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ISBN : 2757810057
Éditeur : Points (11/09/2008)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 114 notes)
Résumé :
Un matin brûlant de mai 2003, une file de prisonniers franchit les portes du pénitencier de Rilima, en chantant des alléluias. Ces anciens tueurs rwandais viennent d’être libérés, à la surprise de tous, notamment des rescapés qui les regardent s’installer à nouveau sur leurs parcelles, à Nyamata et sur les collines de Kibungo ou Kanzenze.

Que peuvent désormais se dire Pio et Eugénie, le chasseur et le gibier à l’époque des tueries dans la forêt de Kay... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
carre
  13 janvier 2013
Jean Hatzfeld avec « La stratégie de l'antilope » continue d'explorer la barbarie humaine à travers le génocide Rwandais. Les tueurs sont de retour, dans les villages de leurs méfaits reprendre leur place laissée en 1994. Pour les survivants de leurs exactions, comment accepter de vivre à côté de leur bourreau ?
Hatzfeld avec la même rigueur, la même justesse donne la parole aux victimes et aux assassins, ces témoignages sont d'une force, d'une émotion palpable inimaginable. Au nom de la réconciliation est-il concevable une seule seconde de pardonner ou faire acte de contrition ?
Hatzfeld s'interroge aussi sur le sens de son travail, comment rendre au plus près les confidences des deux ethnies ? Comment ne pas les trahir en restituant leurs témoignages ?
Un livre douloureux, qui nous mets, nous occidentaux, devant notre responsabilité, notre trahison, notre lâcheté, comment nos gouvernants ont- pu fermer les yeux sur cette barbarie sans nom ?
Une tragédie intolérable, un livre indispensable.
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mariech
  26 juin 2016
La stratégie des antilopes , titre qui m'a intriguée , attirée par son côté mystérieux , poétique , qui évoque hélas une réalité horrible , je parle du genocide rwandais , le massacre des Tutsis par les Hutus en 1994 .La stratégie des antilopes c'est ce qui a permis à certains de survivre , gibier humain traqué impitoyablement , devenus du jour au lendemain des personnes à tuer , certains ont couru sans relâche d'un endroit à l'autre , dans les marais et dans les forêts , comme le font les antilopes traquées
Ce livre qui n'est pas un roman mais plutôt une succession de témoignages , de paroles recueillies de survivants et de bourreaux , pas de sensationnel , pas de phrases choc mais les mots d'hommes et de femmes , des Hutus et des Tsutsis , qui doivent vivre ensemble , revivre ensemble plutôt dix ans après les horribles massacres à coup de machettes .
En effet , le gouvernement à décidé de libérer la majorité des anciens 'coupeurs ' , c'est à dire , les Hutus qui ont massacré leurs voisins , amis , parfois même des parents .
Ce qui m'a interressé dans ce récit ce n'est pas le côté historique , pour ceux qui ça intéresse , il y a de nombreux articles disponibles sur internet , non c'est le côté humain , c'est de voir comment anciennes victimes et anciens bourreaux sont obligés de cohabiter .
Comment vivre près de celui qui a massacré votre famille ? , faut - il faire semblant de pardonner , faire semblant d'éprouver des remords pour les autres .
L'auteur ne dénonce rien , ne prend pas parti , tout au plus , donne la parole aux habitants qui doivent assister à des réunions de réconciliation , réunions voulues et monnayées par les pays occidentaux .
Et puis un des côtés fascinants de cette lecture , c'est de se rendre compte que la chance ou la malchance ne suit pas toujours une logique bienveillante , il y a des victimes qui ont tout perdu et qui ont pu reconstruire une vie meilleure qu'avant le massacre , d'autres qui peuvent à peine survivre car elles se retrouvent seules au monde , ce qui est inimaginable dans la mentalité africaine , des anciens bourreaux qui s'en tirent plus ou moins bien , toutes les cartes sont distribuées de façon totalement aléatoires .
On ressent aussi très fort le rôle important de la famille , de la réconciliation obligatoire entre les maris et femmes , la famille est le socle de la société et la réconciliation difficile mais nécessaire entre les deux ethnies , le pays a besoin de tous .
Toutes les personnes rencontrées disent qu'il faudra une génération pour que les blessures guérissent .Livre tout en nuances , en interrogations , qui oscille entre espoir et vision plus pessimiste de l'être humain , certains dans le camp des victimes , osent dire l'impensable , ce que nous occidentaux ne voulont pas entendre , un autre genocide est toujours possible , il faut si peu de choses pour que ça recommence .
Avant de terminer ma critique , je ne peux m'empêcher de mentionner le magnifique film Hotel Rwanda , un film inoubliable .
Voilà je termine ici ma critique , vous l'avez compris j'ai apprécié ce livre et vous le recommande .
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Malaura
  24 juin 2011
Récompensé par le Prix Médicis 2007, sans doute l'un des livres le plus bouleversant consacré au génocide rwandais !
Jean Hatzfeld, ancien grand reporter à Libération, s'était déjà penché sur cette affreuse tragédie dans « le nu de la vie » d'abord, qui racontait le massacre des Tutsis par les miliciens Hutus et recueillait la parole des survivants de cet horrible drame ; puis dans « Une saison de machettes », qui donnait cette fois la parole aux tueurs, ces derniers racontant froidement toutes les atrocités qu'ils avaient commises.
« La stratégie des antilopes », troisième opus sur ce génocide, décrit cette fois d'étranges retrouvailles.
Moins de 15 ans après les terribles évènements du printemps 1994 qui ont vu 70% de la population Tutsis massacré à coup de machette, l'Etat rwandais entame une politique de réconciliation, libérant ainsi des pénitenciers les grands tueurs condamnés pour génocide.
Voilà donc les victimes obligées de vivre aux côtés de leurs bourreaux !
Bon gré mal gré, les uns et les autres sont contraints de se retrouver, de cohabiter, dans l'amertume, la tristesse, la peur.
Jean Hatzfeld donne de nouveau la parole aux principaux protagonistes, survivants ou tueurs de ses atrocités.
Et si les anciens bourreaux montrent plus de gêne que de remords, les victimes, elles, expriment avec beaucoup d'émotion, dans une langue empreinte de belgicisme et étonnement poétique dans son oralité, les difficultés de ces retrouvailles forcées.
Les survivants parlent ici des difficultés de croiser au jour le jour ceux qui, il n'y a pas si longtemps, décimaient leurs enfants, leur famille.
Victimes et survivants, qui ont mené l'existence du gibier et connu la peur de l'animal traqué, contemplent maintenant la réussite de leurs assassins au quotidien.
Jean Hatzfeld nous livre avec « La stratégie des antilopes » un témoignage certes un peu répétitif mais non moins bouleversant, un livre qui porte en lui un terrible enseignement : le prix bien peu élevé d'un génocide !
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thedoc
  02 septembre 2016
« La stratégie des antilopes » est le troisième livre de Jean Hatzfeld consacré au génocide au Rwanda en 1994 et qui prend la suite des deux précédents, « Dans le nu de la vie » et « Une saison de machettes ». Si le premier était consacré au recueil des témoignages des rescapés et le second à ceux des tueurs hutus, ce dernier ouvrage revient, quelques années plus tard, vers tous les personnages des deux précédents tomes, hantés par le souvenir des fantômes qui les entourent désormais.
En janvier 2003, un communiqué officiel inattendu du président rwandais annonce à la radio la libération d'une première vague de 40 000 détenus, tous des grands tueurs condamnés pour génocide, dans six pénitenciers du pays. C'est suite à cette décision que le journaliste retrouve sur les collines entourant Nyamata la bande de Hutus qui a participé à « Une saison de machettes », au côté des rescapés tutsis qu'il avait interrogés dans son premier livre.
Car après le sang et l'horreur, un nouveau voisinage hallucinant s'instaure, celui des bourreaux et des victimes. Tous doivent réapprendre à vivre ensemble au nom de la réconciliation nationale. Cette « réconciliation » est avant tout politique afin de reconstruire un pays qui, pour se relever de ses cendres, a besoin des Tutsis tout comme des Hutus, si ce n'est plus. Parcelles en friche, femmes hutus trop longtemps seules, manque de cultivateurs,… si le pays doit renaître, cela ne peut être qu'avec l'aide des anciens tueurs qui sont une main d'oeuvre et une force vive non négligeable.
Jean Hatzfeld découvre et nous décrit cette cohabitation forcée jamais vue auparavant. D'un ton toujours neutre, l'écrivain interroge, observe et laisse avant tout la parole à ses interlocuteurs. Si l'amour et le respect du journaliste pour ce pays transparaît à travers ses mots, il reste clairvoyant sur la situation présente, extrêmement éprouvante pour les rescapés.
Contraints les uns comme les autres à se croiser, voire à se reparler, Hutus et Tutsis réagissent différemment mais tous ont eu des consignes de la part des autorités. Tandis que les tueurs doivent se faire humbles et discrets, serviables et repentants ; les rescapés, eux, doivent se montrer conciliants et montrer bonne figure… au nom de l'avenir du Rwanda. C'est seulement dans l'intimité de leur foyer que les rescapés osent exprimer au journaliste leur colère et leur tristesse, ainsi que leur immense frustration de ne pouvoir dire clairement ce qu'ils ressentent. N'ayant pas le droit de parler directement à un Hutu des tueries, ils sont lésés de leurs paroles tout comme de leurs émotions.
Si les « gaçaça », anciens tribunaux populaires remis en vigueur dans les villages face à la pénurie de magistrats, permettent aux victimes d'obtenir des aveux de la part des tueurs, ils restent controversés et insuffisants. Mise en scène, mascarade, beaucoup n'y voient qu'un moyen pour les anciens génocidaires de livrer une partie de la vérité mais surtout d'obtenir un pardon politique bien facilement gagné.
Ce troisième ouvrage nous décrit donc le Rwanda post-génocidaire, un Rwanda qui peu à peu reprend vie, retrouve les couleurs de ses marchés, s'ouvre à la modernité mais qui reste peuplé d'une population traumatisée et scindée en deux. Si la cohabitation, fragile, est bien là et révèle parfois des histoires encourageantes, la confiance n'existe plus entre les Hutus et les Tutsis. Les préjugés sur chacun sont d'ailleurs peut-être plus virulents qu'auparavant…Et il faudra certainement plusieurs générations avant que la vraie réconciliation ait lieu…
Enfin, dans ce livre, Jean Hatzfeld pose une question essentielle : comment se reconstruire lorsque l'on doit vivre au côté de son bourreau ? Livre sur le souvenir et le pardon, il est celui qui pousse la plus loin la réflexion sur l'humain.
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JeanPierreV
  05 avril 2016
Rwanda 2003, les Hutus ayant participé aux massacres des Tutsis sont libérés et reviennent vivre à coté des survivants Tutsis des massacres. La politique nationale de réconciliation l'a décidé, poussée par les grandes puissances qui ont financé la reconstruction et les programmes alimentaires.Jean Hatzfel a écrit en qualité de journaliste-écrivain deux autres livres sur le Rwanda. Il a publié « Dans le nu de la vie » en 2000, ouvrage dans lequel il collecte les souvenirs des survivants Tutsi. Deux ans plus tard paraît « Une saison de machettes » , dans lequel il « passe de l'autre côté » et retranscrit ses conversations avec des Hutus emprisonnés, condamnés pour crimes de guerre. N'ayant pas eu connaissance de ces deux autres livres, je ne les ai pas lu avant de lire celui-ci, trouvé par hasard.
L'auteur écrit dans « La stratégie des antilopes » un livre de témoignages des deux parties d'une part et de réflexions communes d'autre part sur cette réconciliation voulue par les pouvoirs publics, sur les conditions de la justice face à ce génocide, à tous les génocides.Témoignages d'une part des Tutsis qui se souviennent de ces semaines où, cachés dans les marécages, tels des animaux, ils craignaient l'arrivée des Hutus qui « coupaient » à la machette, ils fuyaient devant eux en courant dans tous les sens : « la stratégie des antilopes »…Il leur est impossible de pardonner, « le temps nous oblige à tout avaler ». Ils ont l'impression que leur souffrance n'est pas reconnue : « La chance aime les Hutus : ils tuent, ils ne sont pas tués; ils s'enfuient au Congo, ils sont ramenés gratuitement ; ils vont en prison, ils sortent gras et bien reposés ; ils brûlent nos maisons, ils retrouvent les leurs sans anicroche, avec à l'intérieur les épouses pour cuire la marmite et faire les amitiés nocturnes »
Témoignages d'autre part des Hutus trop contents d'être libérés, qui parlent, mais ne demandent pas pardon, « J'ai été chargé, j'ai été condamné, j'ai été gracié. Je n'ai pas demandé pardon. Au fond, ça ne vaut pas la peine de demander pardon, s'il ne peut être accepté », qui minimisent ce qu'ils ont fait, qui en cachent une partie, qui oublient pour ne pas être de nouveau rattrapés par leurs crimes. Ils n'en parlent qu'entre eux.
Témoignages des deux parties qui suffisent largement à comprendre l'horreur de ce génocide : dans tous ces témoignages un mot employé par tous, acteurs comme victimes : le verbe « Couper »….Dans ces conditions cette réconciliation est-elle possible, est elle illusoire? Dans quelques décennies disparaîtront avec le temps, les survivants, mais la méfiance réciproque entre ces deux communautés disparaîtra t-elle ? Certes il y a des mariages inter-communautés, mais n'est ce pas une réconciliation de façade, une réconciliation fragile, dépendant d'aléas extérieurs? le feu peut il repartir? Et là encore les témoignages sèment le doute. « La réconciliation, ce serait le partage de la confiance. La politique de réconciliation, c'est le partage équitable de la méfiance »
Un livre fort qui ne peut laisser personne indifférent, sur cette tragédie, une réflexion sur les conditions d'une justice presque impossible en réponse à ces génocides : « Rendre justice serait de tuer les tueurs, mais ça ressemblerait à un autre génocide, ce serait le chaos…..la justice ne trouve pas sa place après un génocide, parce qu'il dépasse l'intelligence humaine……on peut seulement regretter qu'ils ne montrent jamais ni regrets ni bon coeur «
« La justice passera par l'application de la loi et la loi jetterait le pays par terre »
.. Tout est dit…
Lien : http://mesbelleslectures.com..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
MaliseMalise   02 août 2019
Observer les empreintes du temps qui passe, qui sépare les fortes turbulences de la vie des rescapés, qui semble favorable à presque tous et terriblement plus bénéfique aux tueurs, mais qui n'atténue ni la haine ni l'angoisse, qui les voile un peu seulement.
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carrecarre   14 octobre 2012
Le génocide peut se photographier après...
Pour convaincre les esprits incrédules et contrecarrer les négationnistes.
Mais l'intimité du génocide appartient à ceux qui l'on vécu, à eux de devoir la dissimuler, elle ne se partage pas avec n'importe qui.
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carrecarre   28 octobre 2012
Dieu ne pouvait peut-être pas se bagarrer contre tous les fauteurs. Je crois toujours en lui, parce que sinon ce serait trop risquant. Mais il n'est plus toute nos chances et je ne compte plus du tout sur lui comme auparavant.
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chartelchartel   26 mars 2008
On parle moins du passé. Ce n’est pas l’oubli, mais le temps, qui nous propose des améliorations. Toutefois quand la sécheresse se présente, quand l’argent se cache, quand la nourriture se fait rare, la peur se présente à la porte… Quand le visage se lasse, quand la terre ne donne rien sauf des problèmes, quand on ne trouve plus de parents sur qui s’épauler, tous les souvenirs du génocide se montrent de nouveau très préoccupants.
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carrecarre   28 octobre 2012
La mort n'est plus angoissante, je n'espère pas son arrivée, mais elle ne fait plus peur. La mort amène le repos aussi. Dans les marais, on voyait que les morts se trouvaient exemptés de menaces, de courses, surtout de coups de machette.
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