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EAN : 9782330130343
Éditeur : Jacqueline Chambon (08/01/2020)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Deux décennies sont passées quand une femme revient dans la maison où elle a vécu avec sa famille, qu'elle a abandonnée pour vivre sa propre définition de la liberté.
Elle ouvre une boîte qui la replonge dans son passé. Maintenant, et sans que celui-ci en soit conscient, elle est face à son fils...
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
hcdahlem
  10 février 2020
La double vie de Betty Russel
Après «Le mur invisible», voici un nouveau roman de Marlen Haushofer traduit par Jacqueline Chambon. Il nous offre le portrait d'une femme qui tente de se libérer de ses chaînes dans l'Autriche de la première moitié du XXe siècle
«En mai 1951, dans une petite cité autrichienne, un certain Anton Pfluger mourut dans un accident de voiture.» Ainsi commence le nouveau roman de Marlen Haushofer qui nous avait déjà impressionné avec le mur invisible. Ses héritiers constatent alors que la situation financière du défunt n'était pas aussi florissante qu'ils se l'imaginaient et son contraints de mettre en vente la demeure familiale. Betty Russel se présente alors. «Après être restée un assez long moment dans le jardin, elle dit qu'elle achetait la maison au prix que l'agent lui avait proposé. Toni dit qu'il allait faire rédiger un contrat de vente par son avocat. Elle expliqua en outre qu'il lui serait agréable que les anciens propriétaires continuent à y habiter.»
Cette étrangère, on va le découvrir bien vite, a en fait déjà vécu là. C'est son histoire que la romancière va dérouler, plongeant dans un passé mouvementé, comme une tentative de comprendre ses choix de vie, son incapacité à aimer, son envie de fuir.
C'est par petites touches, à partir d'objets et d'images que le roman est construit. Il aura suffi d'ouvrir un tiroir: «elle trouva un cierge de communiant, un petit cheval de bois, une pile de cahiers d'écolier et une boîte pleine de cartes postales et de photographies. le cheval de bois, elle le reconnut. Tout en le tournant entre ses doigts, elle eut peur d'éprouver de l'émotion ou du chagrin, mais il n'en fut rien.
La fenêtre était grande ouverte et, du jardin, montait l'odeur du foin. Betty se souvint de la jeune femme, qui, si souvent, s'était penchée la nuit à la fenêtre, les yeux pleins de larmes, émue, livrée sans force au parfum envoûtant de l'été.»
Des années qui ont suivi la première guerre mondiale jusqu'à 1951, l'entrelacs des souvenirs va nous permettre de découvrir une maison habitée par des femmes, «tante Sophie, tante Else, les domestiques et la vieille bonne d'enfants. Pour la petite fille elles étaient des géantes dans leurs longues robes et leurs lourds chignons roux, bruns ou blancs. Au milieu de ce gynécée, la petite Lisserl est tour à tour rebelle puis résignée, dissimulatrice puis triste. Et comme son chagrin n'intéressait personne, «elle devint alors polie, gentille et même un peu trop lisse.» Lisserl ou Élisabeth, on l'aura compris, est aujourd'hui Betty. Une Betty qui, sous la plume de Marlen Haushofer observe cette Élisabeth comme si elle était une autre personne qu'elle cherche à comprendre. Elle la «voit» durant ses années de pension, puis de retour auprès de ses parents accepter un travail de secrétaire puis trouver auprès de son employeur un mari. Mais c'est contre son gré qu'elle se conforme à ce modèle classique du mariage auprès d'un homme qui voit en elle surtout la mère de famille et la responsable de la bonne tenue de leur maison. Une vie de plus en plus confise et un sentiment d'inutilité s'installe qui ne trouvera pas d'exutoire avec un amant.
Si bien qu'elle choisit la liberté et laisse son mari, son enfant et son amant.
Une déchirure viendra qui ne lui permettra pas de trouver pas l'apaisement, un choix qui n'est qu'une nouvelle aliénation. Au moment de se retourner, elle va aussi dévoiler un secret de famille qui donne à ce roman de la double vie encore davantage d'intensité dramatique.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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mathildecotton38
  29 mai 2020
Une poignée de vies est le roman d'Haushofer qui m'a le moins plu et je pense que ce n'est sûrement pas avec celui-ci qu'il faut découvrir l'auteure.
Betty ou Elisabeth ou Lieserl (cette multitude de noms est significative) revient dans le village où elle a vécu 20 ans auparavant pour acheter la maison de sa famille. Elle loge une nuit sur place et dans sa chambre, elle découvre toute une série de photographies qui lui permettent de revenir sur les épisodes marquants de sa vie: son enfance, ses années dans un pensionnat tenu par des religieuses, son mariage...
Le roman présente bien des points communs avec Dans la mansarde ou le mur invisible. le sentiment d'étrangeté : quand on apprend le lien qui l'unit aux gens qui vendent cette maison on a du mal à croire qu'ils ne l'aient pas reconnue. Étrangeté aussi parce que Betty, comme les autres héroïnes de l'auteure, est une femme à part, qui place la liberté au-dessus de tout, même si cela ne la rend pas heureuse.
En fin de compte, c'est un roman intéressant pour ceux qui connaissent l'auteur et l'apprécient, mais passablement ennuyeux. Je me demande si ça ne tient pas au fait qu'il est moins universel que les autres qui sont plus symboliques. L'épisode du pensionnat par exemple ne parle plus à grand monde.
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MadameTapioca
  28 février 2020
Il y a bien longtemps que je n'étais pas autant passé à côté d'un livre et me voici bien ennuyée pour tenter de m'expliquer face aux amoureux de Marlen Haushofer.

Pourtant ça partait très bien.
«En mai 1951, dans une petite cité autrichienne, un certain Anton Pfluger mourut dans un accident de voiture.»
Le premier chapitre plante le décor, présente les personnages, l'écriture est fluide et très élégante, on perçoit une ambiance, un univers.
Et puis ça s'enlise….l'ennui arrive, en même temps qu'apparait le personnage principal, Betty Russel.
Un personnage tellement complexe que je ne l'ai absolument pas compris.
Aucune empathie, aucune émotion, même négative. le néant.
L'histoire de cette femme qui refait surface incognito après avoir décidé un jour de disparaitre, de quitter mari et enfant, aurait pu être forte et passionnante mais le récit était pour moi trop froid, sans relief.

Je crois que je n'ai tout simplement pas trouvé la grille de lecture.
La plume de l'auteure m'a poussé à tourner les pages jusqu'au bout mais j'ai traversé ce roman en pilotage automatique, absente à un texte qui ne faisant aucun sens pour moi.

Traduit par Jacqueline Chambon
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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ledevorateur
  27 janvier 2020
Quand j'ai appris qu'un nouveau Marlen Haushofer sortait, je l'ai tout de suite précommandé. Après avoir dévoré le mur invisible, après avoir adoré Dans la mansarde, il me le fallait !
Je m'y attendais : j'ai beaucoup aimé ce livre. Je crois que Marlen Haushofer et moi, c'est une histoire d'amour pour la vie. Pour le coup, je pense qu'un jour je la lirai dans le texte original pour voir quel effet ça me fait.
Mais revenons à Une poignée de vies : c'est l'histoire de Betty Russel. Une femme qui s'est toujours sentie incomprise. Elle a passé son enfance à se sentir aimée pour de mauvaises raisons, puis délaissée pour des raisons encore plus mauvaises. Elle n'a jamais vraiment rien ressenti de fort, de vrai, pour personne. Elle a vécu sa vie comme on regarde un film à la télé, sans s'investir plus que ça. Alors un jour, elle a quitté mari et enfant.
Le roman débute quand elle revient incognito dans la maison où personne ne la reconnaît. Elle trouve de vieilles photos et ressasse ses souvenirs.
Je me suis peut-être moins identifié au personnage principal d'Une poignée de vies qu'aux narratrices des autres livres d'Haushofer que j'ai lus jusque là. Mais il n'empêche qu'il y a des passages qui m'ont ébloui. Cette autrice a le don pour nous faire entrer dans la tête et dans la peau de ces femmes souvent seules, rarement heureuses, toujours incomprises.
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celestebrume
  03 mai 2020
Etrange histoire d'une femme du XXème siècle qui, de l'enfance à la maturité n'a jamais su au fond ce qu'elle cherchait, sinon un sens à sa propre existence, apparemment complètement vide de sens, de curiosité intellectuelle et de sentiment. Une extrême solitude, retranchée derrière un "mur invisible" et aussi infranchissable que celui, fictif, d'un précédent roman de l'auteur......
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   10 février 2020
À présent que son époux était mort et sa fille mariée, elle pouvait un peu se laisser aller. Plus personne n’était là pour lui dicter sa conduite. Elle pouvait manger les sucreries qu’elle aimait tant, rester chez elle en peignoir et, après le repas, s’allonger sur le divan avec un roman à l’eau de rose qui aurait provoqué les railleries de sa fille.
Le gentil Toni se gardait bien de la critiquer. Il lui apportait des fleurs et des confiseries et n’était pas irrité, à l’inverse de son père, lorsqu’elle invitait ses amies pour le goûter.
Il écoutait volontiers les derniers commérages, et faisait des remarques spirituelles et sans méchanceté ; elle trouvait donc qu’ils s’entendaient parfaitement.
Quand il lui proposa de licencier la bonne et de prendre à la place une femme de ménage, elle fut aussitôt d’accord. Elle se contenta de fermer les chambres inutilisées et de restreindre leur train de vie.
Quand elle lui avait demandé ce qu’il avait contre la bonne, Toni avait simplement répondu: "Elle dérange ".
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hcdahlemhcdahlem   10 février 2020
INCIPIT
En mai 1951, dans une petite cité autrichienne, un certain Anton Pfluger mourut dans un accident de voiture. En se rendant en ville, sans raison apparente il rentra dans un arbre, avec pour conséquence une fracture du crâne et des blessures internes. Il ne reprit plus conscience. On supposa qu’il avait été pris d’un brusque malaise. Quelques jours avant, Anton Pfluger avait fêté son cinquantième anniversaire, sans doute avec quelques excès. Dans les semaines suivantes on s’aperçut que la situation financière qu’il avait laissée derrière lui n’était pas aussi bonne qu’on l’avait supposée.
La famille Pfluger possédait, depuis plusieurs générations, une petite fabrique de clous qu’on pensait prospère. Quand survint l’événement, son fils, qui se prénommait aussi Anton, mais qu’on appelait Toni, était un étudiant de vingt-deux ans. Sans ces études il aurait pu lui aussi vendre des clous, mais pour le prestige et parce qu’Anton souhaitait vivre dans la grande ville on lui avait permis de fréquenter l’université.
Ce jeune homme, qui ne s’intéressait pas le moins du monde au commerce, se retrouva soudain dans une situation difficile. Finalement il abandonna la direction de la fabrique au directeur adjoint qui s’était consacré aux clous depuis l’enfance et dont on pouvait espérer qu’il gérerait honnêtement l’entreprise. Quelques mois avant la mort du patron, sa fille s’était mariée et elle, ou peut-être son époux, exigeait de toucher sa part d’héritage.
Après avoir pris conseil et pour éviter une mesquine querelle de famille, Toni décida de vendre la fabrique de clous pour pouvoir payer sa part à sa sœur.
L’étonnant, dans cette affaire, fut que la veuve se rangea du côté de son beau-fils au lieu d’être du côté de sa propre fille. Toni Pfluger, en effet, était le fruit du premier mariage de son père avec une femme, qui s’était noyée dans la rivière à l’âge de vingt-cinq ans. Une année après cet accident, Anton Pfluger avait épousé la meilleure amie de sa femme ; il n’aurait pu donner une meilleure mère à son enfant.
Pour une raison quelconque, Mme Käthe Pfluger avait toujours préféré son beau-fils à sa fille.
Le père, toutefois, s’était beaucoup plus occupé de sa fille que de Toni qui, comme sa mère, avait un caractère difficile et entêté et montrait de l’attachement à sa belle-mère. Il ne repoussa jamais ses tendresses puis, en grandissant, se montra plein de galanterie et d’égards envers celle qui, par sa beauté, sa blondeur et sa douceur, séduisait tous les hommes.
Souvent, en parlant avec lui, elle retrouvait clairement cette distance que sa mère avait toujours conservée dans toutes ses amitiés. De cette mère, il avait hérité ce don de faire croire à son interlocuteur qu’on se confie à lui, alors qu’on lui cache l’essentiel.
Après leurs échanges, Käthe se sentait un peu oppressée. Elle caressait les cheveux dorés de son beau-fils et oubliait ses propres préoccupations en retrouvant les grands yeux gris de son amie dans le fin visage du garçon. Elle ignorait que le sentiment qu’elle éprouvait n’était autre que le mal du pays, mais elle avait appris à ne jamais y penser et se hâtait d’oublier une pensée déjà éprouvée, qu’elle avait toujours été incapable de s’expliquer.
Elle avait au moins préservé l’entente familiale, pensait-elle avec cette bienveillance qui lui avait permis de supporter l’humeur grincheuse de son mari et le caractère récalcitrant de sa fille.
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ledevorateurledevorateur   27 janvier 2020
Elle aurait aimé marcher seule par une nuit d'hiver glaciale dans une forêt enneigée, être allongée sur une prairie d'alpage inondée de soleil, dans le parfum du thym, ou bien voguer sur un lac à grands coups de rames, en sentant la froideur des gouttes éclaboussant ses joues. Même l'idée d'une petite chambre d'hôtel glacée avait soudain quelque chose d'attirant, une chambre où l'on peut faire ce qu'on veut, dormir seule, lire la nuit, manger sans assiette, sans couverts d'argent et sans nappe, une chambre où l'on peut rire si on a une raison de rire et où l'on peut déchirer son mouchoir si l'on est en colère.
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MadameTapiocaMadameTapioca   18 février 2020
Elle avait un jour choisi la liberté, la froideur et l’indépendance, et cependant toute sa vie elle avait soupiré après la tendresse, la chaleur et la sécurité. Connaître cette ambivalence ne lui avait pas permis de la dépasser.
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hcdahlemhcdahlem   10 février 2020
Elle ouvrit le coffre, il était vide, les deux tiroirs du haut de la commode l’étaient également, mais dans le troisième tiroir, elle trouva un cierge de communiant, un petit cheval de bois, une pile de cahiers d’écolier et une boîte pleine de cartes postales et de photographies.
Le cheval de bois, elle le reconnut. Tout en le tournant entre ses doigts, elle eut peur d’éprouver de l’émotion ou du chagrin, mais il n’en fut rien. La fenêtre était grande ouverte et, du jardin, montait l’odeur du foin. Betty se souvint de la jeune femme, qui, si souvent, s’était penchée la nuit à la fenêtre, les yeux pleins de larmes, émue, livrée sans force au parfum envoûtant de l’été. p. 16
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