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Muriel Zagha (Traducteur)Pierre-Yves Pétillon (Préfacier, etc.)
EAN : 9782742769308
637 pages
Éditeur : Actes Sud (28/09/2007)
4.1/5   15 notes
Résumé :
Auteur de la célèbre "Lettre écarlate", Nathaniel Hawthorne est à la fois le père fondateur et un classique par excellence de la littérature nord-américaine. Lire ses Contes et récits, qui puisent pour la plupart leur inspiration dans l'histoire de la Nouvelle-Angleterre, c'est retourner doublement aux origines d'une nation qui, au moment de leur parution, avait à peine conscience de posséder une histoire propre, et ne savait pas encore que cette histoire, même réce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
dourvach
  09 mai 2020
Voici un Maître-Livre, au prix extrêmement modique [11,50 €] et aux richesses - littéraires et historiques - quasi sans limites...
"Contes et récits" à la fois légendaires et historiques, car seulement "inspirés" de l'Histoire - et peints toujours à hauteur d'hommes et femmes très ordinaires, pieds et âmes engluées dans la "Plantation du Seigneur" en Nouvelle-Angleterre : soit plus de deux siècles de récits terribles et poignants, s'étalant depuis le débarquement des colons du "Mayflower" [*], soit d'autour de l'année 1620 jusqu'en 1850, veille de la parution du merveilleux roman "La Lettre écarlate" ["The Scarlet Letter", 1850] - qui tira enfin son auteur de l'obscurité et devint ainsi l'un des "Classiques" américains les plus (justement) lus au monde...
Nathaniel HAWTHORNE naquit à Salem (Massachusetts) en 1804 et s'éteindra à Plymouth (New Hampshire) en 1864. Il est vu comme le principal "fondateur" du Roman américain et - tout comme Edgar Allan POE (1809-1849), qui admirait particulièrement son oeuvre de conteur - un des Maîtres de la Nouvelle.
Ce recueil comprend les dix-neuf morceaux suivants :
(1) "L'Esprit hanté" ["The Haunted Mind", 1835]
(2) "L'Arbre de mai de Merrymount" ["The May-Pole of Merry Mount", 1837]
(3) "Endicott et la croix rouge" ["Endicott and the Red Cross", 1838]
(4) "Le Doux Enfant " ["The Gentle Boy", 1832]
(5) "Le Champion gris" ["The Gray Champion", 1832]
(6) "Maître Brown fils" ["Young Goodman Brown", 1835]
(7) "La Sépulture de Roger Malvin" ["Roger Malvin's Burial",1832]
(8) "Le Voile noir du pasteur" ["The Minister's Black Veil", 1832]
(9) "Mon parent, le major Molineux" ["My Kinsman, Major Molineux",1832]
(10) "Histoire de Wakefield" ["Wakefield", 1835]
(11) "La Marque de naissance" ["The Birth-Mark", 1843]
(12) "L'Holocauste de la Terre" ["Earth's Holocaust", 1844]
(13) "L'Artiste du Beau" ["The Artist of the Beautiful", 1846]
(14) "La Figure de bois de Drowne" ["Drowne's Wooden Image", 1844]
(15) "La Fille de Rappaccini" ["Rappaccini's Daughter", 1844]
(16) "Ethan Brand" ["Ethan Brand", 1850]
(17) "Grand-rue" ["Main-Street", 1849]
(18) "Le Vieux Presbytère" ["The Old Manse", 1846]
(19) "Les Bureaux de la douane" [introduction à "The Scarlet Letter", 1850]
Célébrons ici l'excellente traduction de Muriel ZAGHA respectant tout l'esprit et la muscicalité, et, pour tout dire, le "classicisme" du ton hawthornien...
Bravo également à l'encyclopédisme de la très riche introduction de 37 pages due à Pierre-Yves PETILLON, qui resitue la place primordiale de l'oeuvre fictive que nous devons à l'humble "fonctionnaire des Douanes" promu tardivement "diplomate" (une sorte de Henry Beyle en exil)...
La littérature de HAWTHORNE a pris sa source dans la sauvagerie de ce "Nouveau-Monde", ignorant désormais les racines encore très "britanniques" de celles du new-yorkais Washington IRVING (1783-1859) et de James Fenimore COOPER (1789-1851) né dans le New-Jersey.
Notre préfacier semble cependant déplorer la moindre intensité des autres trois romans achevés, "La Maison aux Sept Pignons" [1851], "Valjoie" [1852] et "Le Faune de Marbre" [1860] ... qui succéderont à "La Lettre écarlate" [1850] et à ce tout premier chef d'oeuvre (incontestable) que forme le Corpus des "42 Contes et récits hawthorniens".... Comme si son auteur ne parvenait plus à retrouver le filon d'Or pur de ses toutes premières créations !
Quant au "morceau de bravoure" qu'est sa passionnante POSTFACE intitulée "La Nouvelle-Angleterre (1628-1776) " [pas moins de 89 pages], elle est une mine d'érudition et nous dévoile avec pédagogie tout le lourd contexte historique - au travers de faits et de personnages bien réels - formant la trame humaine de huit des premières nouvelles de ce recueil [allant de l'année 1628 pour la 2° : "L'Arbre de mai de Merrymount" à l'année 1773 pour la 9° : "Mon parent, le major Molineux"].
Toutes les années "d'archiviste obscur" (c'est-à-dire de "puisatier"ou de "creuseur de galeries") vécues par Nathaniel HAWTHORNE ont ainsi vu leur pesant de vérités humaines éclater, un jour, en pleine lumière...
" Quand la Légende dépasse la simple Histoire, imprimons la Légende ! " disait à peu de choses près, l'un des protagonistes - journaliste - du film "L'homme qui tua Liberty Valance" [1962] de John FORD...
_________________________________________________________
(1) "L'Esprit hanté" ["The Haunted Mind", 1835] est une très belle introduction invoquant fantômes et autres Mânes du Passé qui viennent régulièrement hanter les nuits de l'écrivain insomniaque en sa maison solitaire. Hawthorne eut des aïeuls qui maltraitèrent durement d'autres humains pour cause de "Foi" (c'est-à-dire de fanatisme)... [7 pages]
(2) "L'Arbre de mai de Merrymount" ["The May-Pole of Merry Mount", 1837] ressemble à une des plus belles scènes colorées du chef d'oeuvre cinématographique de Sergueï PARADJANOV, "Les Chevaux de Feu" [1965] : le "paganisme" s'y déploie autour d'un "arbre de Mai", simple pin décoré de roses sauvages et de rubans, sous lequel vont se marier "Le Seigneur de Mai" et sa Dame... Les cernent aimablement, les poursuivant de leurs rondes "endiablées" tout en poussant leurs cris gutturaux d'animaux : outre un ours apprivoisé, quelques saltimbanques londoniens, un ou deux Natifs amérindiens et autres vieilleux déchaînés, tous portant leurs masques ou peaux de cerfs, de loups, d'ours et autres atours de "sorciers" : toutes Créatures du "Wilderness" d'alentour... Mais ces "p..." de Puritains veillent autour et - comme on dit - "auront le dernier mot"... Rappelons le contexte de ce récit: "l'établissement d'une tête de pont à Naumkeag (Salem) en 1628." [16 pages]
(3) "Endicott et la croix rouge" ["Endicott and the Red Cross", 1838] met en scène le "Diable" en personne - tel un vieux fourbe de "Ben Laden" de l'époque : John Endicott, qui a "La Loi de Dieu" pour lui [Ah, l'imbécile !] Et alors ? Alors, pour "les autres", les mécréants, les déviants, les discuteurs, les contestataires, il y a... le pilori (pour les bras et la tête ou les pieds, ou le tout réuni), les oreilles tranchées, les narines fendues et brûlées, les pendaisons, la relégation sociale (comme généreux "Premier Avertissement" éventuel... ) : tout est permis et bon pour "faire respecter la Loi Divine". Ce fanatique ira jusqu'à arracher l'étendard à croix rouge qui relie encore "la" colonie de John Winthrop ( ... pardon : "La Plantation du Seigneur" !) à l'Angleterre "papiste" qu'il reniera et provoquera ainsi... On voit même passer dans cette nouvelle - préfigurant le chef d'oeuvre de 1850 - pour la première fois Esther Prynne (qui n'est pas nommée), fière porteuse de sa "Lettre écarlate", cet A majuscule qu'elle arbore sur son corsage, amoureusement brodé de fils d'or... le contexte en est " la "crise" de 1634 et la menace d'une reprise en main par la Couronne et l'Eglise anglicane" [P.-Y. P.]. [10 pages]
(4°) "Le Doux Enfant" ["The Gentle Boy", 1832] est un long morceau d'empathie qui - en s'aidant d'une (douloureuse) ellipse de quelques mois ou années - met en scène la très longue persécution des Quakers, ces Illuminés (pacifistes) par la Parole de Dieu - dont la philosophie semble très proche de celle des Cathares. Ni le petit Ilbrahim (vite perséucté par les autres enfants), ni sa mère biologique Catharine, encore moins ses deux parents adoptifs - le Puritain Pearson et sa femme Dorothy (dont le renversement de position sociale sera inscrit dans le Livre de leurs destinées, dès leur trop humain acte d'adoption de l'orphelin) n'auront véritablement de "chance", poursuivis très vite par la tenace, très pérenne, moutonnière & très noire bêtise humaine que le beau film "Agora" (qu'on pourrait rebaptiser "Intolérance") d'Alejandro AMENABAR a parfaitement illustré en 2009, autour du destin tragique d'Hypatie d'Alexandrie, devenue "sorcière" pour les Premiers Chrétiens (passant sans hésitation de leur ancien statut de "persécutés" à leurs tristes nouveaux privilèges de "persécuteurs"... ) Ah, saloperie de religions - comme autant de fantaisies bien humaines ! ... On apprend en toute fin du récit (fidèle au contexte de cette longue nouvelle) que cette " persécution des Quakers dans les années 1650" [P.-Y. P] s'atténuera puis s'interrompra du fait de l'intercession puis l'intervention des autorités britanniques. [43 pages]
(5) "Le Champion gris" ["The Gray Champion", 1832] est une page d'histoire où un vieil homme "ombreux"... et très ombrageux est capable d'apparaître devant une foule maugréante face aux soldats, gouverneurs et "collaborateurs" de l'Occupant. le "Champion gris" est susceptible de surgir ainsi, aussi bien des brumes écossaises de Water SCOTT que des rivages du "désert sauvage" de la Nouvelle-Angleterre défrichée : il surgit d'entre les morts, annonce le malheur, la bataille, harangue les Forts du moment (faibles de Demain) et donne du courage aux opprimés... puis il s'efface comme il est venu. le contexte historique : " la rébellion, en 1688, de Boston contre le gouverneur royal nommé par les Stuarts, rébellion qui anticipe de peu la Glorieuse Révolution anglaise" [P.-Y. P.] [12 pages]
(6) "Maître Brown fils" ["Young Goodman Brown", 1835] est une plongée dans le Salem-village de 1692 où naquit l'épidémie de convulsions chez les filles préadolescentes d'un pasteur : "Maître Brown fils" c'est un peu le jeune Nathaniel Hawthorne, fils et petit-fils de Puritains, dont l'épouse est nommée "Faith" (nommée "Foi") : le jeune homme embrasse sa jeune épouse pour se rendre bien imprudemment - à certaine date bien précise de l'année - à travers bois sombres et hululements de hiboux à la tombée de la nuit : il observe beaucoup et se rend compte que tout son entourage habituel de "bons chrétiens" de Salem a rendez-vous dans cette forêt nocturne pour pactiser - comme lui un moment - avec un homme qui a le pris le visage avenant et familier de son propre père et possède un fantastique bâton de marche, noueux, très flexible (tel un serpent) et même ailé à l'occasion... Nous sommes ainsi comme dans l'envers du décor (fantasmatique) de "l'Affaire" des fameuses "Sorcières de Salem" (Rappelons le contexte de "la période troublée de la fin du siècle, quand en 1692, la Nouvelle-Angleterre envoya à la pendaison les "sorcières" de Salem " [P.-Y. P. ]) et nous explorons - avec le héros tout à tour amusé, terrifié puis complice - comme "de l'intérieur", toute la psychopathologie de l'ambivalent et cruel Juge Cotton Mather : le conte est surprenant, réjouissant - et, sur le plan narratif, une complète réussite. Troublant, matière à mille réflexions sur le statut de ce que nous nommons familièrement le Réel, nous pensons qu'il s'agit non seulement d'un des sommets de ce recueil mais d'une perle rare dans la Littérature mondiale. [19 pages]
(7°) "L'Enterrement de Roger Malvin" ["Roger Malvin's Burial", 1832] est l'histoire d'une malédiction tapie dans les profondeurs du "Wilderness". Deux soldats, frères d'armes, tous deux grièvement blessés se trouvent isolés dans la grande forêt de zone-frontière des "guerres indiennes" ; le plus âgé, sentant l'appel de la mort, supplie son compagnon de ne penser qu'à sauver sa vie et de l'abandonner ; Roger Malvin mourra seul sur son lit de feuilles de chênes sèches ; Reuben Bourne, le jeune, finit par s'en sortir et épouse Dorcas, la fille de son compagnon décédé sans sépulture... Il ont un fils, Cyrus, chasseur intrépide... Ayant menti à son épouse par omission, une étrange tristesse né d'un terrible sentiment de culpabilité (son secret), s'empare peu à peu du jeune père rescapé dont la situation sociale décline. Les époux et leur fils doivent partir dans la forêt pour la "coloniser" : 18 années se sont écoulées tristement depuis la fin terrible de Roger Malvin ... le trio parvient insidieusement au point de départ de notre histoire où le cercle de la malédiction se refermera - un peu comme dans le fameux film "Ring" [1998] de Hideo NAKATA. On pense également au récit poignant "Into the Wild -Voyage au bout de la solitude" [1996] de Jon KRAKAUER (brillamment adapté par Sean PENN en 2007) et aux contes fantastiques inoubliables d'Algernon BLACKWOOD ("Le Wendigo", "Les saules", "Celui que les arbres aimaient"). le rappel historique des guerres indiennes" ("guerres" défensives des Natifs) par P.Y. PETILLON - en fin d'ouvrage - nous rappellera le processus d'ensauvagement des colons et autres conscrits, adoptant des rituels autochtones tels le scalp des Indiens qu'ils tuent : nous retrouvons là très précisément cette "Amérique qui s'est construite dans la violence" et est littéralement "née de la violence" : ce que montraient clairement des films aussi ambitieux que "Gangs of New York" [2002] de Martin SCORSESE, "Le Nouveau Monde" [2005] de Terrence MALICK et le "Hostiles" [2017] de Scott COOPER... "Roger Malvin's Burial" est donc l'autre sommet du recueil, d'une construction parfaite et d'une puissance évocatrice intacte. [27 pages]
(8°) "Le Voile noir du pasteur" ("The Minister's Black Veil", 1832) est présenté comme une allégorie. le nouveau pasteur, M. Hooper, se présente un jour à son office religieux avec un crêpe noir devant les yeux, ce qui met très vite mal à l'aise toute la congrégation de la bourgade de Milford... On pense qu'il est passé du côté des morts et leur parle sans doute (ou que les morts lui parlent sans cesse, ainsi qu'au jeune héros torturé du "Sixième sens" de M. Night SHYAMALAN), dans le secret de son Presbytère... Jusqu'au dernier jour de son énigmatique ministère, il s'accrochera à son bout de crêpe noir, désignant à tous l'insondabilité et l'inaccessibilité absolues de l'âme humaine. Conte désigné comme "parabole" par son auteur. [20 pages]
(9) "Mon parent, le major Molineux" ["My Kinsman, Major Molineux", 1832] met en scène un jeune provincial "débarquant" - depuis l'autre côté du fleuve - dans la cité alors en quasi-sécession de Boston (grosse bourgade commerçante où les navires sans cesse déchargent leurs précieuses cargaisons ou se laissent calfater au goudron) : bien loin de se douter que son supposé protecteur est devenu la victime d'un charivari qui finira - pour ce cher oncle de "major Molineux" sur une charrette et dans "le goudron et les plumes" de l'humiliation finale d'un bon vieux "Lucky Luke". Ce "pied tendre" de Robin Molineux nous évoque la naïveté sympathique du Wilhelm Meister de Johann Wolfgang GOETHE faisant là - pour ses dix-huit ans - ses douloureux "apprentissages" de l'existence. On retrouve ici un ton de belle ironie bienveillante déjà surprise dans "Maître Brown fils"... Comme le déclare l'aubergiste au nouveau-venu : "De la campagne, je présume, monsieur ?" [27 pages]
(10) "Histoire de Wakefield" ["Wakefield", 1835] est une histoire fantastique digne du talent de Jorge-Luis BORGES : pour l'emblématique et si énigmatique Wakefield 20 années d'absence à soi, pas moins, puis l'attirance d'un bon vieux feu de bois allumé par sa "veuve" et aperçu depuis la rue en son ancien domicile par l'exilé volontaire... "D'après une histoire vraie" comme on dit... Lu dans les journaux de l'époque et habitée immédiatement par l'imagination sans borne de HAWTHORNE - qui vaut absolument celle de POE, à la différence qu'elle nécessite son support d'archives ou de papier journal pour prendre dûment son envol... [13 pages]
(11) "La Marque de naissance" ["The Birth-Mark", 1843] est une nouvelle dans la veine d'E.T.A. HOFFMANN et du Honoré de BALZAC de "L'élixir de longue vie" mais aussi de "L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr Hyde" de R.-L. STEVENSON : une nouvelle autant fantastique que philosophique... Comment l'on peut tuer un être qu'on aime en recherchant obsessionnellement à l' "améliorer"... Aylmer l'alchimiste et son épouse Georgiana en sont les héros tragiques inoubliables... on notera la téléangiectasie en forme de petite main crochue et écarlate sur la joue de la belle et complexée héroïne annonçant par avance le destin tragique assumé de la belle Hester Prynne de "The Scarlet Letter"... [24 pages]
(12) "L'Holocauste de la Terre" ["Earth's Holocaust", 1844] est une nouvelle dans la manière du C.F. RAMUZ visionnaire de "Les Signes parmi nous" [1919] et "Terre du Ciel" / "Joie dans le ciel" [1921]... Il fallait un sacré culot à N. HAWTHORNE pour imaginer mettre les chaires des pasteurs et la Sainte Bible au sein des flammes de cet "Holocauste universel", vaste brûlerie conviviale organisée dans les plaines de l'Ouest américain... où l'on apporte ce que l'on veut... mettant en tas toutes les "tromperies éculées" avant d'y mettre le feu... Sa propre misère est bien tapie éternellement dans le coeur de l'Homme et après avoir fondu canons et étendards napoléoniens, puis la "Sainte-Guillotine" ou les potences dans les flammes, puis toutes les oeuvres de la Littérature mondiale depuis ses débuts, le serpent renaîtra... [27 pages].
[AT-TEN-TION !!! Vous trouverez la Suite & Fin de cette CRITIQUE en "Citations"...]
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
dourvachdourvach   23 juillet 2020
[AT-TEN-TION !!! Veuillez trouver ci-après la SUITE & FIN (part II) de notre CRITIQUE des dix-neuf "Contes et Récits" de Nathaniel HAWTHORNE et non point une "Citation" nouvelle de ceux-ci !! (Not' bon media "Babelio" ne laissant pas suffisamment de place aux terriblement-longues critiques telle ycelle-ci, certainement par trop détaillée...) ] :

(13) "L'Artiste du Beau" ["The Artist of the Beautiful", 1846] nous rappelle le "Pinocchio" de Carlo COLLODI : Owen Warland, un apprenti-horloger poursuit son chemin solitaire, à la recherche de la Beauté... Finissant par façonner, après des mois d'un labeur incompris, un papillon fait de cristal et de minuscules rouages d'horlogerie. Annie, l'amoureuse convoitée, au final, lui échappera et son petit enfant, rustaud, écrasera l'insecte miraculeux. Un conte extrêmement touchant, d'une perfection rare et d'une pureté infini et aux échos universels.

(14) "La Figure de bois de Drowne" ["Drowne's Wooden Image", 1844] est un éloge de l'artisanat démiurgique : un autre "artiste rentré" (tel l'horloger de l'Artiste du Beau") se cache derrière la figure et le ciseau d'un sculpteur sur bois. Un Capitaine lui passe une commande de figure de proue... Des semaines de travail dans le plus grand secret. Le bois a pris vie et sort sous les apparences d'une Dame ensorcelante au bras du Capitaine, sous le grand soleil du petit Port. La population s'agenouille... Les vertiges de du Monde de l'illusion, entre le "Pinocchio" de Carlo COLLODI et les films "L'illusionniste" de Neil BURGER et "Le Prestige" de Christopher NOLAN...

(15) "La Fille de Rappaccini" ["Rappaccini's Daughter", 1844] est une passionnante et parfaite histoire d'empoisonneuse innocente. Elle met en scène le Docteur Rappaccini, sa séduisante fille "cobaye" Béatrice ("enfant de la Nature", d'une certaine et terrible façon...), Giovanni Guasconti, son très jeune amoureux venu de Naples (futur étudiant en médecine)... et le Professeur Pietro Baglioni - ami de père de Giovanni et voyant trop clair dans les sournoises "Mabuseries/Jekylleries" de son cher Confrère... Soit quatre personnages réunis dans une dramaturgie "italienne" implacable particulièrement efficace. Quasi-unité de lieu d'un appartement obscur aux hauts plafonds donnant sur un jardin empoisonné entre les murailles de la vieille ville de Padoue. Sa chute au ton peut-être un rien trop mélodramatique... Mais quel classicisme d'écriture en ce très rafraîchissant "conte fantastique" !

(16) "Ethan Brand" ["Ethan Brand", 1850] est un récit fantastique qu'aurait aimé Howard-Phillips LOVECRAFT - et il nous semble d'ailleurs que la nouvelle est citée dans son célèbre Essai "Epouvante et Surnaturel en Littérature" (1927-1935/éd. posth. 1945) : l'ouvrier d'un four à chaux - un peu rustre - voit revenir d'entre les morts son prédécesseur ricanant le fiston du nouveau chaufournier prend peur ; il ne restera le lendemain matin que les ossements de l'apparition nocturne du Damné, retrouvés par son successeur au coeur du four : cette vision annonce certainement cette "mince couche de fine poussière d'un gris bleuâtre", motif ou "détail" pictural récurrent dans "L'affaire Charles Dexter Ward" de LOVECRAFT (1928/éd. posth. 1941) - comme un mystère allusif constituant le point d'orgue de deux des cinq chapitres de sa longue et célèbre nouvelle) ; un fantastique allusif qui évoque le pacte avec le Malin, lien ou plutôt noeud indémêlable, y compris par delà la Mort. Cette belle nouvelle fantastique aurait été l'amorce d'un roman jamais écrit...

(17) "Grand-rue" ["Main-Street", 1849] est un magnifique Diorama spatio-temporel de la Grand-Rue du Salem natal de l'écrivain ; on y passe de merveilleux moments de lectures ; les images mentales s'impriment fermement en notre psyché de lecteur ; la maîtrise du talent de conteur de Nathaniel HAWTHORNE est exceptionnelle ; les tableaux vivants s'enchaînent ponctués par de discrets fondus enchaînés très "cinématographiques"... On sent tout le long du récit la présence du Sauvage (le fameux "saltus") de la Forêt primitive, cadre de vie des premiers habitants libres du "Nouveau Continent", refoulés par la force brutale (physique et idéologique) des Puritains envahisseurs, ces Anglais sûrs de leur Bon Droit Divin face à ces "Sauvages" de "Païens" emplumés et au visage peint, très certainement démonolâtres... [Cf. "Le Nouveau Monde"/ "The New World" - 4ème opus du réalisateur Terrence MALICK, 2005]. On retiendra aussi que c'est "la publication de la nouvelle "Main Street", brève histoire de Salem des origines à l'élection du président whig [issu du Parti Républicain] Zachary taylor, qui valut - entre autres - son renvoi des paisibles bureaux de la Douane de Salem à notre Grand Ecrivain amateur...

(18) "Le Vieux Presbytère" ["The Old Manse", 1846] est un éblouissement ; on "habite" avec le sensible Hawthorne ce lieu au fil des saisons, entre verger, jardin et fraîcheur des vieux murs de cet "Old Manse" cher à l'auteur qui y a vécu trois années heureuses. Une évocation de ses solides liens d'amitié avec quelques artistes (les écrivains Emerson et Thoreau, entre autres)... Une précision atmosphérique digne des enchantements du grand Georges SIMENON (1903-1989). Une merveille "inactuelle" donnant un très fort sentiment de grande présence littéraire : sorte d'empreinte que laissa aussi derrière elle la "Maison Grandet" de Saumur dans l'un des plus célèbres romans du Tourangeau ,"Eugénie Grandet" (1834), chef d'oeuvre d'Honoré de BALZAC, lui fut antérieur et presque contemporain... Comme l'écrivait le jeune C.F. RAMUZ, en son Journal : "Il y a de véritablement jeune que l'éternellement vieux"...

(19) "Les bureaux de la Douane" [en guise d'introduction à "The Scarlet Letter", 1850] est le "making off" du premier roman de Hawthorne : en effet, "La lettre écarlate" n'aurait pu naître sans la découverte par l'auteur d'un "A" majuscule brodé dans un tonneau remisé dans une pièce abandonnée des "Bureaux de la Douane" de Salem où l'auteur a "bullé" (pour citer Coluche) trois années durant, correctement rémunéré comme "Inspecteur des Douanes" et entouré de bureaucrates méritants, âgés et particulièrement somnolents... Ce récit d'une soixantaine de pages [du moins dans cette édition] peut certainement décourager passablement le lecteur ou la lectrice de "La Lettre écarlate" : au lieu de figurer comme ici en "PROLOGUE" au roman, il aurait pu figurer en postface... Il contient tout simplement les secrets de fabrication d'une atmosphère (ici longuement dévoilés), soit un panorama des "arrières-cuisines" de l'écrivain, comme les nommait le bon Julien GRACQ qui - pour sa part - préférait ne pas les montrer...
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dourvachdourvach   10 mai 2020
« A tout prendre, monsieur le révérend, dit une voix semblable à celle du diacre, je préfère manquer un dîner d'ordination plutôt que l'office de ce soir. On me dit que des membres de notre communauté venus de Falmouth et au-delà s'y trouveront, ainsi que d'autres, du Connecticut et de Rhode Island ; sans compter plusieurs sorciers indiens qui, dans leur domaine, en savent aussi long en diablerie que les meilleurs d'entre nous. En outre, une accorte jeune femme doit être reçue à table.
– Tout cela est bel et bon, diacre Gookin ! répondit la voix solennelle et vénérable du pasteur. Eperonnons, ou nous serons en retard. Vous savez que rien ne peut être fait tant que je ne serai pas sur les lieux. »

[Nathaniel HAWTHORNE : "Young Goodman Brown" ("Maître Brown fils"), 1835, traduit par Muriel ZAGHA, 2007- éd. Actes Sud, coll. "Babel" poche, pages 141-142]
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dourvachdourvach   09 mai 2020
Il est vrai : avec le coucher du soleil, le dernier jour de gaieté s'était enfui de Merrymount. La ronde des masques joyeux était rompue et désordonnée ; le cerf baissait tristement ses bois ; le loup devenait plus faible qu'un agneau ; des frissons d'effroi faisaient tinter les grelots des danseurs mauresques.

[Nathaniel HAWTHORNE : "The May-Pole of Merry Mount" ("L'Arbre de mai de Merrymount"), 1837, traduit par Muriel ZAGHA, 2007- éd. Actes Sud, coll. "Babel" poche, page 61]
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Vidéo de Nathaniel Hawthorne
En 1845, Samuel Long, jeune esclave noir d'une vingtaine d'années, réussit à s'enfuir de la plantation de son maître, en Virginie. Après avoir emprunté, le « chemin de fer souterrain » – maillage de personnes qui, depuis les États du Sud, aident les esclaves en fuite à rejoindre le Canada, il arrive au lac Walden et se lie avec le cercle des philosophes transcendantalistes : Henry David Thoreau, Ralph Waldo Emerson, Nathaniel Hawthorne, William Lloyd Garrison et bien d'autres. À leurs côtés, il va alors tenter de se (re)construire et d'apprivoiser sa nouvelle condition d'homme libre.
Mais cette rencontre est également la confrontation de deux mondes : celui de Samuel Long fait de souffrance et de révolte, et celui des intellectuels blancs qui, s'ils soutiennent l'abolition de l'esclavage, se retrouvent néanmoins enferrés dans leurs propres privilèges et contradictions. S'en dégagent des portraits étonnants, et surtout très sensibles, de Henry David Thoreau et de ses confrères, à travers le regard de Samuel.
À retrouver en librairie dès le 6 mai !
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