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EAN : 9782742734818
742 pages
Actes Sud (04/09/2001)
4.25/5   54 notes
Résumé :
"Il se décida pour une partition de Beethoven. La sonate pour piano en ré majeur opus 10. Il aplatit la feuille, ses yeux étincelaient de joie. Le mouvement presto de la sonate, le premier, commençait par une octave plaquée de la main droite. Il pensa au supplice affreux que lui avaient fait endurer les octaves quand il était plus jeune. Sa main était trop petite, la distance entre son pouce et son petit doigt ne couvrait pas les huit notes, quelque grands que fusse... >Voir plus
Que lire après La vie de Liszt est un romanVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Quel plaisir que la relecture d'un livre commencé à l'âge de 16 ans ! Liszt est impétueux, fougueux, emporté, fier, très fier de lui, infatué même. Et la plume d'Harsanyi si belle et si proche de celle De Stendhal. J'ai vibré intérieurement au son du piano, des débuts, des gammes, des arpèges, à la fin, à la Faust Symphonie,aux oeuvres liturgiques, été emportée par les mille consonances et nuances de l'orchestre dirigé avec fougue, j'ai été chacune des centaines de femmes séduites par ce tempérament de feu. Et j'ai aussi été éblouie par tout ces souverains, grands-ducs, rois, reines qui se sont pressés à ses pieds. Mais quelle déception malgré tout quand j'ai découvert au fil de la lecture que Liszt à 10 ans restait le même à 70 ans, quelle déception, oui, de ne pas découvrir cette sagesse propre à l'homme mûr, et de lire encore que lui importaient les plis de sa soutane à la fin de sa vie. Liszt reste l'homme du monde, du monde romantique de son époque. Nous croisons au fil des pages Chopin, George Sand, Balzac, Hugo, Czerni, Salieri, De Musset, Wagner, et quelle passion pour Wagner !, mais aussi Berlioz, Bizet, Baudelaire, Schumann, Brahms, Schubert, Borodine et tant d'interprètes qui ont marqué leur époque et sont finalement restés dans les limbes. Jamais je n'aurais imaginé une vie plus remplie, plus intense, plus vibrante que celle de Liszt, certaines tournées sont résumées par l'auteur avec une pointe d'humour par de simples mots tant cela lasse de lire à chaque page son succès. Au fil de ces 750 pages je n'ai été que musique et émotions.
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En ce moment j'ai une avance considérable sur les billets publiés sur ce blog : par exemple j'écris ce commentaire mi-mai mais il ne sera publié que vers le début du mois de juin. J'ai ainsi toute la latitude pour lire de gros pavés sans craindre un arrêt de l'activité du blog.
Ce livre m'a attiré, d'abord parce qu'il était épais et ensuite parce qu'il parlait de musique, une autre grande passion de ma vie. le style de Franz Liszt m'est presque inconnu, lui préférant de très loin Chopin comme musicien du XIXème siècle.
J'étais très enthousiaste de lire cette biographie romancée où on découvre le destin exceptionnel de ce musicien : né dans une famille modeste en Hongrie, il développe très tôt un don pour la musique. Grâce à la persévérance et à la ténacité de son père, il parviendra à se produire dans plusieurs villes européennes et acquérir une notoriété qui restera jusqu'à sa mort. L'auteur adopte une narration axée sur le point de vue de notre cher pianiste et tente d'aller plus loin dans la description de ces sentiments. Ce système crée bien sûr des biais, des interprétations et ne s'apparente donc pas à une biographie "objective". Mais il est plus plaisant à lire : on découvre un homme fier, orgueilleux, en proie aux délires mystiques, ambitieux et parfois jaloux, amoureux des femmes et en même temps féru de religion, un exilé qui ne trouve pas sa place malgré tous ses succès, un père absent pour ses enfants...C'est un personnage à multiples facettes auquel on s'attache vite. Je ressentais parfois beaucoup de compassion pour lui : une enfance solitaire ballotée ici et là pour réaliser ses concerts, un statut d'artiste à la fois admiré par les nobles mais méprisé aussi par ces mêmes personnes lorsqu'il tentait d'avoir plus de prérogatives.
Les jeux de pouvoir politiques influençaient son gagne-pain, sa notoriété et la diffusion de sa musique. Etre artiste était un statut précaire qui dépendait souvent de la capacité à flatter, à plaire et à amuser l'aristocratie et la bourgeoisie de cette époque. de ces gens-là venaient la gloire, mais aussi la descente aux enfers.
A travers ce livre, on découvre aussi la vague romantique qui déferla sur le XIXème siècle, les liens noués par les différents catégories d'artistes, qu'ils soient musiciens (Berlioz, Schumann, Wagner et Chopin etc.) ou écrivains (Sand, Balzac, Hugo, Musset...). C'était une époque tellement riche: j'aurai aimé me glisser dans un coin pour assister aux discussions, entendre Chopin jouer ou voir Victor Hugo déclamer un poème.
Il y a beaucoup de passages techniques liés à la musique, et à moins d'être un spécialiste, on peut être perdu. Vers les 300 dernières pages, une grande lassitude s'est emparé de moi : le style d'écriture a beau être agréable, les évènements deviennent répétitifs et tournent toujours sur les mêmes thèmes : Liszt et les femmes, Liszt rencontrant des personnages célèbres, Liszt applaudi partout où il va, Liszt et son influence sur Wagner...J'ai trouvé qu'à partir là il y avait trop de longueurs, de détails superflus qui m'ont ennuyés. La suite de la lecture fut plus laborieuse et je le termine avec un soupir de soulagement.
La note est méritée car j'ai appris pas mal de choses mais les biographies ne sont définitivement pas ma tasse de thé. A lire pour les amoureux de musique !

Lien : http://leslecturesdehanta.co..
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Zsolt Harsányi ( 1889 - 1943), un des romanciers hongrois les plus appréciés de son temps, retrace ici l'itinéraire de Liszt, depuis sa naissance à Doborján (Autriche) où il naît en 1811, à Vienne où il étudie la musique en passant par l'Allemagne et Paris où il vient parfaire son éducation musicale et devient le familier du cercle romantique...
Nous suivons ses succès, les sources de son inspiration..
Une biographie très complète...
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Zsolt Harsányi (1887 – 1943) est un écrivain hongrois connu pour ses biographies de personnages historiques ainsi que pour ses romans sociaux. La vie de Liszt est un roman appartient à la première catégorie et fut l'oeuvre majeure de Harsányi. Il y retrace l'itinéraire du grand pianiste et compositeur Franz Liszt, né en 1811 à Doborjan et mort à Bayreuth en 1886. Quel roman en effet que la vie de Liszt, restituée ici avec brio dans presque 750 pages !

Je ne sais plus qui a dit que « le temps récompense peu ce qu'on fait sans lui », mais c'est une citation qui s'applique pleinement à ce livre qui, en raison de son volume, nécessite quelques heures de lecture pour le savourer. Je dois avouer que ce « sacrifice » fut avant tout un réel plaisir.

La première raison pour lire ce livre est le style de l'auteur. de facture classique, traitant la vie de Liszt de façon chronologique, il restitue avec beaucoup d'acuité les différentes périodes de la vie, mais aussi l'état d'esprit de Liszt : l'énergie et la détermination dans les folles années où il était reçu avec les plus grands honneurs, les tourments qui l'agitèrent durant sa vie entière et au cours desquels il cherchait le recours dans la religion, ou encore les dernières années de sa vie, où le temps se ralentit et où il se consacre à ses élèves.
La seconde raison est bien évidemment liée à cette vie passionnante qu'est celle de Liszt. Il mène tout d'abord une carrière d' « enfant prodige » où il rencontre les grands de ce monde, poussé par l'infatigable énergie de son père. Une vie consacrée à la musique en tant que compositeur d'avant-garde mais surtout de pianiste au succès incroyable.
La troisième raison est la description de cette période si riche que fut le XIXème siècle. On traverse les périodes charnières de l'Histoire, et on y croise un grand nombre de célébrités : Balzac, Hugo, George Sand du côté littérature, Chopin, Paganini, Berlioz, Schuman (entre autres) du côté musical. Venant d'achever un livre sur Richard Wagner, j'ai pu découvrir à quel point Liszt et Wagner étaient proches.

Enfin, s'il manque une dernière raison pour vous inciter à lire ce livre, il convient de mentionner les femmes de Franz Liszt ; elles furent nombreuses et font l'objet de nombreux portraits très intéressants. Parmi elles, Marie d'Agoult, une aristocrate française qui quitte sa condition et son pays pour suivre Liszt en Suisse et qui lui donnera trois enfants. Des femmes qui étaient folles de lui et parfois le harassaient littéralement.
Que de vie dans ces 750 pages et quel amour de la musique !

Lien : https://etsionbouquinait.com..
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Franz Liszt (1811 – 1886) est un pianiste virtuose que j'aime beaucoup, appartenant à la période romantique (ma préférée). Si son confrère Chopin est davantage connu et apprécié (peut-être parce que plus accessible), je lui ai toujours préféré Liszt, qui était d'ailleurs considéré comme le meilleur pianiste de son temps. Comme Paganini l'a fait pour le violon (ils sont d'ailleurs de la même époque et c'était l'ambition de Liszt de chercher à l'égaler), Liszt a fait considérablement évoluer la technique pianistique.

D'origine Hongroise, il a cependant longtemps vécu à Paris et a voyagé énormément, on suit alors ses aventures dans toute l'Europe.

Ce qui m'attirait dans ce roman, et qui a été confirmé par la suite, c'est qu'on ne suit pas uniquement la vie de Liszt mais celle de tout le monde artistique de l'époque mais aussi de la société de l'époque. Liszt a en effet côtoyé Chopin (qui était son grand ami), Wagner (qu'il admirait énormément), Paganini, Saint-Saëns – pour la musique – mais aussi Victor Hugo, George Sand, le facteur de pianos Erad… ainsi que de nombreuses personnes de la noblesse.

Le titre colle également à merveille à son histoire tant sa vie a été riche en expériences, en voyages, en rencontres… . On se croirait même parfois dans un roman tel que Don Juan ou Les liaisons dangereuses… tant il était un homme à femmes : on le disait très beau, il était amoureux de « toutes » ou surtout, jusqu'à la fin de sa vie, toutes étaient amoureuses de lui au point qu'il n'a jamais été seul, avait l'embarras du choix et s'est retrouvé plusieurs fois avec des femmes prêtes à tout pour vivre près de lui.

Je me suis régalée à suivre les aventures de Liszt (malgré que l'enchainement de toutes ses liaisons ait fini par être lassant – bien que c'était parfois comique !, vous rigolez autant que vous en apprenez sur l'artiste -), à découvrir des anecdotes, comment il est devenu davantage compositeur qu'artiste, son ambition, ses grands projets … .

On ferme la dernière page en ayant l'impression de connaître mieux l'artiste, on se sent proche de lui, tout en passant un bon moment.
Lien : http://notecuivree.fr/2016/0..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Cette musique si particulière rendait à ses yeux les Tziganes attirants et mystérieux. Il avait essayé d'apprendre de ses parents certaines choses qui mettraient ce secret en lumière. Mais son père avait sèchement réglé la question en déclarant que ce qu'ils faisaient ce n'était pas de la musique sérieuse et que celui qui voulait arriver à quelque chose en musique n'avait pas à se casser la tête à propos de ce genre d'orchestres de quatre sous.
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Chopin se tut, ils cessèrent de discuter. Ils ne pouvaient se comprendre. Mais la tendresse de leur amitié n'en était aucunement affectée. Ils s'aimaient baeucoup. Le Polonais aimait la flamme, l'élan, la passion du Hongrois. Le Hongrois aimait la noblesse native du Polonais, sa finesse de sentiments, sa malice charmante, sa chaleur slave. Le monde coloré et berceur de ses mazurkas l'enchantait.
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L'attention de l'enfant était constamment en éveil et il apprenait à composer. Il y avait ici mille choses à apprendre. Chacun des instruments de l'orchestre lui parlait avec une couleur et une expression différentes, la multiplicité de leurs combinaisons lui dévoilait des nuances toujours nouvelles. Le fier violon, l'alto rêveur et mélancolique, le violoncelle ondulant, la harpe amoureuse, la flûte langoureuse, la contrebasse passionnée, la timbale étincelante se tenaient tous devant lui comme autant de personnages qui lui auraient été présentés.
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Le lendemain ils partirent enfin pour Augsbourg. Ils y restèrent une semaine. Ils y firent de nouvelles connaissances, le père recommença à courir en mille endroits et le même scénario se produisit : un public clairsemé au premier concert, une salle comble au second. Les grands seigneurs, les invitations, les gens ébahis dans le magasin de musique, les cours de français, sans interruption. Puis ce fut Stuttgart. Un autre dialecte, de vieilles maisons romantiques, de nouveaux visages, deux concerts, des cours de français. Puis Strasbourg. Des hommes différents, beaucoup de conversations en français autour d'eux. Deux concerts, l'un dans la salle des concerts, l'autre au théâtre.
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Il ne fallut pas trois jours pour que sa popularité déjà grande à son arrivée se transformât en une adoration générale. Il était à présent incapable de lire les lettres qui lui parvenaient par centaines. Les journaux publiaient des poèmes écrits à sa gloire. On parlait de fervents admirateurs qui avaient dépensé leur dernier sou pour pouvoir l’entendre. La ville de Pest l’avait fait citoyen d’honneur, le comité avait rédigé une adresse au palatin Jozef pour qu’il intervînt en tant que préfet du comitat auprès du souverain en faveur de l’anoblissement de Liszt.
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