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EAN : 9782844854483
48 pages
Allia (31/05/2012)
3.69/5   24 notes
Résumé :
Avec la première nouvelle de cet ouvrage, Wakefield, Hawthorne propose de reconstituer l’histoire d’un Londonien qui, prétextant un voyage, disparaît de chez lui, mais continue à vivre caché dans la rue d’à côté, sans que ni son épouse ni ses amis, qui le croient mort, ne le découvrent. Ce texte évoque la tentation – mais aussi le vertige – d’abandonner sa place dans le monde. Dans la seconde nouvelle, La Marque de naissance, Georgiana, belle et angélique épouse d’u... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique

"Histoire de Wakefield" ["Wakefield", 1835] est une histoire fantastique digne du talent de Jorge-Luis BORGES : pour l'emblématique et si énigmatique Wakefield, vingt années d'absence à soi, pas moins, puis l'attirance d'un bon vieux feu de bois allumé par sa "veuve" - aperçu depuis la rue en son ancien domicile par l'exilé volontaire... "D'après une histoire vraie" comme on dit... "Fait divers" découvert dans les journaux de l'époque et habitée immédiatement par l'imagination sans bornes de HAWTHORNE - qui vaut absolument celle de POE, à la différence qu'elle nécessite son support d'archives ou de papier journal pour prendre dûment son envol... Mais je n'en dis pas plus ! "Actualité" inaltérable de l'inactuel le plus pur, dont l'intérêt n'a pour nous - esthétiquement, donc littérairement - "pas pris une ride"...

Nouvelle - fort justement - reprise dans l'excellent volume des "Contes et Récits" [coll. "Babel", Actes Sud : 19 pièces maîtresses sur les 42 connues] de Nathaniel HAWTHORNE (1804-1864), ce pionnier-nouvelliste-romancier sans pareil (essentiellement connu pour "La Lettre écarlate" [1850], et à bien moindre degré pour "La Maison aux Sept Pignons" [1851]," "Valjoie" [1852] et "Le faune de marbre" [1860]... et aujourd'hui quasi-ignoré pour ses incroyables, fabuleuses, immortelles et inimitables nouvelles (dont Edgar Allan POE a inlassablement célébré la valeur)...

Ceci dit nous nous réjouissons grandement à la vue de "nos" pas moins de... 100 critiques babéliennes [à ce jour] de sa célèbre "Scarlet Letter" ! Disons qu'il est temps que la redécouverte de TOUT le Continent HAWTHORNE se poursuivre...


Lien : http://www.dourvach.canalblo..
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Quelle étrange histoire !

Ma libraire, à qui je racontais mon engouement pour le Docteur Pasavento de Vila-Matas et son culte de la disparition, m'a invité à lire ce livre en m'indiquant que, vu la brièveté de l'histoire et son absence de chèreté, je n'y perdrais guère.

Et il faut dire que c'est bien d'une disparition excentrique comme l'affectionnerait le docteur Pasavento que nous narre cet auteur du 19e siècle. Un beau jour, un mari s'en va en voyage, mais en fait de voyage, il s'arrête à la rue voisine de celle où continuera à habiter sa femme et il disparaît de sa vie.

La typographie est étudiée, s'agissant de disparition, car le livre débute en très gros caractères qui vont s'amenuisant jusqu'à la fin de l'ouvrage.

Je ne connaissais pas cet auteur. Intéressant.

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Il s'agit de deux nouvelles.

La première, Wakefield, raconte l'histoire d'un homme qui s'est caché pendant 20 ans (de sa femme et de sa famille) en se faisant passer pour mort. Je n'ai pas vraiment compris quel était le but de cette histoire. Ce n'est pas qu'il avait une vie plus intéressante à vivre... non, il vivait dans le quartier pour espionner sa "veuve". Un mot me vient à l'esprit mais ce n'est pas poli... ^^

La deuxième, La Marque de naissance, est beaucoup plus intéressante. Un scientifique épouse une femme très belle sauf qu'elle porte une marque de naissance sur sa joue. Cela a la forme d'une petite main. Au fil du temps cette marque a fini par l'obséder et est bien décidé à tout tenter (même à risquer sa vie à elle, bien sûr) pour la faire disparaître. Tiens... le même mot que tout à l'heure se rappelle à mon bon souvenir. Il n'est toujours pas poli!

Hawthorne qui aimait sincèrement et chèrement son épouse a quand même des drôles d'histoires à raconter.

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Un courte histoire, qui sera certainement difficile à oublier, un peu comme un fait divers marquant. On ne se sent guère le droit de juger cet homme : quel mal y a-t-il à quitter son logis sans rien dire et à habiter en secret de longues années dans une rue parallèle ? Dans l'édition du Chemin de fer, la traduction de Logé et Renaud est magistrale, extrêmement savante. Elle a son lot de subjonctif imparfait. La version anglaise de la nouvelle montre à quel point le texte est court.

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Qui n'a jamais pensé à sa disparition, imaginé son enterrement, l'oraison funèbre, la famille et les amis qui pleurent, ceux dont on aimerait qu'ils soient présents et ceux qui ne viendraient pas ou ne viendront pas ?

Nathaniel Hawthorne dans Wakefield, un court récit de 44 pages dans une édition mini, publié la première fois dans New England Magazine en 1835, explore cette idée, à partir d'un fait divers dont il a lu la narration et qui l'obsède depuis.

Wakefield, un homme simple et sans histoires, apprécié de son entourage, décide de disparaitre et de devenir l'observateur de sa vie sans lui, s'établissant secrètement dans une rue voisine de celle où son épouse vit désormais seule sans savoir qu'il s'absentera au-delà des quelques jours qu'il lui a laissé entendre..

Hawthorne nous parle de "délinquance maritale", "d'autobannissement", il rajoute :

"Chacun d'entre nous sait qu'il ne commettrait jamais une telle folie, tout en pressentant que certains en seraient capables"

La solitude transforme Wakefiel à tel point qu'il ne se reconnait plus lui même, et partant, plus personne ne le reconnaitrait, il est grisé par cette expérience, et en mesurant le chemin qui le sépare de son ancienne vie, il mesure aussi la longue distance qu'il devrait franchir pour y retourner, pour expliquer l'inexplicable, pour justifier l'injustifiable, le chagrin qu'il a causé sans aucune raison, la situation incertaine et indéfinie d'épouse-veuve à laquelle il a condamné sa femme.

Il n'a plus d'issue.

Je vous laisse le soin de découvrir la fin de ce récit étonnant.

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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation

L'esprit est bien vulnérable lorsque le sommeil, qui le plonge dans le monde de l'illimité, ne peut contenir ses spectres dans la sombre région de ses oscillations, mais les laisse entrer par effraction et remplir la vie réelle de secrets effrayants qui appartiennent peut-être à une vie sous-jacente. (La marque de naissance)

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Néanmoins Wakefiel passe ses idées au crible, aussi minutieusement qu'il le peut, et se découvre curieux de connaître l'évolution de la situation chez lui - de quelle manière sa femme exemplaire va supporter son veuvage d'une semaine ; et, un court instant, de quelle manière le petit cercle de créatures et de circonstances dans lequel il représentait un objet central, va être affecté par sa suppression. Une vanité morbide réside, par conséquent, au coeur de cette situation. Mais comment va-t-il atteindre son but ?

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La marque de naissance :

Dans la lumière du petit matin, Aylmer ouvrait les yeux sur le visage de sa femme et y voyait le symbole de l'imperfection. Le soir, lorsqu'ils s’asseyaient devant la cheminée, son regard se posait furtivement sur sa joue et contemplait, dans la clarté vacillante des flammes, la main spectrale où s'inscrivait le signe de la mortalité là où il aurait aimé trouver un objet d'adoration. Georgiana prit l'habitude de tressaillir sous son regard. Il suffisait d'un coup d’œil sur l'expression étrange de son visage pour que le rose de ses joues se transforme en une pâleur cadavérique, sur laquelle la main rouge ressortait d'autant plus intensément, tel un bas-relief en rubis sur le plus blanc des marbres.

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Puissé-je avoir un livre à écrire, plutôt qu'un article d'une douzaine de pages! Alors, je pourrais illustrer comment une influence, hors de notre contrôle, pose sa main puissante sur chaque acte que nous accomplissons, et en tisse les conséquences dans une étoffe de nécessité, dure comme le fer. (Wakefield)

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Au milieu de la confusion apparente de notre monde mystérieux, les individus sont tellement bien accordés à un système, et les systèmes accordés les uns aux autres, et accordés à un tout que, en s'en écartant un instant, tout homme s'expose au risque effrayant de perdre sa place à jamais. À l'instar de Wakefield, il peut devenir, pour ainsi dire, le Paria de l'Univers.

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Videos de Nathaniel Hawthorne (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nathaniel Hawthorne
En 1845, Samuel Long, jeune esclave noir d'une vingtaine d'années, réussit à s'enfuir de la plantation de son maître, en Virginie. Après avoir emprunté, le « chemin de fer souterrain » – maillage de personnes qui, depuis les États du Sud, aident les esclaves en fuite à rejoindre le Canada, il arrive au lac Walden et se lie avec le cercle des philosophes transcendantalistes : Henry David Thoreau, Ralph Waldo Emerson, Nathaniel Hawthorne, William Lloyd Garrison et bien d'autres. À leurs côtés, il va alors tenter de se (re)construire et d'apprivoiser sa nouvelle condition d'homme libre.
Mais cette rencontre est également la confrontation de deux mondes : celui de Samuel Long fait de souffrance et de révolte, et celui des intellectuels blancs qui, s'ils soutiennent l'abolition de l'esclavage, se retrouvent néanmoins enferrés dans leurs propres privilèges et contradictions. S'en dégagent des portraits étonnants, et surtout très sensibles, de Henry David Thoreau et de ses confrères, à travers le regard de Samuel.
À retrouver en librairie dès le 6 mai !
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