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Critique de tilly


tilly
  13 mai 2018
L'aquatinte titrée L'idole noire de Frantisek Kupka a enflammé l'imaginaire de Stéphane Héaume.

Un huis-clos à quatre dans un palais italien surdimensionné : un jeune garçon et sa mère, gouvernante, le maître des lieux vieillissant, un intendant-secrétaire sinistre et violent. Objet de convoitises, une Idole noire, gravure originale inestimable que Kupka avait offerte au châtelain alors qu'il n'était encore qu'un jeune assistant décorateur d'opéra au talent prometteur. Devenu célèbre et richissime grâce au cinéma, il a construit la fabuleuse demeure de ses rêves et s'y est retiré dans un isolement mégalomaniaque. Mais alors que la mort rôde autour du vieil homme, un sort étrange s'acharne sur ses rares visiteurs, que l'on retrouve un après l'autre mort noyé dans l'étang qui borde l'étrange palazzio.

Dans ce très court roman au charme vénéneux, plutôt une longue nouvelle, Stéphane Héaume fait naître des images et des sons avec ses mots, crée un envoûtement, un univers étrange, fantastique, un peu morbide et cruel, romantique et baroque. Des images, des sons. Il y a comme à Venise, une valse, la première et la dernière, celle que le jeune Hugo danse avec sa mère, jouée au piano par le vieux maître, et qui s'interrompt tragiquement. Des airs d'opéra (Le Chevalier à la rose, Rusalka, Rigoletto), des carillons, des boîtes à musique. Une longue ellipse, avant le final qui rappelle diaboliquement l'ouverture... toujours le même décor somptueux et oppressant, un autre vieil homme, avec à ses côtés un autre adolescent, celui-ci prénommé Edgardo (!)...

Stéphane Héaume a écrit l'histoire fantastique qu'Edgar Poe aurait imaginée si il avait pu contempler l'aquatinte inquiétante de Kupka (1871-1957) ; trois artistes, trois oeuvres, trois époques
Lien : http://tillybayardrichard.ty..
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