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Jean-Paul Gratias (Traducteur)
ISBN : 274361806X
Éditeur : Payot et Rivages (13/03/2008)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Katherine, la fille de l’inspecteur Frank Elder, est toujours profondément traumatisée par le viol qu’elle a subi de la part d’un criminel que traquait son père. Ce dernier est toujours rongé par la culpabilité.
A Londres, le sergent Maddy Birch se remet difficilement d’une arrestation violente au cours de laquelle l’un de ses jeunes collègues a été tué. Depuis ce tragique épisode, elle a l’impression d’être épiée. Son cadavre sera découvert quelques semaines... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  27 octobre 2015
De cendre et d'os est le deuxième roman dont Frank Elder est le personnage principal, de chair et de sang étant le premier. Je précise d'emblée qu'il vaut mieux, si possible, lire ces histoires dans leur ordre chronologique d'édition, même si John Harvey livre au cours des premiers chapitres un rapide previously utile aux néophytes.
 
Le lecteur retrouve les précédents protagonistes peu après la fin de l'opus précédent, et il est évidemment intéressant de suivre leur évolution tant professionnelle que personnelle.  Katherine, fille unique de Frank, victime d'une violente agression au cours de laquelle elle a failli perdre la vie, a du mal à reprendre pied : « Je ne serai plus jamais comme avant » dit-elle plusieurs fois à son père. Ses études pâtissent de son mal-être, elle sort de plus en plus souvent nuitamment, découche, fréquente de jeunes marginaux, son boy-friend deale, elle sera même placée en garde à vue. Joanne, ex-épouse de Frank, voit sa relation avec Martyn, pour qui elle a quitté son mari, faire naufrage tandis qu'elle abuse du vin blanc et des clopes pendant que Martyn folâtre avec une gamine filiforme type mannequin qui possède des lèvres en forme de bouche d'égout, Joanne dixit.
 
La scène inaugurale du roman  place le lecteur au centre d'une souricière tendue par la police pour arrêter un truand. D'abondantes forces de police sont déployées dans l'immeuble où vit Grant, pour l'heure au lit avec sa copine. Malheureusement, à la suite de ce qui semble être a priori un manque de coordination ou un dysfonctionnement, l'arrestation tourne au fiasco. Maddy Birch, inspectrice participant à l'opération, assiste à la mort de l'un de ses jeunes collègues, Draper, tout juste papa d'un bébé de quelques mois, encore allaité par sa maman. Elle-même vitalement menacée par Grant, ne devra son salut qu'à  l'intervention de Mallory qui abat le truand “Comme dans le manuel (…). A la tête et au coeur” (p.19).
 
Maddy, traumatisée par ce tragique épisode, est interrogée par la police des polices, chargée de mener une enquête sur les circonstances de la fusillade. Dans le même temps, elle poursuit sa vie sage de femme seule, partage quelques soirées arrosées et mâtinées de karaoké avec son amie Vanessa, mais ressent de plus en plus fréquemment la sensation d'être suivie et épiée. La suite de l'histoire lui donne raison puisqu'elle est retrouvée, quelques semaines plus tard, violée, battue, assassinée là où elle effectuait habituellement ses joggings, près d'une ancienne voie ferrée.
 
Au fin fonds de la Cornouaille où il est allé s'enterrer après sa démission de la police et sa rupture conjugale, Frank apprend la mort de Maddy, avec qui il a travaillé et partagé une (très) éphémère aventure quelques 16 ans plus tôt. Pour la seconde fois, et officiellement en mémoire de son amie, Frank quitte son antre pour aller prêter main forte à ses ex-collègues, en qualité de consultant. Si je dis “officiellement”, c'est parce que ceux qui connaissent Frank et John Harvey, se doutent bien que sa culpabilité lui commande de se rapprocher de sa fille en souffrance et de venir vérifier de visu comment va Joanne.

L'enquête dira que Maddy a été brièvement mariée à Kennet, un homme qui aime les scenarios sexuels à base de simulacre de viols, qu'il a harcelé certaines de ses anciennes conquêtes, et qu'il a agressé certaines d'entre elles. Un coupable livré sur un plateau. L'enquête démontrera également que parmi les policiers, certains sont véreux, corrompus, jusqu'à quel point ? Et que les prises de drogues ne sont pas perdues pour tout le monde. Rien que de très humain, de très banal.

La solution apparaîtra aux lecteurs qui découvriront de cendre et d'os, aux lecteurs qui apprécient qu'un auteur entremêle inextricablement parfois, la vie de flic et la vie d'homme de son héros dans un milieu sociétal en pleine déliquescence. Merci John Harvey !
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Sharon
  17 octobre 2019
Nous avons tous, un jour ou l'autre, vu un épisode de séries télévisées dans lequel la fille/la soeur/la nièce du héros était victime d'un enlèvement/d'une violente agression/d'une tentative de meurtre et celle-ci s'en remet toujours très bien. Comme si rien ne s'était passé. A croire que les scénaristes ne savaient pas trop quoi faire de leur arc narratif une fois celui-ci abouti.
Nous sommes ici dans un roman de John Harvey, et même si j'aime moins Frank Elder que Charlie Resnick (il fera à nouveau une apparition dans ce tome 2), lui voit, un an après les événements tragiques de de chair et de sang ce qu'il est advenu de sa fille. Elle est vivante. Oui. C'est le seul fait positif auquel il a pu se raccrocher. Elle est vivante et c'est tout. Elle a été brisée physiquement, mentalement. Oui, elle a consulté un thérapeute, et cela n'a pas eu les merveilleux résultats que l'on peut observer en moins de cinquante-deux minutes à la télévision. Oui, elle fait un peu n'importe quoi de sa vie, elle rentre très tard, elle sort avec un garçon plus âgé, elle ne s'entend pas avec son beau-père, elle ne veut plus voir son père, et Joanne, sa mère, en sait plus quoi faire. Elder, lui, tente de renouer les liens.
Puis, un matin, un nom l'interpelle dans le journal. Maddy Birch. Il y a eu quelque chose de fort entre eux, seize ans plus tôt, fort et sans lendemain. Des regrets ? Oui, peut-être. Surtout, il a la certitude qu'il ne veut pas laisser cette mort impunie, et il enquête, lui le retraité, au côté de Karen, femme policière et déterminée, et de Vanessa, policière et meilleure amie, complice de toujours de la victime.
Nous sommes avant l'air metoo et autre Balance ton bidule, et pourtant, John Harvaey n'a pas attendu les réseaux sociaux pour dénoncer les violences faites aux femmes, la difficulté qu'elles ont pour faire reconnaître ce qu'elles ont subi, les séquelles physiques, psychologiques de ce qu'elles ont vécu, et qui peuvent encore les atteindre des années après. La violence, souvent, débute par pas grand chose, un geste, un mot, un "truc" en trop, quelque chose que l'on peut pardonner assez vite, parce que l'on aime, parce qu'il n'en a pas fait exprès, parce qu'il est tellement différente des autres. Certaines femmes ont suffisamment de ressources en elles pour rompre ou elles peuvent compter sur quelqu'un pour les aider : toutes n'ont pas cette force et cette chance. L'auteur montre aussi que la solidarité féminine, parfois, n'existe pas, et qu'il est des femmes, des mères, pour expliquer à leur fille qu'elles doivent obéir à leur conjoint, c'est tellement plus simple. Il est aussi usant, épuisant, d'être en permanence sur ses gardes : le prédateur peut faire des pauses, la proie doit être constamment vigilante.
Sombre, ce roman ? Oui, bien sûr. Mais il montre aussi qu'il ne faut jamais s'avouer vaincu, que la vérité peut finir par éclaté, et qu'il est bon, aussi, pour sa propre défense, de compter avant tout sur soi-même.
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kathel
  20 juin 2019
Je profite du mois anglais pour renouer avec un auteur dont j'avais lu une bonne demi-douzaine de romans, il y a quinze ans environ. Des polars crédibles, solides, bien ancrés dans la province anglaise, en l'occurrence Nottingham, à peu près au centre de l'Angleterre, et dont le héros récurrent était Charlie Resnick, grand amateur de jazz…
Cette série que je commence (par le deuxième volume) a pour personnage principal Frank Elder, un flic retraité qui va reprendre du service pour aider à démêler des affaires qui risquent, sinon, de finir avec un classement « non résolu ». Au début, un rappel est fait du premier tome, qui avait impliqué la fille de Frank, et dont il vaut mieux ne rien dire pour ceux qui commenceraient par le commencement !
Dans ce livre, on fait la connaissance d'une policière londonienne, Maddy Birch, lors d'une arrestation mouvementée, où l'un de ses collègues, ainsi que le principal suspect, sont tués. Dans les jours qui suivent, elle a l'impression d'être suivie, et même que quelqu'un a pénétré dans son appartement.
Même si ce roman n'est pas à proprement parler un thriller, une construction habile permet de frissonner plus d'une fois, ou de retenir son souffle lorsque des personnages auxquels on s'est attaché se trouvent en situation périlleuse. L'auteur excelle à maintenir une tension entre les différents aspects de l'enquête, à ne rendre aucune piste plus insignifiante ou inintéressante qu'une autre. Et surtout, John Harvey rend bien, sans en faire trop, la psychologie des personnages, en particulier celle des différents policiers.
Le roman ne manque pas non plus d'humour, ce qui est toujours un atout de taille dans les polars, pour détendre un peu l'atmosphère et pour plus de crédibilité. Chacun sait que sans d'incontournables moments de détente et de décompression, les flics auraient bien du mal à accomplir leur mission, si tant est qu'ils considèrent leur boulot comme une mission. L'autodérision évite l'écueil des flics trop sérieux et imbus d'eux-mêmes.
Le côté scientifique de recherche et d'analyse d'indices n'est pas oublié, et met en avant ici une technique, dont je pense qu'elle existe et est utilisée, et qui montre son efficacité. Mais c'est surtout l'aspect humain qui fonctionne bien dans ce roman, et qui me donne bien envie de continuer mes retrouvailles livresques avec l'auteur.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Renod
  30 mai 2017
Le cadavre de Maddy Birch est découvert au bas d'un sentier escarpé qui descend le remblai d'une voie ferrée désaffectée. La victime était inspectrice au sein d'une unité chargée de lutter contre le crime organisé. S'est-elle trouvée au mauvais endroit au mauvais moment? Un amant éconduit a-t'il cherché à se venger? Ou son meurtre est-il lié à son métier et notamment à la mort d'un truand dix jours plus tôt lors d'une opération de police ? L'enquête piétine. Elder qui avait croisé Maddy Birch au commissariat de Lincoln quitte sa retraite en Cornouailles pour épauler l'équipe d'enquêteurs. Mais il va devoir s'occuper également de sa fille Katherine qui garde des séquelles de son agression. Dans ce deuxième volet de la trilogie Elder, Harvey explore le côté obscur de la police. Il aborde notamment la corruption et les méthodes douteuses de certains agents. Je me suis attaché une nouvelle fois à la personnalité d'Elder. Ses rapports avec ses femmes (sa fille et ses relations amoureuses) sont dépeints avec une grande justesse. L'auteur a su rendre les doutes, la pudeur et la retenue de son protagoniste. John Harvey sait exprimer une empathie sincère pour ses personnages. Je pense que c'est cette humanité qui distingue ses romans.
S'il ne révolutionnera pas le genre, "De cendre et d'os" reste un polar captivant.
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le_Bison
  27 février 2012
Franck Elder est un flic à la retraite. Mais comme le temps est beaucoup plus long dans les Cornouailles (et plus qu'ailleurs), il se permet quelques piges pour aider ses anciens collègues sur des affaires non résolues ou en panne d'inspiration (Cold Cases, c'est à la mode). Surtout quand l'enquête se trouve en rapport avec le meurtre d'une flic, amante furtive d'un jour de Franck, 20 ans auparavant.
John Harvey a mis de côté son « inspecteur-gastronome-jazzophile » Resnick le temps d'une trilogie sur ce retraité. Rien de bien original dans ce scénario, meurtres, drogues et règlements de compte, mais l'intrigue est bien tendue et tient en haleine un lecteur captivé par cette ambiance des brumes anglaises. Un polar à l'ancienne, en somme, où l'humain entre en compte beaucoup dans la personnalité des protagonistes. Des inspecteurs au passé douloureux. Des flics au passé douteux. Des complots, de la suspicion, de méchants anglais, mais aussi de l'amour, de la vengeance et des héros avec des faiblesses humaines, des échecs personnels et des dérapages incontrôlables, confrontés à des situations plausibles et réalistes. Je le vends bien ce polar, non ?! Stop à l'hypocrisie et à la démagogie : ce n'est pas non plus le roman noir du siècle, mais ce fut un petit moment sympathique de détente où les flics combattent les voyous, où les voyous s'en prennent aux flics...
L'odeur des oeufs brouillés baignant dans la graisse, du chow mein au poulet, ou du kebab à la sauce pimentée pigmentent les pages de ce polar. Malgré tout, Franck Elder semble avoir une meilleure hygiène de vie que son comparse et compatriote Charlie Resnick et ses fameux sandwiches fourrées à la mayonnaise et aux triglycérides, avec malgré tout un fort penchant pour le whiskey, single malt, écossais ou même irlandais (ça c'est l'Angleterre que j'aime, les pubs, la bière et le whiskey... manque plus que l'écharpe et un billet pour l'Emirates Stadium avec ses canonniers). L'aspect social, thème récurrent cher à l'auteur, reste présent en filigrane, tout comme les problèmes raciaux ou politico-économiques. Et puis il y a les Cornouailles, son climat ardu, ses terres tourbées et ses troupeaux de brebis...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   26 octobre 2015
Il avait envie de croire qu'ils tenaient leur bonhomme, mais refusait de crier victoire trop vite, préférant s'en tenir au vieil adage concernant l'opéra : ce n'est pas terminé tant que la grosse dame n'a pas chanté.

Page 178 - Rivages Thriller
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le_Bisonle_Bison   27 février 2012
Au début, Elder s’était demandé s’il s’habituerait un jour au climat de cette partie de la Cornouailles. En général, tel un môme prédélinquant de cinq ans tout au plus, ce fichu climat était incapable de se concentrer plus de cinq minutes à la fois sans se disperser. Le soleil était suivi de violentes averses pratiquement horizontales, puis il brillait de nouveau et pendant tous ces bouleversements, soleil et pluie, le vent, quasi inévitable, soufflait en permanence. « Ça vous fouette le sang », disaient les autochtones - quand ils daignaient ouvrir la bouche - si Elder se plaignait.
Puis, par une fin d’après-midi des derniers jours d’octobre, alors que la nuit tombait, il prit conscience que pendant trois jours pleins le brouillard venu de l’Atlantique, mêlé à la brume qui voilait les collines, ne s’était pas dissipé un seul instant, noyant tout sous un gris immuable qui traversait une pluie violente, implacable et incessante.
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le_Bisonle_Bison   27 février 2012
S’il y avait bien une chose propre à donner immanquablement à Elder l’impression qu’il vieillissait, c’était un samedi soir dans un pub de Camden. Les tables, lourdes et carrées, étaient envahies, surchargées de bouteilles vides et de verres, noyées sous un flot de bière et les fanfaronnades des buveurs. Pas un seul siège de libre où que ce soit. Au bar, une mêlée, sur trois rangs. Un téléviseur grand écran diffusant en continu des clips musicaux que personne n’écoutait, que personne ne regardait. La fumée de cigarette où s’insinuait l’odeur immédiatement reconnaissable du cannabis. Des voix qui s’élevaient, tonitruantes, par-dessus un mélange de reggae et une sorte de rock marteau-pilon réduit à sa plus simple expression. Son âge mis à part, ce qui distinguait Elder de la masse, c’était le fait qu’aucune partie de son anatomie n’était percée pour s’orner d’un anneau ou d’un bijou, et qu’il n’était pas vêtu de noir.
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RenodRenod   25 mai 2017
- Il a pas tardé à revenir la queue entre les jambes, vous savez. En me suppliant de le reprendre.
- Ce que vous avez fait.
Levant la main, Tina écarta les cheveux de son visage.
- Regardez-moi, on ne risque pas vraiment de me prendre pour Miss Pays de Galles, n'est-ce pas? Je suis qu'un petit tas avec un gros cul et une cervelle de piaf. On apprend à se contenter de ce qu'on peut avoir.
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tamara29tamara29   01 janvier 2014
Karen soupira et tapota la poche de sa veste, dans l’espoir d’y trouver une pastille de menthe. Depuis qu’elle avait arrêté de fumer, au premier de l’an, elle pratiquait le suicide dentaire.
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Videos de John Harvey (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Harvey
Profile: John Harvey "I've always wanted to make sure that what was happening was as close to reality as I could make it. It's rooted in the everyday," explains mystery author John Harvey in this video, shot in his writing studio in the UK.
Watch as he reveals how he plots mysteries on white boards, preferring to work in complete solitude. (Even his cat stays out in the garden while he's writing.)
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