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EAN : 9782811218263
512 pages
Éditeur : Milady (21/10/2016)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 197 notes)
Résumé :
Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari, considéré comme un ennemi du régime, a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort que son mari, elle doit fuir. Après avoir vendu le peu qu'elle possède, elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants, dans l'espoir de trouver refuge chez sa sœur, à Londres. Comme des milliers d'autres, elle traverse l'Iran, la Turquie, la Grèce, l'Italie et la Fr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  29 décembre 2019
Un autre roman de Nadia Hashimi, « Si la lune éclaire nos pas » où l'on voit encore Kaboul aux mains des talibans.
Ayant lu et chroniqué récemment « La perle et la coquille », je me doutais bien qu'avec Nadia Hashimi ce récit serait aussi bouleversant.
Ici, on suit une famille de migrants (à Kaboul) qui, dans l'incapacité morale de supporter l'oppression exercée par les Talibans vont tenter de fuir vers l'Europe, à la recherche d'une vie meilleure.
On voit Fereiba, une jeune femme dont le mari a été assassiné. Livrée à elle-même, elle doit fuir.
L'ouvrage débute ainsi : « Même s'il m'est délicieux de voir mes enfants dormir à poings fermés, dans le silence de leur sommeil mon esprit intranquille revit notre périple. Comment me suis-je retrouvée ici, avec deux de mes trois enfants pelotonnés sur le couvre-lit rêche d'une chambre d'hôtel ? Si loin de chez nous, si loin des voix qui me sont familières ?
Dans ma jeunesse, l'Europe était pour nous la terre de la mode et de la sophistication. Lotions parfumées pour le corps, vestes impeccablement coupées, universités prestigieuses. Kaboul admirait les impérialistes au teint clair habitant au-delà de l'Oural. Nous leur faisions les yeux doux et mêlions à leur raffinement notre exotisme tribal.
Lorsque Kaboul s'écroula, les rêves pleins d'étoiles de ma génération en firent autant. Nous ne prêtions plus attention aux fioritures de l'Europe. Nous regardions à peine plus loin que nos rues, tant les fumées de la guerre étaient denses. Quand mon mari et moi décidâmes de fuir notre pays, l'attrait de l'Europe se trouvait réduit à une unique qualité, la plus séduisante : la paix. » (prologue).
Et le mot « paix » est lâché.
Le parcours de Fereiba (une mère courage) avec ses enfants va être semé d'embûches. C'est que le fait de quitter l'Afghanistan représente rejoindre des groupes de migrants, ce qui est difficile et occasionne bien des désillusions : il faut travailler dur pour ne gagner presque rien – souffrir de la faim – se trouve également le problème d'obtenir des papiers – et tout le monde est dans la même galère. La soeur de Fareida (Nadija) avait réussi à rejoindre Londres.
Mais le fils, Salim, perd ses papiers et va devoir passer par l'Italie, la France pour enfin arriver en Angleterre : «J'y vais, Madar-jan. Si on se cache dans une chambre chaque fois qu'on a peur, on n'arrivera jamais en Angleterre. » 
Nadia Hashimi nous a donc encore livré une histoire bouleversante – terriblement d'actualité.
Finalement, on ne sort jamais indemne de ses ouvrages et elle le prouve, une fois de plus, avec « Si la lune éclaire nos pas. » Un terrible témoignage dont il faut tenir compte.
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QueLire
  06 novembre 2016
Après l'excellent La perle et la coquille dont je vous avais parlé l'année dernière, Nadia Hashimi revient avec un second roman tout aussi touchant. À travers l'histoire de Fereiba, elle retrace le quotidien des afghans et les dangers qui attendent les migrants sur le chemin vers l'Europe.
Si la lune éclaire nos pas, une triste saga actuelle
Comme dans la perle et la coquille, Nadia Hashimi retrace l'histoire familiale d'une femme afghane. Fereiba est orpheline de mère. Son père s'unit très vite à une autre femme qui prend la maison en main. Une fois les premiers enfants du couple nés, Fereiba sera reléguée au second plan. Tout le monde la dit maudite, car sa mère est morte en couche. Se sentant coupable, elle reste à sa place jusqu'à ce qu'elle ressente le besoin de s'instruire. Sa belle-mère fait le choix de la marier. Après un amour étouffé dans l'oeuf, Fereiba fait un mariage heureux. Malheureusement, les talibans mettent fin à son bonheur et pour sauver ses enfants, elle décide de quitter l'Afghanistan. Commence alors un dur périple vers l'Angleterre avec Salim, son fils ainé, sa fille et son dernier enfant, encore bébé. La route est longue et bien plus difficile qu'ils le croyaient.
Mon avis :
On ne peut nier que Nadia Hashimi a le sens du romanesque. Cette auteure raconte les histoires à merveille. Un mode de narration qui m'emporte littéralement dans l'univers des personnages dont on suit la vie. Si dans son premier roman, une partie du récit avait un côté historique, avec l'histoire de la grand-mère de l'héroïne, ici, il a le triste goût d'une trop dure réalité. Pourtant « Si la lune éclaire nos pas » commence par l'histoire personnelle de Fereiba pour vite nous emmener dans un récit qui pourrait être celui de millions de personnes aujourd'hui.
J'ai vraiment apprécié ce roman. Fereiba est un personnage fort et volontaire, mais freinée par tout ce qui lui a été inculqué alors qu'elle n'était qu'une enfant. Son fils, Salim est aussi un personnage passionnant. On assiste à son évolution. D'enfant, il devient adolescent imprudent, puis adulte déterminé. Leur route est marquée par la faim, la peur, l'errance et surtout le danger. Celui de se faire prendre, certes, mais aussi celui qui naît des mauvaises rencontres. On y découvre la façon dont ces hommes et femmes se font exploiter, payé quelques centimes pour des journées harassantes de dur labeur. Mais il y a du positif dans toute cette misère. L'aide et le réconfort apporté par des associations et des bénévoles qui conseillent et parfois dépannent les réfugiés. L'entraide quand par chance, on tombe sur des gens avec qui on peut faire un bout de chemin. On y parle de l'horreur des camps, de la peur de l'expulsion, des policiers qui, à bout de nerfs, passent à tabac de pauvres hommes qui n'ont plus de force.
J'ai adoré le lien parfois fragile, qui unit Fereiba à son fils. Elle qui veut protéger celui qui était encore il y a peu son petit garçon, et lui, qui veut prouver qu'il peut être l'homme de la famille. On assiste aussi à de belles histoires d'amitié qui rendent le récit plus supportable même si certains passages du roman montrent bien la détresse de cette mère qui se demande si elle a bien fait d'emmener ses enfants sur ce si difficile chemin.
Si la lune éclaire nos pas de Nadia Hashimi paru aux éditions Milady Littérature est un roman que je conseille vraiment tant pour le côté romanesque du style de Nadia Hashimi que pour le sujet du roman.
Ce roman rejoint ma catégorie coup de coeur pour :
— L'histoire de Fereiba avant le départ
— Les relations mère-fils très bien décrites
— le sujet des migrants qui me touche beaucoup
Lien : http://que-lire.over-blog.co..
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mjaubrycoin
  23 septembre 2016
A une époque où l'Europe peine à faire face à un afflux de réfugiés qui sont supposés mettre en péril son équilibre économique et qui confrontent les états membres à des choix sociétaux cruciaux, le livre de Nadia Hashimi apporte un éclairage précieux qui nous fait prendre conscience des drames intimes trop souvent occultés de ceux qui doivent fuir leur pays.
L'auteur trace le parcours d'une femme afghane, Fereiba, née dans les années 1970 qui a souffert du poids des traditions au sein d'une famille où il ne lui était accordé qu'une bien petite place. Traitée en domestique par la femme de son père, elle a dû lutter courageusement pour pouvoir fréquenter l'école et s'instruire .
Dans cette société régie par des codes ancestraux rigoureux, son parcours a été semé de bien des embûches mais l'amour a quand même fini par éclairer son chemin jusqu'à ce que la guerre et son cortège d'atrocités s'invite jusque chez elle et la contraigne à fuir les Talibans meurtriers pour aller se réfugier dans un lointain Eldorado britannique.
La seconde partie du roman présente le récit de cette fuite éperdue à travers le double regard de Fereiba, la mère courage, et Salim son fils aîné, enfant contraint de passer sans transition à l'âge d'homme et d'assumer les responsabilités qui l'accompagnent. Et pour cela, il devra lutter et triompher des multiples épreuves qui parsèmeront son chemin. Des camions de passeurs aux camps de réfugiés, des bateaux clandestins à la jungle de Calais, Salim n'aura d'autre choix que de redresser la tête ...Bien sûr, il y aura quelques lumières dans sa nuit, des amis compatissants, une aide ponctuelle, parfois même un simple sourire qui lui donnera envie d'aller plus loin.
J'ai rarement lu un récit aussi poignant tant l'auteur a su plonger son lecteur dans les affres quotidiennes de ces réfugiés qui ont tout perdu. L'émotion serre la gorge tant le propos est crédible et les situations dramatiquement courantes. Qui de nous n'a pas croisé un jour, dans la rue, une de ces femmes à la peau sombre, drapée dans un vêtement poussiéreux, traînant derrière elle un petit enfant apeuré et des sacs plastiques contenant toutes ses maigres possessions ?
Peut-être faut-il que de tels livres soient publiés pour que les occidentaux nantis que nous sommes ne détournent pas le regard de ces damnés de la terre qui se pressent à leurs portes et que cela leur donne envie de leur apporter un peu d'aide si possible, mais au moins de les considérer avec un regard plus compatissant.
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OSOLEMIO
  05 septembre 2019
" l'ange du verger a promis d'éclairer le chemin de Fareida, comme la lune guide ses pas " ( voir la première de couverture et le titre ! ).
Fareida menait une vie tranquille à Kaboul avec son mari ingénieur et ses 3 enfants...après une enfance douloureuse marquée par la perte de sa Madar-jan et la froideur de sa belle mère Kokogul qui la cantonnait dans des tâches ménagères et l'empêchait d'aller à l'école comme ses "demi " soeur et frère : elle deviendra cependant enseignante !
A cette époque, Kaboul était encore une ville ou les femmes pouvaient aller travailler, faire des études, se promener seules ...mais avec l'arrivée des Talibans tout bascule : ils sèment la terreur, la guerre et pratiquent un islam liberticide !
Fareida, après l'assassinat de son époux décide de quitter son pays natal pour rejoindre sa soeur Nadija partie à Londres avec sa famille...et, avec ses enfants, elle va passer par l'Iran, la Turquie, la Grèce mais Salim son fils, suite à des difficultés inhérentes à la perte de ses papiers va être obligé d'user de stratagèmes, de patience et surtout de courage pour les rejoindre via l'Italie, la France et enfin l'Angleterre !
Nadia Hashimi nous fait vivre la parcours chaotique de Salim : c'est à dire celui des migrants qui vont connaitre toutes les embûches, les pièges, les misères, les rencontres dangereuses et douteuses...la violence, la faim, l'angoisse et l'insécurité !
Nadia Hashimi s'est inspirée de la détresse de millions de femmes et d'hommes qui parcourent le monde en quête d'un lieu sur ( comme elle le précise dans ses remerciements ), c'est une" fiction" dit-elle, mais malheureusement c'est une réalité, une actualité brûlante qui touche ces pauvres réfugiés exploités par des passeurs souvent au péril de leur vie !
Un roman qui nous éclaire avec délicatesse et pudeur sur un sujet sociétal qui va empirer avec les phénomènes climatiques et surtout la lâcheté des pays d'accueil à trouver des solutions dignes et humaines !
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Missnefer13500
  06 novembre 2016
Je remercie NetGalley et les éditions Milady pour m'avoir permis de faire cette magnifique lecture.
Ce récit n'est pas un témoignage comme Nujeen,l'incroyable périple, mais une fiction émouvante et réaliste qui pourrait bien être celle d'un de ces migrants qui fuient leur pays en guerre. La famille Waziri victime des violences perpétrées par les Talibans est contrainte de fuir l' Afghanistan. Aucune alternative pour elle, si ce n'est ... mourir. Fereiba abandonnée a son sort suite à l'enlèvement et l'assassinat de son mari, ne possède aucun moyen pour subvenir à ses simples besoins comme se nourrir Plus de famille, tous ayant déjà quitté le pays. Elle n'a pas le droit de sortir de chez elle sans homme, ni travailler..
Nous suivons l' Odyssée chaotique et périlleuse de cette jeune veuve et de ses jeunes enfants dont l'ainé Salim sort tout juste de l'enfance et qui va devoir prendre en quelque sorte la place du père absent.
Nous nous plongeons rapidement dans le monde de Fereiba, dans un milieu culturel à mille lieux du notre avec ses coutumes ancestrales, (toujours en application et pourtant nous sommes en 1990) , déjà strictes bien avant le règne des talibans. Nous découvrons les rituels des mariages arrangés entre autres, le mode de vie de la femme Afghane bien avant que ne lui soit imposée la burqa et toute autre mesure restrictive, comme l'interdiction de travailler.
Au fil de ce récit poignant durant lequel nos protagonistes luttent pour survivre, s'interrogeant parfois sur le bien fondé de leur tentative, nous nous attachons à ces personnages qui nous émeuvent par leur force de caractère et qui survivent victimes d'humiliations constantes dans des lieux de vie indignes. Rejetés refoulés par toutes les communautés, quelques rares et belles rencontres humaines leur permettent de garder espoir en un avenir meilleur.
Nous découvrons notre propre monde à travers les yeux de Salim, un jeune adolescent, grandi trop vite à qui la folie des hommes a volé son enfance.
Je suis tombée et me suis relevée avec lui, tremblée et espéré, à chaque page de l'émotion, des rebondissements rendant cette aventure addictive.
Les personnages sont charismatiques, attachants, plus vrais que nature avec leur force et leurs faiblesses. C'est une histoire d'amour qui s'est construite entre un homme et une femme malgré un mariage convenu.
Le plume de Nadia Haschimi est fluide, poétique terriblement additive. Dans le contexte brulant actuel il est bon de se rappeler pourquoi certains fuient leur pays. Bien sûr cela ne résout pas les problèmes actuels, mais peut-être permettre à l'homme de trouver un peu de compassion au fond de son âme.
Un énorme coup de cour pour ce roman, tant pour l'histoire que pour la plume de Nadia Hachimi.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
DeslivresetlesmotsDeslivresetlesmots   05 octobre 2016
Notre culture est imprégnée de superstitions, mais Kokogul les suivait avec un zèle particulier. Nous ne pouvions pas dormir avec nos chaussettes, sous peine de devenir aveugles. Si quelqu’un faisait tomber un objet en argent, je devais nettoyer la maison de fond en comble au cas où nous aurions des invités. Si elle toussait en mangeant ou en buvant, elle maudissait ceux qui, forcément, disaient du mal d’elle quelque part. C’était, je crois, ce qu’elle préférait : cette conviction que d’autres jalousaient sa vie relativement privilégiée.
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DeslivresetlesmotsDeslivresetlesmots   05 octobre 2016
Fereiba, sais-tu quel est le plus joli mot signifiant « époux » dans notre langue ? Quel est-il ? « Hamsar ». Penses-y. « Qui partagent le même esprit ». C’est tout à fait nous, tu ne crois pas ?
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-Olivier--Olivier-   01 octobre 2016
Il n'y a pas de véritable asile. Il faut trouver du travail pour obtenir ce droit. Et comment font les gens pour trouver du travail ? dit-elle en faisant un signe en direction du parc. D'abord, il faut un permis de travail. Et pour obtenir un permis de travail, il faut faire une demande d'asile. Tu vois le problème ?
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-Olivier--Olivier-   01 octobre 2016
C'était un véritable réfugié désormais, mais un réfugié qui avait vu l'océan. Il avait entendu le bruit des vagues et humé l'air salé de la mer. Chaque étape de son voyage l'avait changé, avait modifié sa propre vision du monde de façon irréversible. Il avait traversé les eaux une fois et les traverserait encore - sans sa famille, mais riche de minuscules mutations de son être qui lui donnaient la force d'accomplir tout seul cette épreuve.
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oktaokta   12 octobre 2016
Je voulais que mes enfants aient une vie d'enfants. Je voulais qu'ils rient, qu'ils jouent... qu'ils apprennent. Je voulais qu'ils fassent les choses que j'aurais dû faire quand j'étais petite. Jusqu'où devons-nous fuir ?
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