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ISBN : 2811228616
Éditeur : Milady (04/07/2018)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Poursuivant sa mission de porte-parole des femmes afghanes, Nadia Hashimi aborde dans ce troisième roman l'une des injustices les plus criantes dont elles sont victimes en Afghanistan : les incarcérations abusives. Ce n'est un secret pour personne, il y a beaucoup trop d'innocentes derrière les barreaux en Afghanistan. Lorsque les femmes dérangent ou que leur attitude semble remettre en cause l'ordre établi, on les emprisonne sans autre forme de procès, et parfois m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Saiwhisper
  15 août 2018
Comme je me doutais en lisant la quatrième de couverture, « Pourvu que la nuit s'achève » a eu l'effet d'une claque. Pourtant, je ne m'attendais pas à ressentir autant de violence, d'indignation et de mépris face à cette injustice que subissent les femmes afghanes au quotidien. Certes, je connais la situation grâce à des documentaires et à des reportages… Mais ce n'est jamais pareil qu'être confronté à une fiction basée sur du vécu ou reposant sur des choses qui existent… En plongeant dans un roman et en s'attachant aux personnages, les sensations sont décuplées. On ressent ce que traversent les protagonistes et cela nous touche comme un coup de poing en plus de nous faire réfléchir. J'ai trouvé que la plume de Nadia Hashimi dégageait énormément de justesse, de pudeur et de réalisme. Son récit m'a fait songer à du Yasmina Khadra ou au très touchant « Mille soleils splendides » de Khaled Hosseini.
Dans cette histoire, on va suivre l'affaire de Zeba, une mère de famille, qui a été retrouvée en larmes près du cadavre de son mari. Les autorités ne cherchent pas très loin : c'est forcément Zeba la coupable ! On embarque donc la jeune mère sans hésiter, on la force à signer une déposition reconnaissant le crime, puis on la jette en prison où elle devra attendre le verdict des juges qui semblent déjà avoir tout décidé… C'était sans compter l'arrivée de Yusuf, un avocat afghan exilé aux États-Unis pour échapper à la guerre, qui va enquêter sur cette étrange affaire. le scénario va papillonner à travers plusieurs personnages. On va principalement être aux côtés Zeba durant son incarcération. D'abord renfermée sur elle-même, elle va peu à peu se lier d'amitié avec les autres prisonnières, notamment Latifa, Nafisa et Mezhgan. La narration va également se placer derrière Gulnaz, la mère de Zeba, qui possède d'étranges pouvoirs et n'hésite pas à utiliser son savoir-faire pour réaliser le bien autour d'elle. Bien évidemment, on va suivre les recherches de Yusuf, le seul homme qui saura se montrer attentif aux paroles des Femmes qui l'entourent. C'est quelqu'un de droit, patient, intelligent et persévérant… À aucun moment, il a douté ou a enfreint son devoir… Néanmoins, j'ai trouvé qu'il était presque trop parfait. Face à lui, les autres Hommes semblaient tous mauvais, voire inhumains… J'aurais souhaité voir d'autres personnages masculins plus nuancés afin de contraster un peu.
La condition des Femmes est au coeur du récit cependant, il serait réducteur de parler de cet ouvrage simplement qu'à travers ce prisme. C'est également un roman abordant la thématique de la famille, du couple, de l'entraide et de la vie en Afghanistan. C'est une lutte acharnée pour que justice soit rendue. J'ai été impressionnée Zeba qui s'est avérée être une héroïne admirable pleine de courage et d'honneur. Les révélations autour du crime m'ont fait l'effet d'une gifle… Honnêtement, j'ignore si j'aurais agi ainsi à sa place… Je ne pense pas avoir une telle grandeur d'âme. Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment été admirative des valeurs de Zeba ainsi que de son caractère. Il y a aussi l'ascension de sa notoriété en prison qui est réellement très intéressante ! de plus, j'ai été émue par sa relation avec sa mère. Leur lien est vraiment puissant, émouvant et spécial… Outre le trio principal, j'ai eu un peu de mal à retenir le nom des autres personnages. D'ailleurs, au départ, j'ai été assez perdue tant il y avait de monde… Cela dit, j'ai tout de même été marquée par l'injustice à laquelle doivent faire face Latifa, Nafisa, Mezhgan et les autres prisonnières. Les raisons de leur captivité sont si imméritées et révoltantes ! Être jetées en cellule pendant plusieurs années à cause d'une fuite permettant d'éviter un sort qu'elles n'approuvent pas, un simple repas avec un ami ou le fait de tomber amoureuse d'un homme que leur famille désavoue est une abomination sans pareille… Et dire que certaines femmes vivent cela !… Comme le souligne l'auteure, être une Femme est un fardeau. Leur parole ne compte pas et vaut forcément moins qu'un homme, elles n'ont aucun droit et, lorsque l'on doit punir quelqu'un, on n'hésite pas à s'attaquer à des femmes innocentes dans la famille dont le seul délit est d'être du même sang que celui qui a fauté…
On a là une lecture poignante, engagée et profondément bouleversante. Je la recommande fortement. C'est un roman puissant et assez important à lire, en particulier pour faire évoluer les mentalités. Il est inadmissible qu'on en soit encore réduit à de telles injustices et inégalités en 2018 ! Les thèmes abordés sont hyper forts et mettent en avant une triste réalité… Toutefois, j'avoue que, malgré mon enthousiasme, j'ai trouvé le rythme très lent. Par exemple, il faut attendre une centaine de pages avant que Zeba et Yusuf se rencontrent. Certains passages manquaient parfois de dynamisme… Malgré ces longueurs, j'ai été transportée par ce récit et le recommande si vous recherchez un livre touchant, avec des thématiques actuelles et se déroulant ailleurs qu'en Europe… Merci aux éditions Milady !
Lien : https://lespagesquitournent...
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loeildem
  04 juillet 2018
L'univers de Nadia Hashimi n'est pas sans rappeler celui d'un auteur que j'affectionne tout particulièrement : Khaled Hosseini. On y retrouve comme toile de fond un pays du Moyen-Orient, ici, l'Afghanistan. Un pays dont j'ai découvert une partie de l'histoire dans Les cerfs-volants de Kaboul de K.Hosseini. En me plongeant dans Pourvu que la nuit s'achève, j'étais très confiante et je ne suis pas déçue de ma lecture. J'ai même adoré. L'histoire de Zeba et de ses enfants m'a beaucoup touchée.
L'auteure met en avant la condition des femmes dans un pays qui ne leur donne pas la parole. Encore une fois, le sujet m'a touchée. Je me dis que j'ai vraiment de la chance d'être née dans un pays qui me considère, me respecte. En Afghanistan, les femmes sont totalement sous le joug de leur mari. Elles ne sont pas considérées. La majorité de leurs déplacements doivent se faire avec le consentement du mari et elles se doivent d'élever leurs enfants seules. Zeba n'échappe pas à ce destin. Mère de quatre enfants, son quotidien est ponctuée des tâches ménagères et de l'éducation des enfants. Son mari est soit absent soit violent. Aussi, quand il est retrouvé mort dans la cour de la maison familiale, tout s'écroule.
Les apparences sont contre elle, Zeba ne peut qu'être coupable. Toutefois, je n'y ai pas cru une seconde. J'étais sûre qu'elle s'accusait pour protéger quelqu'un, un membre de sa famille, voire même un de ses enfants. Les villageois sont interrogés, certains sont surpris qu'une femme aussi discrète que Zeba ait pu commettre un telle chose. La policier dépêché sur place se contente du strict minimum. Pour lui, il n'y a aucun doute.
On suit le quotidien de Zeba à la prison pour femmes de Chil Mahtab. le mutisme de la mère de famille attise la curiosité et le mépris de certaines détenues. Ces compagnes de cellule ne bousculent en rien leur quotidien : Zeba est transparente. Puis les langues se délient et plusieurs femmes confient le pourquoi de leur incarcération. Je suis restée totalement abasourdie. Certaines choses sont totalement absurdes. J'ai pensé que tout prétexte était bon pour condamner une femme. Un dîner avec un ami peut les conduire en prison, un rapport sexuel hors mariage également, même un viol, chose totalement absurde !
Le récit s'articule autour du quotidien de Zeba en prison et de la vie de Yusuf, afghan exilé aux États-Unis avec sa famille pour échapper à la guerre. Devenu un brillant avocat, il est chargé de défendre cette mère de famille que tout accuse. Leurs premières entrevues sont laborieuses et Yusuf n'arrive pas à croire que la femme en face de lui puisse avoir planté une hache dans la nuque de son (crétin) de mari. Il est persuadé qu'elle s'accuse pour protéger quelqu'un. Avis que partage sa mère. Personnage très mystérieux, ensorceleur. J'ai beaucoup aimé ce personnage qui est difficile à cerner.
L'écriture est vraiment fine, pudique par moment, surtout quand nous sommes à la prison, avec toutes ces femmes emprisonnées pour des incongruités. Les personnages sont vraiment attachants, surtout les compagnes de cellules de Zeba. Toujours le mot pour rire, à relativiser alors qu'elles sont enfermées, pour certaines, de nombreuses années.
Enfin Zeba, une femme d'honneur, de parole qui montre l'exemple. Un personnage admirable.
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mjaubrycoin
  06 août 2018
Zeba a été découverte les mains pleines de sang, dans la cour de sa maison , à côté de son mari qui gisait mort avec une hache dans la tête. Sa culpabilité ne fait aucun doute et elle est incarcérée dans l'attente d'un procès qui conduira à sa condamnation à mort. Refusant de donner une explication à son geste meurtrier, elle se mure dans le silence et refuse de partager avec son avocat, le jeune et idéaliste Yussuf le lourd secret qu'elle s'est juré de préserver.
Dans un pays où les femmes ne sont pas seulement méprisées, mais considérées comme des êtres inférieurs, est-il raisonnable d'espérer que son innocence sera reconnue et qu'elle pourra retrouver ses quatre enfants qui lui ont été arrachés par la famille de son mari ?
Nadia Hashimi qui vit aux Etats-Unis où elle exerce la profession de pédiatre, excelle à décrire son pays d'origine l'Afghanistan à travers de superbes histoires de femmes comme dans son précédent roman "si la lune éclaire nos pas" ou le célèbre "la perle et la coquille" qui a révélé son talent aux lecteurs occidentaux.
Le sort fait aux femmes dans ce pays qui ne parvient pas à s'extraire de ses coutumes ancestrales, est positivement effroyable. Fillettes données en mariage à des hommes âgés qu'elles ne découvriront que pendant une nuit de noces que l'on n'imagine qu'avec effroi, femmes lapidées pour avoir osé aimer en dehors du mariage ou emprisonnées pour le délit de "zina" constitué si elles sont vues en compagnie d'un homme qui ne leur est pas apparenté. Si en plus elles sont simplement soupçonnées d'avoir brûlé une page du Coran, c'est la mort assurée et avec la bénédiction de toute la société en prime !
Cette description de la condition féminine au 21ème siècle ne peut que faire frémir d'horreur les lectrices occidentales. Quand on y adjoint la mécanique d'un système judiciaire resté au stade médiéval, on mesure le fossé culturel qui nous sépare de ce pays.
L'indignation est présente tout au long de la lecture et chacun des personnages porte une part d'ombre trop lourde pour le rendre sympathique qu'il s'agisse d'une magicienne que l'efficacité de ses sorts rend redoutable ou d'un homme qui n'a de saint que le nom que l'on veut bien lui donner. Zeba elle-même qui se drape dans un silence fier, n'a t'elle pas toléré l'intolérable sous son toit?
Seul Yussuf qui se dévoue inlassablement pour une cause indéfendable, échappe à la noirceur ambiante et illustre tristement le sort de ces milliers d'avocats qui , dans le monde entier, luttent pour davantage de justice, quelquefois même au péril de leur vie.
Même si le tragique ne l'emporte pas in fine, j'ai moins aimé ce livre que les précédents, tant je me suis sentie interpellée par ce terrible réquisitoire qui ne propose que des solutions biaisées pour remédier à l'injustice, comme les mensonges des villageois pour sauver la vie de Zeba.
Quel espoir pour l'Afghanistan ? Et pour les Afghanes dont l'auteur met en évidence la triste condition ? Fuir ? Aux Etats-Unis, peut-être ? Même si ce pays ne détient pas la palme d'or en ce qui concerne le respect des droits de l'homme, il pourrait faire office de paradis terrestre en comparaison ...
Est-ce le but recherché par Nadia Hashimi ?
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Loryane
  04 février 2018
Nadia Hashimi raconte une nouvelle fois une histoire de femme, de liberté ; dans un pays où l'honneur est plus importante que l'amour. Dans cette oeuvre le résumé parle de lui-même, les secrets peuvent nuire tout comme la vérité. L'héroïne se retrouve incarcérée pour le meurtre de son mari dans la prison de Chil Mahtab. On découvre le combat d'un avocat, la culpabilité et le pouvoir d'une mère, le silence pour protéger la vertu. Un sentiment d'injustice se fait sentir, le pouvoir des hommes est cruel dans ce pays ; ne donnant que très peu de chance aux femmes d'être émancipé des croyances et des convenances de l'Afghanistan.
Zeba n'est plus une étrangère en tournant les pages du livre, elle devient une âme à part entière. Sincèrement j'ai eu envie de la prendre dans mes bras comme de la secouer, pourquoi ne dit-elle rien de cette journée fatale ? Que cache-t-elle donc pour se murer autant dans le mystère ? Est-elle coupable ou innocente ? A-t-elle fait un sacrifice ou préfère-t-elle protéger ses enfants ? Zeba se bat contre le mal, mais doit-elle se battre contre elle-même ? C'est une héroïne forte, tellement puissante ; elle possède la magie de sa mère et le même coeur, la même envie de mettre ses bébés en sécurité. Je l'ai admiré et sa façon d'être est vraiment touchante, elle ne donne aucune vérité sans pour autant avouer être une criminelle. Têtue et parfaitement maîtresse de ses volontés.
Yusuf est un afghan vivant en Amérique, son parcours scolaire est excellent et tout est à sa portée de main pour réussir professionnellement. Il choisit la voie de la défense, être avocat ; tout en voulant devenir le gardien de la justice de l'Afghanistan. Il repart pour son pays d'enfance, son métier l'emmène dans les pas de Zeba. J'ai beaucoup apprécié cet homme, un peu enfantin et timide ; il se donne énormément pour sa profession. Je l'ai trouvé drôle parfois, souvent maladroit et c'est tout ce qui fait son charme ; un personnage très simple et modeste.
Je ne souhaite pas en dévoiler plus sur les protagonistes, il faut apprendre à les aimer par soi-même, les connaître en parcourant l'histoire dans son ensemble. Certes, la maman de Zeba est essentielle dans la synopsis et c'est justement pour ça que je ne révèle rien sur cette femme, elle est une énigme impossible à décrire. le récit est long, mais ce que j'admire dans cet ouvrage c'est l'authenticité profonde, la même que dans « La perle et la coquille » et « Si la lune éclaire nos pas » ; tout est véridique, basé sur des faits réels et sincèrement ça fait mal au coeur. Heureusement les porte-paroles crient pour ces femmes, ces injustices, ces règles difficiles à comprendre. « Pourvu que la nuit s'achève » transmet un message, celui du coeur et du partage, particulièrement celui d'une mère et d'un sacrifice pour protéger. C'est une lecture mémorable et délicate, tout en finesse et en bouleversement. le suspense laisse place au voyage, les lieux changent tout comme les personnages ; encore une fois on a différent point de vue. L'émotion titanesque se retrouve à la fin du roman, dans les derniers mots et pour moi cette lecture vaux tout l'or du monde.
Nadia Hashimi est encore surprenante dans sa narration, dans ses propos sur les femmes. Je suis attirée par ces livres pour trouver ses messages, pour penser et prier à l'égard de ces femmes, ces mères. Son écriture est envoûtante, elle se laisse dévorer et apprécier tout en abordant des sujets obscurs. Une fois de plus, cette écrivaine compose un portrait saisissant, tout en rajoutant les voix des proches.
Finalement cette oeuvre n'est pas un coup de coeur, c'est une lecture tellement puissante et porteuse de propos qu'il faut juste admirer les héros, remercier l'auteur et faire connaître son talent. le léger reproche que je dois noter est le manque de présence de Zeba, pourtant c'est son portrait et son histoire ; cependant j'ai trouvé que les protagonistes secondaires prenaient autant de place qu'elle. le mystère est là, pourtant on devine parfois les révélations en avance ; en même temps c'est de la littérature contemporaine et le suspense n'a pas forcément de position particulière dans ce style. La synopsis est prenante pour sa réalité, jamais j'oublie les romans transmettant du savoir et de l'actualité. « Pourvu que la nuit s'achève » parle du destin d'une femme injustement mise en cause pour la mort de son mari, sans aucune preuve sa liberté lui est volée, ses enfants enlevés et son honneur bafoué. Ce livre révèle le pouvoir des hommes, le visage d'une héroïne ayant le coeur sur la main et principalement où le viol d'une femme devient parfois un zina – relation hors-mariage – en Afghanistan le zina est puni, c'est un crime comme un autre. C'est un pays cruel pour les femmes, un enfer sans liberté pour elles ; les hommes décident et les femmes peuvent devenir des objets, le système judiciaire est négligeant et tout est question d'honneur.
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linagalatee
  30 septembre 2017
En Afghanistan, les prisons pour femmes sont remplies de femmes, vieilles, jeunes, très jeunes. Elles y sont pour de très longues peines ou attendent leur exécution. Elles sont coupables de crimes, de tous les crimes, d'adultère avéré ou non, d'avoir été violées, d'aimer un garçon différent de celui que leur famille voudrait la voir épouser, et de meurtre.
Zeba est mère de quatre enfants, dont le dernier est encore un bébé, et l'ainé à peine un adolescent. Elle est accusée d'avoir tué son mari, Kamal, d'un coup de hache dans la tête, sans preuve, sans témoin. Elle a simplement été retrouvée près de son corps. A moitié étranglée sur place par le cousin de Kamal, elle n'a dû sa survie qu'à l'arrivée de la police sur les lieux. Mais à quoi bon intervenir maintenant, de toute façon c'est bien la mort qui l'attend.
Yusuf a fuit l'Afghanistan avec ses parents quand il était enfant. Ils ont eu l'immense chance de parvenir jusqu'aux Etats-Unis où il a pu faire ses études de droit, et où il est devenu avocat. Il décide de revenir quelques temps en Afghanistan, après une blessure sentimentale, désireux de faire profiter à son pays, des études qu'il a pu faire.
Il va se voir en charge du dossier de Zeba. Mais Zeba ne dit rien, elle a signé d'une empreinte digitale des aveux rédigés par les policiers. C'est sur ces bases que Yusuf va faire ses armes judiciaires sur le sol Afghan, ce sol qu'il a quitté depuis si longtemps et où rien n'a vraiment changé. La parole d'une femme compte pour une demi-parole d'homme, mais la parole de deux femmes ne vaudra jamais la valeur d'une parole d'homme. La route s'annonce longue, compliquée, semée d'embuches et la cause perdue d'avance.
Ce roman est très touchant, je suis passée par quantité de sentiments : la colère, l'impuissance, la tristesse, le chagrin, l'espoir, la surprise, la compassion, et tant d'autres.
Zeba, femme humiliée par son mari alcoolique et brutal, et mère dévouée à ses enfants, doit ressembler à toutes ces femmes afghanes, issues de petits villages poussiéreux et mariées de force, presque enfants, à des Kamal en puissance. Leur vie paraît presque meilleure en prison, quand elles n'attendent pas la mort. Elle est très attachante, Zeba, malgré son silence. Elle parle peu, même avec les autres détenues. Elle attend la mort.
Yusuf va tenter de la pousser dans ses retranchements pour la forcer à parler, mais elle reste muette. Même sa mère, une « sorcière » diront certains, va tenter de lui arracher quelques mots, alors qu'elles sont fâchées depuis plusieurs années. Et petit à petit Zeba parle, aux autres détenues tout d'abord, puis à sa mère et enfin à Yusuf, mais garde secrète la vérité sur la mort de Kamal.
Une femme forte, debout, fière, voilà qui est Zeba.
« Pourvu que la nuit s'achève » est le troisième roman de Nadia Hashimi. On ne peut s'empêcher de la comparer à Kaled Hosseini, car ils traitent tous les deux des destins de femmes afghanes. Les deux écritures sont cependant totalement différentes, et là où Hosseini est tout en poésie et douceur des mots, Hashimi, elle, est toute vérité, sans fard, sans masque, une écriture brute et sans compromis. Mais chacun à leur façon doit continuer d'écrire sur le destin de ces femmes, pour tenter de faire changer les choses, tenter de faire évoluer leur sort, ces femmes qui ne sont que des ombres aux yeux des hommes afghans, mais des déesses de courage et d'abnégation, aux nôtres.
Un roman magnifique, mais tellement injuste.
Lien : http://evenusia.canalblog.co..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres   17 septembre 2018
Je crois que la plupart des femmes imaginent la mort de leur époux, soit parce qu’elles la redoutent ou l’attendent. C’est inévitable. On se demande quand et comment cela arrivera.
J’avais imaginé mille morts différentes pour mon mari : en vieil homme entouré de ses enfants, ou bien abattu d’une balle par des insurgés, s’écroulant les deux mains sur le cœur, ou encore frappé par la foudre en se rendant là où il n’aurait pas dû. Cette dernière version était ma préférée"
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SaiwhisperSaiwhisper   10 septembre 2018
Khanum, je ne suis peut-être qu'un homme à vos yeux, mais je connais quelques vérités, et en voici une que je vais partager avec vous : les enfants pardonnent toujours à leur mère. C'est ainsi que Dieu les a faits. Il leur donne deux bras, deux jambes, et un cœur qui criera "maman" jusqu'à son dernier battement. Si des cornes venaient à pousser sur la tête de votre fille, ses enfants croiront que c'est une couronne.
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SaiwhisperSaiwhisper   10 septembre 2018
La folie était une rivière. Elle emportait certains êtres dans son courant, les noyait, alors même qu'ils s'agrippaient à un rocher. Dès que Zeba songeait trop longuement à ma fin qu'avait connue Kamal et aux actes de ce dernier, à ses enfants et à ce qu'il était advenu d'eux, elle sentait le flot impitoyable s'infiltrer entre ses orteils, clapoter contre ses mollets, froid et menaçant.
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SaiwhisperSaiwhisper   10 septembre 2018
Parle aux voisins. Quelqu'un doit bien savoir quelque chose. On ne cache pas le soleil avec deux doigts.
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SaiwhisperSaiwhisper   10 septembre 2018
- Une femme a postulé à la Cour suprême la semaine dernière. Cela prouve qu'un changement est possible.
- Vous ne connaissez pas la suite de l'histoire ? répliqua sèchement Latifa. Sa candidature a été rejetée parce qu'elle a le toupet de saigner tous les mois.
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Videos de Nadia Hashimi (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nadia Hashimi
Après J.A. Redmerski et Jojo Moyes, la talentueuse Nadia Hashimi remporte la troisième édition du Prix des Lectrices.
L'auteure n'a pas être des nôtres lors de la cérémonie de remise du prix qui s'est tenue le jeudi 16 juin 2016. Néanmoins, elle a tenu à s'adresser à son public francophone par l'intermédiaire de cette vidéo que nous sommes heureux de vous relayer.
- Site web : http://bit.ly/1XtjM6f
- Résumé : Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses s?urs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu?à ce qu?elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d?une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.
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