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Benjamin Legrand (Traducteur)
EAN : 9782221091531
324 pages
Robert Laffont (08/02/2001)
4.16/5   193 notes
Résumé :
Best-seller : l'étiquette, flatteuse pour certains publics, en fait frémir d'autres. Avec ce Chant des plaines (titre approximativement traduit, comme l'ensemble, hélas, de cette prose remarquable), on attendait un bon mélo agricole, bien dans la tradition rude et poisseuse de nos amis d'outre-Atlantique. On est plutôt déçu, autant prévenir les amateurs de romans de gare ou de plage. Ici les violons restent muets, et le m... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
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Pour aborder le chant des plaines, j'ai choisi de vous présenter son épigraphe:

"Plain-chant: musique vocale à l'unisson utilisée par l'Eglise chrétienne à l'aube des temps; n'importe quel air ou mélodie simple et sans ornement."

Une épigraphe qui prend tout son sens une fois la lecture du roman de Kent Haruf achevée.

Il s'agit bien d'écouter une douce mélopée émise par de belles âmes pour la plupart:

des âmes généreuses à l'image de celles des frères Mc Pheron, de Maggie Jones,

des âmes en peine ou en difficulté comme celles de Tom Guthrie et Victoria Roubideaux.

Des âmes fortes... qui malgré les tracas quotidiens et les aléas de la vie tendent toutes à retrouver un équilibre qu'elles ont perdu ou oublié.

Un chant harmonieux, une musique jamais triste et monotone mais vibrante.

Un roman d'espérance.

Nous sommes à Holt, Colorado, petite bourgade perdue du Colorado à quelques heures de Denver, la grande ville dévoyée.

Ici tout le monde se connait, et les gens causent dans ce coin d'Amérique

profonde.

Mais les nombreux protagonistes sous le ciel pur du Colorado ont tous une bonne étoile.

Ce roman construit comme une partition que le lecteur déchiffre page à page en écoutant les voix qui s'élèvent à l'unisson, est l'occasion de cheminer dans l'intimité de leur quotidien.

Une écriture coulante, épidermique et caressante pour entrevoir des jours meilleurs.

Un roman qui nous enveloppe, grâce à la sensibilité de l'auteur et à l'authenticité de son écriture, comme un plaid chaud et élimé sous un ciel étoilé.

J'ai beaucoup aimé, c'est tendre et chaleureux malgré les nuits glacés...

Belle découverte.

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Qu'il est beau ce chant des plaines qui frôle la poussière de la terre, d'une caresse, par les mots sortis tout droit d'un auteur qui sait magnifier les sentiments humains.

Tout est bien orchestré, chaque chapitre, chaque protagoniste a sa partition.

Notes de musique, tantôt dures, tantôt douces, mais à l'unisson des sentiments remplis d'humanité qui courent de page en page.

Je me suis laissée bercer par ce chant qui fait siffler le vent, dans le bruissement des éoliennes au coeur d'un bled perdu du Colorado.

Très beau roman puissant et délicat à la fois.

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Une écriture dépouillée, simple, sans artifices pour faire partager au lecteur des vies simples, leurs joies, leurs peines, leurs errements, le bien, le mal, dans le Colorado profond, avec la vie d'une bourgade, d'une ferme et de tout un environnement magnifique qui est le cadre de ces histoires.

Car ce sont quelques destinées qui vont se croiser ou se perdre, cheminer ensemble ou s'en aller, telle cette vieille dame, vers une mort solitaire, soudaine, sans doute paisible.

Deux très jeunes frères, encore des enfants, deux vieux frères, paysans bourrus prêts à donner le meilleur d'eux-mêmes, simples dans leur existence, dans leur approche de la vie, du destin, des souvenirs préservés, leur père enseignant, et une très jeune fille, enceinte, sont les principaux protagonistes de ce roman.

Chacun d'eux porte son histoire, les jeunes en découvrant les choses de la vie, le bien et le mal, souffrant de l'éloignement volontaire de leur mère, les vieux découvrant autre chose que les vaches et leurs veaux, et surtout la fille qui va les réunir peu à peu, épaulée par une autre enseignante. Ces destinées vont se croiser quasiment le temps d'une gestation -- durée identique pour vache et femme -- qui enrichira leurs existences.

Les dialogues sont ceux de la vie quotidienne, ils ne s'encombrent pas de mots inutiles, l'essentiel étant toujours dit, sans détour. C'est probablement les échanges entre les deux garçons et entre les deux vieux qui portent la plus grande charge émotionnelle de ce court texte. La fille doit se déterminer seule dans ses choix et ses renoncements.

Et puis, un cadre : celui des grandes plaines du Colorado, de l'élevage des bovins, avec les éoliennes grinçantes, témoins immobiles de la vie qui s'écoule à leurs pieds. Quelques descriptions de tout cet ensemble avec quand même le regret de n'avoir pas suffisamment entendu, de la plume de l'auteur, le chant des plaines.

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Finaliste du National Book Award, ce roman choral est une petite merveille qui se savoure en douceur.

Holt, village fictif du Colorado

Avec les plaines à côté

Des gens simples y vivent

Qui oserait s'y aventurer

Et de leur quotidien s'imprégner ?

Une écriture descriptive

Et le tour est joué

Tout se passe doucement

Mais pas le temps de s'ennuyer

Le chant des plaines arrive à nos oreilles

La magie a opéré.

Des vies simples en apparence,

Comme si rien ne pouvait arriver

Des gens ordinaires et attachants

Que l'on aimerait côtoyer.

« le bonheur se trouve parfois dans les choses simples »

L'expression je ne l'ai pas inventé

Ouvrez ce livre si vous voulez

Vous n'allez pas le regretter.

.

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Vous reprendrez bien un grand bol d'humanité ?

Ça tombe bien, le chant des plaines de Kent Haruf – traduit par Benjamin Legrand – en est rempli, à chaque page, à chaque mot. Et croyez-moi, ça fait un bien fou !

Car Haruf excelle dans sa chronique du quotidien anonyme, celui de la vie de tous les jours de ces habitants de la vallée de Holt dans le Colorado, bousculés dans leur train-train par un événement inattendu. Ici, une épouse dépressive qui quitte le foyer ; là, une adolescente se découvrant enceinte ; un homme qui lutte pour ne pas sombrer ; deux jeunes garçons confrontés à l'abandon et la vengeance ; ou encore ces deux frères fermiers redécouvrant la vie dont ils n'attendaient plus rien…

L'écriture de Haruf est belle, douce, fluide comme le temps qui s'écoule plus ou moins paisiblement dans ces plaines où la nature continue de rythmer les vies. Nul besoin de rebondissement à deux balles, ni de twist de fin de chapitre pour tenir son lecteur : les personnages suffisent, tous magnifiquement brossés, avec une mention particulière pour ces frères McPheron que j'ai adorés.

Sans oublier la nature, magnifiée pendant ces longues pages où Haruf nous décrit la lutte avec une vache affolée, la traversée des plaines en hiver ou la fin d'un cheval blessé. Sans que l'on décroche une seule seconde.

Un bien fou, je vous dis et, une fois de plus, une excellente suggestion de "Poche du mois" de Leatouchbook et de son irremplaçable PicaboRiverBookClub !

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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
Il franchit la porte et traversa l'allée jusqu'à son pick-up. Un vieux Dodge rouge passé avec l'aile arrière gauche toute cabossée. Le temps était clair, le jour étincelant, il était encore tôt, l'air était frais et piquant et Guthrie eut un bref sentiment d'élévation et d'espoir. Il prit une cigarette dans sa poche, l'alluma et resta un moment à contempler le peuplier argenté. Puis il monta dans le pick-up, démarra, descendit l'allée jusque dans Railroad Street et remonta les cinq ou six pâtés de maisons vers Main. Derrière lui le pick-up soulevait une nuée poussiéreuse et les grains suspendus en l'air brillaient comme des paillettes d'or dans le soleil.
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Pourquoi elle poserait pas un gros problème ? Un problème gros comme quoi ? T’as déjà vécu avec une fille avant ?
Tu sais bien que non.
Eh ben moi non plus. Mais je vais te dire. Les filles, c’est différent. Elles veulent des choses. Elles ont besoin de choses régulièrement. (…) Et, bon dieu, il y a le bébé aussi ? Qu’est-ce que tu connais aux bébés ?
Rien. Même pas le début de quelque chose sur eux. P.166
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Mémorial Day. Le jour des morts tombés au champ d'honneur, le dernier lundi de mai. Les deux femmes sortirent sur les marches du porche à la lueur du soir, avec la lumière derrière elles allumée dans la cuisine, visible par la porte ouverte, les éclairant à contre-jour. En dehors de leur différence de taille, elles auraient pu être mère et fille. Leurs cheveux noirs étaient épais autour de leurs visages et leurs traits doux étaient légèrement rougis par la chaleur des fourneaux, à cause du repas qu'elles préparaient. Derrière elles, dans la salle à manger, le couvert était mis sur la able munie de ses rallonges, couverte d'une nappe blanche , de grandes bougies et de la porcelaine ancienne que la fille avait découverte dans les étagères du haut de la cuisine, vieilles assiettes qui n'avaient pas été utilisées depuis des décennies, qui étaient un peu ébréchées et passées, mais encore très présentables"
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Oh, je sais que ça a l'air fou, dit-elle. Je suppose que ça l'est. Je n'en sais rien. Je m'en fiche, en fait,. Mais cette fille a besoin de quelqu'un et je suis prête à prendre des mesures désespérées. Elle a besoin d'une maison pendant ces quelques mois. Et vous, elle leur sourit, espèces de vieux croûtons solitaires, vous avez besoin de quelqu'un aussi. Quelqu'un ou quelque chose d'autre qu'une vieille vache rousse à soigner ou pour qui vous inquiéter. C'est trop isolé par ici. Regardez-vous. Vous allez mourir un jour sans avoir eu assez d'ennuis dans la vie. Pas dans le bon sens, en tous cas. C'est une chance pour vous.
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Au bout d'un moment elle se tourna à nouveau et étudia les deux fins pinceaux de lumière qui brillaient à l'extrémité de chacun des volets. De fines particules de poussière nageaient dans l'air à peine éclairé comme de minuscules créatures sous-marines, mais au bout d'un instant elle referma les yeux.
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Videos de Kent Haruf (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kent Haruf
Kent Haruf speaks about his novel "Plainsong".
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