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EAN : 9782330129408
168 pages
Éditeur : Actes Sud (11/12/2019)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Une femme, épouse bourgeoise, mère de deux enfants, se réfugie régulièrement dans une mansarde pour lire le courrier qui lui est adressé. Or ce qu’elle trouve dans les enveloppes jaunes qu’elle reçoit dans sa boîte aux lettres, c’est, épisode après épisode, le journal qu’elle tenait du temps où, devenue sourde, elle était restée plusieurs mois cloîtrée dans une cabane au cœur de la forêt autrichienne, coupée de son mari et de son fils de trois ans.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
djathi
  20 mai 2016
C'est l'histoire d'une femme entre deux âges , mariée , deux enfants ,(seule la fille vit encore avec ses parents , l'ainé est déjà sorti du nid )qui vit péniblement entre deux "mondes" : celui du bas , avec son mari et sa fille et celui du haut qui correspond à la partie secrète de son être .
En bas , elle assume , péniblement son rôle de femme , de mère , et d'être à part entière, avec ce que cela implique d'engagement dans le monde ;
en haut ,dans sa mansarde , elle se réfugie dans son être intérieur et laisse courir librement son imagination à travers son "passe-temps" favori : le dessin !
En ce lieu de refuge , libérée des contraintes sociétales et du regard de l'autre , elle s'adonne à son activité artistique,au pouvoir salvateur pour son équilibre mental ......Un fil directeur obsessionnel dans sa créativité traduit par cette phrase laconique :
"Je voudrais peindre un oiseau qui ne serait pas le seul oiseau sur terre "
On aura bien compris que cette quête là , c'est la sienne : retrouver le contact avec le monde !
A travers un courrier qui lui est adressé régulièrement dans une enveloppe jaune , et dont elle va découvrir le contenu de façon "ritualisée" lorsqu'elle se retrouvera dans sa mansarde , on découvrira une partie de sa vie consignée dans ce journal intime qui lui revient par le plus grand mystère : dès lors le lecteur possèdera l'éclairage nécessaire pour appréhender le personnage dans toute sa complexité !
Ainsi on découvrira qu' un choc émotionnel survenu lors des premières années de son mariage l'ont rendue sourde .
Pendant plus de deux ans , sa vie s'est retrouvée en marge : reléguée au fin fond d'un coin de montagne par son mari , elle ne retrouvera l'ouie qu'à travers un nouveau choc émotionnel .........Lié à la rencontre d'un individu inquiétant , recherchant la surdité de cette femme pour verbaliser le poids de sa conscience : malgré le danger encouru par ce rôle de confesseur , cette relation lui devient nécessaire , la ramenant à reprendre une place "utile" dans le monde ! Un jour où le danger s'avère imminent , l'instinct de survie reprend le dessus et elle retrouve l'usage de son sens ! Elle s'enfuit ....laissant l'individu à ses tourments !
La vie reprendra son court , avec cette fracture qui la divise en deux , dans ses actes , ses pensées et sa notion de l'espace temps .
Sa vie d'en bas , mécaniquement réglée , ne laissant aucune place au vagabondage de l'esprit.....s'occupant avec acharnement à des tâches répétitives telle la scansion d'un mantra pour ne pas s'écarter du fil tenu qui la maintient dans les schémas névrotiques garde-fous , l'aidant à tenir en respect la folie qui la guette sournoisement tapie dans l'ombre .....avec un besoin maladif d'expier "la faute existencielle"! le style du livre s'accorde merveilleusement bien à cette rigueur drastique dans son rythme scandé , mécanique ! Les sentiments semblent inexistants , aucun affect , juste une énonciation de faits avec beucoup de distanciation :
Je décidai de réunir mes dernière forces pour combattre cet assombrissement , je courus à la salle de bain , remplis un seau d'eau, saisis une serpillière et allais m'agenouiller sur le parquet vitrifié du salon.Je ne pris pas le balai, je rampais sue les genoux pour netttoyer tous les coins que le balai n'atteint pas .Ce fut un grand bienfait car je cessai de penser .ce travail est merveilleusement astreignant , il faut se déhancher pour passer sous les armoires , pour déplacer les meubles ,le dos vous fait mal et les vous brûlent vous brûlent .Il n'y a rien de mieux pour les pensées importunes ."
Plus loin encore :
"Je chargeai les tapis sur mon bras et les remportai dans la maison.La matinée était vraiment finie .J'allais dans la salle de bain me laver la figure et les mains en me félicitant de mon travail.Je sentais bien que j'exécrais cette besogne mais je savais à quel point elle m'était nécessaire "
Et encore :
"d'un seul coup , j'eus très froid.Ce 'était pas surprenant car j'avais transpiré en battant les tapis et je ne m'étais pas changée.J'eus l'impression que je ne pourrais plus me lever .Je pensais alors à mon lit et me dit qu'il ne tenait qu'à mopi de m'y allonger .Mais cela aurait naturellment bouleversé tout mon système, il ne pouvait donc en être question."
A travers ces extraits , on prend conscience de l'extrême fragilité psychique de cette femme, de la culpabilité de vivre même ,et qui tente de garder contact avec la réalité par une discipline de fer qu'elle s'impose ....Hum, on n'est pas loin de PADRE PIO et des grands mystiques fervents pratiquants de l'autoflagellation !
Un roman glacé qui parle d'absence à soi , au réel , de l'impossibilité de communiquer , du poids du passé , du grand vide ou du trop plein de l'être intérieur .....de la solitude des êtres qui se tiennent sur le fil ....aujourd'hui on écrirait "borderline" !
Marlen Haushofer réussit brillamment à traduire cet état : à lire les jours de "positive attitude" !!!
Mais je suis encore sous le choc de ce talent pour exprimer les méandres du cerveau "fracturé" ......
J'ai adoré et j'entends bien continuer avec MARLEN HAUSHOFER
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fanfanouche24
  13 mai 2013
Une femme, épouse bourgeoise, mère de famille, se réfugie régulièrement dans une mansarde pour lire le courrier qui lui est adressé. Or ce qu'elle trouve dans les enveloppes, c'est, épisode après épisode, le journal qu'elle tenait du temps où devenue sourde, elle avait été reléguée par son mari dans une cabane, au coeur de la forêt autrichienne....
Les mêmes thèmes chers à Marlen Haushofer: la solitude, la peur, la difficulté de vivre, l'hypocrisie des relations, la solitude dans les rapports de couple...
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Lison67
  21 janvier 2017
Dans ce roman, on suit le quotidien d'une quinquagénaire mère au foyer dont les enfants sont adolescents voire adultes et vivent leurs vies de leur côté. le récit s'oriente principalement sur la vie de couple et l'entretien de la maison, entrecoupé de souvenirs soulevés par l'arrivée impromptue dans la boîte aux lettres d'extraits de journaux intimes de jeunesse de la narratrice, que cette dernière s'empresse de dissimuler dans un tiroir de meuble de la mansarde, sa pièce maîtresse, son atelier où elle vient régulièrement dessiner des oiseaux.
Le récit s'étire sur une semaine, le temps que chaque extrait de journal soit envoyé, lu et aussitôt détruit.
J'ai adoré le mur invisible, j'avais la sensation qu'il se dégageait une certaine sérénité de ce livre. A contrario, Dans la mansarde m'a considérablement angoissée et plusieurs jours après l'avoir terminée, cette lecture m'évoque encore un sentiment de malaise. le style magnétique du Mur invisible n'a pas opéré avec Dans la mansarde – les deux livres ont été traduits par des personnes différentes. Dans le mur invisible, le détachement émotionnel de la narratrice peut être perçu comme une force qui lui permet de survivre dans un milieu hostile, exempt de toutes relations humaines. La narratrice de Dans la mansarde présente ce même trait de caractère alors qu'elle est entourée de sa famille et de ses amis. Elle observe sa vie, son entourage, ses proches, avec un détachement quasi pathologique. Elle exprime régulièrement son absence de sentiments – ni haine, ni amour – son acceptation d'un ennui certain, cette routine incessamment répétée. La narratrice expulse sa rage sous-jacente dans les tâches ménagères de la maison qu'elle ne déléguerait à personne d'autre, quand bien même son mari lui proposerait d'embaucher un femme de ménage.
Toutefois, le discours lisse et presque monotone entraîne progressivement, suite à la lecture des souvenirs reçus par voie postale – on ne sait et ne saura jamais comment – , une discrète évolution dans la psyché de la narratrice.
Si les éditeurs d'Actes Sud estime dans la quatrième de couverture que Dans la mansarde est « le plus subtil et le plus abouti » des romans de M. Haushofer, à mon sens, il n'égale pas le mur invisible et s'apparente d'avantage mais de manière plus développée à Nous avons tué Stella.
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Baluzo
  26 février 2020
Une découverte pour moi. j'ai aimé l'écriture simple mais élégante, légère, illustrée de Marlen Haushofer et on se laisse porter par le récit de cette femme dont on ne sait pas bien finalement si elle est enfermée dans un carcan social d'une époque ou si elle vacille entre une vie normale et une légère pathologie . Et finalement peu importe car elle est bien attachante par ses efforts à se créer un monde autour d'elle qui lui permet d'aller du lundi au dimanche puis de repartir le lundi suivant....
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cathulu
  25 août 2019
Huit jours de la vie d'une femme de quarante-sept ans, du dimanche au dimanche, comme une ronde bien huilée en apparence. Son fils aîné a pris son indépendance, sa fille est en vacances à la neige, ne reste donc à la maison que la narratrice et son mari, avocat.
Leur routine fait partie du "système" que la narratrice a mise en place pour échapper à ce qu'elle appelle ses "pensées de mansarde", la mansarde étant "la chambre à soi" où elle dessine et réfléchit. L'espace où elle prend aussi connaissance des courriers qui arrivent quotidiennement, livrant  de façon morcelée des pages d'un journal intime d'une époque qu'elle estime révolue. Époque lointaine où elle est soudain et inexplicablement devenue sourde, ce qui lui vaudra un exil forcé, en forêt, dans une quasi solitude. Là, elle connaîtra une expérience intense, que chaque lecteur pourra interpréter à sa façon
Petit à petit, nous prenons ainsi conscience de la force souterraine qui anime cette femme et qu'elle annihile consciencieusement, se pliant à des rituels bourgeois auxquels elle n'adhère pas.
Paru pour la première fois en 1969, ce roman pourrait aussi bien se dérouler de nos jours tant il est moderne et embarque son lecteur dès les premières phrases.221 pages piquetées de marque-pages
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ledevorateurledevorateur   23 novembre 2019
Aujourd’hui je suis allée en forêt. Silence glacé et beauté. Rien ne me distrait, ni un craquement d’arbre ni le crissement de mes chaussures qui s’enfoncent dans la neige. Je me rappelle très distinctement ce frottement sec. Le silence me donne un sentiment d’irréel, j’ai l’impression d’être un fantôme qui vient hanter la forêt enneigée. Pas un seul animal en vue. Où sont-ils tous ? […] Quantité de mésanges et de pinsons viennent picorer sous ma fenêtre mais dans la forêt je n’ai pas vu un seul oiseau. Peut-être s’effraient-ils en entendant mes pas, il ne faut pas que j’oublie que je fais du bruit comme tout autre être humain.
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CarosandCarosand   14 janvier 2020
L'arbre s'élève et s'étale sur le fond du ciel, tel un dessin sur du papier de riz gris. Il a un côté un peu chinois. Si on le regarde pendant un long moment, tout du moins si je le regarde, moi, assez longtemps, il se transforme. Le ciel gris-blanc commence à se glisser et à s'arrondir entre les branches, il prend la forme de balles légères et bientôt l'arbre, qu'il soit acacia, aulne ou orme, le tient emprisonné entre la multitude de ses doigts gris-argenté. Si je ferme alors les yeux pour les rouvrir une minute plus tard, l'arbre est redevenu plat comme sur un dessin. Ce tableau ne m'apporte ni tristesse ni joie et je pourrais le regarder pendant des heures. L'instant suivant, la mystérieuse métamorphose recommence, le ciel s'arrondit et se prend dans les doigts aux lignes délicatement brisées.
Mais ce qu'il y a de plus merveilleux dans cet arbre, c'est qu'il peut absorber et éteindre les désirs. Non que j'aie encore des souhaits particulièrement ardents, mais je connais tout de même des inquiétudes, des désagréments et des accès de mauvaise humeur. L'arbre les extrait de mon être, les niche dans les fourches de ses branches et les recouvre de balles de nuages blanches jusqu'à ce que tout se dissolve dans la fraîcheur humide. Je suis alors vide et légère, je peux détourner la tête et me rendormir une demi-heure. Je ne rêve jamais pendant ce temps-là ; l'arbre, acacia, aulne ou orme, est un arbre scrupuleux sur lequel on peut compter.
Je lui en suis très reconnaissante car l'important est de rassembler des forces grâce auxquelles on occupera dignement le temps qui passe.
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Alice_Alice_   27 novembre 2018
Je gagnai même ma vie en illustrant des livres d'images, et en peignant des cartes. Je ne pouvais, certes, peindre que des plantes, des insectes, des poissons et des oiseaux, mais pour certains livres c'était plus que suffisant. Une fois, nous avions eu un pressant besoin d'argent et j'avais tenté de peindre en vain des cartes de Noël, mais les anges ressemblaient à un vol de chouettes et l'enfant Jésus à une carpe en papillote.
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fanfanouche24fanfanouche24   13 mai 2013
L'être humain doit parler, semble-t-il, s'il ne veut pas perdre la raison. Peut-être l'ai-je perdue depuis longtemps sans le savoir ? (p. 134)

J'aime bien la solitude dans une pièce pas dans toute une maison. Quand on a toujours la ressource de frapper à la porte voisine et de demander si l'on peut entrer quelques instants. (p. 121)

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CarosandCarosand   14 janvier 2020
Je savais que notre place n'était pas ici mais dehors, dans le monde, avec les voitures et les feux rouges, dans ce monde qui est bien le nôtre et que nous n'avons pu choisir. Mais dans cette maison, le calme et l'effacement crépusculaire du passé avaient la séduction inhérente à toute époque révolue, même si on trouve cette époque détestable ou horrible. Et si elle l'est, c'est bien parce qu'elle est si séduisante.
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