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Fabienne Duvigneau (Traducteur)
EAN : 9782743651770
300 pages
Payot et Rivages (06/01/2021)
3.78/5   71 notes
Résumé :
L'ultime aventure du personnage de Frank Elder, inspecteur de police à la retraite, qui doit intervenir dans une affaire à laquelle est mêlée sa fille Catherine.

Une enquête mêlée à un drame intime.
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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John Harvey est connu en particulier pour sa série qui mettait en scène un flic de Nottingham, d'origine polonaise, Charlie Resnick. Coeurs solitaires, le premier roman de Resnickous fait découvrir le personnage dans une perspective très intimiste, ce qui est la marque de fabrique de l'auteur brirtannique. et qui racontait beaucoup de 'histoire politique, sociale, et criminelle de l'Angleterre post-thatchérienne. Resnick, ce héros récurrent qui a disparu en 2015, avec le crépusculaire et sublime Ténèbres, ténèbres.

Le corps et l'âme est le dernier volet d'une autre série centrée autour d'un autre personnage, Franck Elder, un flic à la retraite qui continue à donner des coups de main à la police

Ici, Franck tente d'innocenter sa fille soupçonnée du meurtre d'un peintre dont elle était le modèle.

Comme à son habitude, Harvey excelle à distiller des petits détails du quotidien qui finissent par composer une partition très subtile, et un bel équilibre entre des personnages racés et une intrigue solide.

tellement d'élégance , portée par les beaux accents de blues qu'Harvey, grand connaisseur du genre, distille mine de rien

Le corps et l'âme est le dernier roman où apparait Franck Elster et visiblement le dernier polar de John Harvey, qui, en 2018, lors de sa publication en Grande Bretagne, arguait qu'on ne l'y reprendrait plus , quel dommage !!
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Si on considère le titre de ce roman dans son édition originale, il s'appelle « Body and Soul » comme le titre d'une chanson de Billie Holiday qui date de 1957. Un de ces airs de jazz empreint de mélancolie, de blues, à la fois triste et beau, oscillant entre différentes émotions, vous laissant seul face à la mer (comme sur la première de couverture), comme si, finalement, pour mieux comprendre la vie, il fallait parfois la laisser vous bercer de nostalgie…

Franck Elder s'est éloigné de sa femme Joanne, et de sa fille Katherine. Il habite loin d'elles, en Cornouailles. Il n'est plus dans la police, il vit de petits boulots et parfois il aide le commissaire du coin. Un jour, sa fille sonne à sa porte. Il y a sept ans, à seize ans, elle a été séquestrée, torturée, violée et c'est lui qui l'a retrouvée. le traumatisme est toujours vif pour l'un comme pour l'autre et leurs conversations manquent de naturel. Elle ne s'attarde pas et il ne sait pas comment réagir…..

Un peu plus tard, un peintre, Anthony Winter, est retrouvé assassiné dans des conditions atroces. Il s'avère que Katherine posait pour lui et qu'ils étaient très proches. Une enquête est diligentée, elle est souvent interrogée et son père va essayer de l'aider. En parallèle, l'homme qui l'avait enfermée, s'enfuit au cours d'un transfert entre deux établissements pénitentiaires. Frank reprend du service, sans que tout cela soit officiel, pour aider ceux qui cherchent le tortionnaire. Il est porté par l'amour qu'il éprouve pour sa fille, il ne peut pas rester sans agir. Cette « enquête » est pour lui l'occasion de faire le point sur sa vie, ses erreurs, ce qu'il aurait aimé faire différemment, ce qu'il est, ce qu'il souhaite. On sent un homme qui se questionne, a-t-il eu raison de partir ? Sa fille a-t-elle été fragilisée par son « abandon » ? Est-ce qu'elle se serait sentie plus sereine, plus rassurée s'il était resté ? A-t-il été égoïste ? On sent toute la douleur de ce père face à cette multitude d'interrogations. Et la peur, bien vivante, ancrée, de se tromper encore une fois alors que Katherine a besoin de lui. Alors, il se donne, à fond, « corps et âme », pour elle, pas forcément pour se racheter (d'ailleurs, peut-on se racheter de ses erreurs passées ?), simplement pour être en paix avec lui-même, peut-être ? J'ai trouvé bouleversant l'attitude de Frank Elder, sa façon de gérer les différentes situations, les efforts qu'il fait pour se reprendre, pour avancer.

L'écriture intimiste, belle, poétique, musicale (avec de nombreuses et magnifiques références) m'a conquise. Elle a « un je ne sais quoi » de sublime. La souffrance sourd entre les lignes, elle habite le roman mais elle n'est pas douloureuse car Elder la porte, certes comme un fardeau, mais elle n'envahit pas les pages, probablement parce qu'elle est évoquée avec discrétion, finesse, intelligence. le style est sobre, posé, chaque mot (notamment dans les dialogues) a du sens.

L'auteur parle de l'art, des liens complexes entre les modèles et les artistes, il évoque la difficulté des relations familiales quand une personne ne va pas bien, le rôle des parents, des amis. Tout ce livre est imprégné d'une ambiance douce-amère qui m'a charmée. Ce récit est comme le jazz, il vous envoûte, vous captive, et vous accompagne longtemps….

Lien : https://wcassiopee.blogspot...
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Un polar anglais mollasson ce qui n est pas étonnant puisque le héros Franck Elder est un Inspecteur de Police à la retraite .
L auteur s attarde plus sur les relations de ce dernier avec sa fille qu' à l affaire criminelle dont il est question ,le meurtre intervient d ailleurs assez tard dans l histoire et sa résolution s avère plutôt décevante .
Ce livre clôture une série consacrée à Elder .Personnellement je vais m arrêter là avec lui et peut être persévérer avec John Harvey qui a connu un grand succès outre-manche avec un autre héros récurent Charlie Resnick.
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Après avoir mis fin à la carrière de Charlie Resnick, flic d'origine polak (notre point commun) dans Ténèbres, Ténèbres que j'ai préalablement adoré, c'est au tour de Frank Elder d'être remisé au placard par John Harvey. Deux de mes héros favoris disparaissent presque simultanément des tables des libraires. Je sais maintenant que je n'éprouverai plus jamais d'impatience en attendant leur retour, que je ne relirai plus certaines phrases ou scènes parfois plusieurs fois tant John Harvey me bouleverse. Leur absence est définitive et je suis triste. Ils me manquent déjà.


Plus que tout autre roman de l'auteur, le corps et l'âme est émouvant, poignant. Un crime auquel est mêlée Katherine, qui a déjà tant subi dans un opus précédent, remet Frank en selle. Mais quel genre de père ne connaît pas l'adresse de sa fille unique ? C'est l'occasion pour celui qui s'est retiré – ou a fui – jusqu'à l'extrême pointe des Cornouailles, de s'interroger sur le sens de sa vie, de se perdre parfois dans une rêverie où il revient sur ses erreurs conjugales, paternelles ou professionnelles. Avec Vicky, Frank a noué une relation sentimentale qui n'a pas vocation à trop prendre d'importance, il y veille. Chère Vicky, qui interprète une chanson que Billie Holiday a enregistrée en 1940, Body and Soul, « Je suis si seule jour après jour »...


L'enquête progresse et Frank rumine. Parce que Katherine est en danger, il rend visite à Joanne, son ex-épouse, qui ne manque jamais de lui adresser quelques reproches sur leur vie passée, sur ses absences, sur l'éducation lacunaire donnée à leur fille. Mais combien de couples dans leur entourage ont-ils été heureux ? Et surtout combien de temps ? Combien de familles ? Combien d'enfants ? Car que dit le poète déjà ? « Ils te foutent en l'air tes père et mère », premier vers du poème de Philip Larkin, This Be The Verse : « They fuck you up, your mum and dad ».


La dernière page tournée, je suis restée groggy !
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Anthony Winter, peintre à la mode et courtisé par des galeries a été assassiné chez lui. Qui a pu commettre cet acte qui ne semble à première vue pas dicté par le vol ? La police prend l'enquête rapidement en main notamment en raison de la notoriété de la victime. Très vite les soupçons se portent sur la jeune Katherine, modèle de l'artiste et qui semble avoir entretenu une relation plus intime avec la victime. L'enquête avance et le passé de Kate ressurgit. Un passé douloureux où elle a été enlevée, séquestrée et bien plus il y a 7 ans, par un homme qui purge depuis une lourde peine de prison. La prison, l'enfermement, c'est aussi ce que subit Katherine depuis cette terrible épreuve. Alors lorsqu'elle est harcelée par la police dans le cadre de l'affaire Winter, son père, Frank Elder, inspecteur à la retraite, quitte ses Cornouailles pour venir en aide à sa fille. L'enquête avance mais Kate n'est toutefois  toujours pas hors de cause, jusqu'à ce que le passé trouble de l'artiste, adepte de pratique perverses, soit découvert. Winter avait finalement plus d'ennemis que prévu et l'affaire se corse. Elder n'aura de cesse d'aider sa fille dans cette épreuve quitte à se mettre lui-même en danger. Une description toute en retenue et en pudeur d'un traumatisme bien réel celui-ci. L'histoire est forte, sur le thème de la recherche de la reconstruction et de la relation père/fille. Les relations sont parfois difficiles et un père n'est jamais vraiment préparé à vivre cela, plusieurs fois. Comment réagir ? Comment aider une victime qui semble perdue, mais ne réclame pas d'aide ? Un roman sur l'acceptation et le dévouement d'un père pour son enfant, qu'il ne veut pas voir traumatisée de nouveau. Pas de pathos dans ce récit, mais une vraie humanité, une vraie force et un moment d'émotion intense pour le lecteur. Une histoire tout en nuance et retenue sur fond de thriller bien construit et maîtrisé de bout en bout. Une réussite !
Lien : https://cafenoiretpolarsgour..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Lorsqu’il avait proposé de venir la chercher à la gare en voiture, elle avait répondu que ce n’était pas la peine, elle prendrait le bus. Allongeant le pas, il arriva à temps pour distinguer les lumières des phares qui contournaient la colline ; à temps aussi pour la voir descendre et s’avancer vers lui - bottines, veste rembourrée, jean, sac à dos -, souriant, mais avec une hésitation dans les yeux.
« Kate... Je suis content que tu sois là. »
Quand elle lui tendit les bras pour saisir les siens, il s’efforça de ne pas regarder ses poignets bandés.
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À la lisière du village, la maison était la dernière d’une rangée de petites bâtisses en pierre adossées à des champs qui s’abaissaient en pente douce jusqu’à la mer. Elder ferma soigneusement la porte, remonta le col de son manteau pour se protéger du vent, et après un dernier regard à sa montre, s’éloigna sur le sentier en direction de la pointe. Le ciel traversé de nuages commençait à s’assombrir. Bientôt, à l’approche des falaises, le terrain devint inégal et rocailleux sous ses pieds. Des lapins levés par son passage détalaient tout autour. Plus loin, une barque de pêche se balançait au gré des flots. Des mouettes tournoyaient dans les airs.
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Lorsqu’il avait proposé de venir la chercher à la gare en voiture, elle avait répondu que ce n’était pas la peine, elle prendrait le bus. Allongeant le pas, il arriva à temps pour distinguer les lumières des phares qui contournaient la colline ; à temps aussi pour la voir descendre et s’avancer vers lui - bottines, veste rembourrée, jean, sac à dos -, souriant, mais avec une hésitation dans les yeux.
« Kate... Je suis content que tu sois là. »
Quand elle lui tendit les bras pour saisir les siens, il s’efforça de ne pas regarder ses poignets bandés.
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Depuis combien de temps ne l’avait-il pas vue ? Katherine. Sa fille. Une cérémonie de remise de diplômes qui avait mal fini, quand, mésestimant l’importance du moment, il n’avait pas su trouver les mots justes. Depuis, il y avait eu des coups de fil, surtout ceux qu’il passait, lui, emplis de silences prolongés, de réponses laconiques, de soupirs laborieux. Ses rares mails restaient en grande partie sans réponse, de même que ses SMS, plus rares encore. Qu’espérait-il ? Vingt-trois ans, bientôt vingt-quatre, elle avait sa vie.
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Ses rares mails restaient en grande partie sans réponse, de même que ses SMS, plus rares encore. Qu’espérait-il ? Vingt-trois ans, bientôt vingt-quatre, elle avait sa vie.
Et puis, brusquement : « Je voulais passer te voir. Si ça te va... Deux, trois jours, c’est tout. J’ai des vacances.
- Oui, oui, bien sûr, mais...
- Et pas de questions, papa, d’accord ? Pas d’interrogatoire. Sinon je rentre par le premier train. »
Il s’aperçut, une fois qu’elle eut raccroché, qu’il ne savait plus exactement où elle habitait.
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John Harvey raconte ses débuts dans le roman noir.
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