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ISBN : 2811227962
Éditeur : Milady (07/07/2017)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Poursuivant sa mission de porte-parole des femmes afghanes, Nadia Hashimi aborde dans ce troisième roman l'une des injustices les plus criantes dont elles sont victimes en Afghanistan : les incarcérations abusives. Ce n'est un secret pour personne, il y a beaucoup trop d'innocentes derrière les barreaux en Afghanistan. Lorsque les femmes dérangent ou que leur attitude semble remettre en cause l'ordre établi, on les emprisonne sans autre forme de procès, et parfois m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
linagalatee
  30 septembre 2017
En Afghanistan, les prisons pour femmes sont remplies de femmes, vieilles, jeunes, très jeunes. Elles y sont pour de très longues peines ou attendent leur exécution. Elles sont coupables de crimes, de tous les crimes, d'adultère avéré ou non, d'avoir été violées, d'aimer un garçon différent de celui que leur famille voudrait la voir épouser, et de meurtre.
Zeba est mère de quatre enfants, dont le dernier est encore un bébé, et l'ainé à peine un adolescent. Elle est accusée d'avoir tué son mari, Kamal, d'un coup de hache dans la tête, sans preuve, sans témoin. Elle a simplement été retrouvée près de son corps. A moitié étranglée sur place par le cousin de Kamal, elle n'a dû sa survie qu'à l'arrivée de la police sur les lieux. Mais à quoi bon intervenir maintenant, de toute façon c'est bien la mort qui l'attend.
Yusuf a fuit l'Afghanistan avec ses parents quand il était enfant. Ils ont eu l'immense chance de parvenir jusqu'aux Etats-Unis où il a pu faire ses études de droit, et où il est devenu avocat. Il décide de revenir quelques temps en Afghanistan, après une blessure sentimentale, désireux de faire profiter à son pays, des études qu'il a pu faire.
Il va se voir en charge du dossier de Zeba. Mais Zeba ne dit rien, elle a signé d'une empreinte digitale des aveux rédigés par les policiers. C'est sur ces bases que Yusuf va faire ses armes judiciaires sur le sol Afghan, ce sol qu'il a quitté depuis si longtemps et où rien n'a vraiment changé. La parole d'une femme compte pour une demi-parole d'homme, mais la parole de deux femmes ne vaudra jamais la valeur d'une parole d'homme. La route s'annonce longue, compliquée, semée d'embuches et la cause perdue d'avance.
Ce roman est très touchant, je suis passée par quantité de sentiments : la colère, l'impuissance, la tristesse, le chagrin, l'espoir, la surprise, la compassion, et tant d'autres.
Zeba, femme humiliée par son mari alcoolique et brutal, et mère dévouée à ses enfants, doit ressembler à toutes ces femmes afghanes, issues de petits villages poussiéreux et mariées de force, presque enfants, à des Kamal en puissance. Leur vie paraît presque meilleure en prison, quand elles n'attendent pas la mort. Elle est très attachante, Zeba, malgré son silence. Elle parle peu, même avec les autres détenues. Elle attend la mort.
Yusuf va tenter de la pousser dans ses retranchements pour la forcer à parler, mais elle reste muette. Même sa mère, une « sorcière » diront certains, va tenter de lui arracher quelques mots, alors qu'elles sont fâchées depuis plusieurs années. Et petit à petit Zeba parle, aux autres détenues tout d'abord, puis à sa mère et enfin à Yusuf, mais garde secrète la vérité sur la mort de Kamal.
Une femme forte, debout, fière, voilà qui est Zeba.
« Pourvu que la nuit s'achève » est le troisième roman de Nadia Hashimi. On ne peut s'empêcher de la comparer à Kaled Hosseini, car ils traitent tous les deux des destins de femmes afghanes. Les deux écritures sont cependant totalement différentes, et là où Hosseini est tout en poésie et douceur des mots, Hashimi, elle, est toute vérité, sans fard, sans masque, une écriture brute et sans compromis. Mais chacun à leur façon doit continuer d'écrire sur le destin de ces femmes, pour tenter de faire changer les choses, tenter de faire évoluer leur sort, ces femmes qui ne sont que des ombres aux yeux des hommes afghans, mais des déesses de courage et d'abnégation, aux nôtres.
Un roman magnifique, mais tellement injuste.
Lien : http://evenusia.canalblog.co..
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Phebusa
  28 juillet 2017
J'ai fait un excellent voyage en Afghanistan avec Pourvu que la nuit s'achève ! La littérature afghane se développe particulièrement depuis la guerre déclenchée en 2001. On y retrouve fréquemment les thèmes de la guerre civile, la mort, l'histoire et la politique du pays. Ce que j'apprécie particulièrement dans les romans de Nadia Hashimi, c'est le fait que l'intrigue se développe à partir de l'histoire d'une ou de plusieurs femmes. Cela permet d'aborder également la condition sociale des femmes afghanes.
Le résumé du roman nous promet un voyage mais également du suspense puisqu'il est question d'une enquête centrée autour d'un meurtre. de fait, une femme afghane est retrouvée à côté du cadavre de son mari. Il paraît donc évident qu'elle l'a tué. Néanmoins, elle ne plaide pas coupable mais ne fait rien non plus pour se défendre. Pourquoi ? Même si un avocat venu des Etats-Unis va souhaiter prouver son innocence, cela promet d'être difficile, surtout en Afghanistan où la justice n'est pas la même qu'en Amérique.
J'ai été particulièrement touchée par l'histoire de Zeba qui est déjà jugée coupable avant même son procès, que ce soit par son village ou sa propre famille. Une femme afghane a-t-elle le droit à la justice, à la liberté ou même à des droits ? Dans Pourvu que la nuit s'achève, on ressent l'idée que la femme afghane pourrait être une menace pour l'homme si on lui donnait davantage de libertés. C'est donc aussi un roman féministe qui interroge les conditions de vie des femmes afghanes.
Dans la prison pour femmes où Zeba va se trouver dès le début du roman, le lecteur va découvrir les portraits de multiples femmes qui sont toutes là pour des crimes moraux alors qu'elles ont juste envie d'amour, de mariage et de liberté. Par exemple, certaines sont emprisonnées parce qu'elles sont tombées amoureuses ! On ne peut donc que s'interroger et s'indigner par rapport à ses moeurs et coutumes…
Par la suite, l'histoire de Zeba, son passé, les questionnements de son fils aîné ou encore le soutien de sa mère m'ont beaucoup touché, mais je ne voudrais pas trop vous en révéler. C'est un roman qui nous promet une immersion dans le quotidien de plusieurs personnages, tout en restant centré sur la prisonnière dont la sentence se rapproche de jour en jour…
En bref, je vous recommande vivement ce roman qui est une fenêtre sur la culture afghane. On y apprend beaucoup de choses sur les moeurs et coutumes du pays, mais aussi sur la justice en place. Par le biais de l'enquête et des différents personnages présentés, c'est aussi une littérature du voyage qui ne cesse de nous interroger.
Lien : http://phebusa.fr/pourvu-que..
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maina3500
  28 décembre 2017
Zeba comme beaucoup de femmes s'est mariée par obligation culturelle et son mariage est malheureux. Son mari a changé, il est devenu violent, imprévisible. Mais ces années de mauvais traitement elle les aurait supporté dans le secret et en silence si ce monstre n'était pas mort sous ses yeux, jetant sa famille et elle sous les projecteurs du système judiciaire afghan. Ses enfants envoyés chez leur tante paternelle, Zeba en prison accusée de meurtre et éventuellement de condamnation à mort. le juge pense faire un exemple pour la postérité avec le cas de Zeba qui apparaît à tous repliée sur elle-même et confesse le meurtre de son mari et rien d'autre.
En prison elle rencontre dautres femmes emprisonnées pour des "crimes" de provocation contre la gente masculine. Être femme c'est déjà un pas en prison.
Fille d'une "sorcière" Zeba renoue avec ses racines maternelles en attendant son procès.
Une histoire judiciaire dont le gros de l'intrigue se déroule en prison avec quelques escapades dans le bureau du juge. Les actrices sont ces femmes dont les vies sont volées soumises au jugement d'une société qui les condamne par préjugés ancrés si solidement dans les esprits que l'évolution est synonyme de menace, et ce, au prix de la vérité, quitte à garder le silence et subir les pires injustices.
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Christou40
  20 août 2017
Un parcours de femme exceptionnel. Un portrait de femme parmi des hommes. Elle s'efface face à eux pour respecter les traditions de son pays et pour protéger ses enfants mais jusqu'où ? Nadia Hashimi revient avec son troisième roman et une histoire de femme confrontée coutumes et usages en Afghanistan. Plus de 500 pages consacrées au parcours d'une femme admirable, Zeba. Une femme, accusée du meurtre de son mari. Elle est défendue par un jeune avocat, Yusuf, formé aux Etats-Unis mais revenu dans son pays natal pour aider la population. On perçoit leurs différences culturelles mais aussi la ténacité que met ce jeune avocat pour convaincre Zeba de lui faire confiance. On sent aussi ce jeune homme mal à l'aise avec ce pays qu'il aime parce qu'il y est né et qu'il y reste attaché mais aussi son envie d'apporter un peu de son vécu et son savoir à ce même pays.
La justice a déjà condamné Zeba et elle semble avoir renoncé et avoir accepté son sort. Pourtant, une étincelle de vie l'anime quand elle songe à ses enfants restés seuls, confiés à la famille de son mari décédé. Au fil des pages, le voile se lève sur une histoire sordide, sur des non-dits pour ne pas remettre en cause les traditions, les usages... l'honneur d'un homme tué. Mais finalement, qui doit-on sauver ? L'honneur d'un mari devenu violent, alcoolique, aux penchants douteux et peu respectueux de sa religion ? Ou une femme qui fait tout pour ne pas se faire remarquer, pour redevenir une mère et revenir auprès des siens ? Et surtout qui ne dit rien, n'accuse personne, ne clame pas son innocence, se résigne à son sort de femme fin de compte. Pour ne pas bafouer l'honneur d'une famille, de sa famille.
Mais jusqu'où peut-on aller par abnégation pour sauver quelqu'un d'autre ? Zeba est une femme d'honneur, une femme de conviction, dotée d'une force immense. Ce livre est tout simplement magnifique. L'écriture de Nadia Hashimi est fine, sensible, toute en pudeur aussi. Mais elle décrit fort bien ce que doivent vivre ces femmes.
Et à la lecture de ce roman, en tant que femme, je me dis "quelle chance ai-je d'être née en France où les femmes sont libres et où elles ne sont pas sous le joug des hommes" !
Lien : https://www.jadorelalecture...
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karined1
  20 novembre 2017
Ce livre nous offre une vision de l'Afghanistan dans toute son injustice et son machisme. La femme privée de tout droit, coupable de tout... l'omerta des hommes et des clans..
On y découvre les villages plein de non dits où les hommes règnent.
On y découvre une "justice à 2 niveaux", celui des hommes et celui des femmes, où les verdicts sont toujours "coupable" pour ces dernières...
On y découvre une prison pour femmes, pour des femmes coupables de meurtre, mais aussi des jeunes filles coupables de vouloir choisir leur époux plutôt que d'épouser le vieil homme à qui elles sont promises. Une prison finalement plus humaine que leurs maisons, leurs villages. Elles y sont bien nourries et y vivent en sécurité, certaines ne veulent d'ailleurs plus en sortir ..
Dur de se dire qu'au 21eme siècle, il existe encore ce genre de pays ..
Un beau livre, bien écrit que je vous conseille
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   14 août 2017
En réalité, les Afghanes de New York n’étaient pas si différentes des Américaines. Il s’était entretenu avec certaines d’entre elles lors d’événements communautaires ou à des réunions d’associations d’étudiants, et aucune ne voulait entendre parler de leur pays d’origine. Leur conception de l’identité culturelle semblait se résumer à enfiler une robe traditionnelle et porter un plateau de henné une fois l’an à l’occasion d’un mariage. Lier connaissance avec elles signifiait souvent s’engager dans des conversations téléphoniques secrètes, user de stratagèmes pour cacher leurs faits et gestes à leurs parents respectifs, avant de découvrir qu’en définitive ils n’avaient rien en commun.
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rkhettaouirkhettaoui   14 août 2017
Le personnel était exclusivement féminin, l’uniforme consistait en une veste kaki ceinturée sur une jupe informe à hauteur de genou ou un pantalon. Certaines le portaient avec fierté, grisées par l’autorité, le sentiment de contrôle et de supériorité qu’il leur conférait. D’autres se sentaient mal à l’aise dans ce costume, ce que Zeba comprenait aisément. La plupart des gardiennes se montraient respectueuses et polies, sachant sans doute qu’un seul doigt accusateur suffirait à les faire passer de l’autre côté des barreaux.
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rkhettaouirkhettaoui   14 août 2017
Je crois que la plupart des femmes imaginent la mort de leur époux, soit parce qu’elles la redoutent ou l’attendent. C’est inévitable. On se demande quand et comment cela arrivera.
J’avais imaginé mille morts différentes pour mon mari : en vieil homme entouré de ses enfants, ou bien abattu d’une balle par des insurgés, s’écroulant les deux mains sur le cœur, ou encore frappé par la foudre en se rendant là où il n’aurait pas dû. Cette dernière version était ma préférée. Allah, pardonne mon imagination débridée.
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rkhettaouirkhettaoui   14 août 2017
Si tu veux mon avis, les producteurs et les invités de cette radio devraient être en prison à la place de toutes ces femmes. Ils laissent les gens parler de romantisme et d’amour comme s’il y avait une place pour ça dans notre monde. Une pauvre fille va tomber amoureuse parce qu’elle a entendu un imbécile à la radio dire qu’il ne pouvait pas vivre sans elle. Et devine où elle va finir ? Sur le dernier lit de libre de Chil Mahtab.
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rkhettaouirkhettaoui   14 août 2017
« Dans un couple, ni le mari ni la femme n’est absolument irréprochable. Ils sont les seuls à connaître la vérité de leur histoire. »
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Videos de Nadia Hashimi (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nadia Hashimi
Après J.A. Redmerski et Jojo Moyes, la talentueuse Nadia Hashimi remporte la troisième édition du Prix des Lectrices.
L'auteure n'a pas être des nôtres lors de la cérémonie de remise du prix qui s'est tenue le jeudi 16 juin 2016. Néanmoins, elle a tenu à s'adresser à son public francophone par l'intermédiaire de cette vidéo que nous sommes heureux de vous relayer.
- Site web : http://bit.ly/1XtjM6f
- Résumé : Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses s?urs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu?à ce qu?elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d?une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.
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