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ISBN : 2365990304
Éditeur : Editions Midgard (23/02/2013)

Note moyenne : 4.6/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Ce livre vous attendait. Il était écrit que vous feriez sa connaissance. Car peut-être êtes-vous, à votre insu, un(e) Éveillé(e). Auquel cas, vous êtes en grand danger. Les rues de cette ville ne sont pas sûres. Pour vous, moins que pour tout autre.

Car les Streums rôdent, à l’affût d’une âme à briser. Je ne vous mentirai pas : vos options ne sont pas légion. Votre meilleure chance de survie git selon toute probabilité entre ces pages.

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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Melisende
  31 mars 2013
J'entends parler d'Anthelme Hauchecorne depuis quelques mois. Mais qui peut bien se cacher derrière ce nom un peu étrange ? Curieuse de découvrir l'univers bien particulier de l'auteur, j'ai été ravie de gagner La Tour des illusions lors d'un concours organisé par Païkanne il y a quelques mois. Evidemment, je n'ai pas encore eu le temps d'ouvrir ce dernier et c'est donc avec Ames de verre, dernier-né de Monsieur Hauchecorne et premier tome d'une nouvelle série, que je plonge dans l'imaginaire de l'auteur et découvre sa plume.
Plus de 650 pages, c'est souvent (enfin pour ma part) un peu effrayant et l'auteur a intérêt à être sacrément bon pour m'embarquer aussi longtemps sans que je ne me décroche la mâchoire à force de bailler. Ici, pari réussi ! Les pages ont défilé rapidement devant mes yeux et je n'ai rencontré aucun temps morts. J'ai été happée très vite et n'ai pas décroché avant d'avoir tourné la dernière page. J'ai d'ailleurs été ravie d'apprendre qu'il s'agissait d'un premier tome et que la suite était en préparation. de futures bonnes heures de lecture en perspective !
Avec ce nouveau titre, Anthelme Hauchecorne nous offre une fantasy urbaine riche, complexe et passionnante. Il ajoute à notre ville contemporaine de Lille, un univers parallèle teinté de mythologie celte, que seuls les Eveillés (ceux qui possèdent la Vue), peuvent voir. Dès lors que vous avez gagné ce don (de naissance ou par « accident »), vous êtes en mesure d'apercevoir les Streums, ces monstres venus de l'Autre Monde (du Sidh). Tous n'ont pas le même aspect (une classification complexe et passionnante apparaît au fil des pages) et tous ne sont pas foncièrement mauvais (ou peut-être que si ?) mais chacun d'entre eux souffrent du Mallogène, cette faim qui les ronge et les oblige à s'attaquer aux humains (généralement) pour se nourrir.
Pour canaliser ces Daedalos (autre nom, plus « scientifique » pour désigner les Streums), une organisation secrète s'est mise en place au fil des siècles. Rassemblant des Eveillés plus ou moins désireux de combattre (tout un groupe d'Eveillés sont appelés les « Dormeurs » car ils préfèrent se creuser les méninges autour d'une table plutôt que d'aller en première ligne), la Vigie possède une hiérarchie bien définie et semble être toute puissante…
Je pense qu'avec ces quelques lignes, vous percevez la complexité et la richesse du contexte mis en place par Anthelme Hauchecorne. Et c'est ce que j'ai préféré dans ma lecture. J'en ai assez des livres « jeunesse » qui restent en surface et se contentent de poser des bases peu expliquées pour rester « crédibles »… quelle joie de tomber sur un univers dense, fouillé, réfléchi et maîtrisé ! Et je suis sûre qu'il recèle encore bien des surprises que j'ai hâte de découvrir dans le deuxième opus !
Les premières pages peuvent sembler un peu sibyllines mais Anthelme Hauchecorne maîtrise la structure de son récit et nous apporte les informations au compte-goutte, ni trop ni trop peu d'un coup. Vous trouverez des renseignements plus ou moins détaillés dans le récit « principal » mais également et surtout dans les extraits du « Codex Metropolis » (livre rédigé par les premiers Piliers de la Vigie dont le premier tome est offert à la lecture des Recrues, à leur arrivée). le lecteur se retrouve ainsi complètement transporté dans cette ville de Lille, intègre et digère toutes les informations sans problème, au fil des pages. Il me tarde très sincèrement d'avoir la suite entre les mains pour pouvoir retrouver toute cette faune, tout cet univers si bien amené.
D'ailleurs, l'auteur nous tisse une atmosphère bien particulière pour englober tout ce petit monde. Durant toute ma lecture j'ai eu l'impression d'avoir un voile gris, une sorte de crachin devant les yeux. Comme si la ville de Lille était constamment plongée dans des teintes sombres et tristes où ne parviennent à survivre qu'une population un peu punk, un peu destroy. C'est vraiment comme si on se glissait dans les entrailles peu accueillantes, glauques de la ville, comme si on découvrait tous ses mauvais côtés. Attention, âmes sensibles, s'abstenir, quelques scènes retournent légèrement l'estomac.
Dans ce premier tome, Anthelme Hauchecorne s'attarde sur deux personnages « principaux ». D'une part Camille, une jeune fille Eveillée, recrue pour la Vigie, qui tente de devenir Chasseuse. Elle est à l'épreuve depuis un an mais on ne lui facilite pas la tâche. Pourquoi cherche-t-elle à tout prix à être initiée et à obtenir ce statut dangereux ? Pour avoir accès à l'En-deçà, la zone à moitié dans notre monde, à moitié dans le Sidh, où elle pourra trouver des informations sur son enfant, enlevé à la naissance. de son côté, Vincent, quarantenaire veuf, a perdu son ex-femme et sa petite fille dans des circonstances mystérieuses (circonstances qui seront élucidées au fil du récit). Au début on ne comprend ni pourquoi ni comment, mais il est impliqué dans l'enquête qui tourne autour du « Marchand de sable » et est donc destiné à croiser le chemin des membres de la Vigie. Sous ses airs de père de famille effondré par la perte des êtres chers, Vincent cache un côté très sombre…
J'ai particulièrement aimé les personnages créés par Anthelme Hauchecorne. Bien croqués, avec du relief, ils possèdent une personnalité complexe, un passé fouillé. de façon générale, j'ai préféré, il me semble, suivre les péripéties de Camille (peut-être est-ce simplement car il s'agit d'une figure féminine pas bien plus jeune que moi, à laquelle j'avais donc plus de chance de m'identifier ?) mais ne boudais pas mon plaisir lorsque je retrouvais Vincent et sa quête de réponses et de vengeance. Des personnages charismatiques et marquants qui, dans un contexte lui-même riche, offrent des aventures vraiment plaisantes à suivre.
J'en viens à l'intrigue en elle-même. On peut, je pense, la qualifier d'enquête puisque les personnages sont à la recherche d'un meurtrier qui ne laisse derrière lui, que du sable imprégné du sang humain des victimes (mais les corps sont introuvables). Vous vous doutez bien que les « Streums » ont quelque chose à voir avec toutes ces disparitions inexpliquées. Mais comment les histoires de Camille et de Vincent peuvent-elles être liées ? Voilà ce que le lecteur apprend au fil des pages.
J'ai particulièrement aimé le choix de l'auteur au niveau de la forme. le point de vue omniscient permet en effet au lecteur d'être sur tous les fronts et de rassembler lui-même les pièces du puzzle pour résoudre l'énigme. Ainsi, selon les chapitres, on suit alternativement Camille et Vincent, leurs péripéties étant parfois entrecoupées par les extraits du codex Metropolis qui permettent de pointer du doigt quelques détails vu précédemment dans le récit.
A noter que les chapitres sont courts, offrant ainsi un rythme soutenu au lecteur. Rythme d'autant plus vif que la narration se fait au présent. Je suis souvent un peu fébrile face à cette utilisation du présent de narration qui n'est, contrairement à ce que l'on peut penser, pas du tout facile à maîtriser. Dans Ames de verre, rien à redire, les phrases coulent de source et c'est un plaisir à lire ! Et moi qui suis parfois un petit peu gênée par les interventions très « oralisantes » de personnages ; ici encore, j'ai trouvé les passages en registre familier tellement crédibles et ancrés dans l'ensemble que je n'ai jamais été dérangée.
Enfin, quelques mots pour signaler l'attention particulière accordée au livre en tant qu'objet : les extraits du Codex sont sur un fond grisé, de même que les extraits du journal intime de Vincent et plusieurs illustrations en noir et blanc (signées Pascal Quidault) viennent habiller le texte. En bref : une forme à la hauteur du fond !

Je crois, sincèrement, que je n'ai aucun point négatif à vous apporter. Je cherche, je cherche, mais je ne trouve pas. L'intrigue est peut-être un peu complexe à suivre dans la dernière partie, lorsque toutes les histoires s'entremêlent, mais ce n'est l'affaire que de quelques paragraphes pour que tout soit à nouveau clair dans nos têtes. de cette histoire, je retiens les personnages bien croqués, la construction maîtrisée de la narration et surtout, l'univers très riche mis en place par Anthelme Hauchecorne. Il me tarde de plonger un peu plus loin dans l'aventure et de découvrir d'autres Streums empruntés à la mythologie celte !
Lien : http://bazardelalitterature...
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DawnG
  05 avril 2013
Énorme coup de coeur pour ce livre original !
J'ai beaucoup apprécié la 4ème de couverture et les premiers chapitres, où on s'adresse directement au lecteur, on est pris à témoin, on est acteur à part entière du récit ; c'est une introduction efficace pour nous entrainer dans la lecture de ce 1er tome de 650 pages ! On plonge directement dans l'action, on est complètement concerné par ce qu'il va se passer.
Le lecteur pénètre dans un monde inconnu mais qui est pourtant le sien, mais son statut d'Eveillé lui permet de découvrir une réalité sombre et inattendue. Il possède désormais la Vue qui lui permet de voir les Streums (ou Daedalos) étranges créatures, comme tout droit sorties de cauchemars. En réalité, des êtres venus du Sidh, vivants dans l'En-deçà et se rendant régulièrement à la Surface, c'est-à-dire chez nous. Mais qui sont les Daedalos, que veulent-ils, comment sont-ils arrivés là, c'est l'ensemble de ce premier tome qui va nous l'apprendre.
Le lecteur va croiser d'autres personnages, des Dormeurs, les humains normaux qui n'ont pas reçu la Vue à la naissance ou qui ne l'ont pas (encore) ; la Vigie, des Éveillés qui recueillent les nouveaux, sa fonction est détaillée dans le roman, principalement défendre la Surface et ceux qui ne font pas partis de la Vigie. le lecteur découvrira la création de la Vigie, les Piliers (membres fondateurs), les Chasseurs, les Colombes, notamment grâce au Codex Metropolis que la Vigie fait lire à chaque nouvelle Recrue.
Voilà ce qu'on peut dire de la mise en bouche, parce que là, vous ne trouverez que les grandes lignes, des 50 ou 100 premières pages !
On est projeté à la suite de Camille, une recrue qui veut devenir Chasseuse, elle a un but bien précis et fera tout pour y parvenir ; et de Vincent, un professeur quadragénaire qui a perdu sa famille et qui cherche des réponses, et enfin, on découvre le Marchand de sable, un tueur ( ?) que traque la police locale mais qui ne laisse aucun corps derrière lui, sinon un tas de sable noir ensanglanté …
La forme, la structure du roman permet au lecteur de ne pas crouler sur un flot d'informations mais de ne pas manquer non plus de données pour comprendre l'histoire. 3 façons de procéder ont été choisies par Anthelme Hauchecorne, 1/ suivre Camille, Éveillée, Recrue, 2/ suivre un autre Éveillé Vincent qui a écrit des notes régulièrement comme une sorte de journal intime (écriture italique sur fond grisé) et un Codex (pages grisées), guide pour toute jeune recrue de la Vigie. On découvre donc les choses au fur et à mesure, les 3 styles en alternance, avec des chapitres courts qui donnent beaucoup de rythme au récit.
Le moins qu'on puisse dire c'est qu'Âmes de verre dispose d'un fond riche, dense et original, une histoire travaillée, construite sous forme de puzzle dont le lecteur remet le dessin original en place au fur et à mesure de sa lecture. On va de découvertes et rebondissements. Mais attention même si de prime abord, ça peut sembler complexe, la forme du roman et le talent d'Anthelme Hauchecorne permettent une lecture aisée, passionnante et addictive. On a envie de découvrir les tenants et les aboutissants, les pages se tournent toutes seules, le lecteur est captivé, happé dans l'univers Ô combien bien développé par l'auteur. Une mythologie précise, une inspiration celte, un mélange de nos angoisses et de légendes urbaines, donnent un roman original et fort, une magnifique fantasy urbaine travaillée et entrainante.
Les personnages sont détaillés, on découvre leur passé, leurs secrets, leurs angoisses, leurs espoirs. On s'attache à Camille, cette jeune recrue qui cherche à la fois à se faire une place dans la Vigie et à poursuivre son chemin et son but. C'est un personnage féminin comme j'aime en lire, elle est parfois dépassée par les événements, mais elle est combattive et pleine de ressources, on est loin d'une jeune fille fragile et godiche mais elle n'est pas sans faille, ni faiblesse. Grâce à elle, on découvre le coeur de la Vigie et ses principaux membres. On découvre aussi les oppositions entre ces membres, les aspirations de chacun. Et on est quasi-constamment en mouvement, dans l'action,…
Vincent est étrange, perturbé et perturbant, on découvre son passé à travers son journal intime mais aussi à travers ses actes. Grâce à Vincent, on va en découvrir plus sur certains Daedalos, la vie des Éveillés hors de la Vigie, …
Avec les personnages d'Anthelme on ne sait jamais sur quel pied danser ! Et j'adore ça ! Les apparences peuvent être trompeuses ou complètement justes. Il faut creuser la surface pour découvrir la vérité. J'ai beaucoup aimé les personnages plus secondaires, que vous découvrirez, je vous laisse la surprise.
Comme le journal de Vincent, le Codex est pour le lecteur, une source importante de renseignements. (Anthelme faut le laisser dans le prochain même sous une forme différente !). Ce Codex Metropolis est un livre d'enseignements à destination de nouvelles recrues, rédigé par certains des Piliers, fondateurs de la Vigie. Ce codex nous permet d'en apprendre plus sur les créatures et sur le Monde. J'ai adoré lire ses passages, notamment parce qu'Anthelme fait écrire plusieurs Piliers totalement différents, avec des inspirations et des connaissances différentes et chacun a son style pour relater les événements ou les enseignements qu'il veut apporter. Loin d'être ennuyeuses, ces parties sont dynamiques, riches et parfois très drôles.
L'action du récit se passe à Lille (et en-deçà), et étant de la région, j'ai adoré retrouvé mes repères (le métro, les bâtiments comme l'Aéronef, les édifices, les quartiers, les rues, les places). Cependant, la vision de Lille est très sombre, remplies de misères sociales et de détresse latente. C'est vrai que c'est peut-être un peu comme ça, sous certains aspects mais rassurez vous les non-Nordistes, Lille a d'autres côtés (festifs, touristiques, économique…) positifs (faut venir visiter !). En tout cas, j'aime quand un roman se déroule dans mon coin ! J'ai beaucoup aimé aussi l'utilisation du patois lorrain (qui rappelle les origines de l'auteur), ça donne vraiment un plus au personnage qui l'utilise.
Qu'on soit en répulsion ou en extase devant certains personnages, la force d'Anthelme est de les avoir croqués à la perfection ! J'ai aimé détester certains personnages et j'ai aimé en adorer d'autres et j'ai hâte de les suivre de nouveau dans le tome 2. D'ailleurs un chapitre de ce deuxième tome est livré à la fin du roman, et il donne envie de continuer l'aventure !
Âmes de verre n'est pas qu'un tome d'introduction et de découverte de l'univers de l'auteur, on y apprend déjà beaucoup de choses, des mystères sont résolus, on en découvre d'autres (il se dessine les intrigues des tomes suivants). C'est vrai qu'il faut parfois s'accrocher pour une partie de l'intrigue, celle concernant le Requiem du Dehors (indiqué dans la 4ème de couverture) mais les différents points de vue permettent de relier les éléments ensemble et de comprendre son importance fondamentale à l'histoire. Certaines scènes peuvent être assez dures, mêlant sombre, glauque, sang et sueur. Mais chaque chose a sa place et son importance dans le récit.
En plus de tout ça, on découvre dans l'intrigue l'importance de la musique pour l'auteur. Certains passages difficiles sont bizarrement assez mélodieux, comme si on essayait d'adoucir les souffrances. En tout cas, l'intrigue en ressort encore plus originale. J'ajoute aussi qu'on sent toute une réflexion derrière cette histoire, un arrière-fond social ; une réflexion sur la vie, l'existence, sur la place de chacun, sur la politique sociale, sur la différence, sur l'indifférence,… On peut le lire facilement et on peut aussi réfléchir ^^
Le style de l'auteur est percutant, recherché et aisé, pas de lourdeur mais du vocabulaire, il appelle un chat, un chat ; la plume est tantôt belle, tantôt sombre, ce livre est comme un jeu de nuances, riche, je vous dis, riche ! Les personnages d'Anthelme ont une certaine gouaille, le style oral utilisé se fond bien dans le récit, pas vulgaire, mais qui sonne « vrai », ça m'a fait sourire d'ailleurs que les personnages les plus trashs ont le plus fin langage.
Vous l'aurez peut-être compris, si vous m'avez lu, jusqu'au bout, j'ai adoré ce livre, je l'ai dévoré (650 pages d'un moyen format, en écriture normale (ni « oui-oui » ni minuscule) en 1 semaine est une prouesse pour moi !), je le conseille à tous ceux qui veulent une histoire originale, inédite et très bien écrite (et qui fait réfléchir si on a envie ^^)). L'objet livre en plus est superbe, la couverture, l'intérieur, des illustrations N&B magnifiques.
Personnellement, j'ai eu du mal à décrocher, et je lirai avec plaisir la Tour des Illusions (qui m'attend dans ma PAL), il m'a été difficile de passer à autre chose après cette lecture.
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Allison
  21 mai 2014
Je tiens à remercier une fois encore Dup et Phooka du blog Book en Stock ! Je vous rappelle que si j'ai pu lire Âmes de Verre, c'est dans le cadre du Mois de Anthelme Hauchecorne, lequel finit bientôt. Dépêchez vous d'aller y faire un tour si vous voulez poser des questions à l'auteur ! Je poste ma critique du roman un peu tard, mais c'est que le fourbe a pris son temps pour arriver jusqu'à moi, à tel point qu'on a bien cru qu'il n'arriverait jamais. J'ai eu le temps de languir, de voir à quel point tout le monde avait adoré ses livres. J'ai pu aussi découvrir le sens de l'humour de l'auteur grâce à ses réponses sur le blog. En bref, je me suis jetée sur le livre à peine je l'ai eu entre les mains.

Et maintenant que j'ai fini Âmes de verre, je peux vous dire que c'est un coup de coeur ! J'ai tout simplement adoré ce roman que j'ai trouvé très bien écrit, passionnant et très original. Ne vous laissez pas effrayer par les 600 et quelques pages, vous serez happés par l'intrigue et elles défileront toutes seules sous vos yeux !

Si je dois absolument classer Âmes de Verre, je dirais que c'est de l'Urban Fantasy. À notre époque, mais imprégné de mythologie celte, de folklore féerique et de monstres de cauchemars. Plutôt lectrice de fantasy « pure et dure » j'ai pourtant été conquise et j'en redemande ! Même si je vais devoir prendre mon mal en patience, la suite arrivera vers fin 2015. Ça me laisse le temps de dévorer tous les autres livres de l'auteur, qui sont tous très haut dans ma wish list maintenant... Mais je m'égare. Laissez moi vous parler de l'histoire.

À Lille, ou plutôt sous Lille, vivent des créatures plutôt effrayantes, étranges et glauques. Pas de quoi s'inquiéter tant qu'elles restent sous vos pieds, mais elles aiment bien venir à la surface, histoire de grignoter un bout. Un bout de votre âme, par exemple. Invisibles aux yeux du commun des mortels, les Dormeurs, elles sont cependant bien perceptibles aux yeux de quelques élus, les Éveillés, qui ont acquis le don de la Vue. Comment acquiert-on ce don ? Si vous avez de la chance, c'est héréditaire. Sinon, ce sera dans la douleur et la peine, car la plupart du temps, le Don naît d'un traumatisme.

La majorité des éveillés vivent tous ensemble dans un squat organisé qu'ils appellent la Vigie. Si la plupart d'entre eux veulent juste chasser les Streums (monstres en verlant) d'autres ont un point de vue moins tranché sur ceux qu'ils appellent aussi les Daedalos. Si cela vous semble compliqué, ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas abandonné à votre triste sort. Tout au long du roman vous découvrirez des pages du Codex Metropolis qui rassemble tout le savoir récolté par les membres de la Vigie depuis sa création. Vous saurez donc tout ce qu'il faut savoir pour être un Chasseur digne de ce nom, et surtout, comment rester en vie.

En alternance aux pages du Codex, nous suivrons deux personnages principaux qui n'ont en commun que le Don de la Vue. Camille, jeune recrue de la Vigie, rêve de devenir Chasseuse à part entière. Une fois la promotion obtenue, elle pourra enquêter dans l'En-Deçà et accéder à des documents auxquels les recrues n'ont pas droit. Vincent, quant à lui, est un prof désabusé qui ne vit que pour la vengeance. Tous deux sont des Éveillés qui ont obtenus la Vue suite à un traumatisme, et tous deux ne vivent que pour obtenir réparation. Des personnages tout cassés à l'intérieur, des anti-héros auxquels ont a du mal à s'identifier mais qui ne peuvent que nous toucher. J'ai adoré leur coté sombre à tous les deux. Je vous laisse découvrir leurs histoires.

J'ai beaucoup aimé la structure du récit. Les informations vous sont données au moment où il le faut, et les pages du Codex qui sont elles aussi livrées au bon moment. On est complètement embarqué dans cet univers complexe est complet, original et déroutant. Sombre aussi, glauque et parfois un peu dérangeant. Il y a de la baston dans l'air, des tripes et du sang, alors accrochez vous bien. Les chapitres sont courts, entrecoupés d'extraits du journal de Vincent et de pages du Codex Metropolis. Tout est mis en oeuvre pour nous mener vers un point bien précis, en nous laissant enquêter de notre coté mais sans nous gâcher le plaisir de la découverte non plus.

Oui, car intrigue principale il y a, mais je ne vous en dirait qu'une chose : la musique occupe une place plus qu'importante dans l'histoire. J'ajouterais enfin que vous devez absolument vous procurer le livre sous son format papier, pour profiter pleinement des superbes illustrations qu'il contient. Elles apportent vraiment quelque chose au roman et sont d'une très grande qualité.

Je remercie à nouveau les éditions Midgard, Anthelme Hauchecorne et Book en Stock. Je suis ravie d'avoir participé au Mois de, je ressors conquise de cette lecture qui est un gros, gros coup de coeur. Je vous encourage encore une fois à aller lire les interviews de Anthelme, un personnage à découvrir ! Et bien sûr, je vous encourage à lire ce livre qui vous surprendra !
Lien : http://allison-line.blogspot..
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UnKaPart
  31 mai 2018
On entend dire ici ou là que George Romero a donné au zombie ses lettres de noblesse. Telle la mort, je m'inscris en faux ! Si tant est qu'on puisse écrire quoi que ce soit avec un engin pareil…
L'artisan du zombie, le vrai, faut aller le chercher au XIe siècle en Espagne. A l'époque, un certain Rodrigo Díaz de Vivar y Tagadatsointsoin tuait des Maures vivants. Une petite crevure opportuniste encensée par Pierre Corneille qui accuse pour le coup quelques lacunes en histoire.
Chacun l'aura deviné, la chronique du jour portera sur le Cid !
Ah ben non, vous allez rire, je me suis trompé de fiche.
Donc le Sidh.
Un cycle d'Anthelme Hauchecorne. Un monocycle, puisqu'il ne compte à ce jour qu'un volume : Âmes de Verre. Ou plutôt un grand-bi, avec la nouvelle Roi d'Automne qui clôt le recueil Punk's not dead.
Mais fi des considérations cyclistes, enfourchons nos petites reines – rhââ lovely – et direction la chronique ! Comme a dit Thésée au Minotaure juste avant l'épreuve de tricycle du Tour de Crète : en selle, moche-corne !

Une question, une seule : pourquoi le Sidh s'arrête-t-il à l'acte I ? Je sais bien que Midgard a mis la clé sous la porte, mais pourquoi aucun éditeur n'a repris le flambeau ni ressorti Âmes de Verre ?
Ce roman n'est pas bon, il est excellent ! Riche, inventif, bien écrit, capable de (re)trouver son public en cas de réédition (en clair, y a du pognon à la clé, foncez !).
Même si la tétralogie prévue s'est arrêtée, contrainte et forcée, au tome 1, je conseille de se plonger dans Âmes de Verre ! Ecumez les bouquinistes, sortez le Necronomicon et invoquez Chimène “Je viens du Sidh” Badi pour qu'elle vous le ramène de je ne sais quelle bibliothèque perdue, tannez les éditeurs pour une réédition ! L-I-S-E-Z-L-E !

L'arc narratif global reste inachevé, mais le roman propose, autour de la quête du Requiem du Dehors, une histoire avec un début, un milieu et une fin. Un tout en soi, inclus dans un tout plus grand.
La trame principale suit Camille, recrue de la Vigie et apprentie chasseuse de monstres. En parallèle, un autre point de vue accompagne un Eveillé solitaire, Vincent, qui les as vus, parce que, quand on s'appelle Vincent, on est abonné aux cauchemars, au monde incrédule et aux raccourcis que jamais on ne trouve.
N'ayant pas pour habitude de raconter les bouquins, je n'entrerai pas dans les détails de l'intrigue, qui tourne autour d'un morceau de musique maudit. Je résumerai en disant qu'il y a tout ce qu'on attend d'une bonne histoire : action, suspens, tension, coups de théâtre, rythme. Rien à redire, Hauchecorne maîtrise la narration.

L'ensemble est entrecoupé de documents qui présentent l'univers d'Âmes de Verre, décrit par ceux qui y vivent (et parfois y meurent). On sent l'influence du jeu de rôle dans ce découpage qui mélange les règles du jeu et les encarts de background. Une idée bien pensée, qui permet au lecteur de découvrir au fur et à mesure, sans devoir se taper d'entrée un énorme exposé de présentation.
La richesse de l'univers vaut les Terres du Milieu, le Disque-Monde, Lankhmar. Je n'ai pas pour habitude de balancer du chef-d'oeuvre à tout vent, mais là, c'est indéniable, Âmes de Verre appartient à cette catégorie.
L'urban fantasy d'Âmes de verre laisse tomber les vampires aux prises avec les loups-garous et les anges en guéguerre contre les démons. A trop surfer sur la mode, une bonne part du genre s'y est cantonnée et tourne en rond. Plutôt que ressasser les mêmes histoires des mêmes bêbêtes, Hauchecorne a ressorti des limbes l'énorme bestiaire du folklore et pioché dedans quelques créatures capables d'en remontrer à Nosferatu. Entre les mains d'un bon auteur, un simple croquemitaine caché sous le lit vaut toutes les légions infernales de Pandémonium (cf. Stephen King).
Créatures et humains ont besoin d'un décor pour s'ébattre (et se battre tout court). La ville de Lille sera leur terrain de jeu. Très proche de celle qu'on connaît, au détail près qu'un monde souterrain s'étale… euh… ben en dessous, c'est le principe du souterrain. Ce monde dans le monde s'appelle l'En-Deça, mélange de féodalité, d'île de la Tortue, de zone franche, de champ de bataille entre bandes rivales. Avec un trait particulier en plus : la réalité y est poreuse. Telles des portes sur les enfers, certaines zones ouvrent vers une autre dimension, peuplée de créatures fabuleuses (les Daedalos ou Streums – verlan de “monstre”). Cet autre monde est le Sidh, qui n'a rien de cornélien. Un nom celte, chacun l'aura remarqué, puisqu'on a tous en nous quelque chose de t'es né celte.
Un décor foisonnant, très imprégné de culture celtique (et très bien expliqué pour les néophytes sur le sujet, pas besoin d'un doctorat en histoire et archéologie de l'âge du fer). Voilà de l'urban fantasy inventive et originale, qui ne se limite pas à son genre et s'offre des excroissances dans un tas d'autres (polar à travers l'énigme du tueur en série appelé le Marchand de Sable, cyberpunk dans l'évocation de Machine et ses prothèses mécaniques, thriller politique dans ses intrigues de couloir, steampunk, fantastique…).

Et les humains dans tout ça ? La plupart sont des êtres ordinaires comme vous et toi, des Dormeurs. Une poignée d'hommes et de femmes ont reçu un don de double-vue qui leur vaut le nom d'Eveillés et leur permet de repérer les Streums, invisibles au commun des mortels. Les Eveillés ne forment pas bloc, quelques-uns vivent leur vie en surface, d'autres magouillent dans l'En-Deça avec n'importe quelle faction pourvu qu'il y ait du pognon à la clé (des humains, quoi). Certains enfin rejoignent la Vigie pour veiller au grain et combattre les Streums.
Si tu t'attends à du manichéisme hollywoodien en mode gentils humains contre méchants monstres, détrompe-toi. La Vigie, on la découvre très humaine. Là où beaucoup te montrent un groupe soudé contre l'adversaire, avec au pire quelques prises de bec entre personnalités fortes, ici on en est très loin. On s'attend à une communauté anar bon enfant… et on met les pieds dans une démocratie moderne. La base n'a son mot à dire sur rien. Les dirigeants sont plus occupés par les querelles idéologiques et les luttes de pouvoir que par les affrontements avec l'ennemi du dehors. Aucune concorde rousseauiste n'anime ce groupe. Au contraire, il se divise en deux clans aux vues antagonistes élevées en dogmatismes. Sans parler des motivations individuelles pas toujours raccord avec la philosophie globale, guidées parfois par de bonnes intentions, le plus souvent par l'orgueil, l'appétit de pouvoir, le fanatisme… Une poudrière à deux doigts de péter. Bref, des gens, avec tout ce que cela implique de désunion. L'animal politique d'Aristote dans toute sa splendeur : les humains se sentent obligés de vivre en groupe, parce qu'on ne peut pas se foutre sur la gueule tout seul dans son coin.
Une des grandes réussites d'Âmes de Verre est là : dépasser le clivage basique gentils/méchants et les clans monolithiques insipides. Un édifice complexe présenté avec une grande clarté par l'auteur, on ne se sent jamais paumé à se demander qui est dans quel camp.

Hauchecorne ne serait pas Hauchecorne s'il se contentait de raconter une histoire. Tu l'auras compris au paragraphe précédent : la richesse thématique vaut celle des éléments romanesques.
Âmes de verre te parle de l'autre, donc de toi par contrecoup. La guerre entre Vigie et Streums pourrait n'être qu'un récit de castagne mais Hauchecorne n'aime pas écrire sur rien. Tous les personnages du roman, dans un camp ou l'autre, sont monstrueux à leur façon, par essence, nécessité, ignorance ou aveuglement.
Sans t'assommer de discours interminables, prétentieux et/ou pontifiants à la BHL, Âmes de Verre t'invite à une réflexion sur la différence, la monstruosité, la marginalité, le dogmatisme, la manipulation, le fanatisme…

Une histoire, un univers, une mythologie, une ambiance, des idées fortes, c'est bien beau, encore faut-il savoir les enrober. Et là, chapeau l'artiste !
La plume de Hauchecorne mélange classique et baroque, punk et poésie, registres courant et littéraire. Chez d'autres, le résultat serait un salmigondis imbitable, précieux, ampoulé, bancal… une plâtrée immonde digne d'une tarte aux fraises de dame Séli, impossible à avaler pour le lecteur (symptôme qu'on appelle en anglais le Reader's indigest).
Le gars Anselme a su se créer un style. Quand il aligne les mots sur le papier, il n'oublie pas leur dimension orale. Les sons forment une partition, la “petite musique” si chère à Céline. le cachet d'Âmes de Verre – et des autres textes de Hauchecorne que j'ai lus – tient à cette musicalité qui ajoute aux mots bruts une dimension supplémentaire : l'élégance.

Âmes de Verre se hisse en première place de mes Hauchecorne préférés devant Journal d'un marchand de rêves. le Journal est un poil meilleur au plan technique, logique puisque l'auteur a eu le temps de bosser et de la peaufiner. Mais Âmes de Verre m'a davantage parlé, par son questionnement, son cadre lillois (où j'ai vécu une vingtaine d'années), son souffle plus ample (projet en quatre volumes, du souffle, il en faut). Les deux sont excellents, le reste n'est qu'affaire de subjectivité.
Maintenant, il ne reste plus qu'à faire comme Cthulhu : de attendre et rêver (qui a dit "de la plongée sous-marine" ?). Rêver au tome 2 du Sidh : L'En-Deça.
Lien : https://unkapart.fr/ames-de-..
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Soleney
  30 juillet 2015
Voilà un an et demi que ce livre trône dans ma bibliothèque sans avoir jamais été lu. Je voulais attendre que le tome 2 paraisse avant de le commencer (parce que je déteste attendre une suite), mais la fin prochaine du challenge Pavés m'oblige à me jeter à l'eau malgré tout !
Et comme je ne sais pas par où commencer ce billet, je démarre bêtement avec l'histoire. Dans ce premier volume, sous nos nez de d'humains normaux, se déroule une guerre sans merci entre les Daedalos (aussi appelés Strems, créatures invisibles et souterraines qui se nourrissent de la joie de vivre des hommes), et la Vigie, organisation constituée d'Éveillés (des gens qui sont capables de voir lesdites créatures). le personnage principal est Camille, une Recrue qui a juré de retrouver son enfant disparu. Suite à des événements fort malencontreux, la jeune fille est contrainte de passer un pacte avec un Daedalos – petit détail qui lui vaudra au mieux l'exil, au pire la mort s'il venait à se faire savoir. Car, pour les Chasseurs de la Vigie, tous les Strems sont bons pour devenir de la chair à pâtée. Leur adresser la parole ou se laisser aller à respirer le même air qu'eux est un crime. Ce sont des monstres.
Mais plus l'histoire avance, plus on se dit qu'ils ne sont pas si horribles que ça...
Ce n'est pas un scénario très original, je vous l'accorde. L'idée d'une guerre secrète est vue et re-revue, dans la littérature comme dans le cinéma (ne serait-ce qu'avec le genre bit-lit, ou bien les histoires d'anges et de démons à la Mortal Instruments). Mais c'est un curieux roman fantastique que celui-là. Non pas vis-à-vis de l'histoire, mais plutôt de son traitement. Anthelme Hauchecorne se sert d'un humour particulièrement glauque et de personnages très ambigus, et les détails macabres ne sont pas épargnés – je dirais même qu'ils sont pointés avec moquerie. Mais après tout, nous sommes en guerre, n'est-ce pas ? Une guerre qui, bien qu'elle se doive de rester secrète, n'en est pas moins sanglante.
J'ai craint, au début de ma lecture, que tout ceci sente le manichéisme à plein nez. Les méchants monstres qui sucent l'âme des innocents doivent être éliminés pour le bien de tous. Mais non, car prétendre que la Vigie a pour but de protéger les Dormeurs serait un demi-mensonge : certains sentimentalistes le souhaitent, mais d'autres s'en foutent (ce qui les intéresse, c'est juste « casser du Strem »), et beaucoup nous méprisent, nous les stupides Dormeurs.
La Vigie n'est PAS une gentille organisation composée de héros au grand coeur façon Avengers. La plupart des Éveillés se croient au-dessus des autres : les Chasseurs – ceux qui sont au front – haïssent les Intellos, les chercheurs qui restent planqués dans leurs labos. Ces derniers, à l'inverse, estiment qu'ils n'ont pas assez de marge de manoeuvre ni de droit. Que leur point de vue, plus pacifique, devrait prévaloir sur la méthode « on cogne et on voit après ». Ce sont deux visions différentes de l'ennemi : les uns veulent tout détruire, les autres pensent qu'une paix humano-Daedalos est possible – ou bien regrettent que les cadavres qu'on ramène dans leurs labos soient disloqués et inutilisables...
La sauvagerie des Chasseurs fait froid dans le dos. Et pourtant elle n'est qu'un reflet de la violence que les Dormeurs sont capables de se faire subir les uns aux autres. Au point qu'on se demande si la véritable bestialité n'est pas dans l'humanité plutôt qu'en ceux qui se nourrissent d'elle. Intéressant retournement de situation.
Anthelme Hauchecorne a le mérite d'avoir une très bonne plume. Il joue avec les mots avec une aisance qui me rend jalouse, sait saisir une description en trois mots – juste assez pour la rendre piquante, humoriste ou macabre. Il a réussi à donner une atmosphère à son livre. Quelque chose de sombre et gore, mais aussi rempli d'un humour noir qui nous glace.
J'ai beaucoup aimé le fait qu'il glisse des références intertextuelles là où on ne les attend pas. L'Écume des jours, Les Fleurs du Mal, le Seigneur des Anneaux, Sa Majesté des Mouches, sont autant de références subtilement évoquées entre deux tueries^^ Et puis, son humour macabre est définitivement baudelairien.
Les personnages sont très intéressants car on ne sait pas quelles surprises ils vont nous réserver. Camille va-t-elle être trahie par le Craqueuhle ? Celui-ci est un étrange personnage, moqueur et sardonique, mais visiblement sensible. Joue-t-il la comédie ? Ne devrait-elle pas plutôt se méfier de ses camarades, parfois trop extrêmes ? Doit-on punir les Daedalos du fait qu'ils se nourrissent de l'âme humaine, ou les approuver parce que l'humanité est encore plus corrompue qu'eux ?
Dernière chose à savoir : la narration nous fait suivre deux personnages : Camille (vous la connaissez déjà), et Vincent, un enseignant d'histoire en lycée, et Éveillé malgré lui. Ce dernier cache un passé très sombre, et un secret encore plus noir dans sa panic room… Il est particulièrement ambigu, et plusieurs fois, je me suis demandée s'il était bon ou mauvais. Ni l'un ni l'autre, en fait. Tout comme Neith : les deux font la paire. Ils ont d'ailleurs une relation très spéciale, à la limite du sadomasochisme.
Pour finir, je parlerai de la présentation, qui a le mérite d'être originale. Il y a des dessins un peu partout dans le texte, représentant l'une ou l'autre scène qu'on vient de lire. C'est très agréable, d'autant plus qu'ils sont beaux ! L'histoire est parsemée d'extraits d'ouvrages : le carnet de Vincent et le Codex Metropolis. Ces extraits sont mis sur fond grisé (vieux et déchiré pour le Codex) pour symboliser le support papier et se distinguer du reste de la narration. Ça donne un petit côté authentique que j'ai bien aimé.
Les seules choses que je pourrai reprocher à ce livre sont les quelques longueurs qui parsèment le récit, ainsi que la confusion qui règne entre les groupes Intellos, Colombes et Indés (quoique ces derniers soient plus faciles à reconnaître)… J'ai mis une bonne centaine de pages avant de ne plus confondre ! Même encore maintenant, je ne vois pas bien ce qui différencie les Colombes des Intellos. C'est bien dommage, mais en comparaison de tous les avantages de ce premier tome, ce n'est pas très grave.
En bref : un livre à lire.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
TortoiseTortoise   23 avril 2013
Toutes les connaissances des Onze Piliers résident entre ces lignes. Hé, bas les pattes! C'est l'édition originale. On touche avec les yeux! Il y a du sang et des larmes sur ces pages.
Il y a des lectures qui vous changent à jamais, il paraît. Mais ce bouquin-là, il vous avale, il vous mâchouille et il fait des bulles avec votre cerveau.
Le CODEX METROPOLIS n'est pas exactement un livre, mais plutôt un capharnaüm de papiers divers, variés et avariés ; une pagaille de textes raturés, liés les uns aux autres par un égal mépris de l'orthographe, de la grammaire et par plusieurs kilos de colle industrielle. Un monstre de Frankenstein littéraire, cousu et recousu, aux pages tranchantes et à l'encre qui vous poisse les doigts.
Malheureusement, c'est encore la meilleure source d'informations pour qui espère survivre aux horreurs qui hantent les rues.
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AcherontiaAcherontia   12 janvier 2016
"Heureux de vous hoir (voir) alerte, très chère. Et combative. Votre fougue nous sera d'un grand secours. Car l'heure est grave...", dit-il en se levant d'un bond.
La créature fait les cent pas, soucieuse, insensible aux injures de Camille.
"C'est affreux! Atroce! Airoux (horrible)! Je devais vous en parler séance tenante..."
Chez Camille, la fureur cède la place à la curiosité. Elle le prie de chuchoter s'il veut éviter de rameuter la Vigie dans son entier. "Qu'y a-t-il de si... airoux?" demande-t-elle. Quoi que "airoux" veuille dire.
Le Craqueuhle, extrêmement nerveux, s'arrache des touffes de cheveux qu'il boulotte. Camille finit par lui tendre une canette à demi pleine de bière éventée, qu'il vide d'un trait. "Je rentre de la cafourette (planque) du Marchand de Sable, lâche-t-il. Je crois avoir percé le mystère de ses plans..."
Le Craqueuhle s'explique. Lors de son "entrevue" avec l'Ophiure, il est parvenu à lui extorquer des aveux. Elle lui a indiqué le lieu où elle avait dérobé son funèbre instrument. Alors il s'y est précipité et...
"Vous aviez l'adresse du Marchand de Sable? Et vous ne m'avez rien dit? s'insurge Camille, mezzo voce.
- Je désirais vérifier cette piste avant, plutôt que de vous barasser (inquiéter) inutilement. C'eût été dommage de gâcher votre temps. Vous et vos pairs en avez si peu, déjà. Ne me remerciez pas, voyons, c'est bon (bien) normal entre associés..."
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TortoiseTortoise   23 avril 2013
Enfin, parce que les races de Daedalos sont innombrables, leurs faiblesses le sont tout autant. Ne soyez pas surprise. Il est entendu que certaines armes (popularisées par la littérature et le cinéma) se sont taillé une réputation d'efficacité contre les créatures surnaturelles: ail, argent, eau bénite, feu, soleil... Mais quelle chercheuse minable je ferais si j'en étais restée à de telles évidences? La cuirasse de nos adversaires comporte bien d'autres failles. Me croiriez-vous si j'affirmais que certains Daedalos souffrent d'une allergie mortelle au beurre de cacahuètes, ou à la pâte de spéculoos? D'une intolérance létale au patchouli, ou à la musique country?
Ôtez vos oeillères et laissez vos préjugés aux vestiaires.
Quoi que vous pensiez savoir de nos ennemis, vous n'avez fait qu'effleurer l'épiderme de la réalité. Chaussez vos gants en latex. A mes côtés, vous en explorerez les entrailles.
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AcherontiaAcherontia   12 janvier 2016
Soudain, une plaie éclôt sur son front, une espèce de troisième œil aveugle, ouvert sur la grisaille de sa glande pinéale. La déchirure s'étend, écartelant ses chairs de l'os pariétal jusqu'au scrotum. Dans un terrible bruit d'éviscération, son champ de vision se divise en deux, selon une douloureuse symétrie, le long d'un axe vertical d'insondables ténèbres.
Le fossé entre son œil droit et son œil gauche grandit. Son corps s'écartèle en deux moitiés, à l'instar des battants d'une porte donnant sur l'inconnu. Des choses visqueuses tombent sous lui, des vestiges dont il n'aura plus l'usage.
Dans le miroir brisé des sanitaires, Paul jouit d'une vue imprenable sur sa mécanique interne, motorisation poisseuse et imparfaite. Entre deux coupes longitudinales de lui-même pend tout un câblage de tripes et de boyaux. Ses lèvres continuent de psalmodier le Requiem.
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MariejulietMariejuliet   13 mai 2013
Du glauque, du macabre, de quoi tirer de sa torpeur la glande de nos terreurs d'enfant. Repeupler les ténèbres de nos chers monstres, fouetter nos imaginations flasques. Vieux avant l'âge, morts avant l'heure, nous le sommes. Junkies quémandant leur obole d'horreur, un shoot de pure frousse sans additif, histoire d'épicer le quotidien fadasse. De quoi héroïser nos vies. Coûte que coûte, coupe que coupe, surseoir à l'ennui.
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Videos de Anthelme Hauchecorne (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anthelme Hauchecorne
Avec Mathieu Rivero, Anthelme Hauchecorne, Cindy van Wilder et Jim C. Hines Écoutez l'intégralité de la conférence sur : http://www.actusf.com/spip/Imaginales-2017-Conference-Ils.html
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