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Alain Gnaedig (Traducteur)Martine Selvadjian (Traducteur)
EAN : 9782020301091
512 pages
Éditeur : Seuil (02/10/1996)
3.67/5   239 notes
Résumé :
Difficile pour Smilla Jaspersen de croire en la mort accidentelle d'Esajas. Impossible même parce que Smilla ne croit pas qu'un enfant atteint de vertiges chroniques puisse sauter du toit d'un immeuble. Parce qu'elle s'était prise d'affection pour ce gamin groenlandais, délaissé par sa mère. Parce que Smilla est groenlandaise, elle aussi, et que sa mère, esquimaude, lui avait appris "l'amour de la neige". Et que la neige ne ment pas, contrairement aux hommes. Commen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
3,67

sur 239 notes

Isacom
  14 octobre 2021
Un enfant est retrouvé mort, tombé du toit d'un immeuble.
Affaire classée.
Eh oui, l'enfant était groenlandais, sourd de surcroît, bref : un pas grand-chose.
Mais il y a Smilla.
Smilla, en premier lieu, était sa voisine, et elle aimait cet enfant. Et puis, dans la neige du toit, elle sait lire les pas et leur message. Smilla est à demi groenlandaise, elle aussi, et de plus c'est une glaciologue. Alors elle va mener l'enquête, puisque personne ne semble s'y intéresser. Encore que...
L'enquête est passionnante, pleine de rebondissements, de personnages au double visage, et en prise avec l'actualité. Mais la beauté de ce roman est ailleurs : l'écriture de Peter Hoeg est absolument magique, d'une grande sensibilité et pleine de poésie. Smilla est un personnage inoubliable; toute son émotion retenue est magnifiquement traduite par Alain Gnaedig et Martine Selvadjian.
LC thématique d'octobre 2021 : ''Cap au Nord !''
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Junie
  31 mars 2012
Ce livre n'est pas un polar, encore moins un thriller, même si l'héroïne se comporte comme un agent secret pour élucider le mystère de la mort accidentelle d'un étrange petit garçon tombé d'un toit. de Copenhague aux glaces polaires, elle nous entraine au coeur d'une intrigue émaillée de réflexions très personnelles. Dans une ambiance sombre et glaciale, se déroule un scénario opaque et parfois déroutant. Peter Hoeg ne ménage pas ses lecteurs, ni son personnage qui doit se tirer seule de toutes les situations.
Je lis ce livre pour la deuxième fois et en effet il mérite qu'on y revienne, pour en apprécier le sel et l'âpreté.
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Woland
  24 décembre 2007
Froken Smillas Fornemmelse For Sne
Traduction : Alain Gnaedig & Martine Selvadjian
Moi qui suis née sur le littoral atlantique, et comme tous mes compatriotes, je déteste la neige qui n'est à mes yeux qu'une bouillasse infâme, toujours prête à vous faire déraper sournoisement au détour d'un trottoir sur quelque plaque de verglas habilement dissimulée. Pourtant, la Scandinavie m'a toujours fait rêver et avec "Smilla ...", Peter Høeg a accompli un miracle que je croyais impossible : me faire aimer la neige.
Pourtant, au départ, c'est l'intrigue qui m'avait attirée : quelques jours avant Noël, Esajas, un petit garçon de six ans, se tue accidentellement en tombant du toit de l'immeuble où il habite avec sa mère, une alcoolique. Une voisine, Smilla, qui avait lié des liens d'amitié avec lui, décide de faire rouvrir une enquête vite close : elle sait en effet que l'enfant, qui souffrait d'un vertige pathologique, ne serait jamais monté sur le toit de son plein gré. de plus, Smilla, dont la mère était une Inuit, connaît suffisamment la neige et l'art de la chasse sur la banquise pour ne pas lire aisément l'anormalité dans les traces laissées par Esajas sur le toit ...
A partir de là, se développe une envoûtante et complexe histoire qui mêle avec une rare efficacité les critiques sur la façon dont le Danemark mena la colonisation du Groenland, l'analyse des difficultés qui existent à se tenir entre deux cultures (la danoise et l'inuit), l'éternel problème des relations entre les sexes et bien d'autres choses encore. Ce livre est aussi un hymne authentique à la Neige, non pas celle, immuable, froide, désespérante, qui entoure la "Reine des Neiges" d'Andersen, mais la vraie neige, celle qui vit, qui bouge, qui parle même.
Plus de 500 pages de bonheur, ça ne se refuse pas. C'est paru dans la collection "Points" - en collection de poche, donc. Si vous connaissez la Scandinavie ou si elle vous attire, si vous aimez également les livres qui vont un peu plus loin que leur quatrième de couverture, vous aimerez "Smilla ..." Et si, pour vous, la Scandinavie est une région froide et sans âme, essayez tout de même de lire ce livre qui pourrait bien vous faire changer d'avis. ;o)
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katell
  06 janvier 2021
Quatrième de couverture
Peu avant Noël, à Copenhague, un garçon groenlandais de six ans se tue en tomban du toit d'un immeuble. Accident, conclut la police. Ce n'est pas l'avis de Smilla Jaspersen. Elle connaît l'enfant. Et, surtout, elle « connaît » la neige.

Smilla Jaspersen est une jeune femme métisse danoise et groenlandaise. Elle est libre, indépendante et rebelle. Elle s'habille de manière toujours très chic et recherchée avec des vêtements d'excellente qualité respirant le luxe. Ce qui la rend d'autant plus surprenante et mystérieuse.
Smilla vit dans le même immeuble que Esajas et sa mère, elle accueille souvent le garçonnet chez elle quand la mère sombre dans les limbes de l'ivresse. Elle connaît bien l'enfant et son vertige aussi n'abonde-t-elle pas dans le sens de la police quand cette dernière conclut à un accident. Quand elle a observé la scène de l'accident, elle a su lire la neige : son enfance passée à Thulé, au Groenland, lui a appris à la langue de la neige, cette neige qui porte mille et un noms en groenlandais. C'est pourquoi les traces de pas sur le toit lui relatent une autre histoire que celle d'un banal accident.
Smilla ne veut pas en rester là : elle veut comprendre pourquoi Esajas est tombé, ce qui l'a poussé à grimper sur le toit et a provoqué la chute mortelle.

A mesure qu'elle avance dans son raisonnement et pose des questions, « on » cherche à entraver la progression de ses investigations et à l'intimider. Pourquoi ?
De questionnement en découverte, Smilla se rend compte que la mort du garçonnet est un élément, aux apparences anecdotiques, qui a perturbé les rouages bien huilés d'une organisation mêlant trafics en tout genre et recherches scientifiques secrètes.
Les enjeux sont énormes et provoquent une réaction en chaîne quand Smilla fouille dans les archives de la Compagnie danoise de Cryolithe et découvre qu'elle a couvert une expédition géologique au Groenland, en 1991, à Gela Alta. Une autre expédition avait eu lieu en 1966, infructueuse également. En remontant dans le temps, Smilla s'aperçoit que des chercheurs danois et norvégiens s'étaient joints à une expédition allemande au cours de la seconde guerre mondiale. Qu'est-ce qui peut attirer les regards sur cette région polaire, en dehors de la cryolithe, nécessaire minerai dans la fabrication de l'aluminium ?

Le Groenland est une terre hostile à la richesse minière indéniable ce qui attise la convoitise des grands groupes capitalistes prêts à tout pour s'emparer ce qui ce qui peut rapporter de l'argent au mépris des droits humains les plus élémentaires.
La course au profit ne prend pas en compte l'histoire, les traditions et encore moins l'équilibre écologique entre la glace, la neige, la faune, la flore et les hommes.
L'enquête de Smilla peut compromettre une expédition scientifique importante ce qui met en danger la vie de la jeune femme.
N'écoutant que son courage et son opiniâtreté, acquise dans une enfance groenlandaise, Smilla se fait embaucher comme femme de chambre sur le Kronos un petit cargo brise-glace paré pour se rendre dans le Grand Nord, là où les icebergs achèvent de dériver pour s'agglutiner en amas de glace d'une dangerosité extrême. Elle y trouvera des réponses.... glaçantes et effrayantes.

Peter Hoeg navigue entre le roman policier, roman noir et roman de science-fiction. Il n'épargne pas son lecteur avec des allers-retours entre le passé de Smilla, son présent, le passé du Groenland et sa modernité. Il orchestre le mystère avec maestria, distille la peur, tel un poison savamment dosé, tant chez Smilla que chez le lecteur.
Son héroïne doit puiser au fond d'elle-même courage et passion pour découvrir ce qui a provoqué la mort du jeune Esajas, elle lit les silences éloquents chez les autres, elle débusque un étrange parasite plus ravageur que le ver de Guinée ou le ver polaire. Mutation du parasite due à la proximité d'une météorite, objet de nombreuses convoitises ?
L'auteur excelle à mêler la critique envers la manière dont le Danemark a colonisé le Groenland, l'observation de la difficulté à tenir entre deux cultures aussi différentes que celle des Inuits et celle des Danois, à porter un regard acéré sur l'éternel conflit des relations homme-femme et à mettre en lumière le risque énorme à court ou moyen terme pour l'humanité d'un dérèglement dans l'équilibre subtil de l'écosystème du Groenland et des régions polaires, risque encouru par la course au profit d'un capitalisme à qui on a lâché la bride.
« Smilla et l'amour de la neige » est un hymne à ces régions hostiles où la vie dépend de la connaissance de la neige sous toutes ses formes. Une neige aux mille mots, aux mille nuances de blanc. Un monde cruel et envoûtant par sa beauté indicible.

Peter Hoeg offre un roman d'une beauté époustouflante, au rythme soutenu et à l'atmosphère délicieusement oppressante.
J'avais lu « La petite fille silencieuse » roman dans lequel l'eau tient un rôle essentiel, et « le pouvoir de Susan », romans que j'avais hautement appréciés. « Smilla et l'amour de la neige » m'a enchantée au point que j'ai quitté, à regret, Smilla l'inclassable jeune femme aux mille et une facettes aussi intéressantes les unes que les autres.
Le must du must ? le lire bien au chaud sous la couette ou confortablement installé(e) avec à portée de main un mug de thé brûlant.
Lien : https://chatperlipopette.blo..
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Sara2a
  30 novembre 2012
Le résumé me faisait envie, j'adore les thrillers et si en plus ils me font voyager c'est le bonheur.
Alors pourquoi me suis-je autant ennuyée dans cette lecture qui m'est apparue interminable .
Pour ce qui est de l'intrigue, je n'ai aucune rancune, la façon étrange dont est mort l'enfant interpelle Smilla qui décide de se lancer dans l'enquête. Une investigation digne d'un super détective dont Smilla revêt le costume un peu trop facilement à mon goût, mais comme dans toute bonne intrigue suivre un personnage atypique est loin d'être désagréable alors passons.
Là où j'ai été bousculée c'est dans la façon qu'a eu l'auteur de me forcer à suivre l'intrigue en s'étendant sur certains détails et en occultant certains, comme si j'étais sensée tout savoir ...
Du coup certains passages m'ont foncièrement ennuyée, je n'en ai pas compris certains, vers la moitié du roman j'ai eu envie de le recommencer pour le lire plus méthodiquement en prenant des notes mais j'ai renoncé...
Lorsqu'enfin Smilla monte sur le bateau et entame son périple sur l'eau je me suis enfin immergée dans l'histoire, le bateau réduisant le nombre de personnages la lecture est devenue plus aisée , les faits plus clairs ....
Ce roman est dense, compliqué , il demande de l'attention, les divers sujets évoqués sont nombreux et l'écriture complexe et en même temps très touchante donne un ensemble atypique .
Le personnage de Smilla est énigmatique, dur à suivre et à comprendre mais que sait on exactement de cette femme arrachée de sa terre natale ? Elle se livre par petits bouts, presque à contrecoeur, souvent pour se justifier, elle donne le sentiment d'être aux abois dans un milieu hostile qu'elle ne comprend pas, qu'elle ne veut pas accepter . Qu'a-t'elle à perdre ? Que lui rapportera sa quête ? Ses rapports avec les autres sont obscurs, l'amour, l'amitié ne semblent avoir aucune place dans sa vie juste la quête de la clarté, des vérités qui dérangent.
Son enfance évoquée par petits épisodes donne un ton mélancolique à certains passages et contrastent avec la brutalité de son épopée, elle s'est forgée une carapace inaccessible là-bas dans ses paysages doux et violents où la glace lui parle , la glace avec qui elle a un rapport presque mystique .
Je ne saurai pas dire si j'ai aimé ou bien détesté cette lecture, en tout cas je n'y est pas été insensible.
.
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   27 juin 2017
On lui donnerait la quarantaine finissante, autrement dit vingt ans de moins que son âge. Il porte une tenue de sport en thermolactyl, des chaussures à crampons, une casquette de base-ball et des mitaines de cuir. D’une poche-poitrine, il sort un flacon en verre fumé, le vide d’un geste routinier qu’on remarque à peine. Du propanolol, un bêtabloquant qui ralentit les pulsations cardiaques. Il ouvre une main et en considère la paume. Elle est large, blanche, soignée et parfaitement calme. Il choisit un club, un driver Taylormade, avec une tête en palissandre poli taillée en forme de cloche. Il ajuste sa prise et soulève le club. Pendant la frappe, toute la puissance de ses quatre-vingt-cinq kilos est concentrée en un point de la taille d’un timbre-poste. La petite balle jaune semble voler en éclats avant de disparaître. On ne la voit resurgir qu’au moment d’atterrir sur le green, au fond du jardin, où elle se pose docilement à proximité du drapeau.
– Une balle Cayman, dit-il. De chez McGregor. Avant, j’avais toujours des problèmes avec les voisins. Ce modèle-ci est deux fois plus lent.
Cet homme est mon père. Je démasque aussitôt les intentions de cette démonstration en mon honneur – la prière d’un petit garçon qui désire être aimé, et que je n’envisage pas une seconde d’exaucer.
Vu d’ici, le Danemark m’apparaît exclusivement peuplé de petits-bourgeois. Les plus démunis et les vrais nantis représentent une minorité exotique.
J’ai la chance de connaître une quantité de gens de la première catégorie, d’autant plus que les Groenlandais y sont fort bien représentés.
Mon père appartient à la seconde.
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ElletseElletse   14 octobre 2013
Smilla, chuchote-t-il, quand j'étais un petit garçon, j'avais un tank à chenilles. Si quelque chose lui barrait le chemin, il grimpait par-dessus. Si l'obstacle était trop haut, il cherchait à le contourner ou à passer d'une autre façon. On ne pouvait pas l'arrêter. Tu es comme ce tank, Smilla. Tu devais te tenir à l'écart de tout ça, et tu n'as pas cessé d'y mettre ton nez. Tu aurais dû rester à Copenhague et te voilà à bord. On t'enferme - c'était mon idée, c'est ce qu'il y a de plus sûr pour toi - et te revoilà dehors. Tu réapparais tout le temps, Smilla. Tu es exactement comme ce tank.
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JunieJunie   31 mars 2012
La culture technologique n'a pas détruit les peuples autour de l'océan Arctique. Le croire serait lui faire trop d'honneur. Elle n'a servi que de déclencheur, un modèle à l'échelle cosmique des possibilités de chaque homme au sein de chaque culture: centrer son existence sur ce mélange proprement occidental que sont la convoitise et l'insouciance.
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AproposdelivresAproposdelivres   23 septembre 2014
Il gèle, un extraordinaire -18° ; il neige et, dans la langue qui n'est plus la mienne, cette neige est qanik - de gros cristaux planent presque en apesanteur, s'amoncellent sur le sol et le recouvrent d'une couche de gelée blanche et poudreuse.
L'obscurité de décembre s'élève de la tombe, elle semble aussi illimitée que le ciel au-dessus de nous. Dans cette obscurité, nos visages ne sont plus que des disques faiblement éclairés mais, même ainsi, je note la réprobation du pasteur et du bedeau devant mes bas résille noirs et devant les gémissements de Juliane accentués depuis que les effets du disulfirame, pris tôt ce matin, se sont dissipés. Elle est presque dégrisée pour affronter le chagrin. Ils considèrent que nous ne respectons ni le temps ni les tragiques circonstances. La vérité, c'est que les bas comme les cachets sont, chacun dans leur genre, un hommage au froid et à Esajas.
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PixisPixis   25 août 2015
p. 138 :
Un enfant qui naît est un événement merveilleux, une étoile, une aurore boréale, une colonne d'énergie dressée dans l'univers. Un enfant qui meurt est un drame atroce.

p. 344 :
Ce qu'il y a de triste avec la mort, ce n'est pas qu'elle modifie le futur mais qu'elle nous laisse seul avec nos souvenirs
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Smilla, bande-annonce
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