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EAN : 9791022608381
Éditeur : Editions Métailié (24/01/2019)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 20 notes)
Résumé :
En exergue l’auteur a écrit : “Ce roman rapporte des événements réels. Les personnages ne sont pas inventés.”

Konstantin Boggosch n’a jamais connu son père, Gerhard Müller, nazi notoire et criminel de guerre. Toute sa vie, il n’a de cesse de fuir ce lourd héritage : il change de nom, quitte son pays, tente de s’enrôler dans la Légion étrangère à Marseille, devient secrétaire pour un groupe d’ex-résistants cultivés, revient en rda après la construction... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  06 janvier 2020
D'abord , ce livre , pour le comprendre , il faut en regarder la couverture , oui , oui ....Ça y est , vous y êtes ? Une silhouette ....Vous la voyez bien ? Un fond bleu , gris , noir , sombre ,nu ...Et puis , une ombre ...Un homme...bien campé , jambes légèrement écartées , parapluie servant de canne ? de face , de dos ? Une ombre....personnage principal de ce superbe roman ...Une ombre , un criminel de guerre nazi , marié, deux enfants ....Un criminel de guerre dont l'ombre va planer sur sa famille , une ombre obsédante, permanente , menaçante , une ombre qui va " coller à la peau " des siens jusqu'au bout du bout , jusqu'à en faire des victimes....Un roman extraordinaire , d'une force absolue , destructrice .Et au coeur de l'histoire , un jeune homme formidable , Konstantin ....Un jeune homme qui va porter un héritage d'autant plus lourd qu'il n'a rien à voir avec lui ...Son père , il ne l'a pas connu et pourtant , il va lui falloir sans cesse " vivre avec lui " , assumer , payer pour lui un prix bien trop lourd . Konstantin Boggosch , Konstantin Mulher ? L'un est intelligent , brillant , aimant , l'autre voit les portes se fermer devant lui ....Heures douloureuses de l'après- guerre , de la RDA et du " mur " , heures sombres d'une époque.....C'est avec une incroyable force que nous allons accompagner ce personnage , que nous allons traverser une période historique forte ....Nous sommes Konstantin , nous essayons de le " pousser " vers ce bonheur qui le fuit , chassé par une " ombre menaçante " , l'ombre du père.....Il y a peu de gaité dans ce livre , peu d'insouciance , peu de joie ou de sourire , encore moins le moindre fou - rire , des gestes d'amour pudiques ..Et pourtant , quelle addiction , quelle admiration pour ce jeune homme d'abord naïf puis parfaitement lucide face aux " vents contraires " de l'histoire ...Quel amour de la vie , pour sa mère, pour sa femme et son bébé, quel amour donné....sans retour sinon celui de ...l'ombre ....toujours là , jusque dans l'irrationnel . C'est une histoire dure , remarquablement rendue jusque dans un style lourd , pesant , où les dialogues échappent aux conventions littéraires pour " faire bloc " avec le reste du récit. Lourd pâté indigeste ? Oh que non , ça coule , ça se déroule, ça s'insinue en vous , c'est d'une force incroyable , un " tsunami " de mots , de phrases qui vous charment avant de vous " avaler " , du grand art ... Désespérant ? Noir ? Non , il y a tant et tant de si beaux personnages dans ce roman que les citer serait prendre le risque d'en oublier... Triste, non , quand on ne voit que les autres ?.....Un livre que l'on quitte avec regret , un peu de frustration mais , surtout , beaucoup d'interrogations et de réflexion, un livre intelligent dans lequel l'esthétique livre un extraordinaire combat à l'obscurantisme et permettra à bon nombre d'entre nous de mieux comprendre - pas forcément accepter - leur passé même si , évidemment , celui de Konstantin n'appartiendra , à tout jamais , qu'à lui même.....
Je ne remercierai jamais assez ma chère épouse de si bien me connaître pour m'offrir "de telles beautés". Evidemment , mon avis n'est que le mien , mon histoire n'est que la mienne et ....vous n'êtes pas obligé(e)s de me croire ...Il y a tant de nous dans ce que nous lisons ....Pour moi , ce roman est un bijou ....et cela suffit à mon bonheur du jour .
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viou1108
  24 janvier 2019
Konstantin Boggosch est coupable. Coupable d'avoir eu un père nazi, criminel de guerre, pendu à ce titre en 1945. Quoi qu'il dise ou fasse, Konstantin devra porter ce poids, cette ombre écrasante, sa vie durant. Pourtant il n'a même pas connu ce père, mort juste avant sa naissance. Il ne porte même pas son nom mais celui de sa mère, qui s'est arrangée après la guerre pour récupérer son nom de jeune fille et faire modifier celui de ses deux fils. Konstantin a beau se désolidariser entièrement des faits et gestes monstrueux de son géniteur, le désavouer, rien n'y fait, son dossier ressurgit toujours, "grâce" à l'administration exemplaire de la RDA, qui n'oublie jamais rien. Empêché de s'inscrire au lycée en raison de sa filiation, Konstantin s'enfuit en France, seul, à 14 ans. Débrouillard, sans rien révéler de l'histoire de son père, il arrive à se faire embaucher à Marseille comme traducteur par un groupe d'anciens résistants. En parallèle, il suit des cours du soir pour pouvoir passer le bac, mais son honnêteté foncière ne lui permet pas de continuer à mentir à ses nouveaux amis à propos de son passé. Alors, à la construction du Mur, il rentre en RDA, à contre-courant de tous ceux qui essaient de fuir à l'Ouest à la dernière minute. Mais là encore, la tache noire de ses origines lui mettra des bâtons dans les roues pendant ses études puis sa carrière de professeur, l'empêchant d'obtenir postes et promotions alors même qu'il est de loin le plus compétent et le plus apprécié de ses collègues et de ses étudiants. Las! la bureaucratie pro-soviétique est sourde comme un pot à ce genre d'arguments...
Avec "L'ombre d'un père", je ne m'attendais pas à être embarquée dans des aventures aussi prenantes, captivantes. On pourrait reprocher à ce livre d'être froid, très descriptif et factuel, et de ne laisser que peu de place à l'émotion. Mais je pense que cela colle très bien avec le caractère de Konstantin, obligé très tôt de s'endurcir, qui cherche par tous les moyens à vivre sa vie et à se libérer de l'emprise post mortem de son père, et qui préfère l'action à l'auto-apitoiement. Si sa vie d'adulte est plutôt "rangée", les aventures à l'adolescence de ce gamin plein de ressources, déterminé et droit, sont incroyables.
A travers la vie de Konstantin, ce sont 60 ans d'histoire (est-)allemande qui sont balayés, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser que, alors qu'à l'Ouest on parlait Mai 68, Woodstock et Flower power, les "Ossis" étaient bel et bien prisonniers derrière le Mur. Combien de destins se sont vu couper les ailes, piégés, au nom d'une idéologie implacable et de logiques absurdes ? Et ici, on ne peut même pas se consoler en se disant que c'est une fiction, parce que, comme le dit l'auteur, "des événements authentiques sont à l'origine de ce roman. Les personnages ne sont pas inventés".
"Mon père a tellement d'être humains sur la conscience. Et maintenant en plus, il m'assassine, moi". Héritier malgré lui d'un père qu'il renie, Konstantin Boggosch est une victime du gâchis perpétré par un système politique inepte, et le héros marquant de ce grand roman d'apprentissage, d'histoire et d'aventures.
En partenariat avec les Editions Métailié.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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ManouB
  21 décembre 2019
Konstantin n'a jamais connu son père, mort quelques mois avant sa naissance, à la fin de la guerre.
Très vite alors qu'il grandit dans une petite ville d'Allemagne de l'Est (mais l'Allemagne n'est pas encore coupée en deux, le mur n'a été érigé qu'en 1961), il va comprendre que même si son père faisait partie des personnes importantes de la ville car il avait une usine prospère qui proposait du travail à tous les habitants, il a aussi une face cachée inavouable...
En effet, le père a fait partie des SS et a commis des actes inacceptables, tellement horribles qu'il a été jugé criminel de guerre et exécuté à la fin de la Seconde Guerre Mondiale par les troupes communistes polonaises.
A la suite de ces événements, la mère se bat pour reprendre son nom de jeune fille et le donner à ses enfants.
Elle voit son avenir complètement bouché. le pouvoir soviétique lui interdit d'enseigner alors qu'elle parle plusieurs langues. Elle doit donc aller faire des ménages.
Elle fera tout pour cacher à ses deux fils, le personnage odieux qu'était leur père et qu'elle a profondément aimé du temps où il ne l'était pas.
Après avoir cherché à comprendre comment ce fils d'enseignant, d'une famille droite et croyante, a pu ainsi se faire enrôler dans les troupes nazis, elle décide de l'oublier pour le bien de ses enfants.
Mais les autres sont là, ils n'oublient pas et ne cessent de rappeler aux enfants le passé de leur famille, même ceux qui faisaient partie des anciens collaborateur du père et en ont bien profité.
Konstantin étouffe dans cette vie étriquée, se voit interdire l'accès au lycée alors qu'il est le meilleur de la classe. Il ne veut pas être obligé de faire un apprentissage, seul avenir possible pour lui et décide alors à 14 ans, de tout quitter et de gagner la France, en cachette de sa mère.
Là-bas, il va se faire embaucher dans une librairie de livres anciens, comme traducteur, et va passer deux ans, protégé par des hommes intègres, eux-aussi au lourd passé : ils ont été résistants et envoyés dans des camps.
Un jour, Konstantin n'en peut plus de garder secret le passé de son père, qu'il voulait oublier en venant ici : il décide de regagner son pays. Il a obtenu, grâce aux cours du soir, la première partie du baccalauréat et ldoit beaucoup à ces hommes qui lui ont fait confiance...
Mais lorsqu'il arrive à la frontière, tout est devenu plus compliqué car le "mur de Berlin" vient d'être dans la nuit matériellement érigé...il sera matériellement construit plus tard. le jeune homme doit d'abord répondre à de multiples questions, pour prouver qu'il n'est pas un espion tentant de repasser la frontière.
Le retour ne sera pas facile... et sa vie professionnelle et personnelle seront en permanence meurtries par l'existence de ce père qu'il n'a pas connu. L'ombre de ce père et le souvenir de ses actes le hanteront jusqu'à la fin de ses jours...
Les enfants sont-ils responsables des actes de leurs parents ?
C'est un roman initiatique, non dénué d'une pointe d'humour malgré la gravité du sujet et une certaine distance prise par le narrateur. Nous suivons Konstantin, ce jeune garçon sympathique et débrouillard dans sa quête de poursuivre ses études, ce qui lui est refusé dans son pays, puis plus tard dans son combat quotidien pour avoir une vie professionnelle plaisante.
C'est un roman bien écrit, très prenant qui se lit comme un roman d'aventure tout en nous plongeant dans 60 ans d'histoire de l'Allemagne. Il nous fait réfléchir à ce que nous voulons faire de l'avenir, tout en n'occultant en rien la mémoire historique indispensable.
Les effets durables d'une guerre même terminée n'ont pas à influer sur le devenir des générations futures. Et pourtant...
Le roman est construit de manière originale, puisqu'on retrouve tout d'abord Konstantin à la retraite, mais poursuivi par une jeune journaliste qui veut l'interroger pour écrire sur lui parce qu'il a été directeur du lycée le plus prestigieux de la ville. Il est marié et sa femme doit bientôt partir en cure car elle vient de subir une opération grave de la colonne vertébrale. Lui bien entendu ne veut pas du tout entendre parler de cet entretien qui ferait ressortir encore une fois son passé.
Le lecteur entre ensuite dans sa vie de petit garçon et n'aura de cesse d'arriver à la fin du roman pour comprendre les raisons de son refus.
Konstantin est un personnage sympathique courageux et réaliste, qui va toujours de l'avant et ne passe pas son temps à s'apitoyer sur son sort. C'est une des raisons pour lesquelles il rencontre des gens qui vont l'aider à se sortir de toutes les situations, parfois rocambolesques, dans lesquelles il tombe. Sa droiture, le fait qu'il croit à son droit d'oublier ses origines, vont l'amener à ne plus fréquenter son propre frère qui lui, à l'inverse, considère son père comme un héros...
Cette lecture m'a rappelé des souvenirs personnels, lorsque que j'étais étudiante, j'avais réalisé que les jeunes allemands des années 70, portaient en eux la culpabilité de ce que leur pays nous avait fait, à nous français, alors qu'ils n'étaient pas nés.
Comment bâtir sa propre histoire de vie quand un de nos parents a commis des actes ignobles ?
Est-ce normal qu'un enfant paie pour son père ?
Est-ce normal que tout un peuple souffre et porte la responsabilité d'actes passés ?
Comment ne pas oublier les actes commis, sans faire peser le poids de la culpabilité sur les descendants ?
Les choses auraient-elles été différentes si le petit Konstantin et sa famille avait vécu à l'Ouest ?
Evidemment, il est important de se poser ces questions, même si personnellement je n'ai pas à rougir du passé de ma famille, je comprends que cela ne soit pas facile pour ceux qui eux, ont à en rougir...
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jostein
  03 avril 2019
Konstantin Boggosch a soixante-sept ans, il vit paisiblement aux côtés de Marianne dans une petite ville de l'est de l'Allemagne. Ancien directeur du lycée, il est sollicité par une journaliste pour poser avec les trois autres anciens directeurs devant le lycée rénové. A cette occasion, la journaliste voudrait qu'il lui raconte son passé.
» le monde est suffisamment grand pour qu'on s'y perde, mais notre vie n'est pas suffisamment longue pour que nous puissions tout oublier. »
Si il refuse l'interview, à nous,lecteurs, il va tout raconter depuis son adolescence jusqu'à ce jour où il reçoit une lettre pour un certain Konstantin Müller.
Né en 1945, Konstantin n'a jamais connu son père mais il va pourtant régir toute sa vie. Sa mère, issue de la bourgeoisie, a choisi de renier et d'oublier cet homme, directeur des usines Vulcano, tué par les Polonais pour crime contre l'humanité. Gerhard Müller, proche du frère de Heinrich Himmler, avait construit un camp de concentration dans le bois de Ranen, à côté de son usine.
Si le frère de Konstantin, soutenu par son oncle, vénère son père, Konstantin suit sa mère dans la volonté d'oublier. Mais le jeune homme ne se libèrera jamais de ce fardeau écrasant. Après la défaite, fils de nazis ne peuvent pas être acceptés au lycée et passer le baccalauréat. A quatorze ans, Konstantin élève très doué, refuse d'aller en apprentissage et s'enfuit en France. Son rêve est de rejoindre Marseille pour s'engager dans la légion étrangère.
Doué pour les langues, grâce à sa mère qui imposait une langue différente chaque jour de la semaine, Konstantin devient l'assistant d'un libraire marseillais, ancien résistant revenu d'un camp de concentration. Après quelques années très riches en découvertes et amitiés, titulaire de sa première partie de bac, il souhaite retourner en Allemagne pour voir sa mère. En pleine construction du mur de Berlin, le retour au pays est difficile et irréversible.
Empathique, intelligent, volontaire, Konstantin est voué à la réussite même si le passé de son père est toujours là pour contrer ses ambitions.
» Tu n'es pas son fils, tu es sa dernière victime. »
Ce roman d'initiation nous plonge dans l'Allemagne d'après-guerre jusqu'à quelques décennies après la chute du mur de Berlin. le thème principal est bien évidemment le poids de l'héritage d'un père criminel de guerre, « l'extension de la sanction aux proches » . Christoph Hein la décline sur toute une vie, car ce fardeau peut suivre plusieurs générations. Alors qu'il n'avait rien à raconter à la jeune journaliste, Konstantin nous passionne avec sa vie semée d'embûches et de belles rencontres. Un roman passionnant et une belle réflexion sur l' héritage historique.
» Ne peut-on pas me juger d'après ce que je suis et ce que je fais?«
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Aifelle
  11 mai 2019
Konstantin Boggosch est né en 1945, à la fin de la guerre. Il n'a jamais connu son père, exécuté par les Polonais en tant que criminel de guerre. Sa mère, disant tout ignorer des actes de son mari, a repris son nom de jeune fille pour que ses deux fils ne portent pas le poids des fautes du père.
Peine perdue, Konstantin sera poursuivi toute sa vie par cette origine infamante. le roman commence alors qu'il a soixante sept ans, vit avec sa deuxième femme, Marianne, en Allemagne de l'Est et reçoit la visite d'une jeune journaliste qui veut écrire un article sur sa carrière d'enseignant. Il refuse catégoriquement d'évoquer son passé, mais se le remémore en détail pour lui-même.
A 14 ans, Konstantin est un jeune garçon très doué pour les études, mais le passé de son père lui interdit l'entrée au lycée. Peu tenté par un contrat d'apprentissage, il s'enfuit en Allemagne de l'Ouest, chez un oncle, ardent défenseur de son père, puis en France où il se retrouve à Marseille. Il a une idée fixe, entrer à la Légion Etrangère où on ne lui demandera rien sur sa filiation. Les légionnaires se moquent de lui et le renvoient, pas dupes de son mensonge sur son âge.
Il fera la connaissance d'un libraire particulier et de ses amis, qui le prendront sous leur aile. Ils ont été résistants et il leur tait soigneusement ce que son père était. de plus en plus mal à l'aise avec son mensonge, il finit par rentrer en Allemagne juste au moment où le régime construit le mur, rendant la frontière infranchissable.
Il est heureux de retrouver sa mère, mais sa situation est peu enviable, soupçonné d'avoir voulu s'enfuir à l'ouest. Il pense qu'il va pouvoir reprendre des études après ce qu'il a fait en France, mais son dossier est toujours là, l'ombre de son père aussi. Toujours ce sera un obstacle à sa propre vie.
Je ne peux pas entrer en détail dans cette histoire dense et touffue mêlant la trajectoire personnelle de Konstantin et la vie dans cette Allemagne d'après-guerre coupée en deux, d'abord avec une certaine souplesse, puis ensuite séparée de façon hermétique.
C'est l'aspect historique qui m'a le plus passionnée, avec l'impact du passé qui empêche Konstantin de se réaliser comme il le voudrait. Il se referme considérablement, sa deuxième femme ne sait même pas qui était son père. Il ne fréquente plus depuis longtemps son frère, qui lui, vénérait cet homme qui était prêt à ouvrir un camp de concentration à côté de son usine.
Konstantin est débrouillard et hardi, il se bat constamment pour se faire une place. Sa mère lui a apporté de solides atouts en les obligeant à parler une langue différente chaque jour de la semaine. Il se rendra compte tardivement que si elle vit en faisant des ménages, c'est que le régime en place ne l'autorise pas à exercer comme enseignante à cause de son mari.
Le seul (petit) bémol que je pourrais apporter à ma lecture est une certaine froideur dans la narration, mais qui finalement colle bien avec la solitude que ressent Konstantin, enfermé dans son secret.
Une excellente découverte sur les conséquences durables d'une guerre, même lorsqu'elle est terminée.
Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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critiques presse (1)
LeMonde   23 avril 2019
Konstantin, né après l’exécution de son père nazi, supporte sa vie entière le poids de la culpabilité. Un roman implacable de l’auteur allemand.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   22 janvier 2019
[En Allemagne de l'Est, 1961]
Nous apprenons le français et l'anglais, mais n'avons pas le droit de nous rendre dans ces pays. Et maintenant, depuis la construction du mur, c'est sans espoir. N'est-ce pas insensé d'apprendre des langues étrangères quand on est enfermé derrière un mur? C'est pareil que si on lisait un livre de cuisine sur une île déserte. C'est fou, tout simplement fou!
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AifelleAifelle   11 mai 2019
Je voyais pour la toute premIère fois sa photo. Ma mère prétendait que tous les documents familiaux avaient été perdus à la fin de la guerre, parce qu'elle avait dû quitter de façon précipitée la grande demeure sur la place du marché, et qu'elle ne possédait plus rien de mon père. Je fixai la photo. Je m'imaginais à quel point ma vie changerait si j'avais un père bien réel, un père qui serait chez nous, avec qui je pourrais parler, comment ça se passerait si je n'étais pas condamné à grandir seulement avec une mère. Un père peut faire tant de choses qui ne conviennent pas à une femme. Un père me manquait. Mais ensuite, je vis le criminel de guerre qu'on avait condamné à mort et exécuté. L'homme souriant de la photo devint un monstre, un ennemi de l'humanité, quelqu'un qui torture et assassine des innocents. Que ferait ce genre d'homme, de père, avec moi ?
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JeanfrancoislemoineJeanfrancoislemoine   06 janvier 2020
" Chez nous , on dit qu'on ne dort plus dans le lit conjugal , quand l'autre est parti ."( p 342)
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ManouBManouB   21 décembre 2019
Il y eu tous les jours des entretiens, ou plutôt des interrogatoires. Au moins deux fois par jour j'étais convoqué pour une demi-heure ou pour dix minutes dans un bureau et je devais répondre à toutes sortes de questions. Au bout de trois jours les questions se répétèrent et je répétai à chacun la même histoire, je n'avais pas fui, mais j'étais seulement allé en France pour améliorer mon français, et passer le baccalauréat, ce qui m'était interdit chez moi parce que mon père avait possédé autrefois une usine.
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ManouBManouB   21 décembre 2019
Ne vous fiez pas aux souvenirs des hommes âgés. Avec nos souvenirs nous essayons de corriger les échecs de notre vie, c'est pour cette seule raison que nous nous souvenons. C'est grâce aux souvenirs que nous nous apaisons vers la fin de notre vie.
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