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ISBN : 2743639989
Éditeur : Payot et Rivages (29/04/2017)

Note moyenne : 2.93/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Après «Un certain monde», très remarqué par la presse et les libraires, Rivages poursuit la découverte de ce génie méconnu des lettres australiennes avec un nouvel inédit, «Deux soeurs», roman psychologique qui plaira aux fans de Daphné du Maurier. Clare et Laura décident de fuir leur terrible famille grâce à Felix, un homme charmant qui se présente en bienfaiteur. Mais l'homme se révèle d'une grande cruauté au fil du temps, manipulateur et tyran. Best-seller en Aus... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Fifibrinda
07 juillet 2017
Australie, fin des années 30. Laura et Clare poursuivent tranquillement leur scolarité dans une pension pour jeunes filles de bonne famille et tous les espoirs leurs sont permis quant à leur vie future. Mais la disparition de leur père assombrit leur ciel serein : il leur faut quitter la pension pour aller vivre avec leur mère, « malade », dépendante, tyrannique et toxique. Laura doit renoncer à ses rêves de médecine et s'inscrire dans une école de secrétariat et commerce, tandis que la jeune Clare est inscrite au collège le plus proche. le climat familial est lourd, étouffant, sombre, à l'image du climat international … La mère supporte aussi peu l'un que l'autre et aspire à rentrer en Europe pour y trouver des conditions de vie plus confortables, mais que faire des filles ? C'est alors que le très respectable Félix Shaw entre en scène, avec ses costumes de Saville Row et son usine … Il commence par offrir un emploi à Laura, puis des cadeaux et sorties à toutes les trois, puis parle de mariage comme il règlerait l'achat d'une nouvelle usine, et ce langage devient vite celui de la mère … Laura se résigne (se dévoue ?) et accepte le marché. La voilà devenue Mrs Shaw : plus de salaire mais toujours autant de travail à l'usine, sans compter la maison à tenir et Clare à élever puisque madame Mère est repartie en Europe …
Le piège est en place : l'usine de Félix, la maison de Félix, l'argent de Félix, le bon plaisir de Félix, les beuveries de Félix, les caprices de Félix, la violence de Félix … Ou comment un pervers narcissique se construit une parfaite petite famille parfaitement dysfonctionnelle : l'ogre ordonne et terrorise, l'épouse soumise obéit, souffre et s'interpose pour ménager le tyran domestique ou protéger sa jeune soeur, et celle-ci supporte mais réfléchit, compare et tente de faire réagir son aînée.
Félix protège les siens « en bon père de famille », les isole et les exploite, les insulte et les brutalise, les détruit à petit feu tout en paradant avec ses beaux costumes, sa voiture, sa maison, son usine … Il tire des ficelles, joue des coups de poker avec leurs vies et celles de quelques « amis » rencontrés en faisant des « affaires » …
L'ambiance est délétère, les femmes sont soumises à la brutalité avilissante des hommes, l'horizon est noir, lourd, fermé …
Elizabeth Harrower, Australienne, auteur de chroniques et critiques pour le Sydney Morning Herald, et de cinq romans psychologiques remarqués, écrits entre 57 et 71, a créé un univers particulièrement étouffant et angoissant, que d'aucuns ont rapproché de Hitchcock ou de Daphné du Maurier. Son écriture est vive, précise, procédant par petites touches, allusions implicites, toute en sobriété, à tel point que l'on serait tenté de la qualifier d'écriture « blanche ». Les personnages ne sont pas décrits ou commentés, mais campés : ils sont et agissent et cela suffit à étreindre le lecteur d'une angoisse et d'un désespoir de plus en plus absolus. Pas de pathos, pas de grandes tirades ou de dialogues sophistiqués, les faits et quelques paroles suffisent …
Encore une fois, Masse critique est une magnifique opportunité de découverte littéraire …
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Lilif
21 juin 2017
Voilà un roman qui est paru une première fois, mais l'auteure née en 1928 est vite retombée dans l'oubli.
Réédité en français cette année (son autre roman « avec un certain monde » a été salué par la critique en 2016) j'ai eu envie de le lire.
Si vous lisez ce roman, il faut que vous vous remettiez dans les moeurs de l'époque où ce roman a été écrit sinon vous ne comprendrez pas les réactions des deux soeurs : Laura, l'aînée et Clare la cadette.
Nous suivons donc Laura et Clare, leur père décédé elles doivent quitter leur école de jeunes filles de bonne famille, elles vont habiter avec leur mère dans la banlieue de Sydney.
Stella Vaizey leur mère est agaçante au plus haut point, elle prend ses filles pour des domestiques, se « venge » de leur déchéance comme si Laura et Clare étaient responsables. Elle ne quitte jamais son canapé ou sa chaise longue, disséminant ses ordres.
Laura comprend que la carrière de médecin à laquelle elle se destinait n'est plus qu'un lointain souvenir, elle entame une école de commerce où elle apprend la sténo-dactylo.
Son certificat en poche elle se met très vite à travailler, elle n'a pas le choix, la subsistance de sa jeune soeur et de sa mère repose sur ses épaules.
Elle est engagée dans une usine dirigée par Felix Shaw, un homme 20 ans plus âge que Laura mais pas méchant avec ses employés, on peut même dire qu'il est généreux et juste.
Quelques années plus tard, leur mère décide en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale de retourner en Angleterre, après tout ses filles sont grandes et se débrouilleront bien seules.
Félix Shaw propose alors à Laura de l'épouser.
Laura ne connaît rien de la vie, elle a quitté son école de jeunes filles pour ensuite travailler à l'usine et chez elle, elle n'a pas de loisirs, pas d'amies, elle ne sort jamais.
Après réflexion elle se dit qu'après tout Félix n'est pas méchant, il a toujours été un patron gentil et il propose de prendre en charge les frais de scolarité de Clare, de quoi les mettre à l'abri.
Laura ne sait pas encore qu'elles les emmènent tout droit dans la gueule du loup.
Très vite le véritable caractère de Félix Shaw se révèle tout autre que ce qu'il avait montré jusqu'à présent.
Il est cruel, violent, rabaissant sans cesse les 2 femmes, il a besoin de son auditoire chaque soir, son harem comme il le dit en rigolant.
Laura la plus sage des 2 soeurs accepte son sort, elle se dit qu'un jour ou l'autre Félix changera, Clare, elle, est différente elle se révolte, elle fait part de ses angoisses à sa soeur, elle aspire à une autre vie mais obéit quand même à sa soeur et Félix.
Ce roman est terrible, à chaque chapitre on plonge de plus en plus dans la psychologie des personnages et des moeurs des années 40-50, il faut vraiment garder ce fait à l'esprit quand vous le lirez, car sinon vous ne comprendrez pas les réactions des personnages et surtout de Laura.
Au fil du roman, Laura est comme aliénée par Félix, vous avez envie de la secouer, qu'elle ouvre les yeux, qu'elle crie ou parte très vite de sa jolie maison, mais où règne l'horreur.
J'ai trouvé quelques longueurs à certains moments, mais sinon c'est un roman remarquable du côté de la psychologie des protagonistes. Une fine analyse de la société, noire, certes, mais juste.
L'auteure joue avec vos nerfs, vous êtes pris d'empathie pour Laura et Clare, vous détestez ce type fou, vous vous demandez comment il va réagir, il rigole et d'un coup sans savoir pourquoi il explose.
Une auteure à découvrir, un roman noir psychologique que vous aimerez si vous vous plongez dans l'époque.
Il m'a révolté, j'ai aussi pensé à toutes ces femmes pour qui ce n'est pas un roman, car oui, on a évolué depuis, mais c'est un sujet qui je trouve est encore tabou, surtout quand on en est victime.

Lien : http://luciebook.blogspot.be..
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ViolaineB
29 mai 2017
Laure et Clare, deux jeunes australiennes des années 40 vivent dans un pensionnat sans l'amour de leurs parents. Au décès de leur père, leur mère les retire de l'internat et met au travail Laure qui fera vivre la famille.
Sur un coup de tête, cette mère sans coeur, décide de repartir en angleterre et le mariage de Laure avec son patron, de 20 ans son ainé est immédiatement arrangé.
Cet homme accepte de prendre Clare sous son toit, mas derrière cette générosité de façade se cache un être manipulateur, cynique et violent
Le thème est intéressant mais le rythme très très lent, ce qui rend la lecture fastidieuse et ennuyante.
L'analyse de l'impact du comportement de l'homme sur les deux filles et l'évolution de chacune d'entre elle sont néanmoins très intéressantes et révèlent la diversification des comportements de l'être humain afin de s'adapter : lutter ou subir ... chacune a choisi
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Jazzynewyork
25 juillet 2017

"Sur le quai ensoleillé et venteux, à côté du gros navire camouflé, tout juste mariée et faisant ses adieux à sa mère, Laura se sentit chavirer. Quai, navire, guerre, mariage, adieux- elle n'avait rien planifié de tout cela. Qui l'avait donc contrainte ? Elle avait l'impression d'être réduite à l'état d'objet. "
Clare et sa soeur Laura s'apprête à vivre loin de leur mère. Une mère qui n'a jamais tenu son rôle et qui se prépare pour un départ apparemment définitif. À la mort de leur père, elles étaient déjà quasiment orphelines, livrées à elles-mêmes.
" Misérable, Clare considérait d'un air mauvais les larmes qui, jaillies de quelques part dans sa poitrine, ruisselaient de ses yeux. Elles avaient été dupées. Laura et elle n'avaient jamais été aimées, en tout cas pas par cette femme. Pas une seule fois, pendant toutes ces années. Clare n'avait senti la moindre affection de sa part. Mais n'accorder aucune importance à la séparation ! S'en moquer ! Son coeur saignait à la pensée de tout ce dont elles avaient été privées. "
Mais cette fois les soeurs Vaisey vont se retrouver sous le toit de Félix.
Félix qui est désormais le mari de Laura, l'aînée, pour le meilleur ou peut-être pour le pire...
"Il était à la fois, sérieux, taquin, réprobateur, tolérant, vantard, vindicatif et amusé."
De face, tout pour plaire, de dos, tout pour déplaire. Derrière ce prétendu bienfaiteur ce cache un être narcissique des plus épouvantable.
Décidément la vie des soeurs Vaisey était prédestinée à un dur labeur sans amour.
À travers ce récit, qui pose un regard sans concession sur la condition des femmes dans les années 40, Elizabeth Harrover nous offre un roman psychologique tortueux. Une terrible colère m'envahissait au fur et à mesure du récit, étant célibattante, ce genre d'histoire à tendance à me mettre en rogne. Les pervers narcissiques m'insupportent. Et je n'avais qu'une envie : réveiller ces deux écervelées endormies par l'argent, le paraître, mais à quel prix ?

Un roman machiavélique, publié 1966, traduit pour la première fois en Français, Deux soeurs est un classique dans la lignée de Rebecca de Daphné du Maurier.
Traduit de l'anglais ( Australie) par Paule Guivarch.
Une lecture agréable, intéressante pour le côté découverte de l'écriture de l'auteure plutôt réussie mais pas assez passionnante pour ma part pour le côté femme soumise qui a tendance à m'énerver.


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Aelys_
21 mai 2017
Australie, dans les années 40. Quand leur père, médecin désargenté, décède, Laure et Clare se voient contraintes de quitter leur pensionnat – et toutes leurs illusions d’avenir florissant – pour vivre avec leur mère à Sydney. La veuve insensible n’a que faire de ses deux filles qu’elle laisse grandir seules, avant de les abandonner aux soins de Félix, l’employeur de Laura. Un quadragénaire célibataire et aisé qui se propose généreusement d’épouser l’aînée et de prendre en charge la plus jeune.
Sous des airs affables et bons, c’est un homme alcoolique et tyrannique, qui se révèle bientôt aux deux femmes – un pervers narcissique en somme. Laura, épouse soumise, accepte la maltraitance et l’humiliation, sans comprendre Clare qui cherche à fuir et y parvient, non sans difficulté, à la fin du roman.
Un dénouement sans surprise pour le lecteur. Au contraire, Deux sœurs est un ouvrage qui mène inexorablement vers une fin attendue. Sous couvert d’analyse psychologique fouillée, ce sont des situations répétitives qui sont données à lire : la crainte, la soumission, les tentatives de rébellion, l’espoir d’un changement bien vite sabordé. Et le cycle de recommencer…
S’y est ajoutée, pour moi, l’impression d’être positionnée dans une situation de voyeurisme indifférent. J’ai eu peu de compassion pour les deux sœurs, qui n’en ont d’ailleurs que peu l’une envers l’autre. La conséquence d’une étude qui m’a semblé froide, voire clinique, à force de détachement. Un roman que je crains de fait d’oublier assez vite parce qu’il ne m’a pas touchée…
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Les critiques presse (3)
Lexpress16 août 2017
Elizabeth Harrower sait magnifiquement suggérer l'inquiétude et la folie, la manipulation et la soumission, décryptant avec patience la mécanique de l'emprise qui peut tuer ou rendre invincible.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro09 juin 2017
Avec Deux sœurs, Elizabeth Harrower construit un univers à la Hitchcock, cette vaste bâtisse cernée de murs et de cris, hantée par on ne sait quelle malédiction.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama03 mai 2017
Dans l'Australie de l'après-guerre, deux jeunes filles se retrouvent sous le joug d'un pervers. L'une l'accepte, l'autre se libère. Une enquête psychologique saisissante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (1) Ajouter une citation
missmolko1missmolko107 mai 2017
Laura avait lu des livres. Dans chacun, à l'exception de certaines histoires dramatiques situées à d'autres époques et mettant en scène des personnages et des circonstances ridiculement éloignés d'elle, tout se terminait bien pour l’héroïne. Et si leur projets avortaient et qu'il n'y avait plus aucun espoir, cela semblait toujours dû à un extraordinaire malentendu. Les jeunes filles et leur amoureux se précipitaient alors en riant vers un avenir de rêve. N’était-elle pas une jeune héroïne ?
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Videos de Elizabeth Harrower (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elizabeth Harrower
Elizabeth Harrower on her book 'In Certain Circles' being published for the first time and what her old friend Patrick White would've thought.
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