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Laurence Viallet (Traducteur)
EAN : 9782070128273
368 pages
Éditeur : Gallimard (11/02/2010)

Note moyenne : 3/5 (sur 32 notes)
Résumé :
2002, Doug Fanning, la trentaine rugissante, travaille comme trader pour une grande banque d'affaires de Boston. Responsable des opérations boursières à l'étranger, tout réussit à notre requin aux dents affûtées : succès, pouvoir, argent... Le ciel semble sa seule limite. Le jeune loup vient même de se faire construire une superbe villa dans la petite ville de Finden, cette banlieue riche où tout le gratin de la finance - dont son patron - se retrouve après le trava... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Ikebukuro
  20 février 2012
Un roman à tiroirs et à clés, foisonnant et dense où les histoires de chacun se recoupent au fur et à mesure où se déroule le récit. Difficile de parler de l'histoire car au départ elle semble partir un peu dans tous les sens, on suit différents protagonistes même si le pivot central reste Doug Fanning.
Ce roman est en réalité une critique de la société américaine qui met en avant les dérives du système bancaire et spéculatif à outrance de ces dernières années. C'est d'ailleurs peut-être la partie du récit qui m'a la moins intéressée car un peu trop complexe à mon goût. N'étant pas une spécialiste des méandres financiers, cet aspect du roman est resté un peu confus et hermétique mais j'avoue que je n'ai pas non plus cherché à comprendre et j'ai un peu survolé les pages s'y rapportant. Je comprends les lecteurs qui pourraient trouver cette partie franchement rébarbative. Mais malgré la partie sur la finance et les systèmes boursiers, j'ai beaucoup aimé ce livre, particulièrement les relations qui se créent entre les différents personnages. On devine rapidement que l'on va avoir une lutte du pot de terre contre le pot de fer entre Charlotte et Doug mais franchement je n'ai pas boudé mon plaisir, avec une préférence pour les personnages de Charlotte, cette "vieille fille" (même si je n'aime pas ce terme), excentrique et entêtée, sûre de son bon droit et qui n'entend pas s'en laisser conter par ce jeune loup aux dents longues qui s'installe à côté de chez elle et Nate cet adolescent un peu paumé qui passe son temps entre des copains aussi désoeuvrés que lui mais qui va à sa manière s'introduire chez Charlotte et ensuite chez Doug.
Le titre résume très bien le propos du livre car entre toutes ces histoires qui se croisent on finit par ne plus trop savoir de quelle intrusion parle le livre et finalement on s'aperçoit que "Les intrusions" aurait été un titre plus proche de la vérité, tous les personnages se retrouvent à un moment donné l'intrus de quelqu'un. Car l'intrusion c'est aussi cette villa outrancière qui se pose comme une verrue dans le paysage de Charlotte, c'est aussi Nate qui "visite" illégalement la villa de Doug et c'est Charlotte qui entre dans la vie de Doug à travers le procès qu'elle intente à la ville. Mais finalement la principale "Intrusion" n'est-elle pas celle de la peur de l'autre distillée insidieusement au coeur de l'Amérique après le 11 septembre ?
Un avis vraiment positif pour ce roman car j'ai aimé le propos du livre, les relations qui se créent entre les protagonistes mais surtout j'ai apprécié le style particulièrement brillant et incisif de l'écriture qui sert le propos décrit par l'auteur, une certaine vision de l'Amérique et de nos sociétés capitalistes qui prend tout son sens avec la crise économique que l'on subit. Une écriture pertinente au service des personnages et de leurs relations et un vrai talent pour décrire les relations humaines.
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chocobogirl
  05 avril 2011
Doug Fanning est un homme à qui tout réussi. Fuyant une mère alcoolique, il s'est engagé dans la marine sans plus lui donner de nouvelles. En pleine guerre du Golfe, il doit faire face à un évènement dramatique dans lequel il est impliqué : la mort de dizaines de civils.
A son retour, il rentre chez Union Atlantic, une des plus grandes banques américaines dans laquelle il réussit à faire sa place et à devenir le trader le plus important aux yeux de son directeur. L'argent coule à flot et s'il n'a pas de famille à qui consacrer son temps, il décide néanmoins de se faire construire une superbe villa à Finden, une banlieue chic et calme.
Sauf que cette intrusion, sur les anciennes terres de son père autrefois couvertes de bois, ne plait pas du tout à sa vieille voisine, Charlotte Graves qui persiste à vivre dans sa vieille maison à moitié abandonnée.
Une réfractaire à tout ce qui est le symbole du capitalisme ranpant et qui ne va pas hésiter à aller au procès...
Grande fresque contemporaine, "L'intrusion" se révèle un récit assez foisonnant qui coure sur plusieurs années, offrant ainsi un véritable portrait de la société américaine des années 2000.
Doug, le personnage principal, est un arriviste puant qui se révèlé égoiste et manipulateur. Il a construit sa fortune et son succès sur un coup de poker et n'hésite pas à jouer en marge de la légalité avec son copain Mc Teague. Mais les dividendes seront-elles toujours au rendez-vous... ?
Charlotte Graves est une ancienne professeur d'histoire mis prématurement à la retraite à cause de ses opinions tranchées et passéistes. Elle vit avec ses 2 chiens et, un peu folle, a de longues conversations avec eux. Son frère Henry, président de la Réserve Fédérale, et sauveur de crise pour les banques en difficultés cherche en vain à la placer en maison de retraite.
Il y a Nate aussi, un jeune adolescent qui prend des cours de rattrapage un peu foutraques chez Charlotte. Un garçon un peu perdu qui a découvert le suicide de son père et découvre sa propre homosexualité par le désir qu'il manifeste à l'égard de Doug.
Des personnages très différents qui forment le portrait d'une Amérique en crise, oscillant entre guerre et crises financières. Une vision pessimiste où l'argent et l'intérêt personnel prime sur le reste, où on peut tuer des civils et se voir décerner des médailles, où on peut trahir ses idéaux pour plus d'argent ou plus de plaisir, où l'égoisme dirige le monde.
On y verra une adolescence dérisoire démotivée et trouvant dans les drogues les dérivatifs faciles pour oublier le monde des adultes. On y verra des riches s'illusionner avec de grandes fêtes où étalage de biens rime avec ridicule et vacuité de leur vie. On y verra des classes pauvres qui s'oublient dans l'alcool avec des fils qui cherchent revanche sur la vie. On y verra des noirs qui devront leur succès à de prétendues attentions au nom de l'égalité des races.
Bien que très critique et offrant plusieurs pistes de lectures assez riches, "L'intrusion" se révèle néanmoins assez difficile à suivre parfois. Les longues explications des mécanismes financiers concernant le travail de Doug sont quelque peu obscures pour les néophytes de la finance comme moi. Une petite simplification n'aurait pas eu d'incidence notable sur la narration et permettrait au lecteur de ne pas se perdre dans les rouages des banques d'affaire. Ce n'est qu'en rédigeant ce billet que j'ai compris où l'auteur voulait en venir avec ses multiples intrigues croisées.
On ne manquera pas, bien sûr, de faire un parallèle avec la crise financière qui nous a touché et des fraudes récurentes des traders (Madoff and co).
Capitalisme contre humanisme : quelle Amérique gagnera ? Dans tous les cas, la victoire aura un goût amer...
Un livre très intéressant donc sur les Etats-Unis mais qui se révèle un peu noyé dans un jargon financier un peu hermétique.
Lien : http://legrenierdechoco.over..
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nescio667
  07 août 2010
Prototype de la petite ville de banlieue, Finden rassemble les luxueuses maisons d'un grand nombre d'hommes d'affaire et autres traders actifs à Boston. Parmi eux, Doug Fanning fait bâtir une villa tape-à-l'oeil juste à côté de la résidence d'une prof d'histoire retraitée, Charlotte Graves. Cette dernière, estimant avoir des droits sur le terrain sur lequel Fanning s'établit, lui intente un procès.
Parallèlement, Henry, le frère de Charlotte et président de la réserve fédérale de New-York, apprend qu'une importante société financière risque bien de tomber en faillite et de causer ainsi une pagaille aux conséquences incalculables dans le monde bancaire. Il ne sait évidemment pas que Fanning, le nouvel ennemi de sa soeur, a une grosse responsabilité dans cette faillite à venir.
Très inquiet au sujet de sa soeur Charlotte, Henri n'a par ailleurs de cesse de tenter de la convaincre de déménager dans un lieu plus adapté à son âge. de son côté, Charlotte revit grâce à ce procès qu'elle est sûre de gagner, mais également grâce à Nate, l'un de étudiants à qui elle donne des cours particuliers. Plus profond selon elle que les autres jeunes de son âge, Nate se révèle surtout être très amoureux de...Doug Fanning, pour l'attention duquel il se sent capable de tout....
Roman de la finance faisant écho à la crise bancaire que nous avons vécue en 2008, « L'intrusion » nous montre à quel point les actes de certains manipulateurs de l'argent des autres peuvent être lourds de conséquences...sauf pour les vrais responsables que la communauté se sent -par peur de dégâts plus importants encore- obligée de couvrir.
Mais au-delà de cette mise en évidence de la place (trop) importante de l'argent dans notre société, ce que ce premier roman de Adam Haslett met également en scène, c'est l'appauvrissement intellectuel des 'hommesde pouvoir' de notre temps, de ceux qui 'donnent le ton'. Entre Fanning, un 'trader' soucieux seulement de son fric, et Charlotte Graves, une prof retraitée, éprise d'histoire et respectueuse des combats anciens qui ont mené à notre confort actuel, le fossé ne pouvait que s'approfondir. Au final, un portrait très réaliste de notre époque, drôle, tragique et touchant.
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Titine75
  22 mars 2012
Doug Fanning est l'exemple de la réussite sociale. Il est trader pour Union Atlantic, l'une des plus grandes banques de Boston. Grâce à son ambition sans limite, il a rapidement gravi les échelons pour devenir le responsable des opérations boursières à l'étranger. Ce poste haut placé lui permet de construire une villa gigantesque à Finden, près de Boston. C'est une véritable revanche pour Doug puisque sa mère était femme de ménage dans cette ville. Cette villa, symbole absolu de son pouvoir, va pourtant lui causer des problèmes. Sa voisine, Charlotte Graves, n'accepte pas l'intrusion de Doug Fanning dans son paysage. le terrain sur lequel a été construite la maison avait été légué à la mairie de Finden par le grand-père de Charlotte. La mairie devait entretenir cette terre recouverte d'arbres. La construction a bien entendu totalement défiguré le paysage et Charlotte ne peut tolérer un tel spectacle. Elle va donc attaquer la mairie de Finden en justice.
Adam Haslett décrit dans « L'intrusion » un monde glaçant, celui de la finance. Il fait s'entrecroiser les destins, les voix de différents personnages plus ou moins acteurs de ce monde de l'argent roi. Deux personnages émergent de manière significative : Doug et Charlotte. Ils incarnent deux visions qui s'opposent et sont irréconciliables. Doug est l'immoralité incarnée. le premier chapitre durant la guerre Iran/Irak le montre bien puisqu'il laisse abattre un avion civil sans broncher. C'est cette immoralité qui le poussera vers les sommets de Union Atlantic. Charlotte est une ancienne prof d'histoire, solitaire qui perd un peu la tête. Pour elle, Doug est le symbole de la perte de sens de nos sociétés modernes. Les mots n'ont plus le même poids, l'histoire est oubliée ou dévoyée. En cherchant à faire raser la villa de Doug, Charlotte pense trouver le combat de sa vie, celui qui va habiter son âme de militante. Rétablir le legs de son grand-père, c'est réhabiliter l'histoire de Finden.
Le coeur de « L'intrusion » c'est le monde de la finance, un monde d'un cynisme inouï. Les grandes entreprises, les grandes banques ne fonctionnent que dans le virtuel. Leurs décisions influent sur le quotidien de milliers de personnes qui semblent inexistantes. Adam Haslett décrit avec précision les transactions financières, les montages. Je dois avouer ne pas avoir saisi ces passages mais je pense que ce côté abscons souligne la volonté d'opacité des marchés financiers. le commun des mortels ne doit pas comprendre les risques faramineux pris avec leurs économies. C'est écoeurant de constater que les grands groupes ne prennent en réalité aucun risque. La banque fédérale américaine, où travaille le frère de Charlotte, couvre les pertes sous prétexte d'un risque systémique mondial. Un petit sacrifice de trader (on pense à l'affaire Kerviel) permet de faire croire à une régulation, à une justice qui est totalement factice. Rien n'arrête le circuit de l'argent.
C'est sur un ton froid, presque clinique que Adam Haslett décrit une société en crise. L'abstraction de l'argent amène une déshumanisation, une mise à distance de la réalité. Adam Haslett signe là un premier roman réussi, un constat désespéré sur notre monde.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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Quintnico
  30 mars 2010
Excellent premier roman
Après avoir commis un premier recueil de nouvelles brillant (Vous n'êtes pas seul ici) où il peignait des personnages torturés et souvent en prise avec la maladie mentale, Adam Haslett passe avec brio au roman avec un angle différent.
On retrouve tous les ingrédients des bons romans américains : une peinture au vitriol de la vie des banlieues, une analyse des ségrégations sociales et/ou culturelles, le thème de la réussite et de la chute, l'adolescence repue de la satisfaction de ses désirs jusqu'à la lassitude et sombrant dans l'ennui et la drogue.
Le livre commence sur un chapitre étonnant et assez déconnecté du reste du livre (disons que cela sert plus la définition de la psychologie d'un personnage que la narration). Il raconte l'erreur de tir qui a conduit l'USS Vincennes, le 3 juillet 1988, dans le golfe persique, à faire feu sur un avion civil iranien qui avait été identifié à tort comme un F-14, faisant 290 morts.
L'action se déroule ensuite plus classiquement dans la région de Boston et entremêle les destins de plusieurs personnages et au premier plan desquels on retrouve :
- un haut cadre de banque couvrant les paris de plus en plus risqués d'un trader hong-kongais qui fait une Kervielite sur le Nikkei
- une professeur à la retraite et passablement allumée qui s'accroche désespérément à son passé et à une conception de l'Amérique qui n'existe plus (c'est la seule personnage qui aurait pu figurer dans son recueil de nouvelles au sens où elle frise la pathologie)
- un responsable de la Fed qui tente d'éteindre les incendies qui s'allument dans sa vie professionnelle (qu'il maîtrise) et personnelle (qu'il ne maîtrise pas)
- un adolescent perdu, englué au sein d'un groupe d'amis friqués et paumés, qui découvre par tâtonnement son homosexualité dans l'aftershock du suicide de son père
Tout cela se lit comme on respire, servi par un style parfait, qui n'en fait pas trop, dépeint les personnages dans toute leur épaisseur, s'imprègne de l'air du temps et prend le pouls de la société tel qu'il bat.
Un livre qui ne peut être écrit qu'aux Etats-Unis ... ou presque.

Lien : http://www.critiqueslibres.c..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ChezLoChezLo   13 novembre 2010
- Bonjour. Je m'appelle Doug Fanning. La nouvelle maison, ici - c'est la mienne.
L'espace d'un instant, il lui sembla qu'elle n'avait pas entendu un traître mot de ce qu'il avait dit, qu'elle était peut-être sourde comme un pot. Puis, soudain, comme si la voiture venait d'apparaître, elle marqua un arrêt. (...)
- Des arbres, dit-elle. Avant que vous arriviez. Partout. Des arbres.
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chocobogirlchocobogirl   05 avril 2011
Leadership. Qu'est-ce qu'il a pu être dénaturé, putain, ce mot, vous trouvez pas ? Des séminaires dans des hôtels chicos où les lemmings prennent des notes sous la dictée d'une espèce de gourou-écrivaillon à la retraite. Pour ces conneries aussi, on raque, on raque pour leur payer l'avion qui leur permettra d'aller apprendre les sept principes pour manipuler les sous-fifres tout en veillant à ce que, pendant tout ce temps, il gardent la banane. Des millions pas ans.
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folivierfolivier   29 mars 2012
Les gens paient pour ce qu'ils ont fait et plus encore pour ce qu'ils se sont laissés devenir. Et ils paient le prix simplement par la vie qu'ils mènent (p307 Ed Folio)
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GabySenseiGabySensei   13 mars 2012
Qu'était le gouvernement, de nos jours, sinon la braderie semi-clandestine de l'intérêt général?
(P44)
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