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ISBN : 2080666479
Éditeur : Flammarion (25/01/1994)
Résumé :

4e de couverture :

" L'Histoire a ses oubliés : la belle Titaÿna qui fut la coqueluche du Paris mondain des années folles a disparu des mémoires.

Quelques érudits sauront peut-être qu'elle fut la soeur du grand démographe, Alfred Sauvy. Pourtant sa vie (1897-1966) fut autrement mouvementée.... "

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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
kielosa
  23 mars 2019

L'auteur aurait pu sous-titrer cette biographie "La femme pressée" car il nous raconte la vie d'une personne qui de ses 25 à 43 ans a constamment brûlé les étapes. Non seulement les jobs et les voyages s'enchaînent, mais pour aller plus vite, elle se déplace de préférence en avion à une époque où cela était plutôt rarissime.
Née le 22 novembre 1897 à Villeneuve-de-la-Raho à une dizaine de kilomètres de Perpignan dans les Pyrénées-Orientales, comme l'aînée de 7 enfants du couple Louis et Jeanne Sauvy, prénommée gentiment Elisabeth, elle précède de 12 mois la naissance d'un petit frère Alfred, né le 31 octobre 1898, qui deviendra l'illustre démographe et sociologue de réputation mondiale.
Déjà trop pressée comme gamine, ayant "un mal fou à admettre la discipline", lisant beaucoup, nourrie de Jules Verne et Jack London et disposant d'une imagination débordante, ses études ne sont guère brillantes. En plus, dans ses gênes elle a le goût de l'aventure et du voyage de son grand-père maternel, le général Bernard-Justin Tisseyre (1838-1937), qui avait pris part à l'expédition de Maximilien d'Autriche au Mexique et qui lui raconte ses souvenirs de Chine et d'Extrême-Orient. Gamine, elle est convaincue que chacun "porte en lui un petit Christophe Colomb et le regret qu'il n'y ait plus d'Amérique à découvrir".
Son départ d'une vie fulgurante se situe en 1922 avec une annonce de l'ambassade du Japon qui cherche une dame de compagnie pour la princesse Kitashirakawa, soeur de l'empereur Taishô et tante de Hirohito, de passage à Paris. le nombre de candidates est élevé, mais avec un cran et un culot qui deviendront un de ses traits de caractère, elle se présente et emporte cette nomination qui lui ouvre de nombreuses portes inespérées. le 2-4-1922, près de Bernay a lieu un terrible accident de voiture dans lequel meurt le beau-frère du mikado. Elisabeth a été éjectée de la bagnole, est blessée au genou gauche, se retrouve en convalescence à l'hôpital pendant 3 semaines d'où elle donne des interviews à la presse et touche une sérieuse indemnité nippone.
Autre caractéristique : son art de tirer un parti maximum de n'importe quelle occasion qui se présente. Ainsi, profitant du scandale qu'a provoqué la parution du roman célèbre de Victor Margueritte "La garçonne" et du "Diable au corps" de Raymond Radiguet, Elisabeth Sauvy réussit à faire publier, la même année 1922, son conte sur l'union libre et les amours adolescentes. Par la même occasion est née le pseudonyme qu'elle n'abandonnera plus et qui trouvé son origine dans la mythologie catalane : Titaÿna.
Ce sont les voyages et les découvertes qui la font rêver. En fin de volume, Benoît Heimermann produit une liste impressionnante d'une page et demie de ses voyages, commencés en 1923 à Vienne, Prague et Budapest et qui se terminent en 1937 au Guatemala, Rio et Honduras. À première vue, il ne manque que le Vatican !
Dans un billet que je vais faire de son récit de voyage "Une femme chez les chasseurs de têtes" de 1934 et qui contient également son "10.000 kilomètres à bord des avions ivres" de 1929 et "Mes mémoires de reporter" de 1937, je reviendrai sur les exploits de cette infatigable globe-trotteuse.
Ici, je veux me concentrer sur sa vie et personnalité peu commune et même un court résumé de ses pérégrinations me mènerait trop loin.
Après ses récits de voyage à l'exemple de Joseph Kessel et Albert Londres, c'est le journalisme qui la tente. Et, sans grande formation spécifique, Titaÿna réalise quelques fameux coups d'éclat : elle trouvé le moyen d'interviewer Mustafa Kemal Atatürk à Ankara en 1924, le prince Carol de Roumanie à Bucarest, Abdelkrim el-Khattabi au Maroc et à la Réunion, Elefthérios Venizélos à Crête, le roi Alphonse XIII d'Espagne à Madrid, Benito Mussolini à Rome en mars 1935 et Adolf Hitler à Berlin en janvier 1936.
Simultanément elle continue ses ouvrages : "Mon tour du monde" en 1928 ; "Loin" l'année suivante ; "La caravane des morts" en 1930 ; "Nuits chaudes" en 1932 ; "Les ratés de l'aventure" en 1938, etc. et ses articles de presse pour Vu, Voilà, L'Intransigeant, Paris Soir et est même nommée directrice de la revue Jazz en 1928.
Titaÿna est la coqueluche du Paris mondain et connaît toutes celles et ceux qui y ont nom : Arletty, Colette, Blaise Cendrars, Pierre Mac Orlan, l'auteur du magnifique "Le quai des brumes" qui l'apprécie beaucoup, Francis Carco, Henry de Monfreid, Jacques Benoist-Méchin, Jean Luchaire et sa fille Corinne, le maréchal Lyautey, Pierre Lazareff, André Chamson etc. En somme, trop pour les énumérer tous, quoique je tiens à explicitement mentionner 2 noms : celui de Jean Cocteau, qui dans "Mon premier voyage" de 1936, à la première page, a noté "à Titaÿna. Je t'aime et je t'embrasse du fond du coeur" et d'Antoine de Saint-Exupéry qui a fait pareil avec "Vol de nuit" en 1931, où il a écrit "Pour Titaÿna qui a connu tout ça..."
Il est vrai que notre Elisabeth avait l'art et la manière d'apparaître en public avec sa coiffure à la garçonne, ses choix vestimentaires spéciaux (souvent des ensembles en cuir - en hommage à l'aviation), sa façon de se mouvoir et de s'adresser aux autres. Elle ne passait certainement pas inaperçue et tout le monde n'était pas nécessairement séduit par ses apparitions. Marthe Lambert, sa belle-soeur et l'épouse d'Alfred, par exemple, n'aimait pas "ses toilettes tapageuses et son côté m'as-tu-vu" (page 183).
Au point de vue relations, elle a eu plusieurs liaisons et s'est mariée avec Jules-Edmond Courtecuisse, qui se faisait nommer Maurice Bréval, en 1922, mais le mariage n'a pas duré 3 mois. En fait, son grand amour a été le médecin Ernest Edmond Desmarest, un ami de Romain Rolland et de Paul Valéry, à qui elle a lié sa destinée dès 1924 et avec qui elle s'est mariée en 1940.
1940, les méfaits du colonialisme qu'elle a constaté lors de ses voyages, le laxisme français et le drame de Mers el-Kébir où la marine britannique attaque la flotte française en juillet pour éviter qu'elle ne soit livrée aux nazis, mais tue 1295 marins français parmi lesquels son frère préféré Pierre de 30 ans font que Titaÿna opte pour les Allemands. du 18 août 1940 au 6 juin 1941, elle va écrire des articles virulents dans la presse collaborationniste, tels "Les Nouveaux Temps" et "La France au travail" et faire des déclarations à "Radio Paris" pro-allemande. Surtout son antisémitisme est totalement incompréhensible et impardonnable.
J'avoue que j'ai été choqué et foncièrement déçu en lisant cette prose lamentable, d'autant plus que j'avais beaucoup d'admiration pour son courage, son caractère trempé et ses initiatives.
À partir de cette date ce n'est plus la même Titaÿna ou même Elisabeth Sauvy. Pendant le reste de la guerre, elle est inscrite aux abonnés absents, fera 11 mois de prison pour collaboration et partira aux États-Unis en 1946, où elle meurt d'une attaque cardiaque à San Francisco, le 13 octobre 1966, à l'âge de 68 ans.
Benoît Heimermann s'est pour cette biographie très bien documenté et a fait preuve de beaucoup de tact, sans pour autant devenir aveugle pour ce qui est finalement inadmissible.
Malgré ma déception pour son coup de théâtre en 1940, je dois dire que j'ai eu une forte sympathie pour cette dame extraordinaire d'avant cette date fatidique et qui mérite d'être mieux connue.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
kielosakielosa   22 mars 2019
En 1925, Pierre Mac Orlan, propose à Titaÿna de faire à sa place un reportage en Pologne pour le quotidien "L'Intransigeant". Elle se rend à l'administration du journal et déclare qu'elle accepte les conditions.
" - Savez-vous quelle somme nous offrons ?
- Non.
- Connaissez-vous le prix du voyage ?
- Non.
- Avez-vous une idée du coût de la vie en Pologne ?
- Non.
- Connaissez-vous le cours du zloty ?
- Non.
... Mais alors, que connaissez-vous ?
- Je me connais, moi. "

(page 84).
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kielosakielosa   21 mars 2019
- A Bornéo, j'irai dans le centre nord-est.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est en blanc sur les cartes.

Titaÿna (Elisabeth Sauvy), en 1933.

(page 11).
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