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Corinne Atlan (Traducteur)
EAN : 9782268053677
418 pages
Éditeur : Les Editions du Rocher (10/03/2005)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 26 notes)
Résumé :
1945. Yukiko rentre à Tokyo, dans un Japon dévasté, après plusieurs années passées en Indochine, comme secrétaire pour le ministère des Forêts. Elle espère y refaire sa vie avec Tomioka, employé du ministère avec qui elle a vécu une passion torride. Mais Tomioka, qui a retrouvé sa femme et ses enfants, n'est plus le même homme : malgré ses promesses, il n'a rien à offrir à Yukiko qu'une relation épisodique où la nostalgie a remplacé la passion d'autrefois...
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
dbacquet
  07 septembre 2020
Yukiko, après la défaite du Japon, est rapatriée d'Indochine, où elle avait été rattachée en tant que dactylo au ministère de l'Agriculture et des Forêts. Elle espère retrouver Tomioka, lui aussi revenu à Tokyo, un ingénieur agronome, dont elle est encore amoureuse. Mais Tomioka est marié. Au Vietnam, il eut aussi une liaison avec une servante. Les vicissitudes de l'après-guerre l'entraînent dans une sorte d'indifférence et de déchéance morale. Il rejette Yukiko et s'éprend même d'une ravissante jeune femme qui abandonne son mari pour lui. Il sombre de plus en plus dans l'alcoolisme et la misère tandis que Yukiko semble prête à tout pour le reconquérir. L'auteure Hayashi Fumiko fait le portrait amer du Japon de la défaite, de personnages ballotés par les événements et leurs sentiments. Un roman âpre, très fort, adapté au cinéma par Naruse.
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dourvach
  02 septembre 2016
Fumiko Hayashi (1903-1951) fut une exceptionnelle romancière : son "Nuages flottants" ultime (1950) est une oeuvre peinte à touches délicates, d'une exceptionnelle prose poétique qui nous entraîne dans le Tokyo et sa banlieue grisâtre d'après la défaite de 1945... dans le monde des souvenirs, aussi... Une femme face aux deux hommes "de sa vie" : vie dont elle a perdu le fil... L'adaptation cinématographique de cette oeuvre par Mikio Naruse fut également de toute beauté - dans son noir-et-blanc brumeux hypersensible. Un chef d'oeuvre, un "classique moderne" à découvrir, donc. Célébrant ici trop brièvement ce "Nuages flottants", on pressent qu' il s'agit là de littérature, avec cette place infinie laissée à l'imaginaire - fertilisation de l'imagerie mentale du lecteur. Pas de surlignage. Juste du sensible.
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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LePamplemousse
  24 août 2013
Un homme et une femme s'aiment...ou plutôt se sont aimés.
Car lui ne l'aime plus...
Et elle refuse de voir que cet amour n'existe plus.
Elle va s'enfoncer de plus en plus profondément dans ses souvenirs et cette passion va la dévorer littéralement, jusqu'à la briser.
Ce roman très poétique (comme bon nombre de romans japonais) nous laisse abasourdis, comme cette femme que la passion a totalement détruite. Une descente aux enfers magnifiquement décrite.
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IreneAdler
  18 mai 2020
Fin de la guerre, les colons japonais quittent les colonies françaises pour un retour bien peu glorieux dans la mère-patrie. Peu glorieux et bien difficile dans un pays occupé.
Et avec un amour défunt dont le fantôme est tenace : Yukiko et Tomioka n'arrêtent pas de se quitter. Et de se faire du mal. Présentant au lecteur un Japon très éloigné des images de retenue, de subtilité, d'épure qui font sa renommée. Mais plutôt un Japon pauvre, sale, offert au plus audacieux voire au plus malhonnête. C'est le Japon des bas-fonds. C'est aussi le Japon de ceux que l'on veut cacher et qui ne trouvent plus leur place: les démobilisés d'une guerre perdue et honteuse. C'est une peinture crue et sans concession d'un pays qui a quasiment tout perdu et dont les habitants sont déboussolés. Et le portrait d'une femme forte, dérangeante parce qu'elle refuse les cadres tout prêts de la société et qui essaye de s'inventer une place, un statut là où il n'y a rien. C'est une lutte de tous les instants. Et pourtant tous, lecteur comme personnages, que tout finira par passer. D'une manière ou d'une autre...
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lacazavent
  25 mai 2016
Un magnifique roman sur la guerre et l' amour, mais avant tout un superbe portrait de femme. L' histoire de ce livre c'est celle de Yukiko, une jeune fille sans histoire qui profite de la guerre pour quitter le Japon, muté au Vietnam, c'est là qu' elle va rencontrer l' homme autour duquel va tourner sa vie futur. Rapatrié dans son pays, elle n'attendra qu' une chose revoir son amant, seulement la passion amoureuse s'éteint, laissant la place à une attirance irrépressible, presque malsaine, difficile à vivre pour chacun. Ils se voient, ne se rencontrent plus, s'aide dans la pauvreté et les difficultés, se blessent volontairement ou non, ils céderont tour à tour au désespoir, mais jusqu'à la fin ils s'accrocheront l' un à l'autre.
Une très belle histoire qui m' a énormément touché, un coup de coeur malgré quelques longueurs du à des passages qui semblent se répéter.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   04 octobre 2015
Il continuait à boire, en grignotant les bouts d'oignons frais et les pousses de bambou qui parsemaient les nouilles refroidies. « Comme ma vie est pitoyable », songea-t-il, tout en commençant à se trouver comique. Tout le monde, se disait-il, croyait avec le plus grand sérieux vivre des tragédies répétées, mais il doutait que quiconque, depuis des milliers d'années, eût vécu une seule véritable tragédie, propre à enrichir l'humanité. La vie des hommes n'était qu'une succession de farces. Les hommes vivaient, le cœur tremblant, des comédies pleines de désordre et de confusion. Brandir le spectre de la justice était également une farce. Le bien et le mal ne pouvaient être que des bouffonneries. Les êtres humains vivaient en poussant chacun à l'extrême la logique qui lui convenait le mieux, dans une ambiance d'une drôlerie à pleurer de rire. C'est peut-être seulement devant la mort que, soulagé, on poussait enfin pour la première fois un soupir authentique.
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art-bsurdeart-bsurde   06 octobre 2015
Dans les vapeurs de l'ivresse, il oublia tout ce qui avait précédé son arrivée sur cette île, et l'illusion d'y avoir toujours vécu s'empara de lui. La pluie tombait de plus en plus drue, une véritable tempête. L'eau coulait à torrent dans les gouttières avec un bruit de percussion. Tomioka avait l'impression qu'ici, toute pensée devenait inutile, seule comptait la vie, dans ce qu'elle avait de plus brut. Il continua donc à boire sans penser à rien.
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kuroinekokuroineko   08 février 2017
Il oublia ensuite Dieu pour passer aux techniques permettant d'utiliser les êtres humains et leur aspiration au divin. Chez tous les êtres, expliqua-t-il, le désespoir durait plus longtemps que les brefs moments de bonheur. Tous les humains trébuchaient, tous connaissaient les tourments du désespoir. Les brefs moments de joie de la vie correspondaient à l'une ou l'autre des extases procurées par les désirs des sens, et la tâche urgente des nouvelles religions était d'utiliser ce besoin d'extase pour séduire les fidèles. Les hommes et les femmes se servaient de leur argent dans le but de satisfaire leur concupiscence. Donc, si l'extase religieuse parvenait à entrer aussi dans ce cadre, rien ne rapporterait autant d'argent que la religion, poursuivit-il comme s'il parlait d'un commerce.
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kuroinekokuroineko   08 février 2017
Dès qu'on se quitte et qu'on ne se voit pas pendant deux ou trois jours, on a envie de se revoir. Je suis toujours en train de penser à toi. Je te déteste ou je t'adore... C'est insupportable, d'être humain. Il faut laisser passer encore un peu de temps, et la sérénité finira sans doute par venir, mais...
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kuroinekokuroineko   17 novembre 2012
L'esprit humain était une chose si volatile et changeante, qui se transformait à chaque instant en fonction des miasmes de son environnement.
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