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EAN : 9782072926273
224 pages
Gallimard (07/01/2021)
4.42/5   65 notes
Résumé :
Sur les collines de Nyamata, Jean Hatzfeld part cette fois à la recherche des très rares Hutus qui ont résisté à la folie génocidaire au péril de leur vie. Au Rwanda, on les appelle abarinzi w’igihango, les gardiens du pacte de sang, ou parfois les Justes. Mais vingt-cinq ans après, ils restent des personnages silencieux, entourés de méfiance ; parce que aux yeux des Hutus ils incarnent la trahison, ou leur renvoient l’image de ce qu’ils auraient pu être, tandis que... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Exceptionnel....
Pour celles ou ceux qui ne connaissent pas l'auteur, Jean Hatzfeld a écrit plusieurs livres sur le Rwanda. Sur les rescapés, les tueurs, la politique de réconciliation (les assassins vivant désormais à proximité de leurs victimes). 20 ans après il va rencontrer les enfants des rescapés et des assassins.
.
Dans ce livre "Là où tout se tait" l'auteur va s'intéresser aux "Justes", ces Hutus qui ont sauvé des Tutsis. Pour certains ils en auront payé le prix ultime et ont été massacrés. Certains ont survécu.
Ma surprise c'est que ces "Justes" sont mal vus.
Mal vus des Hutus : ils sont la preuve qu'on pouvait s'opposer aux ordres, ils deviennent une accusation muette, voire ils sont vus comme des traîtres.
Mais mal vus aussi des Tutsis : il est plus facile d'englober la haine contre une ethnie complète sans nuance.
Oubliés. Pour celles et ceux qui en sont morts, ils ne sont pas inscrits sur les monuments des victimes du génocide (ils n'ont pas été tués à cause de leur ethnie, mais du fait de leur humanité).
.
Un livre utile, nécessaire.... Avec toujours cette merveille de français qui n'est pas le nôtre. Un français savoureux. J'adore les mots utilisés, les expressions, les tournures différentes, un français qui a évolué différemment d'ici.
C'est difficile de savourer autant le style alors que ce qui est raconté est si horrible ! Et pourtant....

J'ai envie de remercier l'auteur pour ces récits si difficiles qui m'ont fait découvrir le "dernier génocide du 20e siècle". Ces témoignages uniques, difficiles, nécessaires pour ne pas oublier. Ne pas oublier non plus ces hommes et ces femmes qui ont refusé et sauvé des Tutsis au nom de l'humanité, de l'évidence, de la gentillesse (comme ils disent là-bas).
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Il est des livres que l'on se doit de lire, il est des massacres et des génocides dont on se doit de perpétuer le souvenir. Avec un seul objectif : plus jamais ça, même si…. Là où tout se tait fait partie de ces livres.

Le génocide des Tutsis au Rwanda s'est déroulé du 7 avril 1994 au 17 juillet 1994 et a fait 800 000 victimes en seulement 3 mois. L'ampleur du massacre (nombre de morts par jour) est sans précédent.

Jean Hatzfeld rend parfaitement compte de cet effroyable service public opéré par les Hutus : se lever le matin, partir dans les marais, tuer les Tutsis, tous les Tutsis, peu importe qui ils sont, même des voisins, même des amis, et rentrer chez soi en fin d'après-midi, satisfait de sa journée.

L'auteur n'a pu faire l'économie de scènes d'une violence extrême (pas besoin que l'auteur s'appesantisse, la réalité est terrifiante).

Il est parti à la recherche des Justes, les Hutus qui ont eu le courage de s'opposer au massacre des Tutsis, souvent au prix de leur vie. La sentence était sans appel : les Hutus qui soutenaient les Tutsis devaient mourir.

Ibuka, l'association pour la mémoire du génocide tutsi s'est inspirée de Yad Vashem, l'institut international pour la mémoire de la Shoah, pour honorer les Hutus qui ont défendu des Tutsis. Elle les appelle parfois des Justes. Les critères d'Ibuka sont néanmoins différents de ceux de Yad Vashem.

Jean Hatzfeld a écrit plusieurs livres sur le génocide tutsi. Ce ne sont évidemment pas des livres-plaisir, plutôt des livres qu'on lit pour se prémunir du Mal qui pourrait arriver.

Lien : https://dequoilire.com/la-ou..
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IBUKA, souvient toi en Kinyarwanda.
Se rappelle à moi, chaque année, à cette période, le devoir de mémoire sur le dernier génocide du
XXe siècle.
Pour avoir déjà lu plusieurs ouvrages de Jean Hatzfeld sur ces événements tragiques, atroces, difficilement compréhensibles, je ne m'explique toujours pas cet intérêt pour ces récits de l'horreur. Mais j'y retourne sur ces milles collines, tel un besoin d'expiation, une nécessité de faire vivre ces centaines de milliers d'innocents que mon pays a abandonné par faute d'arrogance et volonté de préserver une aura désuète d'une diplomatie hors d'âge.
Jean Hatzfeld met en avant les histoires des « justes », reconnus ou non par les institutions rwandaises depuis le début du travail de réconciliation opéré dans les années 2000.
Ils ne sont pas pléthore, ceux comme Eustache ou Silas, ces Hutues qui ont défié la mort, la peur, le risque immense de préserver l'humain. D'autant qu'il ne reste plus beaucoup d'avoisinants pour innocenter ou nuancer la culpabilité.
Encore aujourd'hui, la méfiance et la médisance restent tapies et on ne fait pas étalage de son bon comportement pendant le génocide.
Le pardon est impossible. Les doutes sur la vérité prédominent.
Il y a toujours la pudeur des mots, la simplicité à raconter le déferlement de violence, l'avant, les « événements » et l'après.
Depuis 2006, les tueurs sont revenus sur les collines, ont participer à la récupération des restes de leurs anciens voisins enterrés dans les fosses communes les jours d'Umuganda, dernier samedi du mois ou traditionnellement, on offre son service à la communauté.
Jean Hatzfeld est un exceptionnel passeur de mémoire. Il touche au coeur et fait en sorte que la vie jaillisse malgré l'effroi.
Merci à lui et à ces quelques Abarinzi w'igihango pour leurs mots.
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L'intérêt historique que porte l'auteur au génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda en 1994 est ici abordé par les témoignages poignants de Rwandais qui, au péril de leur vie ont sauvé des Tutsis dans des conditions particulièrement difficiles. La force évocatrice de ces récits tient surtout au fait qu'ils ont été transcrits tels qu'ils ont été racontés, avec les mots, les hésitations, les répétitions et souvent les points de vue des sauveurs et des sauvés. Cela rend parfois la lecture un peu difficile car le lecteur doit s'imprégner de vocabulaire et de tournures de phrases qui ne lui sont pas familiers, mais cela rend l'ensemble authentique et fort. Bel hommage à des justes qu'il fallu débusquer à force de patience et de persuasion, mais qui le méritaient bien.
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30 ans après le génocide , une lecture fondamentale.
Hatzfeld qui a écrit plusieurs livres sur le sujet, recueille ici plusieurs témoignages de "justes" (hutus qui ont sauvé des tutsis) ou de rescapés tutsis sauvés par ces mêmes justes.
Des témoignages bouleversants qui rendent hommage le plus souvent à ces justes souvent de simples agriculteurs, commerçants ou fonctionnaires qui pour la plupart d'entre eux n'ont eu aucune reconnaissance de la part des autorités.
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critiques presse (7)
Actualitte
08 avril 2021
Quand Là où tout se tait m'a récemment été offert suite à sa parution tout aussi récente, alors que le malaise ressenti précédemment est encore loin d'être totalement dissipé, cela a un peu « forcé la main » de mes lectures. Ce livre n'a en rien dissipé mon trouble. Bien au contraire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LePoint
01 avril 2021
Dans le bouleversant « Là où tout se tait », Jean Hatzfeld, de retour à Nyamata pour ce sixième livre, donne la parole à ces Hutus qui ont sauvé des Tutsis.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaCroix
15 mars 2021
Dans ce sixième récit consacré au génocide tutsi, Jean Hatzfeld est sur les traces de ceux qui se sont opposés à la violence.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro
25 février 2021
Dans son nouveau livre, l’écrivain s’interroge sur le malaise qui étreint encore le Rwanda vingt-cinq ans après les faits.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs
24 février 2021
Dans « Là où tout se tait », Jean Hatzfeld poursuit son œuvre sur le Rwanda. Un remarquable document, qui est aussi un admirable monument
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde
18 février 2021
Dans « Là où tout se tait », l’écrivain donne la parole aux quelques Hutu qui ont sauvé des Tutsi lors du génocide de 1994, au Rwanda. Le journalisme allié à la littérature, à nouveau, pour faire face à l’horreur.
Lire la critique sur le site : LeMonde
FocusLeVif
08 février 2021
A travers cinq livres, il a donné la parole aux victimes, puis aux génocidaires. Avec Là où tout se tait, l'auteur donne de la visibilité aux méconnus Justes hutus.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Lorsque le cortège des tueurs a atteint Rugunga, Isidore Mahandago est sorti de sa cour. Il habitait près de chez moi. En agrippant son bâton de vieux, il s’est avancé sur un groupe de jeunes gens attisés par les coupages, il s’est tenu droit : “Cessez de couper nos avoisinants Tutsis, renoncez à tout ce sang que vous vous apprêtez à verser, il vous reviendra en châtiment.” Ces mots les ont fâchés. Un nommé Samaritain a levé sa hache, il l’a abattu.
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Être sauvée par lui d'une façon inimaginable, être allée le chercher à pied jusqu'à Gikongoro sans un petit baluchon pour le rechange, ça bouscule quand même les sentiments. C'était la gentillesse invincible.
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A quoi bon se gâcher avec ces personnes. La déception, je m'y attarde plus autant. Je retourne à la prière. Prier, c'est ce qu'on m'a appris, c'est ce que je sais faire et qui me rapproche des autres un petit moment. Je pense toutefois que ces histoires de prières n'importent plus tellement. De toute façon, aucun pardon n'est possible.
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Les gens me parlent bien de mes parents. Mais au moment des commémorations, personne ne dit plus rien sur eux, personne pour prononcer leurs noms. Plus de mémoire. ça me cause un chagrin profond.
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Rarissime héros est un euphémisme sur les collines de Nyamata, car, on l'a vu, les premiers opposants ont été balayés par la soudaineté de la mobilisation meurtrière dès les premières heures jusque dans les paroisses et clubs de football, dispensaires et coopératives.
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Videos de Jean Hatzfeld (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Hatzfeld
Jean Hatzfeld vous présente son ouvrage "Tu la retrouveras" aux éditions Gallimard. Rentrée littéraire 2023
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2880501/jean-hatzfeld-tu-la-retrouveras Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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