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EAN : 9782080238580
220 pages
Flammarion (13/01/2021)
3.29/5   42 notes
Résumé :
C'est la mère qu'elle voit en premier. Les deux parents qui ont pris place devant elle ont besoin de savoir si elle peut les aider. Non pas à défendre leur fille puisqu'elle est morte, mais à lui faire justice. Leur fille, c'est Ève, sauvagement violée puis assassinée dans la petite maison de campagne où elle habitait. Il a suffi de deux heures d'interrogatoire pour que celui qui l'a raccompagnée ce soir-là avoue : « Je l'ai tuée au petit matin. » Ève était amoureus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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« Il dit ma fille est morte. Il dit qu'on lui a conseillé de m'appeler, qu'il ne sait pas s'il prononce bien mon nom, qu'il peut me voir demain. Il pleure par intermittence, il y a des mots de répit. Dit qu'il viendra avec son ex-femme, ex-épouse depuis longtemps, ex-mère depuis un instant. »


C'est ainsi que la narratrice, avocate, fait de cette affaire sordide de viol et de meurtre son affaire, pour défendre la famille bien sûr, un déroulé habituel pour ce crime qui n'est ni le premier ni le dernier du genre. Mais au-delà du fait divers, l'auteur, via la narratrice, analyse.

Les réactions de ceux dont la vie a basculé pour toujours, sans commune mesure avec la peine réclamée, la perpétuité. le père affiche son désespoir, la mère semble sidérée. Et la justice dans sa légitimité n'est qu'un piètre cache-misère.

La victime vivait en couple avec Emilie, Quelle est la part de l'homophobie parmi les raisons profondes, si l'on peut parler de raison, qui ont motivé le passage à l'acte ? L'affaire renvoie l'avocate à ses propres convictions et au tournant pris dans sa vie de mère.

Au coeur de l'histoire, les méandres du fonctionnement de l'appareil judiciaire, des règles du jeu, des rôles à tenir, des cas de conscience.

Roman poignant, qui met en lumière les interactions entre sphère privée et professionnelle, et replace les victimes au coeur de la machinerie judiciaire.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Pour entrer dans un livre il y a certes le sujet qui doit interpeller, intriguer, passionner, révolter etc mais il y a aussi et je dirais presque surtout, le style. Or dans celui-ci je suis restée complètement hermétique. Je n'aime pas du tout cette façon clinique de raconter les faits pour un roman. Cela m'empêche complètement d'entrer en osmose avec l'histoire, je reste à distance comme un spectateur et donc les émotions affleurent à peine.
J'ai lu ici et là qu'on entrait, par le récit de l' avocate ( narratrice), dans l'intimité des personnages et que le tout était riche d'humanité, ce que n'ai que très rarement ressenti.
Le fait que la jeune Eve, assassinée fut en couple avec une jeune femme Émilie, oriente les soupçons sur les mobiles du crime vers de l'homophobie mais le flou, l'incompréhension reste intacte.
Ce que j'ai en revanche apprécié c'est le fait justement que Jean, l'accusé ne soit pas déshumanisation, j ai même eu pour lui un regard bienveillant.
La difficulté que j'ai rencontré avec le style contrarie la rédaction de ce billet que je ne voudrais pas trop sévère mais...
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Dans la nuit du8 au 9 septembre, Eve, une jeune femme amoureuse depuis peu d'une autre jeune femme, Emilie, a été violée, étranglée puis jetée dans une mare. L'avocate de la famille de la victime, les Willaert, raconte l'enquête, l'arrestation du coupable, ses dénégations puis ses aveux, sa détention provisoire, le procès et la condamnation à perpétuité. Ceci fait s'interroger la narratrice sur elle-même, son attirance pour sa compagne, l'homophobie de notre société qui pose un regard dur sur la différence, les circonstances atténuantes du meurtrier si elles existent. L'auteur nous raconte de façon claire le déroulé d'un meurtre avec viol et sa condamnation.

Je remercie Babelio à travers cette opération Masse Critique et la maison d'éditions Flammarion qui m'ont choisie pour découvrir ce premier roman de cette avocate qui aborde un sujet qu'elle connaît particulièrement bien, celui d'un procès pour viol et meurtre.
Ce roman de 240 pages se lit bien et assez rapidement, j'ai trouvé sa lecture fluide et agréable en dépit de la noirceur du thème, sans jamais de termes compliqués difficiles à comprendre. L. Heinich met la Justice à notre portée, c'est appréciable.
De plus, ce roman est un peu construit comme un roman policier même si le côté enquête n'est pas celui qui est recherché avant tout. Il y a un certain suspense ici, une tension qui monte au fil des pages.
Je me suis vite attachée au sort de cette jeune femme assassinée froidement, à ce que vivent ses parents, sa petite amie.
De plus, l'auteur nous fait considérer l'affaire sous différents points de vue, ce qui est enrichissant.
Par ailleurs, la jeune auteur arrive à se garder des jugements de valeur, on sent en elle l'avocate qui doit défendre son client quel qu'il soit. Cette impartialité est remarquable.
Parfois L. Heinich élabore des métaphores suivies, en lien avec le tennis par exemple, ce n'est pas toujours facile à suivre mais cela reste assez rare pour ne pas perdre l'intérêt de l'histoire. de même j'ai été embrouillée pendant une certaine partie de l'histoire par le personnage de Camille que je n'arrivais pas à savoir qui elle était.
J'ai donc apprécié ce roman qui traite d'un sujet pas facile, ce livre se démarque par l'originalité du thème abordé, il n'est pas comme les autres.
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L.Heinich est une blogueuse qui depuis des années narre la vie d'avocat et celle du Palais.
Dans ce court et premier roman , une avocate (fiction?) devient le conseil des parents d'une jeune fille violée et assassinée. Dés le début on connaît l'auteur du drame.
Nous avons donc l'autopsie d'un procès vu sur toutes ses faces; celle de la famille de la victime, l'absence de celle du jeune meurtrier, celle policière, celle judiciaire.
La jeune victime entretenait une liaison homosexuelle, l'avocate aussi de son côté, ce qui oriente quand même un peu la lecture .
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JLaure Heinich est avocat pénaliste et a publié, outre le présent livre, deux esssais portant sur l'exercice de sa profession. Corps défendus constitue son premier roman, dont le sujet est en rapport direct avec sa profession.
La narratrice, comme elle, est avocate. Pour un premier roman se pose toujours la question du caractère autobiographique de l'oeuvre, a fortiori iici.
Attendu l'absence d'éléments biographiques publics sur Madame Heinich, la question demeure évidemment en suspens.
On peut simplement constater qu'auteur et narratrice exercent la m^me profession et ont sensiblement le même âge.
Ce livre m'a a attiré parce que son argument m'a rappelé celui de la Décision, l'ouvrage de Karine Tuil; et le rapprochement n'est pas abusif, il s'git dans les deux cas d'une femme juriste, sensiblement du même âge, dont la vie privée se mêle à l'affaire judiciaire privée; là s'arrête les ressemblances, puisque l'héroïne (triste héroïne, à mon avis, mais c'est une autre histoire) de la décision est magistrat et qu'elles se trouvent donc des des côtés opposés de la barre qui sépare le tribunal des autres protagonistes de la scène judiciaire.
Ces deux femmes ont à peu près le même âge, sont chacune à un tourment de leur vie, et s'occupent d'une affaire qui les ébranlent profondément.
Mais les affaires traitées sont très largement différentes; l'héroïne des Corps défendue plaide pour la partie civile dans une affaire révoltante de viol suivi de meurtre; pourtant, et bien qu'elle ne trahisse pas sa mission, en son for intérieur elle trouve au coupable de multiples circonstances atténuantes.
Le lecteur est sans doute censé partager ce sentiment, mais c'est loin d'être mon cas.
Cet aspect du livre m'a profondément déplu; si dans certains cas, un vol, et même un meurtre, peut être excusable, et même justifiable, ce n'est jamais le cas d'un viol, a fortiori suivi de meurtre; l'idée même de circonstances atténuantes en la matière est obscène.
Et même à ce sujet. L'auteur veut nous faire pleurer sur l'assassin, à cause de son enfance. Mais qu'est ce qu'elle a, son enfance ? Il n'a été ni violé, ni battu, ni affamé, ni privé de soins Et sa vie qui sera gâchée par la condamnation. Et la vie de la victime, de son amante, de son père, de sa mère, elle ne l'est pas, gâchée, peut-être ?
Malgré tout le livre vaut mieux que l'indignation qu'il suscite chez moi, et l'héroïne est finalement attachante, même si elle m'énerve
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critiques presse (1)
LeMonde
22 mars 2021
Deux avocats signent chacun un roman qui questionne l'institution judiciaire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
"J'ai quelque chose de terrible à vous dire", puis un silence, le temps que le boulet de canon atteignent les interlocuteurs. Cette première phrase est plutôt un anesthésiant avant la frappe, elle dit protégez-vous, refermez votre corps pour ne pas mourir à l'annonce qui va suivre, qui s'est faite sans se dire.
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Emilie se sent morte à vingt ans, s’interdit de le dire vu qu’elle vit, qu’elle est là, chez l’avocate d’une morte.

Elle ne regrette pas la rencontre avec Eve, elles en ont fait des choses en peu de temps, des choses qui valent la douleur.

Quoi en particulier? Elle ne me le dit pas, elle le garde pour elle aujourd’hui. Je pense à l’amour, peut-être pour conjurer la mort.
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[…]les avocats ont « l’honneur de défendre », une formule qui fait vivement réagir quand nous la prononçons. Toutes les défenses ne seraient-elles pas honorables ?
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L'homophobie faisait partie de leur histoire, y compris cette homophobie qui se discerne mal, qui se dissimule. Une foule de situations les interrogeait, notamment l'excitation sexuelle que provoquait leur relation sur quasiment tous les garçons, les beaux, les charmants, les autres : en était-ce, n'en était-ce pas ?
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Il dit ma fille est morte. Il dit assassin. Il dit qu’on lui a conseillé de m’appeler, qu’il ne sait pas s’il prononce bien mon nom, qu’il peut me voir demain. Il pleure par intermittence, il y a des mots de répit. Il dit enfin qu’il viendra avec son ex-femme, ex-épouse depuis longtemps, ex-mère depuis un instant.
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Videos de Laure Heinich (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laure Heinich
A l'occasion des 6 ans du mouvement #MeToo et pour la sortie du livre #MeToo l le combat continue aux éditions du Seuil, Mediapart a organisé une soirée spéciale le 19 octobre 2023 à la salle Olympe de Gouges dans le 11ème arrondissement de Paris.
#MeToo : À quoi servent les médias ?
- Rose Lamy, autrice de « Défaire le discours sexiste dans les médias » - Valence Borgia, avocate et membre de la force juridique de la Fondation des femmes - Alexis Levrier, historien des médias et maître de conférences à l'Université de Reims - Laure Heinich, avocate - Camille Aumont Carnel, autrice et animatrice de @Jemenbatsleclito
00:00:00 - 00:09:35 : Introduction par Lénaïg Bredoux co-directrice éditoriale de Mediapart, et présentation des invités par Marine Turchi journaliste au pôle Enquêtes de Mediapart.
00:09:35 - 00:17:53 : A quel moment la presse a-t-elle commencé à s'intéresser aux questions de violences sexuelles et sexistes ? avec Alexis Levrier.
00:17:53 - 00:27:31 : Comment percevez-vous le mouvement Metoo ? avec Rose Lamy.
00:27:31 - 00:37:15 : Quel est le rôle des médias et des réseaux sociaux dans ces affaires de violences sexuelles et sexistes ? avec Camille Aumont Carnel.
00:37:15 - 00:43:45 : Les médias accompagnent-ils le mouvement de libération de la parole et de l'écoute ? avec Valence Borgia.
00:43:45 - 00:50:15 : L'utilisation par les médias du langage judiciaire dans ces affaires, et la question de la présomption d'innocence, avec Valence Borgia.
00:50:15 - 01:00:25 : Comment voyez-vous le rôle des médias ? Quelle place pour que chacun et chacune puisse raconter son récit ? avec Laure Heinich.
01:00:25 - 01:08:15 : Présomption de culpabilité et tribunal médiatique, avec Laure Heinich.
01:08:15 - 01:15:50 : Quand est-ce qu'apparaît l'expression de "tribunal médiatique" ? Pourquoi cette expression est-elle un piège ? avec Alexis Lévrier
01:15:50 - 01:19:08 : Quid des "carrières brisées" ? Est-ce que les médias ne se trompent-ils pas d'analyse lorsque de nombreux mis en cause sont toujours invités sur les plateaux et les victimes mises au ban ?
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