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ISBN : 2366299621
Éditeur : Actusf (07/02/2019)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Le paléontologue Bastien, sa gouvernante Agathe, l'explorateur Ernest et la Germanienne en exil Angela se retrouvent au milieu d'une affaire d'espionnage d'envergure internationale. Ils doivent retrouver l'inventeur d'une machine volante tout en échappant à leurs poursuivants : une société d'assassins, une agence de détectives sans scrupule et une mystérieuse créature.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Aelinel
  03 mars 2019
Lorsque les éditions ActuSF que je remercie au passage, m'avaient proposé La forêt des araignées tristes en service presse, j'étais très enthousiaste à l'idée de découvrir ce premier roman de Colin Heine. En effet, le titre mystérieux et poétique, la couverture très réussie de Dogan Oztel ainsi que l'univers steampunk m'avaient immédiatement attirée laissant présager une lecture sous les meilleures auspices. Malheureusement, mes attentes ont été quelques peu ébranlées.
Au XIXème siècle, la Gallande évolue non seulement au rythme d'une géopolitique compliquée avec son voisin la Germanie mais doit aussi s'adapter suite à une catastrophe écologique. Cette dernière a eu pour principal effet une brume appelée vape qui a recouvert une bonne partie de son territoire et qui semble abriter des créatures étranges, voire menaçantes. Les hommes ont donc dû s'en protéger et construire en hauteur mais surtout grâce à leur habileté, ils ont su en tirer une énergie sur laquelle leur société est désormais basée. Tout fonctionne grâce à la vape : des moyens de transport (comme les tireurs, sorte de tramway volant qui relie les différents lieux de la ville) aux technologies comme les caméras.
Dans la capitale Gale, Bastien de Corville est un jeune paléontologue naïf et idéaliste, en quête d'écriture d'un livre scientifique. Mais un jour, alors qu'il participe à l'Omniexposition, il monte à bord d'un tout nouveau prototype de dirigeable qui se conduit seul. Malheureusement, l'appareil endommagé à cause d'une gargouille lubrique finit dans les eaux du lac. Bastien s'en sort alors par miracle mais il se retrouve bien vite plongé dans une aventure qui le dépasse.
Avant de débuter ma lecture, j'avais en tête deux chroniques négatives et une autre un peu plus mitigée au sujet de ce roman. Malheureusement, je rejoins l'avis de mes camarades sur certains points négatifs :
– un titre et une couverture peu en adéquation avec le contenu du roman. Il est vrai que les araignées ne constituent pas la trame principale du récit et sont finalement très peu présentes. Quant à la forêt dépeinte dans la couverture, elle ne constitue qu'un tout petit passage, la grande partie du roman se situant plutôt dans un cadre urbain et à Gale.
– un personnage principal un peu béotien. En fait, je pense que l'idée de départ de l'auteur était de rendre Bastien idéaliste ou naïf pour que le lecteur ressente de l'empathie vis à vis de lui. le problème, c'est que dans certaines scènes, son angélisme s'apparente davantage à de la stupidité! J'ai en tête deux exemples : le premier lorsqu'il se rend auprès du commanditaire de l'accident du dirigeable… avec la preuve qui l'incrimine! Quant au second, sa propre gouvernante doit lui expliquer en détail la théorie selon laquelle, l'accident ne serait peut-être pas aussi fortuit qu'il en avait l'air.
– une intrigue bancale et décousue. Je pense qu'il s'agit là du plus gros défaut du roman. J'avais le sentiment que l'intrigue partait dans tous les sens avec des personnages (comme le frère de la gouvernante) faisant leur apparition soudainement pour ne plus réapparaître par la suite ou d'autres arrivant comme un cheveu sur la soupe en plein milieu pour finalement jouer un rôle assez important (Angela, par exemple). Quant à l'accident du dirigeable en début de roman, je n'ai pas été vraiment satisfaite par les explications données. En effet, quel était finalement le but du commanditaire? Ne sciait-il pas la branche sur laquelle il était assis? Ai-je raté un épisode?
En revanche, le roman possède suffisamment de qualités pour avoir tenu mon intérêt en éveil.
– un style d'écriture enjoué. le roman est parsemé d'expressions assez drôles et teintées d'un humour percutant.
Il (Bastien) est en train de perdre conscience.
Ou bien de tomber inconscient? Quelle est l'expression la meilleure? Celle qui correspond le mieux à sa situation? Bastien hésite.
Finalement, il décide de s'évanouir. (P. 22)
– un univers Belle Époque facile à se représenter. L'un de mes courants artistiques préférées est l'Art Nouveau et grâce aux descriptions de Colin Heine, je n'ai vraiment pas eu de mal à me représenter la ville de Gale. En effet, il fait souvent référence à des structures en métal ou à des motifs végétaux stylisés typiques de ce courant artistique. Si l'intrigue se déroule en 1878, je dirais en revanche que l'univers correspondrait davantage à nos années 1890-1900. J'ai adoré également les descriptions du dirigeable le Gigantique qui m'a beaucoup fait penser au Titanic.
– des messages à faire passer. Enfin, j'ai apprécié le fait que l'auteur dénonce des faits de société dans son roman comme les préoccupations écologique (l'émergence de la vape serait l'effet désastreux des activités humaines) et sociale (la présence d'une discrimination spatiale : les classes les plus défavorisées se trouvent en bas de la ville de Gale, au plus près des dangers de la vape tandis que les classes les plus aisées sont à l'abri dans les hauteurs).
En conclusion, je reste mitigée à l'issue de ma lecture. En effet, le personnage principal un peu stupide et l'intrigue bancale m'ont freiné. Toutefois, pour un premier roman, l'univers m'a paru vraiment intéressant et les messages écologique et sociale cohérents. Il y a fort à parier que je laisserai une seconde chance à l'auteur pour un prochain opus.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Igguk
  08 février 2019
Depuis quelques années, les indés de l'imaginaire proposent une opération pour dévoiler en fanfare les premiers romans de jeunes talents avec un joli bandeau rouge : C'est les pépites de l'imaginaire. Dans ce cadre, ActuSF nous propose du sang neuf avec La forêt des araignées tristes de Colin Heine.
Bastien est un paléontologue tout mou qui aime bien étudier les restes de bestioles qui sortent de la Vape, un brouillard glauque qui a pourri la vie des gens mais qui constitue aussi une formidable source d'énergie. En se baladant dans une exposition, il monte à bord d'un prototype d'appareil volant piloté à distance, et là c'est le drame, une gargouille en rut (true story) surgit de nulle part pour se frotter un peu trop violemment contre la nacelle qui se casse la gueule. Traumatisé mais vivant contrairement à d'autres passagers, Bastien décide de mener l'enquête accompagné par un explorateur et une… gouvernante horripilante. C'est parti pour une aventure rocambolesque dans un monde steampunk (ou VapePunk, du coup) avec de l'espionnage, des gargouilles, des malfrats, des dirigeables mais bizarrement très peu de forêt, ou d'araignées tristes.
La forêt des araignées tristes a un univers vraiment intéressant à découvrir, c'est une ambiance clairement steampunk dans une pseudo-Europe au bord de la guerre, mais avec des petites trouvailles rigolotes comme ces gargouilles qui servent de monture pour survoler la Vape, ou ces cités construites en piliers. Globalement y'a une ambiance très sympa. On a une partie de l'histoire qui concerne une expédition dans les Vaineterres que j'ai trouvé réussie, y'a un vrai côté exploration à la Jules Verne qui m'est tombé sur la figure à ce moment-là, c'était fun mais complètement secondaire par rapport au vrai coeur de l'intrigue (alors que la couverture de Dogan Oztel, par ailleurs très réussie, a l'air focalisée sur cette ambiance-là).
Et… Désolé de vous avouer que c'est tout ce que j'ai à dire pour les qualités du roman, parce que j'ai trouvé le reste complètement foutraque. L'enquête menée par Bastien est un amas d'échecs et de coïncidences qui enlèvent complètement le plaisir que procure normalement un mystère bien mené, avec de l'astuce et du flair. Ici pas du tout, notre héros est naïf et va de boulette en boulette. le lecteur (enfin, moi, au moins) se répète « mais qu'il est con » à plusieurs reprises. C'est le genre à aller voir un suspect potentiel avec la preuve à la main et en lui disant clairement « Je suis pas allé voir la police et la preuve vous incriminant est ici, dans ma main, personne ne sait que je suis venu, bonjour ! ». Alors il est peut-être écrit comme un benêt naïf exprès, mais si c'est ça il aurait fallu partir dans la comédie à fond les ballons, parce que là ça fait juste « héros stupide ».
Le roman démarre avec deux trames distinctes (Bastien et son enquête, et Ernest en mission d'exploration) et on se demande bien comment tout ça va se rejoindre. On se retrouve avec des trames scénaristiques bancales qui sont reliées par des bouts de scotch et des coïncidences. le roman dans son ensemble est un édifice branlant qu'on a peur de faire tomber par terre en se posant trop de question. de plus, il a une dynamique de personnages vraiment étrange puisque Bastien s'entoure d'une équipe de bras cassés dont les interactions sont assez pénibles à suivre, surtout à cause du caractère de la gouvernante tête-à-claques qui donne des ordres à tout le monde (et leur crache à la gueule aussi). Et on a aussi une nana qui est parachutée en milieu de roman et qui se tape l'incruste sans que personne pose de question. Il fallait surement une jeune femme au bras de notre héros alors ils l'ont fait envoyer en chronopost au dernier moment. Bref, entre l'enquête et les personnages, y'a un sentiment constant de « mais c'est n'importe quoi ! » qui s'installe et ne m'a plus quitté.
Je regrette aussi la qualité d'écriture/relecture qu'on nous présente ici. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de croiser des tournures bizarres, ou même des phrases charcutées qui ne veulent plus dire grand chose. Puis c'est peut-être une question de style mais j'ai trouvé très étrange qu'une narration à la troisième personne te sorte toute-à-coup des « je » de nulle-part. Avec tout ça, régulièrement tu bloques sur des phrases, tu relis des paragraphes, tu as mal à la tête et tu retournes jouer à la console.
La forêt des araignées tristes est un roman dont l'univers est prometteur, mais intrigue et personnages n'ont ni queue ni tête du début à la fin, faisant de cette pépite 2019 une petite corvée à finir. J'aurai besoin d'une valeur sûre pour me remettre.
Livre reçu en service presse de la part d'ActuSF, merci à eux.
Lien : http://ours-inculte.fr/la-fo..
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celindanae
  29 janvier 2019
La Forêt des araignées tristes est le premier roman de Colin Heine. Il va paraitre le 7 février dans collection Trois Souhaits d'ActuSF. Que les arachnophobes comme moi se rassurent, les araignées du titre sont assez peu présentes dans le roman. D'ailleurs la couverture, bien que très jolie, est assez éloignée du roman, tout comme le titre. Son origine vient du fait que le personnage principal est paléontologue, et cela oriente le lecteur dans une direction qui n'est pas celle finalement prise par le roman, ce qui est un peu dommage. En effet, je m'attendais plus à un roman d'aventures mâtiné de surnaturel, alors que le roman est finalement plus tourné vers l'enquête. Ce n'est pas du tout dérangeant mais il vaut mieux le savoir.
Le décor est expliqué dans le prologue, mais l'univers prend réellement vie tout au long du roman. Dans le monde dans lequel se situe le récit, une grande catastrophe a eu lieu et a recouvert le monde de vape. Les hommes ont réussi à survivre à cette nouvelle donne et à s'adapter. La vape est un brouillard dont les hommes ont su tirer parti et qu'ils utilisent comme énergie pour faire fonctionner de nombreuses machines. Cependant, cette vape peut aussi être très nuisible. Les habitants les moins bien lotis vivent au sein des nuages de vape tandis que les plus riches ont la chance d'habiter en hauteur sur de gigantesques piliers.
La société présentée n'est pas futuriste mais ressemble plus à celle du 19ème siècle, façon belle époque mais avec une touche de vapeur. Les moyens de transport au sein des villes se sont également transformés et on voyage de diverses manières: en « treum » c'est-à-dire en tram aérien ou plus exotique à dos de gargouilles. L'univers proposé par Colin Heine est ainsi riche et original. Il empreinte quelques caractéristiques de l'Europe de la fin 19ème : la situation entre la Gaule, le pays dont la capitale est Gale et où se déroule l'action, et la Germanie, est tendue. le monde proposé par l'auteur tient bien la route et met en avant des points écologiques avec la vape qui est nocive pour l'environnement et ses habitants, mais aussi des inégalités sociales avec les conditions de vie très différentes selon la classe à laquelle on appartient.
Le roman nous plonge assez vite dans l'action et l'intrigue prend corps avec les différents protagonistes. le souci est qu'au début du roman, les points de vue des différents personnages se multiplient un peu trop, donnant un sentiment que le récit est décousu. Et ça ne s'arrange pas vraiment par la suite quand un des personnages, une rebelle venant de Germanie, arrive environ à la moitié du roman, un peu comme un cheveu sur la soupe. Les personnages proposés sont intéressants, cependant l'aspect gênant est que le lecteur peut avoir le sentiment de ne pas du tout savoir où il va au début tant il y a de personnages suivis par chapitre, et du fait que la place de Bastien, que l'on suppose héros ou au moins personnage principal assez rapidement, passe totalement au second plan par la suite.
Les différents protagonistes sont bien construits et plaisants. Bastien de Corville est paléontologue, il est assez naïf et heureusement aidé par sa servante, Agathe qui cerne plus vite que Bastien non seulement ce qui se passe, mais aussi et les dangers auxquels Bastien est confronté. Il a pour ami Ernest, un explorateur qui va faire le lien avec les mystérieuses araignées du titre. On en suit encore d'autres personnages, d'importances diverses.
Le roman se lit bien grâce à une intrigue riche en péripéties mais tout de même assez simple. Bastien est pris par le plus grand des hasards dans un accident et se retrouve au mauvais endroit quand il ne le faut pas. Cet événement va entraîner toute une série d'incidents et le mettre en danger. On se laisse prendre au jeu mais il est dommage que l'intrigue ne soit pas plus en rapport avec l'univers proposé.
La Forêt des araignées tristes est donc une lecture agréable avec un univers foisonnant et original. Un titre et une couverture un peu plus en rapport avec l'intrigue auraient mieux servi le roman qui possède de nombreux atouts pour un premier roman.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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BlackWolf
  08 février 2019
En Résumé : La Forêt des Araignées Tristes n'a au final pas réussi à me convaincre, je n'ai jamais réussi à complètement entrer dans ce roman. J'ai ains eu du mal à comprendre ou m'emmenait l'auteur tant les lignes d'intrigues et de sous intrigues ainsi que la multiplication de personnage partait dans tous les sens sans que cela donne l'impression d'apporter toujours énormément au fil rouge. L'univers m'a aussi paru manque de profondeur, de richesse et de densité, ne donnant ainsi l'impression d'une toile de fond assez minimaliste alors qu'il y avait la possibilité de faire plus. Les thématiques soulevées par le récit ne m'ont jamais franchement touché pour la simple et bonne raison qu'elles paraissent complètement déconnecté du récit. Ce n'est pas une mauvaise idée de vouloir parler des luttes de classes et du combat social, encore faut-il qu'il existe, hors ici le message parait plus tenir à coeur de l'auteur que de coller à des éléments du récit. Ajouter à cela que le message manque énormément de finesse, ce qui le rend caricatural, j'avoue je suis passé à côté. Les personnages n'ont jamais réussi à m'intéresser ni à m'accrocher, entre ceux qui alignent choix idiots sur choix idiots sans réfléchir, ceux qui ne servent à rien dans le récit ou encore ceux qui paraissent complètement irréaliste, j'avoue j'ai eu du mal. le style est assez simple et entraînant, mais aurait mérité une relecture tant certains passages m'ont bloqué, ne comprenant pas ce que voulait écrire l'auteur. Alors après tout n'est pas mauvais, certaines scènes sont réussies et le récit cherche à proposer un côté haletant, mais cela n'a pas fonctionné pour moi. Je ne vais pas continuer, au final je suis tout simplement passé à côté de ce roman. Peut-être qu'il n'était pas fait pour moi, ou que j'avais des attentes différentes. Dommage.

Retrouvez la chronique complète sur le blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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FungiLumini
  07 mars 2019
J'adore découvrir de nouvelles plumes francophones de l'imaginaire et des premiers romans, et celui-ci m'a surprise à bien des égards. La couverture du roman est magnifique (bien qu'un peu effrayante, avec cette grosse araignée en arrière-plan :D), ambiance steampunk végétal envoûtant. ActuSF a sorti un super article pour expliquer la conception de cette couverture de A à Z, je vous invite à le découvrir !
Il m'a fallu du temps pour lire ce roman, car c'est un livre assez dense. L'auteur y dévoile un monde totalement à part, noyé sous la vape, une fumée créée par la consommation excessive d'ignium par la société. La civilisation s'est regroupée en grandes villes, endroit où la vape est évacuée (notamment grâce à des machines alimentées à l'ignium, j'ai tendance à penser que l'auteur se moque un peu de notre mode de vie actuel 😉 ), et dont les points principaux sont de grands piliers. La haute société vit en hauteur, alors que le bas peuple se contente du bas. Si j'ai adoré découvrir ce monde, j'ai trouvé cela dommage qu'on visite surtout les villes et qu'on passe si peu de temps à explorer la vape et à étudier les mystérieuses créatures qui l'habitent. Un roman dans le même univers, mais avec des protagonistes aventuriers/explorateurs, pourrait être super intéressant !
On voyage entre quatre points de vue principaux, destins qui vont se croiser, s'éloigner pour se retrouver à nouveau. Il y a d'abord Bastien, paléontologue, qui manque de mourir dans un « accident » de gargouilles. En reparlant de l'incident avec sa gouvernante Agathe, il se rend compte qu'un détail cloche et va pousser l'enquête plus loin. On suit ensuite Ernest, explorateur de la vape et fournisseur officiel d'objets étranges à Bastien. Pour sa prochaine mission, on lui colle monsieur Hargne, dont il ne peut connaître l'objectif, mais à qui il devra obéir. On a ensuite Anatole, fleuriste psychopathe, qui, pour se lancer un défi, passe un pacte avec les mystérieux horlogers. Angela quant à elle fait partie du bas peuple et assiste aux premières loges aux révoltes populaires.
J'ai été fascinée par la façon dont l'auteur développe chacun de ses personnages. J'adore connaître des tranches de vie, des détails qui paraissent insignifiants, mais qui apportent beaucoup à la construction de la psychologie de chaque personnage. C'est entre autres pourquoi j'adore lire Stephen King, et ce procédé narratif, je l'ai retrouvé ici ! On s'attache dès lors beaucoup plus aux personnages, du plus adorable au plus méprisant. J'avais pour ma part une petite préférence pour le duo Bastien/Agathe, tout en tendresse et bienveillance l'un envers l'autre, même si leur façon de l'exprimer ne le montrait pas forcément.
L'auteur nous propose une intrigue complexe, dans une chorale de points de vue, dans laquelle le lecteur doit essayer de ressortir les éléments importants, les indices qui le mèneront à la résolution finale. le tout est plongé dans un contexte général de soulèvement populaire, de révolution, d'exploration sauvage… J'ai parfois trouvé certaines longueurs, surtout dans les discussions autour de la marche à suivre pour la suite des événements. Je n'ai cependant presque jamais réussi à voir les indices qui étaient devant mes yeux depuis le début, ce que j'ai trouvé assez génial !
En lisant ce roman, j'ai eu l'impression d'être dans un laboratoire littéraire et d'assister à des expériences diverses et variées, au niveau du style, des effets, de la narration… J'ai par exemple adoré le fait que, quand Bastien est dans un moment de fuite et de peur intense, on sort de sa perspective pour se retrouver comme dans sa conscience externe : nous entendons un cri qui vient d'autre part, mais qui se révèle être le sien, quand il tombe, c'est le sol qui vient cogner son visage et non lui qui tombe. C'est un ressenti de lecteur assez compliqué à expliquer, lisez plutôt le livre. 😀 Ceci est un exemple qui m'a marquée, mais le roman en est truffé !
La fin (sans vous spoiler) laisse un goût de tristesse et de mélancolie sur les lèvres. Je pense d'ailleurs que c'est elle qui donne son titre au roman.
Un premier roman laboratoire littéraire : l'auteur nous emmène dans un monde à part, noyé dans la vape, il expérimente des procédés narratifs variés et pousse le lecteur à trouver lui-même les indices dans un contexte sociétal dense. La construction des personnages, proche de celle de Stephen King, fait, pour moi, la grande richesse de ce livre. Une lecture dense et intense !
Lien : https://livraisonslitteraire..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   27 février 2019
La Forêt des araignées tristes constitue un vrai rendez-vous manqué, qui frappe par son déséquilibre global. Le roman aurait sans doute beaucoup gagné à ne pas constamment danser d’un pied sur l’autre, car si son univers steampunk vaporeux n’est pas inintéressant, loin de là, le tout est bien trop léger pour se voir classé dans la catégorie des lectures satisfaisantes.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   18 mars 2019
Tout ce qui est là, nous l’avons créé de nos mains. De cet atelier aux machines, en passant par les hardes dont nous nous vêtons et les velours et soies dont ils se parent, jusqu’aux piliers eux-mêmes que nos pères ont érigés autrefois. Et ils ont le culot de dire que sans eux nous n’aurions pas de travail ? Que nous ne pourrions pas gagner notre vie ? Eux qui dépensent leur fortune, celle que nous avons produite et qu’ils nous ont volée, en toiles de maître, en champagnes rares et en aéronefs de luxe ? Mais à quoi servent-ils ?
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MaudeElytherMaudeElyther   14 mars 2019
Quand il évoquera plus tard la série d'événements qui faillit lui coûter la vie, Bastien de Corville se dira que tout a commencé par une gargouille en rut.
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FungiLuminiFungiLumini   07 mars 2019
Sa place était celle d’un homme qui devait se tenir aujourd’hui devant les ouvrières et leur expliquer qu’elles devaient détruire les machines. Cette place, il ne l’avait pas choisie, et il en était probablement conscient. Pourtant, il devait parler, il n’avait pas d’autre choix, car il n’en existait pas d’autres. La vue de cet homme qui n’avait pas davantage choisi son destin qu’elle et qui, pourtant, parlait de tout détruire pour échapper à la misère, fissura sa vision du monde.
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FungiLuminiFungiLumini   07 mars 2019
L’amitié, l’inimitié, ce sont des choses qui dépassent notre entendement. Je me suis posé la question, moi aussi. Mais j’ai abandonné. Après tout, nous éveillons parfois chez les autres une sympathie que nous ne nous expliquons pas et dont nous profitons en toute simplicité. Il n’y a donc pas de raison pour que l’antipathie soit différente.
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FungiLuminiFungiLumini   07 mars 2019
J’ai senti la fin, juste à côté de moi. Je l’ai vue à l’oeuvre sur cette jeune fille, sur son compagnon transpercé par les serres de cette bête devenue folle. Je l’ai entendue dans les cris de ceux qui chutaient, que le vide aspirait sans qu’ils pussent y faire quoi que ce soit, vers une mort certaine. Sa saveur m’a empli la bouche. Elle a un goût noir, un goût de poussière…
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