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Critique de Sharon


Sharon
  25 mai 2015
Merci à Babelio et aux éditions Ofelbe pour ce partenariat.
Lors de la précédente édition Masse Critique de Babélio, j'ai postulé pour ce titre parce que je venais de découvrir Les enfants-loups de Mamoru Hosada. Ayant beaucoup apprécié cette oeuvre, je me disais que j'apprécierai beaucoup celle-ci, la lecture du quatrième de couverture confortait cette opinion. Je me suis trompée.
Je pensais véritablement qu'Holo serait le personnage principal de ce roman, j'ai aimé les moments du récit où elle était au premier plan. Elle est attachante, cette divinité que certains honnissent, parce qu'ils ne comprennent pas tout au rythme de la nature. Courageuse, combattive, elle sait ce qu'elle risque – l'Eglise veille à l'élimination de tous ceux qui ne sont pas dans la norme – et n'hésite pas à se mettre en danger pour protéger Lawrence Kraft.
Celui-ci est un marchand itinérant qui rêve de se stabiliser, d'ouvrir sa propre boutique, pour avoir enfin un « chez lui ». L'une de ses craintes ? Retourner d'où il est originaire et découvrir que personne ne le reconnaît, voire même que cet endroit n'existe plus. Il prend des risques pour accroître son capital (on peut difficilement être un marchand ambulant et riche) et grâce à Holo, parvient, parfois, à négocier mieux qu'il ne le pensait.
Et c'est là que je me suis ennuyée. Je m'attendais à un voyage, j'ai lu des pages et des pages où il était question de monnaie, de cour de la monnaie, de tractation, de taux de change… Presque toute la première partie a pour sujet le commerce ! Et la première moitié de la seconde partie n'est pas en reste. Si l'on peut trouver passionnant cette vision du commerce, ces associations, qui protègent ou non les leurs, ces règles strictes, elles ne m'ont pas vraiment apportée le plaisir de lecture attendu.
Quant aux rencontres… Ce qui m'a frappé, c'est que les personnages sont irrémédiablement seuls. Lawrence ? Il n'a pas de famille, pas ou peu d'amis, juste un marchand, Jacbo, qui l'a formé, mais ce n'est pas pour cette raison qu'on peut le qualifier d'amis. Holo ? Elle essaie de rentrer chez elle. Zehren, Martin Liebert ? Ils sont des marchands eux aussi, mais ont-ils une famille, une femme, des enfants ? Il n'en est guère question dans ce roman. Les personnages féminins sont rares, ne serait-ce que parce que le monde des marchands est essentiellement masculin, que ce soit à cause de sa dureté ou les préjugés de cette époque, à la fois médiéval et classique (au sens européen du terme). L'Eglise veille à asseoir son pouvoir, traque ceux, ou plutôt celles qu'elle soupçonne de sorcellerie, et il ne faut pas grand chose pour attirer son attention. Si je parle aussi « d'époque classique », c'est parce que les peines encourues par Lawrence s'il ne parvient à régler ses dettes m'ont rappelé celles pratiquées au temps de Louis XIV. Et curieusement, bien que sa vie, et celle d'autres personnages sont en jeu, je n'ai pas réussi à m'attacher à lui, ou aux autres humains, sans doute à cause de leur manque d'empathie, de leur absence de solidarité, et de leur manière de se servir les uns des autres.
Spice & Wolfe, ou une rencontre ratée.
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