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ISBN : 2896626395
Éditeur : mortargne (01/09/2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Vous pensez que votre enfant souffre d'anxiété ? Alors ce livre est pour vous !
Que sont le stress et l'anxiété ? D'où proviennent-ils et pourquoi certains enfants et adolescents y sont-ils plus sensibles ? Quels sont les facteurs provoquant l'apparition de l'anxiété ? En quoi consistent les différents troubles anxieux ? Comment peut-on prévenir l'anxiété et, si nécessaire, la traiter ? Voilà quelques-unes des questions les plus fréquemment soulevées par les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Cielvariable
  25 juin 2017
L'essai explique bien ce qu'est l'anxiété et ce qui la provoque chez l'enfant et l'adolescent. Il fournit également toute une série de trucs, beaucoup plus pour les parents que pour les enseignants ou les intervenants afin de limiter ou de diminuer l'anxiété.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   30 mai 2018
Il importe de retenir que, pour que l’on puisse parler de trouble, les symptômes et manifestations de l’anxiété doivent entraîner nécessairement un dérangement du fonctionnement quotidien.

Le tableau suivant présente les peurs qui sont normalement observées à différents âges. Elles font partie du développement normal de l’enfant et sont donc très souvent transitoires, ce qui ne signifie pas pour autant qu’elles devraient être banalisées ou qu’aucune intervention n’est nécessaire. Tout est relatif au niveau de détresse de ceux qui les vivent.

Le trouble panique (TP)

Le trouble panique est constitué d’inquiétudes à propos des conséquences ou des effets possibles des attaques de panique, qui surviennent normalement sans crier gare et se vivent douloureusement.

Juliette a l’impression que la folie la guette, puisqu’elle vit des attaques de panique qui entraînent des sensations de vertige, de chaleur et d’étourdissement.

Thomas refuse d’aller au lit, puisqu’il a déjà fait une attaque de panique en pleine nuit et a cru être atteint d’une grave maladie, tellement son cœur battait à toute vitesse.

Sandrine explique à l’intervenante scolaire qu’elle se sent dépressive, puisqu’elle ne se comprend plus : elle devient très mal sans raison et ne sait pas comment éviter de revivre ce cauchemar.

Petit récit de psy

À douze ans tout juste sonnés, Mathis était convaincu de souffrir d’un problème cardiaque. Dirigé à ma clinique par son pédiatre, il m’expliqua qu’il pouvait, tout à coup et sans avertissement, sentir son cœur battre comme s’il venait de sprinter, être en sueur, avoir une vision troublée, sentir des picotements au niveau des bras et du visage, avoir le souffle court et trembler de tout son corps. Le malaise durait normalement de dix à vingt minutes, puis repartait en laissant le jeune dans la honte d’avoir été (à ses yeux) aussi faible, et dans la crainte d’en revivre un autre. Sur une échelle d’inconfort psychologique graduée de 1 à 10, Mathis plaçait ces attaques à 12…

Peu de temps après qu’il a commencé le traitement, les crises ont cessé par elles-mêmes, disparues comme par magie pendant un an, et la thérapie a alors été interrompue. Il aurait été très valorisant pour moi qu’elles ne se représentent jamais, puisque j’aurais pu me faire croire que j’avais des compétences de guérison qui relevaient presque de la sorcellerie . Elles sont toutefois revenues sans crier gare et c’est à ce moment que Mathis a compris qu’il avait intérêt à attaquer son trouble anxieux de front, plutôt que de vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête continuellement. Grâce à sa discipline quasi militaire, ce jeune s’est investi à plein dans le processus et a complété les exercices proposés de façon assidue. Ses crises sont maintenant bel et bien chose du passé.

Remue-méninges

L’enfant a-t-il déjà vécu une crise de panique ? Quelles sont ses craintes ? Portent-elles davantage sur les symptômes physiques ou sur ses conséquences possibles ? Ses peurs entraînent-elles une modification de son comportement ?
L’agoraphobie

L’agoraphobie est la peur de vivre une situation où il serait difficile de trouver du secours ou de s’échapper en cas de crise de panique ou de symptômes embarrassants (par exemple, peur de vomir en public) ou handicapants (par exemple, peur de s’évanouir). Cette crainte démesurée entraîne l’évitement de situations telles qu’utiliser des moyens de transport (autos, autobus, trains, avions), se retrouver dans des endroits clos (ascenseurs, théâtres), dans des endroits très vastes (stationnements, places publiques), dans une foule ou, encore, simplement, sortir de la maison seul.

Antoine a la peur bleue d’uriner dans son pantalon en classe et d’être par conséquent l’objet de railleries de la part de ses camarades, même s’il maîtrise parfaitement sa vessie.

Laurianne a déjà fait une attaque de panique en voiture pendant un long trajet et, malgré ses demandes répétées de s’arrêter au bord du chemin, ses parents ont poursuivi leur route, en cherchant à la calmer verbalement. Elle craint maintenant d’en faire une de nouveau et de faire face encore une fois à l’impossibilité d’échapper à la situation.

Même si les sorties de secours sont nombreuses et très bien indiquées, Alex refuse d’entrer dans la salle de cinéma.

Remue-méninges

L’enfant a-t-il déjà vécu une crise de panique ou une situation embarrassante en public ? Craint-il que cela ne se produise ? Doute-t-il de sa capacité à solliciter l’aide ou la bienveillance des gens ? Cherche-t-il à éviter certains lieux ? Tient-il systématiquement à être accompagné lorsqu’il se trouve en dehors de chez lui ? Ses peurs entraînent-elles une modification de son comportement ?

Le trouble d’anxiété sociale (TAS)

Le trouble d’anxiété sociale est l’appréhension excessive d’être observé ou au centre de l’attention et d’agir de façon embarrassante ou, pire, humiliante. Cette crainte peut s’étendre à une variété de situations ou n’en concerner qu’une seule.

Rémi panique lorsqu’il marche en direction de l’arrêt d’autobus et sent le regard des autres qui se posent sur lui.

Charlotte est très sociable et toujours entourée d’un bon groupe d’amis avec qui elle interagit aisément. Cependant, lorsque vient le temps de faire des présentations orales devant la classe, sa peur de rougir et de trembler la paralyse complètement.

Christophe est tellement anxieux à l’idée d’être jugé négativement par les autres qu’il ne parle presque jamais à l’école.

Remue-méninges

L’enfant a-t-il du mal à entrer en contact avec les autres ? Vit-il certaines situations sociales (comme les récréations, les temps de pause, les moments de transition) avec une détresse apparente ? Cherche-t-il à se soustraire aux contacts sociaux (comme refuser d’aller aux fêtes, de travailler en équipe, etc.) ? Devient-il démesurément nerveux lorsqu’il doit prendre la parole devant un groupe, que ce soit dans une situation formelle (exposé oral) ou informelle (conversation de groupe) ? A-t-il des amis ? Ses peurs entraînent-elles une modification de son comportement ?
Les phobies spécifiques

Les phobies spécifiques, ou phobies simples, consistent en des peurs excessives et persistantes à l’égard d’une situation ou d’un objet, lesquels sont fuis ou affrontés avec une grande détresse. La phobie entraîne inévitablement une altération du fonctionnement.

Mathilde a peur des chiens à un tel point qu’elle refuse de passer devant la maison bleue en marchant, puisqu’elle entend des jappements en provenance de l’intérieur.

Sachant qu’il prendra l’avion dans un mois, Nicolas a déjà du mal à dormir.

Les microbes inquiètent tellement Justine qu’elle évite de s’approcher des amis de la classe qui toussotent le moindrement et a demandé à être changée de place lorsque sa partenaire de bureau s’est présentée à l’école avec un rhume.

Petit récit de psy

Il ne suffit pas, pour qu’on parle de phobie, que l’objet ou la situation provoque de la peur, du dégoût ou une réaction d’aversion. Un dérangement du fonctionnement quotidien doit aussi être observé. Aussi, lorsque j’ai questionné les élèves au cours d’une animation de groupe dans une classe de première secondaire, afin de savoir qui d’entre eux croyait avoir une ou des phobies, plus de la moitié du groupe a levé la main. La peur des araignées, celle des endroits clos et celle des orages faisaient partie des principales phobies mentionnées. Très bien, alors maintenant, parmi ceux qui se croient arachnophobes, combien perdent plusieurs minutes par jour à vérifier les coins de plafond, les dessous de lit, le derrière des rideaux et les fonds de garde-robe pour s’assurer qu’aucune araignée ne s’y trouve ? Plusieurs mains se sont alors baissées. Même scénario lorsque j’ai poursuivi : Parmi ceux qui se croient claustrophobes, combien préfèrent monter cinq étages par les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur ? Refusent d’aller dans les cabinets de toilettes publiques, même avec une envie pressante ? Déclinent une invitation à une fête, sachant que celle-ci se tiendra dans un sous-sol ? Et encore lorsque j’ai demandé : Qui, parmi ceux s’identifiant comme brontophobes, craint les orages et les éclairs au point de ne plus sortir de la maison dès que le ciel se voile ? S’empêche de prendre part à un voyage en camping ou à toute autre activité de plein air, ou tremble et pleure pendant toute sa durée ? Les phobies spécifiques sont l’expression de peurs si intenses qu’elles commandent une modification du comportement. Par chance, aucun élève de cette classe n’avait réellement de phobie ; par contre, comme elles se présentent chez près de 10 % de la population, il n’aurait pas été surprenant qu’une ou deux mains demeurent levées…

Remue-méninges

L’enfant a-t-il une réaction de peur démesurément intense, face à un objet ou un événement ? Déploie-t-il des efforts pour éviter cet objet ou événement ? Ses peurs entraînent-elles une modification de son comportement ?
Le trouble d’anxiété généralisée (TAG)

Le trouble d’anxiété généralisée est caractérisé par la présence d’inquiétudes démesurées et très difficiles à contrôler à propos d’une multitude d’événements.

Béatrice est tellement inquiète à propos de tout et de rien qu’elle a beaucoup de mal à s’endormir et a des réveils nocturnes fréquents.

Hugo ne cesse de penser à son avenir avec angoisse et appréhension. Il craint de ne pas trouver de métier qu’il aime, de ne pas faire suffisamment d’argent pour vivre de façon autonome et de ne pas rencontrer une femme qui veuille de lui.

Josiane a toujours un petit mal de tête ou de ventre, frissonne constamment, est irritable et sursaute au moindre bruit. Elle pose sans cesse des questions qui reviennent encore et encore, même si on lui a plusieurs fois répété la réponse.

Petit récit de psy

Romy était en deuxième secondaire lorsqu’elle a entamé
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CielvariableCielvariable   30 mai 2018
À qui la faute ? Déterminer les coupables

Les éléments qui occasionnent de l’anxiété varient d’une personne à l’autre. Chose certaine, plusieurs facteurs favorisent l’apparition, à tout le moins, d’un certain déséquilibre affectif chez les individus.

Trop souvent, l’accent est mis uniquement sur la personne qui vit l’anxiété : pourquoi réagit-elle de la sorte aux stimuli et comment peut-on l’aider à contrôler son anxiété ou ses symptômes ? Les aspects biologiques, environnementaux et systémiques sont généralement négligés. Pourtant, aurions-nous idée de miser seulement sur l’enseignement de techniques de gestion du stress à un enfant qui vit dans un pays en guerre où les bombardements sont quotidiens ? Ou à une femme dont le mari est agressif et violent ? Il importe donc de regarder le portrait global et d’intervenir non seulement directement auprès de l’enfant, mais également sur les autres aspects qui favorisent le développement ou le maintien de l’anxiété.
J’en ai hérité ! Les facteurs génétiques

Comme pour la majorité des troubles de la santé mentale, il n’existe pas de gène unique clairement désigné comme étant le « coupable » ou le responsable de l’anxiété. En revanche, plusieurs gènes paraissent contribuer à rendre un individu sensible à l’anxiété et c’est leur interaction qui fragiliserait certaines personnes. Il faudrait toutefois, pour qu’un individu soit aux prises avec des troubles anxieux, que des facteurs psychologiques de même que des éléments particuliers dans l’environnement soient présents. L’interaction de ces gènes se limiterait donc à prédisposer une personne aux troubles anxieux et non pas à la rendre systématiquement anxieuse.

La seule forme d’anxiété pour laquelle l’hérédité semblerait de plus en plus solidement mise en cause est l’attaque de panique. Certaines données attestent en effet que les contributions biologiques à la panique et à l’anxiété sont différentes, comme si ces deux troubles relevaient de gènes distincts. Même en regard de ce type particulier de manifestation anxieuse, la vulnérabilité biologique ne pourrait être considérée comme une cause unique directe, et l’interaction entre les composantes environnementales et psychologiques entrerait tout autant en jeu que dans les autres troubles anxieux.

La recherche n’établit donc pas hors de tout doute un lien direct entre les troubles anxieux et la génétique. On sait cependant que les jumeaux identiques (monozygotes) ont une concordance de symptômes anxieux dans environ 85 % des cas, alors que la fratrie « ordinaire » (dizygote) affiche un maigre taux de concordance de 15 %. Dans le même sens, les enfants élevés dans une famille où l’un des parents (ou les deux) est anxieux courent cinq fois plus de risques de présenter de tels symptômes que les enfants provenant de familles zen.

Remue-méninges

Cet enfant est-il exposé à des parents anxieux ? Qu’en est-il des autres membres de sa famille ou des personnes évoluant dans son environnement ?
Ça se passe dans mon corps.
Les aspects biologiques
Dormir pour dédramatiser : le sommeil

Il existe un lien scientifiquement établi entre la privation de sommeil et l’hyperréactivité émotionnelle. Cette relation est évidente pour tout individu ayant déjà passé une nuit blanche. Elle l’est également pour les parents d’enfants en bas âge, qui peuvent aisément témoigner des réactions disproportionnées de pleurs, d’opposition ou de crises qui se manifestent lorsque la fatigue se fait sentir chez leur petit. Bien que moins facile à observer chez les plus âgés, cette corrélation existe aussi et accroît les symptômes anxieux en augmentant de manière significative l’activité d’anticipation dans le cerveau. De ce fait, les scénarios catastrophe sont amplifiés et vécus avec une plus grande réactivité émotive. Sans compter que le manque de sommeil diminue parallèlement la capacité à porter un jugement critique et, par conséquent, à recadrer ses propres pensées et à se raisonner soi-même. Un sommeil de bonne qualité, d’une durée adéquate, est donc essentiel.

La National Sleep Foundation émet les recommandations suivantes concernant la quantité d’heures de sommeil nécessaires selon les âges.

Remue-méninges

L’enfant dort-il suffisamment ? Son sommeil est-il de qualité ? Ses manifestations anxieuses sont-elles plus présentes lorsqu’il paraît fatigué ?

Manger pour déstresser : l’alimentation

Certains aliments, c’est bien connu, entraînent une activation physique comparable à des symptômes anxieux. C’est le cas notamment de la caféine et du sucre, qui sont des stimulants pour le cerveau et l’organisme. En haussant le rythme métabolique, ils occasionnent des réactions (rythme cardiaque accéléré, augmentation de la température du corps et de la sudation, tremblements musculaires) s’apparentant à celles vécues dans des situations stressantes, qui peuvent être interprétées par l’individu comme étant d’origine psychologique.

Bien entendu, rares sont les enfants qui entament leur journée avec un grand cappuccino. Mais qu’en est-il des céréales sucrées et des tartinades de caramel ou de chocolat ? De même, les ados sont souvent attirés par les sodas ou boissons dites « énergisantes », qui contiennent une très grande quantité de caféine et de sucre, mélange possiblement explosif pour de jeunes anxieux.

Petit récit de psy

Jacob a toujours eu, à son avis, un tempérament nerveux, mais l’anxiété paralysante qu’il vivait lorsque je l’ai vu pour la première fois n’était présente que depuis quelques semaines. Il étudiait au cégep en sciences de la nature et tentait, dans la mesure du possible, de passer inaperçu au sein du groupe d’étudiants. L’un des événements très difficiles à gérer pour lui fut lorsqu’il se présenta à l’avant de la classe pour faire une présentation orale dans un cours et paralysa, littéralement, au point où le professeur lui suggéra de retourner s’asseoir.

En revenant sur l’incident et en faisant l’autopsie des signes et sensations survenus dans l’heure qui avait précédé le moment fatidique, Jacob révéla s’être senti extrêmement fébrile et avoir perçu un tremblement dans tout son corps. Il avoua aussi candidement avoir bu deux grosses canettes (soit près de 970 millilitres) de boisson énergisante pendant son heure de lunch, parce qu’il était fatigué et craignait de manquer de vivacité dans sa présentation.

Les tremblements qu’il avait initialement ressentis pouvaient avoir été liés à son anxiété, mais pouvaient tout aussi bien résulter d’une surdose de caféine. Le jeune avait cependant interprété ces symptômes comme des indicateurs de nervosité, ce qui avait augmenté son anxiété et conduit à ce qu’il appelait l’humiliation suprême.

Évidemment, parmi toutes les stratégies mises en place pour aider Jacob à surmonter son anxiété, l’évitement de la caféine occupa une place de choix. À partir de ce moment, il opta pour de l’eau froide au visage lorsqu’il voulait se tenir éveillé…

Les carences alimentaires ont aussi un lien avec différents troubles de l’humeur. À titre d’exemple, un manque de vitamine B6 a une incidence marquée sur la dépression, alors qu’un manque d’acides aminés peut favoriser des réactions de panique.

Parallèlement, certains aliments « antistress » semblent avoir une notoriété grandissante, mais leurs effets précis sur le niveau d’anxiété ressentie sont encore à démontrer. Le chocolat noir (oh que oui !), le saumon, les noix, les myrtilles, les flocons d’avoine, le lait et plusieurs fruits et légumes, pour ne nommer que ceux-ci, auraient des effets positifs, soit en diminuant le taux de cortisol (hormone du stress) dans le sang, soit en renforçant le système immunitaire ou en augmentant la production de sérotonine (l’hormone du bien-être).

Essentiellement, sans se lancer dans un régime très contraignant ou examiner à la loupe tout ce qui est ingéré par l’enfant, il convient de retenir qu’une saine alimentation est primordiale pour conserver un bon équilibre de vie, tant physique que psychologique.

Remue-méninges

Cet enfant consomme-t-il une grande quantité de sucre ? De caféine ? A-t-il une alimentation équilibrée ?
Bouger pour se calmer : l’exercice

Les avantages de la pratique de l’activité physique sont reconnus, dans la documentation scientifique, tant sur le plan physiologique que du point de vue psychologique. Des études démontrent qu’elle est associée à une importante réduction des états dépressifs et anxieux, dans la population générale comme chez des individus ayant reçu des diagnostics formels. Elle est d’ailleurs en voie d’être considérée comme une intervention thérapeutique possédant un réel potentiel curatif, au même titre que les diverses approches psychothérapeutiques et pharmacologiques.

L’exercice physique engendre des répercussions sur le plan physiologique, en augmentant la sécrétion naturelle des hormones du bonheur (sérotonine, dopamine et endorphine) et en diminuant la sécrétion du cortisol (hormone du stress).

Sur le plan psychologique, le plaisir et la satisfaction ressentis lors de l’activité sont source de bénéfices non négligeables. Une balade dans le bois procure par exemple une sensation d’air frais qui entre dans les poumons, des odeurs et des couleurs magnifiques, un contact avec la nature, etc. Évidemment, ces bénéfices ne seront retirés que si l’activité est, pour l’individu, plaisante. Traîner fiston en raquettes tandis qu’il grelotte tout au long du trajet ou convaincre fillette de pagayer dans les torrents alors qu’elle craint l’eau risque peu de générer un état d’apaisement psychologique (si ce n’est par épuisement…).

De plus, l’impression d’être en pleine possession de ses moyens est très souvent rehaussée par la pratique de l’exercice physique. Le sentiment de contrôle ou celui d’avoir un corps fort et agile sont synonymes de bénéfices sur le plan de l’estime personnelle. Un bémol à noter, cependant ; le sport suscite une plus grande propension à s’évaluer en se
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CielvariableCielvariable   30 mai 2018
La peur et l’anxiété : des ennemis à vaincre ?

Bien sûr que non. Enfin, pas complètement. La peur nous protège en déclenchant une intense réaction du système nerveux autonome (une accélération du rythme cardiaque, de la respiration et de la transpiration, ainsi qu’une augmentation de la pression sanguine et du taux d’adrénaline dans le sang). Présente avec le sentiment de terreur, cette réaction corporelle nous permet de fuir ou de combattre pour nous défendre, en présence d’un danger. La peur est donc une réaction tout à fait souhaitable et appropriée. Elle peut toutefois être causée par une mauvaise analyse de la menace, et c’est précisément à ce moment qu’elle devient inadéquate. L’enfant, tout comme l’adulte, peut en effet interpréter un événement ou une situation comme comportant un danger physique ou psychologique, alors que la réalité est tout autre.

L’anxiété est quant à elle orientée vers le futur et caractérisée par l’appréhension de ce qui pourrait arriver, impossible d’ailleurs à prédire pour les non-devins. À un certain degré, l’anxiété entraîne une augmentation de la vigilance et une amélioration de la performance. Certains théoriciens vont même jusqu’à soutenir que, sans elle, peu d’entre nous feraient grand-chose.

Un enfant légèrement anxieux, par exemple, quant à un examen à venir, sera certainement plus enclin à lui consacrer quelques minutes de préparation dans les jours qui le précèdent. Il ne parviendra souvent à se mobiliser que si la menace d’obtenir un mauvais résultat plane au-dessus de sa tête, ce qui entraînerait à son tour des conséquences sur son estime, sa relation avec ses parents, son image auprès de ses amis, etc. Sinon, à quoi bon ?

Le fait d’affronter une fête d’amis avec une légère anxiété peut également avoir des effets positifs sur la capacité de l’enfant à adopter des comportements prosociaux (tels que la politesse, le partage, la coopération) et à être conséquemment accepté par ses pairs.

L’anxiété peut aussi conduire l’individu à faire preuve de comportements préventifs. L’enfant qui craint de se perdre dans un centre commercial demeurera plus vigilant quant à la proximité physique de ses parents et sera moins porté à jouer à cache-cache entre les rayons ou à s’éloigner. De la même façon, face à l’éventualité d’attraper froid, le jeune conviendra par lui-même de porter ses bottes pour se rendre à l’école et délaissera ses souliers de course… à moins, bien entendu, que l’opinion des pairs ne constitue une menace plus importante qu’un petit rhume de rien du tout.

En soi, l’anxiété n’est pas mauvaise. C’est lorsqu’elle est excessive qu’on voit poindre les difficultés. L’élève démesurément anxieux avant son examen risque fort bien d’obtenir des résultats non représentatifs de ses capacités ou de sa préparation. Le moment venu, il anticipera probablement ce qui surviendrait s’il échouait, plutôt que de concentrer son attention sur les questions inscrites et les réponses à fournir. Il pourra alors déjà imaginer la désapprobation de ses parents, les moqueries de sa fratrie, les regards méprisants des autres élèves et le désespoir de son enseignante.

Un autre sera, pendant le récital, envahi par des sensations de chaleur, de nausées, de vertiges et de tremblements, plutôt qu’en train d’apprécier le moment et de faire entendre sa voix comme il en était pourtant capable en répétition.

Lors de la sortie scolaire, l’élève anxieux investira toute son énergie dans la recherche d’indices qu’une menace compromettant son intégrité ou sa sécurité est présente dans l’environnement, au détriment bien entendu du plaisir qu’il pourrait éprouver avec les autres enfants.

Inspirée de la courbe Yerkes-Dodson, la figure suivante établit le lien entre la performance et l’anxiété.
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CielvariableCielvariable   30 mai 2018
Petit récit de psy

Philippe était un petit bonhomme de huit ans très anxieux dans son milieu scolaire. Il refusait de parler aux adultes, même à son enseignante, ainsi qu’aux pairs de la classe, exception faite de deux amies. Il s’isolait aussi volontairement, n’entrait pas en contact avec les autres et faisait preuve de peu d’expressions faciales.

On m’avait sollicitée afin que je procède à l’évaluation de cet enfant, dont l’équipe-école remettait en question le contact avec la réalité. Était-il tellement dans son monde qu’il ne comprenait pas réellement ce qui se déroulait autour de lui ? Des comportements étranges, tels que gruger ses cols de chandail, s’arracher les petites gales sur la peau, tirer sur ses sourcils et faire des bulles avec sa salive, étaient aussi observés régulièrement.

Les parents soutenaient que, à la maison, il était au contraire très volubile. Les traits anxieux se traduisaient cependant par des réactions de panique lorsqu’il recevait de l’eau sur la tête (dans la douche, par exemple) ainsi que des inquiétudes exagérées concernant sa sécurité, la maladie ou la nouveauté. La proximité physique de l’adulte était nécessaire à tout moment et il dormait toujours avec ses parents.

Lors de ma première période d’observation en classe, l’enfant attendit passivement à son bureau que l’activité académique en cours prenne fin, alors que lui avait déjà effectué le travail. Il ne chercha pas à s’engager dans une nouvelle activité ni à interagir avec qui que ce soit pendant au moins une quinzaine de minutes. Il ne réagit pas non plus devant une situation loufoque qui provoqua le rire des autres enfants, et parut à la fois sous-réactif et désengagé du monde autour de lui.

À la récréation, il se plaça dans un endroit peu passant et resta debout, immobile comme un piquet. Les seuls mouvements perceptibles étaient ses doigts et son col de chandail, portés à sa bouche. Il n’observa pas les jeux des jeunes autour de lui et, lorsque les groupes de maternelle défilèrent pour monter dans l’autobus, il jeta quelques regards furtifs aux enfants.

Pour créer une première approche avec Philippe, au retour en classe, je pris mon iPad et entrepris de montrer des photos de mes chats à sa petite voisine de bureau ; sa mère m’avait rapporté qu’il était lui-même très attaché à son matou et j’espérais ainsi susciter une réaction chez lui. Il s’intéressa aux images, mais demeura en retrait pendant de longues minutes, puis finit par me dire : Mon chat s’appelle Rocket. Je me retournai donc vers lui et demandai : Ah oui ? Et il est de quelle couleur, Rocket ?, mais cette approche fut trop directe et il se détourna rapidement, en baissant le regard.

Le lendemain, il fut amené par sa mère à mon bureau pour que je puisse évaluer son intelligence. Lorsque j’ouvris la porte, je vis dans ses yeux qu’il m’avait reconnue. Il accepta de me suivre sans grande hésitation, ce qui me surprit. Puis, une fois seul avec moi, il se mit à me parler tout bas, en chuchotant… et sembla ne plus vouloir s’arrêter ! Il fallut que je l’interrompe dans ses propos pour que nous puissions procéder aux épreuves cognitives, mais, même en plein examen, il raconta ce qui lui passait par la tête, comme si le fait d’avoir retenu ses paroles pendant si longtemps avait créé un urgent besoin de tout dire !

Philippe était un jeune très intelligent, présentant un bon contact avec la réalité, mais à la fois terriblement anxieux et opposant. Il fut dirigé vers une classe à effectifs réduits pour enfants atteints de troubles de santé mentale et put évoluer adroitement, grâce aux interventions des enseignants et éducateurs qui l’encadraient.
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CielvariableCielvariable   30 mai 2018
L’apprentissage de l’anxiété par transfert de connaissances

L’apprentissage de l’anxiété se fait parfois de façon très explicite, par enseignement. Certaines situations sont volontairement dépeintes comme étant menaçantes, pouvant provoquer un tort réel, et donc à éviter. Par exemple, il est tout à fait normal d’inciter son petit à craindre le feu. Des propos du type ne t’approche pas des flammes, c’est très dangereux, tu pourrais te brûler et avoir très mal visent, en partie, à soulever suffisamment de craintes pour que l’enfant ressente une anxiété inhibitrice. De « fausses » sources d’anxiété peuvent aussi, cependant, être transmises par transfert de connaissances.

Petit récit de psy

Jules a appris à nager à l’âge de trente ans seulement, parce qu’on lui avait, dès son plus jeune âge, enseigné à craindre l’eau. Sa mère avait une peur démesurée de la noyade et répétait donc à ses enfants que l’eau était dangereuse et qu’ils ne devaient, en aucun cas, s’approcher d’un plan d’eau. Très théâtrale d’ailleurs dans sa façon d’être, elle pouvait crier d’angoisse en battant l’air avec les mains si les petits avaient le malheur de marcher autour d’une piscine ou sur un quai. Même s’il n’avait jamais lui-même directement vécu d’expérience négative avec l’eau, cet enseignement avait fait son bout de chemin dans son esprit et il se sentait exagérément anxieux lorsqu’il se retrouvait à proximité d’un bassin, d’un lac ou même d’un simple ruisseau. Il lui a été très difficile de vaincre ses craintes, bien installées depuis plusieurs années, pour finalement prendre part à des cours de natation. J’ai eu la chance, pour ma part, de rencontrer Jules et de connaître son histoire lors d’une expédition de plongée où il me servait de guide.
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