le héros est biographe, il a une soeur, un frère, qui bossent pour lui en réunissant les documentations nécessaires, une étudiante qu'il finance en France, une première épouse pour un mariage de neuf jours qu'il va retrouver brièvement trente années plus tard, des souvenirs à la pelle qui agrémentent ses digressions et l'argent qui lui permet de voyager, sans parvenir toutefois à réaliser cette découverte de l'Espagne qu'il désirait tellement. Jimmy livre ses réflexions avisées sur l'existence, le choix d'un métier, la vie, la mort, la peur, le désarroi physique et moral. Heureusement qu'il a l'ivresse pour surmonter ses choix malheureux.

Ces trois nouvelles donnent un ensemble quand même un peu longuet, avec d'inévitables répétitions, mais aussi des passages fulgurants, du très bon Jim Harrison, qui à eux seuls justifient tout à fait de prendre avec Jimmy la route de l'Ouest.
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Trois longues nouvelles composent ce recueil de Jim Harrison. Dans la première, "en route vers l'ouest", Harrison convoque à nouveau pour notre plus grand plaisir le personnage de Chien Brun, déjà croisé par ailleurs dans La femme aux lucioles et Julip. Chien Brun est un rêve de personnage, parfait candide découvrant à pas d'homme la marche d'un monde qu'il ne comprend pas. Aussi le rejoignons-nous alors qu'il arrive à pieds à Los Angeles, à la recherche de Lone Marten, activiste indien mais surtout escroc, coupable d'avoir emporté avec la voiture qu'ils partageaient, une peau d'ours dont Chien Brun ne se sépare jamais. Harrison prend un plaisir évident à confronter la candeur naturelle de Chien Brun à la facticité du monde de LA, symbolisé dans toute sa folie par le personnage de Bob, sorte d'épouvantail écrivain et scénariste à Hollywood, boulimique et prétentieux, mythomane aussi, un héros rabelaisien qu'Harrison confronterait à son Candide voltairien.
Rien de nouveau ici mais un plaisir évident et décuplé à mesure que Chien Brun et Bob partagent ensemble cette tentative de rapt sur Peau d'Ours. On pense un peu à Dortmunder, personnage tout aussi culte développé dans les polars de Donald Westlake et finalement, le rire ne m'a jamais accompagné autant chez Harrison qu'avec cette première nouvelle.
Pour la suivante, "La bête que Dieu oublia d'inventer", Harrison se coltine à un autre de ses pensum qui inéluctablement revient à chacun de ses livres : la maladie. Ici elle s'est muée en conséquence d'un accident de moto donnant lieu à une hémorragie cérébrale débouchant sur une déficience qualifiée de "prosopagnosie", autrement dit une absence totale de mémoire visuelle qui oblige Joe à voir "tout pour la première fois, encore et encore". Nouvelle difficile à lire, déjà parce que Jim HArrison a déjà traité avec grande finesse ce sujet de la déficience dans nombre de ses romans, que l'on pense particulièrement à Retour en terre et la terrible agonie de Donald, à la tragique fin de Dalva, à l'infirmité incapacitante de Robert Strang dans Faux soleil ou bien à la cruelle blessure de Joseph dans Nord-Michigan. Harrison est obsédé par la douleur et la maladie, visiblement, selon lui, elles font naître chez l'être humain une perception et une acuité, un sentiment et une sensibilité qu'il est bien difficile d'atteindre par ailleurs. le problème de "la bête que Dieu oublia d'inventer" est que la nouvelle tend des ficelles par trop visibles et que même la légendaire finesse d'Harrison ne parvient à nous faire totalement oublier le processus un peu facile de redaction de celle-ci.
Pour la dernière, "J'ai oublié d'aller en Espagne", l'auteur s'accapare d'un thème cher aux écrivains américains : l'écrivain que je ne suis pas. le concept n'existe qu'en réaction à Hemingway et son parcours victorieux au sein du vingtième siècle d'une Europe sanguinolente. Ici le narrateur écrit des Biocompactes, mini biographies écrites au kilomètre pour apprendre la vie d'un être illustre sans risquer le claquage de cerveau et ce narrateur, la cinquantaine bien affirmée, découvre à son corps défendant que malgré le succès et la vie facile que lui octroient ses fameuses Biocompactes, il ne vit pas la vie rêvée qu'il désirait.
Nouvelle assez rejouissante car pétillante de bons mots, elle ne fait pourtant naître aucune empathie envers le narrateur : qu'il se soigne ou plonge dans la dépression, on s'en moquerait presque. Pas certain au final que le but d'Harrison ait été atteind sur ce coup-là. A lire tout de même pour ceux qui douteraient que Jim Harrison serait autre chose que cet écrivain des grands espaces, non, il est aussi de manière moins rejouissante cet écrivain du petit sérail de la littérature mondiale, un rien nombriliste et caricature d'elle-même.
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Jim Harrison présente trois nouvelles, chacune centrée sur un personnage marginalisé, original, qui dénote par rapport au monde dans lequel il vit. J'ai beaucoup apprécié les deux premières, qui présentent des hommes simples ou devenus simples, qui n'ont pas besoin de grand chose pour vivre au contact de la nature.

En route vers l'ouest: Chien Brun (CB) vient du nord. C'est un indien, à la poursuite d'un autre indien escroc pour récupérer sa peau d'ours.Il est aussi accessoirement en fuite suite à quelques petits délits activistes pour la sauvegarde du patrimoine indien. Porteur de sa philosophie simpliste, il dénote à Los Angeles, où sa quête le mène.Il vit habituellement au jour le jour au contact de la nature, et il arrive dans une grande ville où la moindre bouteille d'eau coûte un dollar! La présence improbable de cet indien dans la ville, solitaire, attachant, libre, ours, est le moyen pour l'auteur de pointer du doigt les excès et le débordement de la grande ville, le bruit, les voitures trop nombreuses, l'alimentation, trop abondante. Tout le monde est ou veut être acteur, et seul CB est dans le vrai.

La Bête que DIeu oublia d'inventer: Cette nouvelle est le récit rédigé par Norman Artz, solitaire de 67 ans pour un coroner du Michigan, suite à la mort de Joseph Lacort, dit Joe, survenue par noyade.
C'est l'occasion pour le narrateur de présenter un homme marginal, vivant coupé de la société, comme un gentil sauvage. Mais cet isolement ne relève pas d'une démarche volontaire. Deux ans plus tôt, à l'âge de 35 ans, Joe est blessé dans un accident de moto Un hetre en pleine tête, cela ne pardonne pas. Traumatisme cérébral, un an d'hospitalisation répare le physique, mais rien ne peut remettre d'aplomb un cerveau endommagé. Dans ce comté du nord où la nature est encore très présente, Joe va opérer un retour à la nature, à une vie de simplicité. C'est une vie de liberté loin de toute contrainte sociale ou sociétale.
Son ami le narrateur retrace les dernières semaines de sa vie, exprimant parfois son incompréhension à la lumière d'un homme civilisé mais redevenu simple après une vie de travail à Chicago. On se demande qui a raison. celui qui vit par et pour la nature la nature comme en communion, ou celui qui se raccroche à une vie trépidante mais éreintante, coupée des valeurs les plus simples. Encore une histoire de Jim Harrison qui interroge sur l'homme et la société dans il vit.

J'ai oublié d'aller en Espagne: cette nouvelle présente un écrivain professionnel, auteur d'une trentaine de biocompactes, des biographies de célébrités d'une centaine de pages chacune. A 55 ans, il se réveille de son train train, plaque son travaille et part pour la France , et surtout l'Espagne, où il rêve d'aller depuis longtemps .
Marginal dans le sens où il plaque tout et change de direction, mais marginal qui a les moyens de ses caprices, contrairement aux deux personnages précédents. Et pour cela, je le trouve bien moins attachant que Chien Brun, Joe ou Norman
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Le narrateur de « J'ai oublié d'aller en Espagne » ,l'une des trois longues nouvelles qui composent ce livre , en parlant de « nos efforts stériles pour trouver une cohérence artificielle à nos existences » en donne le point commun . Chaos poétique dans l'esprit de Chien Brun , sorte de « Huron » voltairien affronté à Los Angeles . Chaos sensoriel du héros de « La bête que Dieu oublia d'inventer » qu'un accident de la route a transformé en une sorte d'Alien . Chaos affectif du vieil écrivain enrichi par la littérature alimentaire et qui revient à ses amours anciennes. Et l'autre point commun ,c'est Harrison lui-même dont on retrouve les obsessions et les appétences dans chaque personnage . Une sorte de leçon de vie baudelairienne : « Il faut toujours être ivre … de vin , de poésie ou de vertu à votre guise. »
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
Au cours de son existence passée dans les bois, Chien Brun avait vu trois oiseaux différents - un corbeau, un faucon à queue rouge et une humble grive - tomber raides morts de leurs perchoirs respectifs et une autre fois, alors quil pillait illégalement une épave dans le lac Supérieur à une profondeur d'une centaine de pieds, une très grosse truite de lac choisit ce moment pour se laisser choir lentement, toute tremblante et sans vie, vers le fond du lac. L'espace d'un instant, il fut tenté d'aller l'y ramasser et de la glisser dans son sac de plongée avec quelques accessoires en cuivre prélevés sur le bateau coulé, mais il pensa aussitôt que ce poisson venait de mourir en paix et que ce ne serait pas bien de le faire griller, de l'arroser de sauce piquante pour finir par le transformer en étron.
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Peu de touristes comprenaient qu'un régime incluant beaucoup d'ail était très efficace pour repousser les insectes, même si à cet instant précis C.B. fut submergé d'une soudaine nostalgie pour son pays natal infesté de moustiques, pour les lacs et les marécages, pour l'interminable pluie glacée, les poches de neige dans les marais qui duraient jusqu'à la fin mai, les plaques de glace enfouies parmi le sable et les rochers des plages du lac Supérieur et qui s'incrustaient souvent jusqu'à juin.
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Mais naturellement, comme disent les Français, je suis parfois grognon, ronchon, chagrin et chiant, coupable de lassitude, étranglé à un âge précoce par des parents insensibles et brutaux, tout comme Chulkaturine; pourtant, ainsi que je l'ai déjà dit, nous sommes sans doute des millions à glisser vers la vieillesse dans un état de mélancolie irritable.
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Il s'efforça d'ouvrir cette conserve avec ses mains glacées et la lâcha aussitôt en se coupant le doigt. Puis il tenta vainement d'ôter de la viande les aiguilles de pin, les fragments de feuille ainsi que son propre sang, avant de la fourrer dans sa bouche. La conserve lui fit trois bouchées et il ne trouva rien à boire hormis quelques centilitres de schnapps à la banane dans une bouteille poussiéreuse qu'on lui avait donnée, car ce liquide faisait également office de lotion antimoustiques. Au cours de l'indigestion qui s'ensuivit, il se dit que l'inventeur du schnapps à la banane aurait bien mérité de se faire botter le cul.
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C'est amusant, et je suis certain qu'un anthropologue pourrait l'expliquer, cette manie qu'ont les hommes de jauger et de commenter l'anatomie féminine sans s'inquiéter une seconde de leur propre aspect négligé ou de leur inélégance foncière. J'ai vu un salopard le plus ignoble noter une pauvre femme sur une échelle allant de 1 à 10, mais je ne doute pas une seconde que les femmes ont des comportements à peu près similaires, qu'elles ne dévoilent pas aux membres du sexe opposé. ( La bête que dieu oublia d'inventer)
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