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Jean-Jacques Tschudin (Traducteur)
EAN : 9791030415919
48 pages
Éditeur : Allia (03/06/2021)
3.42/5   6 notes
Résumé :
"Ce que je voulais de ma pauvre sœur de misère, c’était lui demander quelles brutalités, quels actes vulgaires et honteux avaient commis sur elle les hommes montés jusqu’à ce jour dans cette pièce. Je voulais ensuite dénoncer l’horreur de leurs compor­tements et, faisant ainsi étalage de ma nature vertueuse, me glorifier à ses yeux. D’une petite voix, elle finit par me répondre :
– T’as envie d’savoir des tas d’choses sur moi, hein ? En ce moment,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Osmanthe
  07 juin 2021
En 1923, Yoshiki Hayama écrivait La Prostituée de sa prison de Nagoya. Militant syndical et de la cause ouvrière, il fut en effet victime de la répression des autorités nationalistes japonaises contre les idées communistes. Avant d'écrire, l'auteur avait déjà pas mal bourlingué dans des boulots difficiles et d'exploité, notamment sur des cargos. Ses écrits vont ainsi s'inscrire dans le courant de la littérature prolétarienne qui eu cours au Japon dans l'entre-deux guerres mondiales, dont le représentant le plus emblématique est Takiji Kobayashi et son célèbre "Le bateau-usine" (1929).
Il s'agit là d'une bonne nouvelle pour découvrir la traduction de cette période trouble du Japon, et cet univers, qui est toutefois rebutant. Car ici, on est aux antipodes du feel good et des petits raffinements qui font le Japon cliché d'Ito Ogawa par exemple ! le lecteur est plongé dans le royaume sombre de la misère, de la crasse et de la puanteur, de la maladie et du désespoir.
L'histoire est toute simple. C'est le récit d'un homme qui se remémore une aventure de jeunesse, quand il était jeune matelot, "encore vaurien et paumé" comme il se définit lui-même. Arpentant les quais dans son unique vêtement, sa salopette, trois hommes l'abordent et lui prennent son argent. Il se croit racketté, mais on le conduit bientôt dans un hangar délabré pour qu'il en profite autant qu'il veut. Mais de quoi ??? S'avançant dans ce lieu à chaque pas plus écoeurant, il découvre gisante ce qui ressemble encore plus ou moins à une femme, étendue nue à même le sol. Il la croit morte, elle respire, ils échangeront quelques mots...
L'intérêt de l'histoire, dont le premier chapitre nous immerge dans le parler des bas-fonds, est de nous faire sentir le combat intérieur de cette homme, luttant entre son désir sexuel instinctif, et l'apitoiement, l'envie de sauver cette femme, de faire preuve d'humanité, voire d'humanitarisme, avec l'arrière-pensée de se prendre pour un héros. Mais ce qui au départ semble une histoire de proxénétisme et de traite humaine est plus complexe, quand la victime n'a d'autre moyen de subsistance et que les exploiteurs ont eux-mêmes du mal à manger à leur faim...
Un récit rondement mené, à l'atmosphère très sombre, qui même si elle n'a pas l'ambition du bateau-usine et son intensité, nous fait réfléchir sur la terrible condition sociale d'un monde ouvrier impitoyablement exploité et éruptif à cette époque, et plus encore dans cette partie du monde.

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Labullederealita
  19 juin 2021
Hayama Yoshiki est un auteur de la littérature prolétarienne japonaise au même titre que Kobayashi Takiji, connu pour son roman le bateau-usine. La prostituée a connu la censure tant certains propos, certaines scènes convenaient pas au régime politique des années 20. L'auteur a rédigé ce texte durant un séjour en prison.
Dans cette courte nouvelle, un jeune matelot un peu paumé erre dans les rues de Yokohama, il se fait aborder par deux gars qui lui demandent s'il veut voir une prostituée, ils prennent son argent et l'emmènent dans un lieu insalubre. le jeune homme se laisse entraîner sans vraiment comprendre où il va, et ce qu'il va voir. En entrant dans cette pièce, il découvre, horrifié, une femme nue par terre dans un sale état. Il commence alors à débattre avec lui-même et s'ensuit un dialogue avec cette femme.
C'est un récit percutant, quand on est abandonné par le gouvernement, par la société, jusqu'où doit-on aller pour survivre? Et dans quelles conditions survit-on ? L'auteur est factuel, il n'est pas dans l'émotion, il nous expose juste l'histoire de cette femme et des hommes qui l'entourent. On voit aussi dans le texte les passages qui ont subi la censure. La traduction est très belle, le traducteur réussit particulièrement bien à retranscrire le parler populaire de ces pauvres gens.
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Fuyating
  07 juin 2021
Ce court récit est très intéressant et me permet de découvrir la littérature prolétarienne japonaise.
Le narrateur nous y conte sa rencontre avec une jeune prostituée, femme exploitée par les riches et qui essaie de s'en sortir avec son groupe d'amis, tous malades et usés par le dur labeur.
Nous y découvrons la prise de conscience du jeune homme de l'exploitation subie par les plus pauvres, son questionnement sur l'utilité de la vie et sur les raisons de l'existence si celle-ci est miséreuse.
Ce récit est d'autant plus fort quand on en connait les conditions de son écriture : l'auteur était alors en prison en 1923.
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dominica
  25 juin 2021
Une nouvelle très courte concernant une femme agonisante et malade dont certains hommes se serve afin de pouvoir subvenir a leur besoin ainsi qu' a ceux de celle ci.
Contre quelques pièces des hommes vous conduise auprès de cette femme mais celle ci est très sale et très malade, une nouvelle qui m'a déranger, dont je n'ai pas réussi a y trouver un quelconque intéressement.
Livre écrit par l'auteur en prison dans un but que je n'ai pas réussi a définir...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
NicolaKNicolaK   09 juin 2021
Ce n'est pas que je cherche à me justifier, mais je constate que, curieusement, sur cette terre, il y a infiniment plus de choses singulières que la plume se refuse à transcrire qu'il n'y en a dont elle accepte de rendre compte.
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