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ISBN : 2020016664
Éditeur : Seuil (01/04/1960)

Note moyenne : 4/5 (sur 9 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Cielvariable
  04 janvier 2015
Bien que je reconnaisse la qualité de son écriture, la poésie d'Anne Hébert ne ne touche pas, ne suscite chez moi aucune émotion. Je ne suis donc pas à même d'apprécier pleinement l'oeuvre pour ce qu'elle est.
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cafeaulait
  10 septembre 2017
Anne Hébert est une auteure que j'aime beaucoup. J'ai presque tout lu son oeuvre et ses biographies. En ce qui concerne sa poésie, c'est ce qui me paraît le plus hermétique. J'irais jusqu'à dire que c'est parfois ardu.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   23 juillet 2015
LA SAGESSE M’A ROMPU LES BRAS


La sagesse m’a rompu les bras, brisé les os
C’était une très vieille femme envieuse
Pleine d’onction, de fiel et d’eau verte

Elle m’a jeté ses douceurs à la face
Désirant effacer mes traits comme une image mouillée
Lissant ma colère comme une chevelure noyée

Et moi j’ai crié sous l’insulte fade
Et j’ai réclamé le fer et le feu de mon héritage.

Voulant y laisser pousser son âme bénie comme une vigne
Elle avait taillé sa place entre mes côtes.
Longtemps son parfum m’empoisonna des pieds à la tête

Mais l’orage mûrissait sous mes aisselles,
Musc et feuilles brûlées,
J’ai arraché la sagesse de ma poitrine,
Je l’ai mangée par les racines,
Trouvée amère et crachée comme un noyau pourri

J’ai rappelé l’ami le plus cruel,
la ville l’ayant chassé, les mains pleines de pierres.
Je me suis mise avec lui pour mourir sur des grèves mûres
Ô mon amour, fourbis l’éclair de ton cœur, nous nous battrons
jusqu’à l’aube
La violence nous dresse en de très hautes futaies
Nos richesses sont profondes et noires pareilles au contenu des
mines que l’éclair foudroie.

En route, voici le jour, fièvre en plein cœur scellée
Des chants de coq trouent la nuit comme des lueurs
Le soleil appareille à peine, déjà sûr de son plein midi,
Tout feu, toutes flèches, tout désir au plus vif de la lumière,
Envers, endroit, amour et haine, toute la vie en un seul honneur.
Des chemins durs s’ouvrent à perte de vue sans ombrage
Et la ville blanche derrière nous lave son seuil où coucha la nuit.
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coco4649coco4649   11 août 2015
JE SUIS LA TERRE ET L’EAU


Je suis la terre et l’eau, tu ne me passeras pas à gué,
mon ami, mon ami

Je suis le puits et la soif, tu ne me traverseras pas sans
péril, mon ami, mon ami

Midi est fait pour crever sur la mer, soleil étale, parole
fondue, tu étais si clair, mon ami, mon ami

Tu ne me quitteras pas essuyant l’ombre sur ta face
comme un vent fugace, mon ami, mon ami

Le malheur et l’espérance sous mon toit brûlent,
durement noués, apprends ces vieilles noces étranges,
mon ami, mon ami

Tu fuis les présages et presses le chiffre pur à même
tes mains ouvertes, mon ami, mon ami

Tu parles à haute et intelligible voix, je ne sais quel
écho sourd traîne derrière toi, entends, entends mes
veines noires qui chantent dans la nuit, mon ami,
mon ami

Je suis sans nom ni visage certain ; lieu d’accueil et
chambre d’ombre, piste de songe et lieu d’origine,
mon ami, mon ami

Ah quelle saison d’âcres feuilles rousses m’a donnée
Dieu pour t’y coucher, mon ami, mon ami

Un grand cheval noir court sur les grèves, j’entends
son pas sous la terre, son sabot frappe la source de
mon sang à la fine jointure de la mort

Ah quel automne ! Qui donc m’a prise parmi des
cheminements de fougères souterraines, confondue à
l’odeur du bois mouillé, mon ami, mon ami

Parmi les âges brouillés, naissances et morts, toutes
mémoires, couleurs rompues, reçois le cœur obscur
de la terre, toute la nuit entre tes mains livrée et donnée,
mon ami, mon ami

Il a suffi d’un seul matin pour que mon visage fleurisse,
reconnais ta propre grande ténèbre visitée, tout le
mystère lié entre tes mains claires, mon amour.

p.86-87

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coco4649coco4649   09 août 2015
MYSTÈRE DE LA PAROLE


…O saisons, rivière, aulnes et fougères, feuilles, fleurs,
bois mouillé, herbes bleues, tout notre avoir saigne
son parfum, bête odorante à notre flanc

Les couleurs et les sons nous visitèrent en masse et par
petits groupes foudroyants, tandis que le songe dou-
blait notre enchantement comme l’orage cerne le bleu
de l’œil innocent

La joie se mit à crier, jeune accouchée à l’odeur sau-
vagine sous les joncs. Le printemps délivré fut si
beau qu’il nous prit le cœur avec une seule main

Les trois coups de la création du monde sonnèrent
à nos oreilles, rendus pareils aux battements de notre
sang

En un seul éblouissement l’instant fut. Son éclair
nous passa sur la face et nous reçûmes mission du feu
et de la brûlure

Silence, ni ne bouge, ni ne dit, la parole se fonde,
soulève notre cœur, saisit le monde en un seul geste
d’orage, nous colle à son aurore comme l’écorce à
son fruit

Toute la terre vivace, la forêt à notre droite, la ville
profonde à notre gauche, en plein centre du verbe,
nous avançons à la pointe du monde

Fronts bouclés où croupit le silence en toisons mus-
quées, toutes grimaces, vieilles têtes, joues d’enfants,
amours, rides, joies, deuils, créatures, créatures, langues
de feu au solstice de la terre

O mes frères les plus noirs, toutes fêtes gravées
en secret ; poitrines humaines, calebasses musiciennes où
s’exaspèrent des voix captives

Que celui qui a reçu fonction de la parole vous prenne
en charge comme un cœur ténébreux de surcroît, et
n’ait de cesse que soient justifiés les vivants et les morts
en un seul chant parmi l’aube et les herbes.

p.74-75
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coco4649coco4649   27 septembre 2015
LE TOMBEAU DES ROIS
LES PETITES VILLES


Je te donnerai de petites villes
De toutes petites villes tristes.

Les petites villes dans nos mains
Sont plus austères que des jouets
Mais aussi faciles à manier.

Je joue avec les petites villes.
Je les renverse.
Pas un homme ne s'en échappe
Ni une fleur ni un enfant.

Les petites villes sont désertes
Et livrées dans nos mains.

J'écoute, l'oreille contre les portes
J'approche une à une toutes les portes,
De mon oreille.

Les maisons ressemblent à des coquillages muets
Qui ne gardent dans leurs spirales glacées
Aucune rumeur de vent
Aucune rumeur d'eau.

Les parcs et les jardins sont morts
Les jeux alignés
Ainsi que dans un musée.

Je ne sais pas où l'on a mis
Les corps figés des oiseaux.

Les rues sont sonores de silence.
L'écho du silence est lourd
Plus lourd
Qu'aucune parole de menace ou d'amour

Mais voici qu'à mon tour
J'abandonne les petites villes de mon enfance.
Je te les offre
Dans la plénitude
De leur solitude.

Comprends-tu bien le présent redoutable ?
Je te donne d'étranges petites villes tristes,
Pour le songe.

p.27-28
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   28 septembre 2015
RETOURNE SUR TES PAS


Retourne sur tes pas ô ma vie
Tu vois bien que la rue est fermée.

Vois la barricade face aux quatre saisons
Touche du doigt la fine maçonnerie de nuit
dressée sur l’horizon
Rentre vite chez toi
Découvre la plus étanche maison
La plus creuse la plus profonde.

Habite donc ce caillou
Songe au long cheminement de ton âme future
Lui ressemblant à mesure.
Tu as bien le temps d’ici la grande ténèbre :
Visite ton cœur souterrain
Voyage sur les lignes de tes mains
Cela vaut bien les chemins du monde
Et la grand’place de la mer en tourment

Imagine à loisir un bel amour lointain
Ses mains légères en route vers toi

Retiens ton souffle
Qu’aucun vent n’agite l’air
Qu’il fasse calme lisse et doux
À travers les murailles

Le désir rôde vole et poudre
Recueille-toi et délivre tes larmes
O ma vie têtue sous la pierre !

p.45-46
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Le tombeau des rois, Anne Hébert lu par Anne Hébert
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