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ISBN : 2743634103
Éditeur : Payot et Rivages (11/11/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Dans cette douzième et ultime aventure de Charlie Resnick, personnage emblématique qui a conquis un large public sur deux décennies, John Harvey se confronte à un événement majeur de l'histoire sociale de la Grande-Bretagne : la grève des mineurs de 1984. La découverte du cadavre d'une femme qui avait disparu pendant la grève remet l'inspecteur Charlie Resnick en scène et l'amène à se confronter à son passé de jeune flic. Trente ans plus tôt, Resnick était en premiè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  13 février 2017
Après 25 ans de bons et loyaux services et 12 enquêtes, Charlie Resnick raccroche les gants, c'est ce que nous apprend son papa, John Harvey, dans la courte postface de Ténébres, Ténèbres. Il va manquer dans le paysage littéraire le flic polak créateur d'invraisemblables sandwiches, féru de jazz, qui partage sa vie avec ses cinq chats baptisés de prénoms empruntés à des jazzmen célèbres. Ce n'est pas sans une certaine émotion que j'ai entamé cette lecture.

Charlie est à la retraite, il regarde Colombo l'après-midi et se couche à 22h00 et Dizzy est le seul survivant parmi ses chats, vieux et rhumatisant. Mais en Grande-Bretagne comme ailleurs, les crédits alloués aux grands services de l'Etat sont amputés, et la police rappelle des réservistes-retraités quand elle croule sous la charge. L'enquête dans laquelle on demande à Charlie d'assister Catherine Njoroge, policière de la nouvelle génération, concerne la découverte d'un squelette féminin resté enterré durant trois décennies. Il s'agit de Jenny Hardwick, femme de mineur, mystérieusement disparue en 1984 au cours de la plus longue et de la plus violente grève de Grande-Bretagne qui a opposé durant un an, les mineurs à « l'autre garce » (p. 13), Margaret Thatcher.

Si Charlie est sollicité, c'est qu'il a vécu les événements quand il était jeune policier, en poste dans la région où vivait Jenny, et qu'il connaît de nombreux témoins. 30 ans plus tard, il revient sur son passé, sur sa jeunesse, sur sa liaison avec Lynn, et c'est un magnifique roman que nous offre John Harvey. Fidèle à ses thèmes de prédilection, l'auteur parle avec humanité des « gens », de leurs difficultés, les observe dans leur contexte social. Ici, il a choisi comme fil conducteur la grève de 1984, restée dans la mémoire collective comme l'extermination de la classe ouvrière par « l'autre garce » au nom d'un néo-libéralisme qui a plongé une génération dans la misère et le chômage. Il raconte la bataille d'Orgreave, au cours de laquelle la répression a été élevée au rang d'un art, l'infiltration des grévistes par 3 000 agents du renseignement, la déclaration d'illégalité de la grève, la mise sous séquestre des avoirs des syndicats, le sort réservé aux jaunes, les promesses mensongères, le goutte-à-goutte de la désinformation, la famine. Il raconte la solidarité des mineurs russes, tchèques, polonais, français. Tous ont envoyé de l'argent à leurs collègues ; des valises pleines de billets qui voyageaient en train, en bus, tous les comptes des syndicats étant bloqués. Les mineurs de la Ruhr ont diligenté des camions de jouets pour que le Noël des enfants soit moins triste. Mais c'est surtout aux femmes que John Harvey rend hommage, celles qui se sont engagées aux côtés de leurs hommes pour assurer la collecte de la nourriture, les repas, s'exprimer dans les réunions, transporter clandestinement l'argent quand il arrivait.

John Harvey n'est pas manichéen, il n'hésite donc pas à évoquer les magouilles, les embrouilles, les conflits qui ont agité tous ceux qui avaient des intérêts dans la poursuite ou l'arrêt de la grève, y compris dans le camp des mineurs. Jenny s'est-elle enfuie avec un bel amant roux rencontré dans un meeting ou a-t-elle été victime de ses engagements ?

Ténèbres, Ténèbres est un chant du cygne poignant, mettant pour la dernière fois en scène Charlie, homme fatigué, témoin durant 25 ans de la déliquescence de la société, observateur davantage qu'acteur, qui comprend de moins en moins le monde qui change trop vite autour de lui. Merci John Harvey d'avoir offert un tel personnage à la littérature.
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Renod
  26 juin 2017
Solitaire et déprimé, Charlie Resnick passe ses journées à regarder des films ou à écouter des cd de jazz, un chat arthritique confortablement installé sur les cuisses. Que du bonheur ! Pour briser la monotonie de ses journées, il occupe un poste de réserviste à temps partiel dans un commissariat de Nottingham. La découverte d'un cadavre sous les fondations d'une maison d'une cité ouvrière va ramener Resnick à un passé vieux de trente ans. Jeune policier, il avait été chargé d'y recueillir le maximum de renseignements sur les grévistes. La victime est rapidement identifiée. Il s'agit de Jennifer Hardwick l'épouse d'un mineur, mère de trois enfants, qui s'était lancée dans le mouvement social. La jeune femme avait disparu en décembre 1984, au moment de la grande grève des mineurs. Resnick va aider Catherine Njoroge, une jeune inspectrice d'origine kényane, à mener l'enquête. La mission du duo d'enquêteurs se complique ; avec les années, les souvenirs s'effacent, certains témoins sont décédés et d'autres ont disparu de la circulation. Et les pistes se multiplient : tueur en série, drame conjugal, crime passionnel... John Harvey revient sur cet épisode marquant de l'histoire britannique : la grande grève des mineurs brisée à l'aide de méthodes policières contestables. Répression brutale, manipulation, infiltrations campagnes de presse, toutes les méthodes sont bonnes pour mater et discréditer le mouvement. Jenny, la victime, incarne la lutte passionnée pour un monde ouvrier en lutte, dans un dernier sursaut avant le naufrage. Et il y a un parallèle entre l'enquête sur les circonstances de son meurtre et l'éclairage sur cette période sombre de l'histoire. Charlie Resnick tire sa révérence avec cette histoire pleine d'humanité dans un monde chaque jour plus monstrueux.
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JIEMDE
  24 janvier 2016
Un polar magistral !
"L'adieu à Resnick" annonce le bandeau rouge entourant le livre. John Harvey le dit dans sa postface, il est temps pour son flic fétiche, Charlie Resnick, de prendre du recul après vingt-cinq années de présence dans les romans et nouvelles de son créateur. Et si le livre s'ouvre sur une scène d'enterrement, Harvey a le bon goût de ne pas faire mourir Resnick mais de le laisser posé sur son banc, dans un square de Nottingham, rêvant de la seule passion qui lui reste : le jazz.
Ténèbres, ténèbres est un vrai polar noir : l'histoire est sombre, les personnages aussi et l'espoir ne montre que rarement le bout de son nez. L'intrigue, remarquablement construite sur un rythme lent (on est loin du page turner...) se développe selon deux axes-temps.
Dans le premier, contemporain, une femme - Jenny Hardwick - considérée comme disparue depuis trente ans est retrouvée par hasard, enterrée sous la terrasse d'un pavillon. Resnick reprend alors bénévolement du service pour assister Catherine Njoroge, chargée de l'enquête. Peu de pistes sinon des fausses, des témoins aux abonnés absents et des moyens limités puisque finalement, personne ne tient vraiment à élucider les travers du passé.
Parallèlement, on suit la vie au quotidien de Jenny en 1984, lors de la grande grève des mineurs anglais que Thatcher avait décidé de faire plier. Si cette histoire finira par donner peu à peu la clé de l'énigme, elle est remarquablement documentée sur cette période trouble. La grève dure, les affrontements avec la police sont quotidiens, les "jaunes" font l'affaire du gouvernement (il faut bien manger...) et les femmes se jettent dans la bataille. Les consciences se forgent ou se défont. Un monde est en train de basculer.
Et c'est là qu'Harvey excelle : dans la description très fouillée de ses personnages, ceux d'il y a trente ans comme ceux d'aujourd'hui. Jenny et toutes les autres femmes, passionnées autant que déboussolées. Catherine, brillante inspectrice, confrontée au sexisme, au racisme et à la violence. Et Resnick, qui traverse le livre avec le regard désabusé de celui qui a tout vu, trop vu.
Oui, après 1984, le monde a basculé en Angleterre. Mais les gens ont-ils changé pour autant ?
"Mécanique" parfaitement ficelée, écriture extrêmement soignée, profondeur des personnages et ambiance léchée : ce livre de John Harvey est impérativement à lire pour qui apprécie les polars "Plus" : ceux qui sont des grands livres avant d'être des polars.
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morin
  13 juillet 2017
Encore une lacune dans mes connaissances sur les auteurs de romans policiers : j'ignorais l'existence de John Harvey et celle de son personnage l'inspecteur Charlie Resnick.
C'est réparé grâce à la critique de Nameless en février dernier sur la dernière aventure de l'inspecteur Resnick "Ténèbres, Ténèbres", critique qui m'a donné envie de lire cet ouvrage. Je ne le regrette pas bien au contraire.
Nouveau retraité Resnick occupe un poste de citoyen réserviste au commissariat central.
A l'occasion de travaux un squelette est découvert. Il s'agit de celui d'une jeune femme,Jenny Hardwick, disparue en 1984 lors de la grande grève des mineurs.
l'enquête est confiée à l'inspectrice Catherine Njoroge, d'origine Kényane. Elle se fait assister par Charlie qui était en poste en 1984. Il était à la tête d'une équipe d'agents secrets qui se mêlaient aux grévistes.
Le livre est construit sur deux périodes : la période actuelle et 1984.
les chapitres consacrés au présent nous permettent de suivre l'enquête, les interrogatoires des différentes personnes ayant eu un lien avec la grève ( syndicalistes, témoins, policiers, membres de la famille et amis de Jenny.)
Les chapitres concernant l'année 1984 nous plongent au milieu des grévistes et dans la vie Jenny. Ils nous apportent des informations sur cette grève qui dura un an et se termina sans que les grévistes obtiennent satisfaction. Jenny est une mère de famille mariée avec un mineur non gréviste "un jaune". Au contraire de son mari elle milite du côté des grévistes. Sa disparition restera un mystère jusqu'au dénouement de l'enquête.
Bien que ce soit mon premier contact avec Charlie Resnick, j'ai apprécié le personnage avec son côté humain, honnête et modeste. J'ai également aimé le personnage de Catherine qui doit affronter le racisme coté professionnelle et la violence côté vie privée.
PS : ceux qui écrivent la quatrième de couverture ont-ils toujours lu le livre concerné ? la quatrième de couverture de l'édition Rivage/Noir indique que Jenny est "l'épouse d'un meneur de la grève" alors que c'est exactement le contraire !

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Sharon
  29 septembre 2019
Le mot « ténèbres » est pour moi un des plus beaux, parce que la lumière ne se voit jamais mieux que lorsqu'elle perce les ténèbres, quels qu'ils soient.
Charlie Resnik est le héros de John Harvey, il lui a consacré douze enquêtes, en vingt-cinq années d'écriture – dans la postface, John Harvey explique comment il a choisi le dénouement pour son personnage, après en avoir écrit un autre. A mes yeux, son choix définitif est bien meilleur que le premier.
Charlie Resnik est officiellement à la retraite, mais il a pu rempiler dans un travail administratif qui l'occupe, et surtout, l'empêche de trop penser, lui qui rentre presque seul chez lui, avec un chat et ses disques de jazz. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que l'on retrouverait le corps d'une femme disparue depuis trente ans – et morte depuis trente ans. Les cold case, dans les séries télévisées, c'est bien, c'est facile. Dans un roman qui se veut crédible, cela l'est nettement moins, rares sont les personnes qui n'ont pas déménagées en trente ans, qui n'ont pas changé de métiers, surtout vu le contexte. Trente ans plus tôt, se déroulaient les grandes grèves des mineurs. Resnik était un jeune policier, confronté aux ordres de ses supérieurs et au méthode de certains collègues, sur lesquelles les supérieurs fermaient les yeux – tant que les événements allaient dans le sens qui convenait à la police, tout était bon à prendre.
Resnik jeune, et Jenny, la victime, vivante, voilà les morceaux de passé qui nous sont livrés dans le récit rétrospectif. Jenny, bien vivante, soutenant la grève, participant à des meetings, se débrouillant pour faire garder ses trois enfants, ou pour être revenue à temps pour les chercher à l'école. Un mari, Barry, non gréviste qui ne comprend pas sa femme, qui sort trop du rôle traditionnel des épouses soumises, cantonnées à leur maison, qui ne comprend pas non plus ses grévistes venus d'on ne sait où et qui le traitent de « jaune », lui qui veut seulement continuer à travailler pour que sa famille ait de quoi se nourrir.
Dans le présent, le travail est minutieux, long, fastidieux, surtout que Resnik et Catherine, assignés à cette mission avec deux autres agents, n'ont qu'une semaine pour trouver une piste valable – il est tant d'autres affaires qui attendent, surtout que Picard, le charmant supérieur imbuvable, est assez fataliste, ou réaliste, comme on voudra : le coupable est peut-être mort depuis longtemps !
Petite précision : Catherine Njoroge est noire, pas noire Beyoncé, non, noire noire comme elle le dit elle-même, et j'entends déjà le commentaire (j'en ai déjà eu) précisant que de nos jours, on s'en fout. Ce serait bien, effectivement. Catherine est cependant très consciente que tous ne s'en moquent pas, et qu'elle, son avancement, dérange, certains pensant qu'elle ne l'a obtenu qu'à cause de sa couleur de peau, au nom de la discrimination positive et n'attendant qu'une chose, un bel échec. Ajoutez à cela des parents qui ne comprennent ni son choix professionnel, ni sa rupture avec son compagnon dont, selon eux, elle n'était pas à la hauteur. Ou comment introduire dans un roman, sans jamais utiliser le terme, un personnage de pervers narcissique. Catherine a été suffisamment fine pour s'en rendre compte, de là à dire qu'elle est suffisamment forte pour lui résister constamment, c'est une intrigue qui sous-tend le récit principal.
J'espère que vous apprécierez autant que moi ce roman.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
RenodRenod   22 juin 2017
Ça a commencé au pub un peu plus tôt. Deux de nos gars se sont accrochés avec d’autres clients. Les prises de bec habituelles. Si bien qu’à l’heure du changement d’équipe, il y avait foule devant la mine, un piquet comme on en n’avait pas vu depuis longtemps. Enfin, je ne vous apprends rien. La police s’excite, appelle des renforts. Au début, ça criait, ça s’injuriait, mais rien de méchant, jusqu’à ce que quelqu’un lance une pierre qui érafle la tête d’un flic. C’est ce qui a mis le feu aux poudres. Il faut quand même que je vous dise une chose, Charlie, le type qui a jeté cette première pierre, c’était un policier. J’en suis sûr, je l’ai déjà vu. Au premier rang, en uniforme. Sauf qu’aujourd’hui, il était en civil parmi les nôtres, à les chauffer, les exciter, et il a fini par lancer cette satanée pierre. Il aurait pu défigurer un de ses collègues.
- Un policier, vous êtes sûr ?
- Sûr et certain.
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RenodRenod   22 juin 2017
Il était venu {dans la zone commerciale} un dimanche après-midi avec Lynn, qui espérait trouver une robe chez Laura Ashley pour se rendre au mariage d’un collègue. En fait, tout ce qu’ils avaient trouvé, c’était une version moderne de l’enfer, pensait Resnick pour qui le shopping, quand il ne s’agissait ni de CD ni de nourriture, relevait de l’hérésie. Il était prêt à passer des heures à fouiller parmi les bacs de l’Eric Rose’s Music Inn, dans la galerie marchande West End Arcade, mais attendre quinze minutes pendant que Lynn examinait une série de robes le mettait au supplice.
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morinmorin   13 juillet 2017
Catherine commanda un club sandwich, Resnick une tourte à la viande et à la bière. Pour changer de sujet, elle l’interrogea sur sa famille et il lui raconta ce qu'il savait de l'histoire de ses parents, qui avaient débarqué en Angleterre à la fin de l'été 1939, fuyant l'invasion nazie comme d'innombrables Polonais.
"nous ne sommes pas si différents, vous et moi, Charlie. Des exilés de l'âme."
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JIEMDEJIEMDE   21 janvier 2016
Plus on vieillissait, plus on était censé trouver le multiculturalisme menaçant, avait-il lu quelque part. Pourtant, s'il ne pouvait pas dire qu'il l'avait adopté, il ne le trouvait certainement pas menaçant, à l'exception des incursions occasionnelles de la mafia d'Europe de l'Est. Le multiculturalisme avait même accompli des miracles en ce qui concernait la gastronomie anglaise.
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JIEMDEJIEMDE   24 janvier 2016
Mais ce n'est pas dehors que ça se passe, n'est-ce pas ? Vous devez le savoir mieux que personne. Les enfants, toutes ces choses horribles qui peuvent arriver, la violence, les sévices, la plupart du temps, c'est à la maison.
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Profile: John Harvey "I've always wanted to make sure that what was happening was as close to reality as I could make it. It's rooted in the everyday," explains mystery author John Harvey in this video, shot in his writing studio in the UK.
Watch as he reveals how he plots mysteries on white boards, preferring to work in complete solitude. (Even his cat stays out in the garden while he's writing.)
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