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ISBN : 2251449167
Éditeur : Les Belles Lettres (08/03/2019)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
André Hébert est le pseudonyme d'un Français de 26 ans parti combattre l'État islamique aux côtés des Kurdes de Syrie entre juillet 2015 et avril 2016 puis de juin à décembre 2017. Dans Jusqu'à Raqqa, nom de la dernière bataille qu'il livre avec ses camarades du YPG, « les Unités de Défense du Peuple », dans la capitale des djihadistes, André Herbert livre un premier témoignage essentiel sur ce conflit.

Ce journal de guerre d'un jeune parisien privil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ErnestLONDON
  17 juillet 2019
Parti combattre Daech pendant quinze mois aux côtés des kurdes de Syrie, André Hébert témoigne de son engagement et de celui de ces centaines de volontaires internationaux, motivés « autant pour soutenir un modèle alternatif que pour défendre les droits d'un peuple persécuté ». « L'internationalisme c'est avant tout la capacité de partager la lutte des exclus à travers le monde, de se révolter contre l'injustice qui les frappe comme si elle nous frappait nous mêmes, d'avoir conscience qu'en dépit des barrières séparant les hommes, nous partageons tous une même condition et un même combat contre l'aliénation. L'engagement révolutionnaire internationaliste repose sur l'étude des failles du système global et des dynamiques qui émergent pour le renverser. Il s'agit avant tout d'une démarche rationnelle et pas d'un élan émotionnel et romantique. » C'est pour lui, parisien de vingt-sept ans, « la seule méthode de lutte qui nous permettra de remporter demain une victoire contre le capitalisme mondialisé et le néo-fascisme renaissant », qui doit « de nouveau passer de l'état de slogan à celui de pratique, cesser de n'être qu'une théorie poussiéreuse appartenant à des organisations politiques marginalisées ».
(...)
Récit d'une grande honnêteté intellectuelle, digne de l'"Hommage à la Catalogne" d'Orwell, auquel on ne peut s'empêcher de penser. Il permet une parfait compréhension de ce conflit, de ses véritables enjeux, au-delà de la simple géostratégie, comme lutte pour un projet politique, à travers un regard personnel.
Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Diabolo44
  26 juillet 2019
Eh bien, je crois que nous tenons ici un témoignage absolument essentiel, et cela pour plusieurs raisons.
D'abord, parce qu'il met en exergue la complexité de la situation en Syrie (j'avais loué un autre livre, "Jours tranquilles à Damas", du journaliste belge François Janne d'Othée, pour les mêmes raisons), qui nous a toujours été décrite à travers le prisme déformant de journalistes pas toujours très indépendants et/ou bien renseignés (à moins de faire l'effort de chercher d'autres sources que celles qui ont pignon sur télévision). Personnellement, j'ai beau avoir une culture sur le sujet supérieure à la moyenne grâce à mes contacts dans la communauté syrienne réfugiée, j'ai appris plusieurs choses que j'ignorais, comme la différence entre les peshmergas et le YPG (2 forces kurdes bien différentes et ennemies politiques), ou comme l'attitude peu louable d'Amnesty International dans ce conflit (ce qui m'a beaucoup déçu : j'avoue que je pensais cette ONG plus sérieuse dans ses affirmations).
Quant à l'odieuse complicité (pour ne pas dire alliance) entre Daech et la Turquie du despote Erdogan, j'en avais conscience et je n'ai hélas pas été surpris par son ampleur... Alors que la plupart des occidentaux intéressés par le sujet ne l'ont découverte qu'en 2018, lors de leur offensive contre Afrîn.
Le lecteur peu au fait des guerres du Moyen-Orient apprendra aussi beaucoup sur l'hypocrisie des alliés occidentaux, paralysés par leurs alliances géopolitiques, leurs intérêts stratégiques et leurs contrats d'armement, et sur la manière dont ils se sont servis des Kurdes pour ensuite les lâcher à la merci d'Erdogan (les Américains en tête). Et bien sûr, sur l'hypocrisie des bandits et pillards de Daech qui volent, violent et se droguent, autant de crimes pour lesquels ils appliquent la peine de mort aux civils qu'ils asservissent.
Ensuite, ce témoignage est essentiel car il est honnête et non tronqué. Hébert a beau dire d'emblée qu'il est un militant révolutionnaire, qu'il n'est pas neutre et qu'il l'assume, il n'hésite pourtant pas à égratigner le YPG qu'il a loyalement servi pendant 18 mois : la chaîne de commandement parfois incompétente, le peu de cas fait des blessés, etc. À la lumière de ceci, lorsqu'il fait l'éloge du YPG (pour le tekmil par exemple, ce conseil de guerre où tout le monde a le droit à la parole, ou pour le respect des civils et des prisonniers de guerre jihadistes), on le prend très au sérieux et cela apparaît comme tout sauf de la propagande dénuée de sens critique.
Également, ce témoignage est primordial parce qu'il est francophone, et que c'est celui d'un ancien étudiant en master d'histoire, donc un lettré. Or, on comprend que la majorité des volontaires internationaux sont soit anglo-saxons, soit des anciens de la légion étrangère, peu de gens auraient donc pu rédiger un témoignage francophone de cette qualité (remarquable) sur ces tragiques évènements, et nos historiens pourront l'en remercier chaudement.
Je ne m'étendrai pas sur la démarche de l'auteur lui-même, ce serait faire bien peu d'honneur à l'humilité qu'il revendique (et qui n'est pas galvaudée), mais je dirai juste qu'il a tout mon respect, si ce n'est mon admiration, et que le parallèle qu'il dresse avec les Brigades Internationales de la guerre d'Espagne me semble tout à fait adapté.
Finalement, le seul reproche que j'ai à lui faire, c'est le choix de ce pseudonyme, par allusion au révolutionnaire Jacques-René Hébert. Une étude plus approfondie de sa biographie aurait montré à l'auteur que celui-ci était un hypocrite, un couard et un grossier personnage.
Non, vraiment, André Hébert méritait un meilleur pseudonyme que celui-ci. Robespierre, par exemple.
Merci aux éditions Les belles Lettres et à Babelio pour cet ouvrage découvert dans le cadre de l'opération Masse Critique.
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ZAPATARTHURUS
  01 août 2019
Ce témoignage est le récit d'un jeune français de 26 ans partit rejoindre les troupes kurdes en Syrie en guerre contre Daech. Son engagement s'inscrit dans la droite ligne de ses convictions politiques. de l'intérieure, on apprend ainsi beaucoup de choses sur ses armées YPG (soldats hommes) et YPJ (soldates femmes), leur quotidien et sur ce peuple kurde en général.
Personnellement, c'est cette partie là qui m'a le plus touché : tenter de comprendre ce peuple kurde qui vit dans l'oppression de la guerre depuis tant d'années. Ce peuple est le symbole de la lutte contre Daech, et ce récit nous aide enfin à le comprendre.
Ce conflit est complexe, André Hébert nous donne les clefs pour comprendre ce conflit. D'une lecture facile et fluide, ce témoignage mérite d'être lu et partagé.
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pbillotey
  02 mai 2019
Un engagement qui mérite le respect et un témoignage de première ligne. Sincère et militant, le témoignage est aussi très mécanique. Ce n'est pas du Hemingway non plus ni une oeuvre littéraire.A n'acheter que si l'on est passionné par le sujet.
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critiques presse (2)
NonFiction   31 mai 2019
Le livre s’inscrit déjà dans la lignée des grands témoignages sur la guerre. Outre ses qualités littéraires incontestables, l’auteur sait mettre en perspective.
Lire la critique sur le site : NonFiction
NonFiction   31 mai 2019
Le livre s’inscrit déjà dans la lignée des grands témoignages sur la guerre. Outre ses qualités littéraires incontestables, l’auteur sait mettre en perspective ; ses études d’histoire n’y sont pas pour rien.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
ErnestLONDONErnestLONDON   15 juillet 2019
L’internationalisme c’est avant tout la capacité de partager la lutte des exclus à travers le monde, de se révolter contre l’injustice qui les frappe comme si elle nous frappait nous mêmes, d’avoir conscience qu’en dépit des barrières séparant les hommes, nous partageons tous une même condition et un même combat contre l’aliénation. L’engagement révolutionnaire internationaliste repose sur l’étude des failles du système global et des dynamiques qui émergent pour le renverser. Il s’agit avant tout d’une démarche rationnelle et pas d’un élan émotionnel et romantique.
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ZAPATARTHURUSZAPATARTHURUS   01 août 2019
Après avoir rédigé mon testament, je prends conscience que je dois dire la vérité à ma famille. J'avoue alors à mes parents et à ma soeur que je ne suis pas en train de faire de l'humanitaire en Turquie mais que je me trouve en Syrie, et que j'ai rejoint les rangs du YPG.
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Diabolo44Diabolo44   29 juillet 2019
C'est au nom de l'internationalisme que des militants ont pris position contre la Première Guerre mondiale, que les bolcheviques mirent fin à cette boucherie avant de tenter de propager la révolution au monde, que des communistes et des anarchistes s'enrôlèrent aux côtés des Républicains espagnols puis luttèrent contre la colonisation. L'internationalisme fut brandi comme un étendard par les membres de la Quatrième Internationale, pour incarner le marxisme véritable face à la réaction stalinienne et au nationalisme bourgeois. C'est aussi la seule méthode de lutte qui nous permettra de remporter demain une victoire contre le capitalisme mondialisé et le néofascisme renaissant.
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Diabolo44Diabolo44   29 juillet 2019
Cette neutralité malveillante [des journalistes] consistant à refuser d'établir une claire distinction entre les différents acteurs de l'opposition, a contribué à rendre la situation de la Syrie inintelligible pour les opinions publiques. (...) Une vision simpliste et superficielle a longtemps prévalu parce que les journalistes ont majoritairement renoncé à leur devoir de pédagogie. Quand il fut avéré que la majorité de l'opposition arabe syrienne se réclamait de l'islam politique, et que ces groupes commettaient des crimes de guerre, la confusion atteint son paroxysme. Dans cet imbroglio, les médias internationaux, qui avaient couru après d'inexistantes révolutions au Maghreb et au Moyen-Orient, passèrent sous silence le soulèvement des Kurdes de Syrie, la seule véritable révolution issue de l'ère des "printemps arabes". En Syrie, il n'y a pourtant pas que Daech, Assad et autres massacreurs. Il y a aussi et surtout un peuple et un parti engagés dans une lutte qui est un modèle de progrès pour l'humanité. Quand le pire et le meilleur s'affrontent, les journalistes sont souvent obnubilés par le pire, ce qui les empêche d'aider le meilleur à triompher.
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Diabolo44Diabolo44   29 juillet 2019
J'appris par la suite que le Conseil représentant la population de Raqqa avait joué un grand rôle dans les négociations qui avaient abouti à la fuite des djihadistes, afin de sauver les habitants pris au piège dans les zones de combat. Il est vrai que de trop nombreux civils furent tués pendant cette bataille. Un volontaire britannique m'a raconté qu'à l'hôpital municipal, transformé en camp retranché, les combattants de Daech brandissaient des nourrissons par les fenêtres pour empêcher les nôtres de leur tirer dessus. dans ces conditions, face à un ennemi dont la barbarie n'a d'égale que la lâcheté, cet accord était sans doute nécessaire et il a permis de sauver de nombreuses vies. Quelques centaines de moudjahidines se retirèrent donc de Raqqa en bus. ils partirent avec armes et bagages, et leurs familles servant d'otages pour éviter d'être bombardés en chemin. Ils arrivèrent sains et saufs dans la province de Deir-Es-Zor, où les FDS les poursuivirent quelques semaines plus tard. Cet accord ne faisait que reporter le juste châtiment qui attendait ces fuyards : la capture ou la mort.
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