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ISBN : 2070468402
Éditeur : Gallimard (02/11/2017)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Dans ce texte âpre, "Big Jim" nous emmène dans un Montana aussi beau qu'hostile et livre un portrait féminin subtil, non sans échos avec son majestueux Dalva : celui d'une jeune fille meurtrie, aussi blessée qu'en quête de vengeance... "Sarah cria : "Putain de Dieu !", puis elle s'élança à toute vitesse sur un sentier pentu qui grimpait le long de la montagne jusqu'à ce qu'elle soit certaine que sa blessure allait éclater et qu'elle en aurait fini avec elle".
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
mcd30
  30 décembre 2017
Du jour où j'ai vu Jim Harrison à la télévision, j'ai su que j'aimerais ses livres et je n'ai pas été déçue avec La fille du fermier, j'y retrouve les thèmes chers à l'auteur : la nature, les grands espaces, son côté vulgaire à certains moments et sa grande connaissance de l'âme humaine et de ses faiblesses.
A mon sens, Sarah est aux antipodes de Dalva. Elle mène une adolescence solitaire en pleine nature dans le Montana à l'écart de la civilisation, plus elle grandit et plus elle est seule. Sa mère la quitte pour ses quinze ans et son ami Tim meurt d'un cancer. Et c'est après toutes ces pertes qu'un beau jour elle va à une fête qui mettra fin à son adolescence et en fera une jeune femme en colère qui désire se venger. Peu de temps après, sa tante l'invite chez elle dans l'Arizona et là une nouvelle vie va s'offrir à elle ; mais tout va dépendre de son choix, poursuivre sa vengeance ou passer à autre chose ?
Pendant que je lisais ce texte, je repensais à Dalva qui contrairement à Sarah est entourée et épaulée par sa famille ce qui lui permet de choisir d'aimer et de s'occuper des autres. Et là dans cette histoire, on se demande ce qui pourra bien empêcher Sarah de faire le mauvais choix tant elle est livrée à elle-même sans personne sur qui compter.
J'ai beaucoup aimé cette histoire très courte.Mais vaut-il mieux vivre dans la nature malgré une vie difficile ou vivre parmi la civilisation ?
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Zakuro
  17 janvier 2018
Avant de lire la réédition aux éditions Rivages du livre de Norman MacleanEt au milieu coule une rivière- , en gardant en mémoire les très belles images du film de Robert Redford qui a préfacé le livre, j'avais très envie de prendre la température des grands espaces et de la solitude qui s'y tient avec la fille du fermier de Jim Harrison.
La fille du fermier, c'est la jeune Sarah de 9 ans qui dans les années 1980 part avec ses parents dans les montagnes rocheuses du Montana, abandonnant son piano, sa meilleure amie Maria et tout ce qui fait le petit nid douillet de ses jeunes années passées dans l'Ohio.
Là-bas, dans le Montana, dans ce paysage d'eau et de rocailles, où l'on vit encore comme il y a 30 ans, l'immensité ressemble à une grande solitude.
En manque d'attention de ses parents, Sarah trouve l'affection auprès de Tim, un vieux fermier qui a vendu les arpents de terre au père de Sarah. Tim est la roche solide qui abrite et protège pour un temps la jeune Sarah dont le corps se transforme en une jeune femme qu'elle bride farouchement à ne pas devenir. Sarah préfère les longues promenades à cheval en compagnie de Vagabond, le chien de Tim et les livres de poésie d'Emily Dickinson.
A l'école, Sarah aime par dessus tout les sciences. Par son irrésistible besoin de comprendre le monde, veut-elle aussi comprendre pourquoi elle se sent complètement vide tout en se demandant en regardant son père « si lui aussi abritait dans son esprit ces lieux vides et froids, ainsi que tous ces points d'interrogation métalliques, ou bien si son mental était plein et harmonieux ».
La mort de Tim et l'entrée au collège signent l'arrêt pour Sarah de ces moments d'innocence et de liberté.
Le jour de rodéo qui aurait dû être un jour de fête marque aussi pour Sarah une rupture brutale avec le temps de l'enfance.
Le coeur meurtri et lourd d'un fort sentiment de vengeance, telle une Diane chasseresse, Sarah devra vaincre ses instincts de punité pour sauver son avenir, même si le prix à payer est le silence.
J'ai aimé retrouver la prose râpeuse de Jim Harrison car elle loge dans ses interstices une infinie tendresse pour son personnage féminin, Sarah. de l'extérieur, Sarah apparaît comme une gamine vulnérable et fragile alors qu'elle construit dans son monde intérieur tout un mécanisme de construction d'elle-même et de compréhension des autres . C'est ce qui la rend forte même si parfois elle a l'impression d'échapper à ses décisions.
Elle sait ce qu'elle veut et elle sait parfaitement ce qu'elle ne veut pas être. Sarah est comme une petite pousse d'herbe verte qui réussit à grandir malgré un environnement aride.
A travers Sarah, Jim Harrison témoigne aussi des errances et le mal d'une jeunesse américaine en proie aux désillusions et aux fantômes de la guerre.
J'ai beaucoup aimé les références à la lecture et aux livres qui aident à surmonter les embûches, et au pouvoir des arts en général et de l'instruction. L'astronomie et la lecture de la carte du ciel évoquées à travers Rebecca, la tante de Sarah est ce lien invisible et puissant qui réunit tous les personnages du livre entre eux mais aussi avec leurs ancêtres.
C'est un texte fort et très beau extrait du recueil ‘les jeux de la nuit » qui vient d'être réédité en folio 2 euros , une jolie manière d'entrer en contact avec l'auteur et son univers.
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fanfanouche24
  11 janvier 2018
"Elle ne s'imaginait pas vivre sans montagnes et elle se dit que, quoi qu'il pût lui arriver, elle avait de la chance de vivre parmi toute cette beauté" (p. 82)
Enfin un premier texte lu de cet auteur, que j'ai envie de découvrir depuis un très, très long moment...Une camarade babéliote, Letitbe... lors du pique-nique annuel (2013) m'avait transmis un des coups de coeur pour cet écrivain, avec "Dalva" ; un autre magnifique portrait de femme. Ce volume est toujours en attente... Je viens de le ressortir de mes rayonnages !
Ce beau portrait d'adolescente, Sarah, combattive et curieuse... est extrait d'un recueil de nouvelles , "Les Jeux de la nuit" (Flammarion, 2010)
Une jeune fille, âpre et révoltée, amoureuse de la nature, des animaux, dont son cheval (Lad) et sa chienne, Vagabonde...qui ne la quittent jamais...Le départ brutal de sa mère pour un autre homme, plus fortuné, une agression sexuelle lamentable vont démultiplier son mal de vivre, sa rage et sa volonté de se venger de son "violeur"...mais des rencontres dont celle d'un enseignant de botanique, Roberto, son envie de vivre , d'entrer à l'Université, sa détermination à construire "son chemin" la détourneront-elle de son funeste objectif ? Je n'en dirai pas plus....
Une lecture très attachante que l'accompagnement de cette jeune femme , " en devenir" qui est bien décidée à dépasser son milieu, son origine sociale...à poursuivre avec conviction ses passions pour la nature, la musique , les Livres et les études, avec l'assentiment d'un père aussi bienveillant qu'encourageant ...!
"Son père lui rappelait sans cesse qu'il lui faudrait trouver un métier et que, même si ses lectures étaient bonnes pour elle, les sciences lui permettraient de gagner davantage d'argent. de fait, elle avait réfléchi à ce problème. Tous les romans qu'elle lisait mettaient son esprit en ébullition, d'autant que c'était là son seul moyen de connaître la vie en dehors du trou perdu où elle habitait. Les sciences étaient aussi pures que le désert qu'elle n'avait jamais vu. "(p. 29)
"Après deux heures seulement de voyage, tout lui sembla flambant neuf et elle oublia d'où elle venait. le Montana était peut-être immense, mais il vous enfermait. Maintenant, le monde ouvrait enfin ses fenêtres pour elle. elle connaissait par coeur une phrase d'Emily Dickinson qui tombait à pic. :" la vie est si étonnante qu'elle laisse peu de temps pour autre chose" (p. 96)

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JIEMDE
  12 mai 2019
Sarah est La fille du fermier. Enfin, fille…
Elle est surtout livrée à elle-même entre Peps, sa mère, absente omniprésente qui finira par se barrer et Franck son père débarqué dans le Montana pour faire fortune mais vite désillusionné.
Elle est surtout incroyablement forte, indépendante et éprise de nature, chevauchant les montagnes, campant, chassant et subvenant elle-même à ses besoins.
Elle est surtout intelligente et assoiffée d'apprendre, puisant dans les sciences, la musique et la littérature les bases d'une autre vie possible que celle de fille de ferme qui lui était promise.
Elle est enfin définitivement meurtrie depuis ce soir de fête où son chemin a croisé celui de Karl. Depuis, son corps et son âme crient vengeance…
Dans La fille du fermier, Jim Harrison – traduit par Brice Matthieussent – nous livre une histoire noire mais finalement morale, dont l'héroïne est splendide, dont l'espérance est le fil conducteur et dont la poésie est subtile.
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Levant
  05 janvier 2018
Une obsession, la vengeance. Et qui veut l'assouvir aux États-Unis n'est pas en peine de disposer d'une arme.
Sarah est une jeune adolescente plutôt sage. Elle n'a pas d'appétence particulière pour la chose sexuelle. Elle est séduisante avec sa beauté naturelle juvénile qu'elle ressent curieusement pourtant plus comme un fardeau que comme atout. La solitude est son refuge depuis qu'elle a perdu le vieux Tim. Son grand âge lui était une sécurité.
Lors d'une soirée de fête locale, elle sera droguée et violentée par le fils d'un riche propriétaire voisin connu pour ses frasques. Sarah ne dira rien de son malheur, de sa souffrance. Bénéficiant de l'indépendance que lui laisse son père, elle a décidé de se venger. Toute seule.
Jim Harisson, le vieil homme au physique cabossé, disgracieux, à la voix d'une gravité rocailleuse parvient à se glisser dans la peau de ce personnage aux antipodes de sa propre personnalité. Il fait preuve d'une empathie inattendue pour adopter l'état d'esprit de cette jeune fille meurtrie. En explorateur de la nature humaine, il envisage dans ce roman très court qu'à seize ans une jeune fille puisse déjà être désenchantée par la vie. Mais peut-être donne-t-il trop de lui, de son expérience à cette adolescente.
La nature sauvage, immense, souveraine, sert d'écrin à cette histoire de la violence des hommes. On le sait contemplatif de ses splendeurs, son chien couché à ses pieds. Il la décrit comme il la voit. Belle, simple, évidente. C'est sa manière de la célébrer.
Avec sa sagesse désabusée, Jim Harrison ne se fait plus d'illusion sur le comportement des hommes dont il connaît trop les mauvais penchants. Il les décrit quant à eux comme ils sont, avec les défauts qu'il leur connaît si bien, dont celui de la violence, surtout quand elle s'en prend à l'innocence.
Avec son écriture pressée comme une folle chevauchée dans les collines, il passe d'une idée à une autre sans transition superflue. C'est sa manière de parler des petites gens, des meurtris par la vie, des laissés pour compte dont il prend le parti. Il y a comme une urgence à leur donner la parole. Ce premier ouvrage que je lis de Jim Harrison m'engage à faire plus ample connaissance de son oeuvre. Et de lui au travers de celle-ci.
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Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
JIEMDEJIEMDE   12 mai 2019
Pardonne ma vulgarité, mais le Montana est un endroit débile et ma réaction consiste à lire, mais il est vrai que je réagissais déjà comme cela dans la Massachusetts.
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fanfanouche24fanfanouche24   09 janvier 2018
1986

Elle était née bizarre, du moins le croyait-elle. Ses parents avaient mis de la glace à la place dans son l'âme, ce qui n'avait rien d'exceptionnel. quand tout allait bien, cette glace semblait fondre un peu; mais quand tout allait mal, la glace gagnait du terrain. (p. 9)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 janvier 2018
Son père lui rappelait sans cesse qu'il lui faudrait trouver un métier et que, même si ses lectures étaient bonnes pour elle, les sciences lui permettraient de gagner davantage d'argent. De fait, elle avait réfléchi à ce problème. Tous les romans qu'elle lisait mettaient son esprit en ébullition, d'autant que c'était là son seul moyen de connaître la vie en dehors du trou perdu où elle habitait. Les sciences étaient aussi pures que le désert qu'elle n'avait jamais vu. (p. 29)
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fanfanouche24fanfanouche24   10 janvier 2018
Après deux heures seulement de voyage, tout lui sembla flambant neuf et elle oublia d'où elle venait. Le Montana était peut-être immense, mais il vous enfermait. Maintenant, le monde ouvrait enfin ses fenêtres pour elle. elle connaissait par coeur une phrase d'Emily Dickinson qui tombait à pic. :" la vie est si étonnante qu'elle laisse peu de temps pour autre chose" (p. 96)
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   24 février 2018
En mettant les pommes de terre au four et en préparant la tourte au gibier, Sarah réfléchit à la perplexité où la plongeaient les poèmes de Wallace Stevens ; or le sentiment de trouver une solution la faisait toujours penser à une chose à laquelle elle n'avait jamais pensé auparavant. Elle se rappela alors un rêve troublant de la nuit précédente et se dit tout à trac qu'elle devait faire grandir sa vie pour que son traumatisme devienne de plus en plus petit.
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Videos de Jim Harrison (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Harrison
Cet épisode du podcast Homo Ethicus est un hommage à Jim Harrison et, plus particulièrement, à sa vision toute personnelle de la sagesse. Sa vision du monde était faite d'amour de la nature sauvage, de gueuletons inimaginable, d'amitié, de poésie et d'écriture que nous voyons à travers des citations de plusieurs de ses ouvrages.
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