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ISBN : 2743622792
Éditeur : Payot et Rivages (16/11/2011)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Stephen Bryan, jeune universitaire homosexuel plutôt discret, est retrouvé sauvagement assassiné dans sa salle de bains. Simple crime homophobe, comme l'Angleterre en voit hélas de plus en plus souvent ? Les inspecteurs Will Grayson et Helen Walker croient tout d'abord que Stephen a dragué la mauvaise personne, et que les choses ont mal tourné. Ou peut-être Mark, son ex-petit ami, a-t-il voulu se venger d'une rupture qui l'a laissé inconsolable ? Mais pourquoi, dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  12 octobre 2014
Selon Rivages/Noir, John Harvey, auteur des cycles Reznik et Elder, est l'un des écrivains britanniques les plus importants et les plus prolifiques, et l'un des meilleurs auteurs de romans de procédure policière. Avis que je partage totalement et qui est en contradiction avec le faible nombre de commentaires dont cet auteur a bénéficié sur Babelio, certains de ses ouvrages étant même en friche, sans critique ni citation. Etonnant, non ?

“Gone to Ground” est sorti en France sous le titre “Traquer les ombres” en 2007 grâce aux Editions Payot & Rivages. Stephen Bryan, jeune professeur brillant et homosexuel est retrouvé dans sa salle de bains tabassé à mort au point que ses parents ne pourront l'identifier. L'enquête est confiée à Will Grayson et Helen Walker, policiers à Cambridge, au nord de Londres. Parallèlement, la soeur de Stephen, Lesley, rentrée de Nouvelle-Zélande à l'occasion de ce deuil, mènera sa propre enquête. Au fil de l'eau, on découvrira que Stephen faisait des recherches sur une actrice des années 50, qui semble être au coeur de l'histoire.

Ce court résumé ne vous met pas en appétit ? Je le comprends, on a l'impression d'avoir lu un tel pitch au moins un million de fois. Mais c'est bien le talent de l'auteur qui fait toute la différence dans l'infinie production qui s'offre aux amateurs de noir. Et le talent de John Harvey est immense. John Harvey est d'abord un humain, bon, qui attache la même importance à tous ses personnages, il les traite tous avec respect, quelles que soient leurs motivations, bonnes ou mauvaises dans l'intrigue. Tous ont leur place et peuvent s'exprimer librement, sans jugement péremptoire. Il possède également une qualité étonnante, celle de mélanger, sans heurts, les éléments de l'énigme policière, et ceux qui concernent la vie privée de Will et Helen ou de Lesley. C'est un pur bonheur de retrouver Will, le soir chez lui, aux prises avec ses deux bambins dont les réveils nocturnes hachent ses nuits, alors qu'il a passé sa journée à traquer des méchants. C'est un pur bonheur de lire la crise quasi-machiste qui affecte Will lorsque sa femme envisage de reprendre un emploi et de quitter son statut de femme au foyer. Bonheur aussi de suivre la vie d'Helen, fliquesse solitaire, aux prises avec ses questionnements existentiels, et qui lutte pour se libérer de son ex, dont elle a l'impression qu'il profitait d'elle en venant se soulager épisodiquement, mais sans pour autant pouvoir mettre fin à cette toxique relation.

Mais surtout ce que l'on découvre chez John Harvey, c'est cette critique sociale qu'il distille comme un Pur Malt de 10 ans d'âge, au fil des pages. Mine de rien, et sans avoir l'air d'y toucher, il nous narre comment la dame de fer a plongé son pays, du moins sa composante ouvrière, dans la misère, en fermant par exemple les mines, décision qui a laissé sur le flanc une génération de travailleurs, qui n'avaient plus qu'à aller pointer, et dont les gosses n'avaient plus rien d'autre à espèrer que devenir zonards désoeuvrés, faute de boulot, faute de moyens, faute d'avenir.

Mine de rien et sans avoir l'air d'y toucher, John Harvey explique parfaitement comment toute cette frange de la population laissée pour compte, devient une proie facile pour les partis nationalistes qui stigmatisent les autres, les différents, étrangers, demandeurs d'asile ou homos, noirs ou jaunes. Quel phénoménal vivier représente pour les extrémistes, ces hommes et femmes vulnérables que le capitalisme a rayés de la carte du profit. Allez, si on sortait le samedi soir pour aller casser de l'Indien ou du pédé ? C'est pas une bonne idée, ça ?
Mine de rien et sans avoir l'air d'y toucher, John Harvey nous exlique comment des margoulins de tous poils, prompts à faire du profit sur la misère, particulièrement les promoteurs immobiliers, utilisent avec un art consommé la corruption, les menaces, les intimidations, les incendies de maisons, pour chasser de leur habitat pauvre de pôvres gens qui vivent sur un site qui pourrait recevoir un magnifique complexe immobilier avec vue sur la rivière. Il faut qu'ils dégagent tous ces sans-dents pour laisser place au grand standing.

Pour toutes ces raisons, je remercie John Harvey d'écrire des livres. Mais ce n'est pas tout, il faut aussi saluer son écriture sans effets de manche, qui plonge immédiatement et sans artifice au coeur de l'essentiel, à la fois sobre et évidente. Je le remercie de rendre tous ses personnages aussi attachants. Il me permet de m'interroger, de comprendre, d'évoluer, d'apprendre.

Pour l'ensemble de son oeuvre, il a reçu le Dagger Award. Certes, c'est pas le Nobel de littérature, mais à chacun son trip.

J'espère vous avoir donné envie, vous l'aurez compris, ce n'est pas l'intrigue policière qui m'a le plus intéressée dans ce roman, ce n'est pas non plus parce que mon département est placé en alerte rouge que j'ai terminé cette lecture rapidement, confinée chez moi en attendant la suite des événements météorologiques. Ce fut un authentique pur bonheur !

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zakfm
  17 août 2015
D'accord avec toutes les bonnes critiques précédentes et à venir sur ce roman. Deux ou trois tournures de phrases un peu lourdes semblent dues plutôt à la traduction. J'ai apprécié l'affirmation de l'actrice et de la journaliste disant que les derniers films de Woody Allen sont de la daube, la découverte de la chanteuse Beth Orton, et la pub pour Mma Rawotse, une série policière concurrente.
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Ctucorrect
  27 avril 2019
Avec John Harvey, si on aime les enquêtes façon puzzles où les pièces s'emboîtent une à une, on n'est jamais déçu. Progressivement, on voit apparaître le tableau dans son ensemble, noir, en général, sombre, mais touchant. Grâce à un florilège de personnages bien campés et attachants au possible, on entre dans l'histoire doucement, on voit se dessiner l'intrigue et on ne peut plus lâcher le livre, avant de l'avoir terminé.
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ivredelivres
  12 septembre 2010
C'est toujours un plaisir de retrouver John Harvey, des polars d'un classicisme absolu. C'est du cousu main de grande maison, son écriture est toujours d'une grande élégance, ne comptez pas sur lui pour faire de l'épate, ses intrigues sont toujours efficaces, bref vous aurez compris que j'aime beaucoup John Harvey et je lui pardonne même sa mise au placard de l'inspecteur Resnick le fou de musique, c'est dire...
L'intrigue de Traquer les ombres est assez simple, un jeune homosexuel professeur à Cambridge est assassiné de façon particulièrement brutale. L'enquête de Will Grayson et Helen Walker, les deux nouveaux "enfants" de John Harvey, cherchent au plus près : un amant éconduit, un cambriolage qui dérape, une rencontre de passage ou un crime homophobe.
'enquête de Stephen Bryan journaliste, sur une ex-star du grand écran, est peut être liée de cette agression mais comment ? le livre qu'il préparait était-il inquiétant pour la famille de l'actrice ? C'est la piste que privilégie la soeur de Stephen Bryan.
Le roman est comme d'habitude un fin dosage d'enquête criminelle, de portraits fouillés et attachants de ses personnages.
Pour finir de vous convaincre l'avis de Moisson Noire « Harvey façonne ses romans comme le jardinier un gazon anglais : c'est propre, soigné, méticuleux » et d'actu du noir « John Harvey, c'est la Rolls du polar anglais.»
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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MissAlfie
  21 juin 2012
S'il ne vient pas révolutionner le genre, Traquer les ombres est un bon roman policier de facture classique qui nous offre une vision de l'Angleterre loin des clichés londoniens et loin des petits pavillons cossus de banlieue. Racisme et violence ne sont pas si loin que ça, cachés derrière les briques et les bow-windows...
Lien : http://croqlivres.canalblog...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   12 octobre 2014
- Et les groupes d'extrême droite ? demanda Moyles. Il y en avait beaucoup ?

- Et comment ! C'est justement dans ce genre de contexte que le BNP (1) prospère. Ils ont de nombreux soutiens dans la région, et on comprend aisément pourquoi. Ils permettent à la population de trouver un exutoire à sa frustration. C'est ce qu'il me semble, du moins. Pour certaines personnes, en tout cas. Ils cherchent des boucs émissaires. N'importe qui, sauf eux. Les Noirs, les Indiens, les homos, les demandeurs d'asile.

(1) British National Party, parti nationaliste britannique

Page 304 - Rivages/Noir
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namelessnameless   12 octobre 2014
Les paroles étaient idiotes, évidemment. Love and Marriage : l'amour et le mariage aussi inséparables qu'un cheval et son attelage. Des idioties romantiques démodées.

Page 327 - Rivages/Noir
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namelessnameless   12 octobre 2014
"Ce que le seigneur donne, il le reprend", se dit Will, sortant dans le couloir. Encore une de ces sornettes apprises au catéchisme, et qui revenait vous hanter au moment où vous n'en aviez vraiment pas besoin.

Page 364 - Rivages/Noir
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namelessnameless   12 octobre 2014
- Je t'ai dit de surveiller ton langage, bordel, dit la mère, lui envoyant une claque.

Page 434 - Rivages/Noir
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namelessnameless   12 octobre 2014
- Tu n'as jamais cette impression que, quel que soit l'endroit où tu vas, tu n'arrives jamais vraiment nulle part ?

Page 50 Rivages/Noir
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Videos de John Harvey (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Harvey
Profile: John Harvey "I've always wanted to make sure that what was happening was as close to reality as I could make it. It's rooted in the everyday," explains mystery author John Harvey in this video, shot in his writing studio in the UK.
Watch as he reveals how he plots mysteries on white boards, preferring to work in complete solitude. (Even his cat stays out in the garden while he's writing.)
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