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ISBN : 2081310384
Éditeur : Flammarion (05/02/2014)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 35 notes)
Résumé :
David G. Haskell a choisi de prendre un biais original pour faire avancer la connaissance de la biologie évolutive. Il a pendant une année, jour après jour, étudié l'évolution d'une forêt des Appalaches en focalisant son attention sur un unique mètre carré de verdure. Et c'est à partir de ce microcosme qu'il va percer des mystères qui dépassent de beaucoup ce qu'on peut attendre d'une observation d'un espace aussi circonscrit.
Au fil de quarante-cinq petits e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
ivredelivres
  06 mars 2014
Deux moines tibétains dessinent un mandala avec du sable coloré. Ils vont lentement observent avant d'agir, d'abord un dessin d'ensemble puis les détails.
Maintenant imaginez que vous êtes biologiste, comme ces moines vous vous fixez un coin de nature, une zone bien délimitée mais qui est capable par sa richesse de représenter le monde vivant, plantes et bêtes.
« J'a choisi l'emplacement en marchant au hasard jusqu'à trouver un rocher où m'asseoir. L'espace devant moi est devenu mon mandala. »
L'observation de cette parcelle forestière de 1 mètre carré est votre nouvel espace de travail, nous sommes dans les forêts des Appalaches.
Notre biologiste choisit une petite fenêtre pour contempler le monde. Il se fixe quelques règles :
« y venir aussi souvent que possible, observer le déroulement d'un cycle annuel, garder le silence, déranger le moins possible, ne pas tuer d'animaux ni en évincer, ne pas y creuser ni y pénétrer, ne m'autoriser qu'un simple effleurement des doigts. »
Nous lecteurs, allons le suivre dans ce voyage fantastique vers l'infiniment petit, l'infiniment simple et l'infiniment complexe de cette forêt primitive. Une grande richesse écologique et une grande diversité biologique nous attendent.
Dans ce carré de forêt presque chaque jour notre biologiste va aller s'asseoir et tenir un journal, c'est là l'objet de ce livre.

Prenons donc la route en direction de Sewanee dans le Tennessee.
Au fil des pages David Haskell nous fait découvrir la vie qui grouille sous les feuilles, la physiologie des lichens comme la façon de se nourrir des cerfs, la coopération qui existe parfois entre les occupants du mandala. Nous subissons la neige, des trombes d'eau, « les assauts du vent », la chaleur estivale et même un tremblement de terre.
Quand il pleut le mandala se transforme en « Serengeti à mollusques », les fleurs sortent à profusion aux premiers jours d'avril et elles se déploient « Ce matin la tige a la forme d'un élégant point d'interrogation, toujours recouvert de duvet, la fleur bien close suspendue à l'extrémité de sa courbe ».
La civilisation se rappelle parfois brutalement à lui, comme avec cette balle de golf venant perturber le fragile équilibre de son mandala biologique.
Il lève parfois la tête pour apercevoir « le vol de l'épervier brun ». Il nous dévoile le combat pour la vie qui se déroule sous ses yeux scrutateurs, il nous révèle les miracles d'une nature foisonnante, papillons et champignons, arbres et fleurs, tout est bon pour nous transmettre un message « Toutes nos actions font des vagues et les effets de nos désirs se répercutent à travers le monde ».
Ce journal est passionnant de bout en bout, savant, érudit, il sait nous apprendre la vie mais sait faire sa leçon avec l'âme d'un poète.
Dans les interviews il dit que c'est sa femme qui lui a fait regarder la nature avec empathie, elle qui est artiste, biologiste, éleveuse de chèvres et fabricante de savon ! Qu'elle en soit remerciée.
Je suis sûre que David Haskell est un lointain cousin d' Henry d'Thoreau, d'Annie Dillard ou encore d'Aldo Léopold dans son lointain Comté des sables.
Si l'on veut faire un peu de chauvinisme on peut aussi le rapprocher de Jean-Henri Favre et ses Souvenirs entomologiques.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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kalimera
  14 mars 2015
David G.Haskell est carrément bluffant !
Biologiste américain, il a choisit un mètre carré de forêt, perdu au fin fond des Appalaches et pendant une année entière il a observé son petit carré de vie animale et végétale.
Il a sorti de ses observations (sans aucune intervention de sa part sur ce qu'il appelle le "mandala") un bouquin absolument fantastique.
Chaque jour d'observation correspond à un chapitre et à un thème précis: le 1er janvier, il nous parle des bactéries, le 28 février des salamandres, par exemple.
Avec un humour pince sans rire, une érudition encyclopédique, un style fluide agréable à lire, des explications à la portée de n'importe quel lecteur un tant soit peu curieux de ce qui se passe autour de lui, je ne peux que conseiller
ce livre.
Pour les autres ceux qui ne sont pas encore complètement emballés par ma super-critique:
Ce bouquin nous raconte l'histoire des lichens qui grâce à un mariage, celui d'une algue et d'un champignon couvrent 10% de notre planète, des arbres qui ont inventé les canalisations d'eau marchant à l'énergie solaire, de microbes qui ne vivent pas d'oxygène (comment ça ?), réfugiés dans le rumen des cerfs, ils vivent vraiment sur une autre planète et ont 50 milliards d'années, de la vision des mésanges aux couleurs sursaturées et qui vivent donc dans une hyper réalité que nous ne pourrons jamais connaitre, du combat des plantes contre les rigueurs de l'hiver, qui fabriquent leur propre sucre pour résister à la famine, des mousses qui filtrent la pollution sans qu'on leur demande rien, d'une race de rongeur surexcité qui empoisonne ses proies et les garde vivantes dans un horrible garde manger sous terre et des abeilles des fleurs du vent de la pluie des insectes etc, etc..
Ma culture générale vient de faire un bon phénoménale en seulement 332 pages absolument captivantes !
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Apikrus
  10 octobre 2014
Inspiré par le spectacle de moines tibétains ayant dessiné un mandala dans un cercle d'un mètre de diamètre, l'auteur entreprend d'observer et de décrire une année de la vie d'un terrain de même superficie en forêt.
Du 1er janvier au 31 décembre, l'auteur se rend donc régulièrement près du lieu choisi, dans les Appalaches. Biologiste, il décrit ce qu'il voit, entend et perçoit. Il résume aussi ce que les scientifiques savent des êtres vivants qu'il croise. Il insiste particulièrement sur les interactions entre les occupants de la forêt. Il amène aussi le lecteur à réfléchir sur la place des êtres humains dans l'écosystème ainsi que sur leurs relations avec leur environnement naturel.
Les descriptions de l'auteur dans cet ouvrage m'ont parfois rappelé celles de Jean-Henri Fabre dans ses passionnants 'Souvenirs entomologiques'. Mais la comparaison entre ces auteurs s'arrête là. En effet, leurs écrits sont distants d'environ un siècle et Haskell résume les connaissances scientifiques du moment tandis que Fabre expérimentait (sans moyens mais avec génie).
Alors que le prélude de l'ouvrage pouvait laisser craindre des divagations philosophiques d'un scientifique en manque de spiritualité, j'ai finalement trouvé un juste équilibre entre des apports scientifiques et des questions diverses liées aux rapports entre l'homme et son environnement. Ces sujets "d'actualité" sont traités ici de manière originale et très didactique.
Une excellente découverte pour moi.
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keisha
  26 décembre 2014
Grâce à Dominique j'ai pu m'embarquer dans un voyage immobile fascinant. Biologiste, l'auteur a choisi d'observer durant une année entière un petit coin de forêt, assis sur son rocher (ou couché avec sa loupe). Ses règles : rester silencieux, "déranger le moins possible, ne pas tuer d'animaux ni en évincer, ne pas y creuser ni y pénétrer." Dilemme lorsqu'il y trouve un jour deux balles ayant volé du golf voisin : on les laisse ou on les retire? (p216)
Le petit coin est bien choisi et grouille de vie, et surtout notre homme au fil du temps affine son sens de l'observation. Ne pensons pas uniquement aux chenilles, grenouilles, écureuils ou rapaces, arbres et fougères bien en évidence, mais pensons jusqu'au minuscule, au cellulaire même!
Je me suis régalée dans cette lecture (dense).
Si l'on m'avait dit que même le rumen d'un cerf me passionnerait... (p 46) Les oiseaux résidents souffrant du manque de nourriture l'hiver voient leur nombre limité l'été, ce qui permet aux migrateurs de trouver à se nourrir, justement.(p 37). Les feuilles par temps froid se bourrent entre autres de vitamines C, les Indiens mâchouillaient d'ailleurs des plantes à feuilles vertes l'hiver.(p42). Et les mousses, hein? Saviez-vous que "la ville de New York a décidé de protéger les monts Catskill au lieu de financer la construction d'une station d'épuration."? (p 63) Au passage, j'apprends pourquoi le ciel est bleu (une histoire de photons et de molécules...)(p 120) et que les urubus nous débarrassent de la bactérie de l'anthrax et du virus du choléra (p 242)
Ajoutons que David Haskell sait partager ces multiples connaissances dans tous les domaines (jolie bibliographie à la fin), sans forcément "baisser le niveau", mais en les rendant accessibles de façon souvent imagée. Il n'est pas sorti indemne de ses observations, ayant pratiqué sans le savoir ce que les Japonais nomment shinrin-yoku, 'se baigner dans l'air de la forêt'. (p 255)
Un exemple de passage attractif (enfin, à mon goût) (p 150)
"Les insectes élevés dans des caisses doublées de vieux numéros du New York Times n'arrivent pas à maturité. le choix de leurs lectures n'est pas en cause, bien que les insectes élevés sur le Times de Londres parviennent, eux, à maturité. le New York Times est imprimé sur du papier à base de pulpe de bois de sapin baumier. Cet arbre sécrète une substance chimique imitant les hormones des insectes herbivores qui l'attaquent et il se protège ainsi en retardant le développement de ses ennemis et en les châtrant. le papier du Times de Londres, lui, vient d'un arbre qui ne dispose pas de ces défenses hormonales, et peut donc servir sans danger de litière pour les insectes du laboratoire."
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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julienleclerc45
  23 mai 2016
Le biologiste David George Haskel, à la manière des moines tibétains, a délimité un espace d'observation. Pendant un an, il est devenu spectateur d'un mètre carré au coeur d'une forêt des Appalaches, aux États Unis. Il n'utilise que ses cinq sens pour enregistrer le maximum des activités naturelles de ce massala, tout ce qu'il a pu remarquer depuis son petit rocher. A cela s'ajoute toutes les connaissances et savoirs emmagasinés sur les animaux, les insectes, les arbres, … Ce qui surprend en premier lieu est la notion de temps. Il y a bien sûr l'année entière consacrée à cette étude mais les chapitres assez courts sont le fruit de très longues heures à regarder des chenilles, fourmis ou autres insectes.
A une époque de plus en plus sensibilisée à l'environnement, la démarche pourrait se suffire à elle même. Mais ce qui fait que cette observation devient un récit passionnant est la capacité de ce biologiste à mettre en valeur le fond par la forme. David G. Haskel montre ici une pédagogie incroyable tant dans la diversité de ses sujets que leur traitement. Il passe ainsi en revue la sexualité des escargots, la migration des arbres éphémères grâce aux fourmis ou excréments de cerfs, la danse des abeilles, le rythme de certaines fleurs, la vie souterraine, le combat des chenilles, les caractéristiques du lichen, etc… la multitude d'exemples nous fait mieux comprendre le terme de biodiversité. Page après page, la surprise succède à l'émerveillement. le lecteur apprend et s'amuse. Quand le biologiste trouve deux balles de golf au milieu de cette nature préservée, outre l'agacement de cette trace humaine, c'est la question de réappropriation qui se met en place. Les champignons pourraient se débarrasser de ce plastique.
Avec beaucoup d'esprit, l'auteur arrive à rapprocher certains faits ou comportements de nos réalités. Les parallèles font sourire et il n'hésite pas à s'adresser aux sentiments du lecteur. Certains passages sont dans le registre de l'émotion. Son observation de la nature part de ses sens et son écriture parle à tous nos sens. Il ne s'agit pas non plus d'une moralisation ou même de s'ériger en exemple. L'ambition est d'encourager et de participer à la découverte de chacun. le lecteur ressort en connaissant plus et peut-être en comprenant mieux une partie de son environnement.
Lien : https://tourneurdepages.word..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Maya26Maya26   14 décembre 2014
Cependant, l'indépendance de la vie du mandala me procure par ailleurs une joie ineffable mais intense. J'ai compris cette indépendance en entrant dans la forêt il y a quelques semaines. Un pic chevelu s'est posé sur un tronc d'arbre et a poussé son cri. L'altérité de cet oiseau m'a frappé. Voilà un animal dont les pareils ont lancé leur appel caractéristique des millions d'années avant l'apparition de l'homme. Son univers quotidien est rempli d'écailles d'écorce, de coléoptères cachés et des sons émis par ses congénères, un autre monde, parallèle au mien. Des millions de mondes pareillement parallèles existent dans le mandala.
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Fire80Fire80   05 mars 2018
Le chant de la grive sort de la syrinx enfouie dans les profondeurs de sa poitrine. A l'intérieur, des membranes vibrent et augmentent la pression de l'air qui s'échappe des poumons. Ces membranes entourent la confluence des bronches, transformant une exhalation sans timbre en une douce musique qui monte dans la trachée et jaillit du bec. Seuls les oiseaux produisent un son de cette manière, se servant d'un hybride biologique entre la colonne d'air tournoyante de la flûte et les membranes vibrantes du hautbois. Les oiseaux modifient la texture et le ton de leurs chants en variant la tension des muscles qui enveloppent la syrinx ; le chant de la grive est sculpté par dix de ces muscles au moins, plus courts que des grains de riz.
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eterlutisseeterlutisse   16 février 2014
Un des résultats de mon observation du mandala a été de comprendre que c'est en leur accordant notre attention que nous faisons apparaître des endroits merveilleux, et non en trouvant des endroits "vierges" qui nous émerveillent.
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gauthiermylenegauthiermylene   03 novembre 2016
" Les photons qui ont allumé les feux de l'aube ont parcouru cent cinquante millions de kilomètres depuis la surface du soleil. Mais la lumière peut elle aussi être ralentie et filtrée. Ce ralentissement est particulièrement spectatculaire dans les entrailles du soleil, où les photons naissent de l'union ardente d'atomes sous pression. Le coeur du soleil est si dense qu'il faut dix millions d'années à un photon pour se frayer un chemin jusqu'à la surface. En cours de route, il est continuellement arrêté par des protons, qui absorbent son énergie, le retiennent un moment, puis libèrent l'énergie sous la forme d'un autre photon, Lorsque le photon s'échappe enfin, après avoir été englué si longtemps dans la mélasse solaire, il file comme une flèche jusqu'à la terre en huit minutes."
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ivredelivresivredelivres   06 mars 2014
y venir aussi souvent que possible, observer le déroulement d’un cycle annuel, garder le silence, déranger le moins possible, ne pas tuer d’animaux ni en évincer, ne pas y creuser ni y pénétrer, ne m’autoriser qu’un simple effleurement des doigts.
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