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ISBN : 2362800288
Éditeur : Editions Thierry Marchaisse (05/01/2013)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Lieux secrets, lieux uniques, les maisons que nous avons aimées, puis perdues, ne cessent de hanter nos rêves. Que nous disent-elles ? Et se pourrait-il que le murmure de ces lieux de mémoire, si personnels, trouve un écho en nous tous ?
Explorant minutieusement cette topographie intime et ses résonances familiales, amicales, amoureuses, Nathalie Heinich ne restitue pas seulement sa propre histoire : elle dessine en creux la forme que prennent les âges de la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Zakuro
  26 mars 2013
Se souvenir des êtres chers, d'une époque, de soi comme un effet miroir dont le réceptacle est une maison "je devais avoir cinq ou six ans, et je lisais un livre d'images où il était question d'un groupe d'enfants qui jouaient et vivaient dans un livre - chaque double page était une pièce de leur maison. Vivre dans un livre, tous ensemble : une image du bonheur total qui m'a emplie de la certitude, soudain que c'était à cela que devait ressembler la vraie vie".
10 maisons de la lignée maternelle et paternelle fréquentées par l'auteure qui disparaîtront un jour du giron familial , 10 chapitres d'une géographie du coeur par les chemins de la Provence, du Massif central, d'Ile de France et de Bretagne pour un retour en Provence.
Pour y parvenir, Nathale Heinich convoque une image ou son inconscient pour faire revivre le temps de ces bâtisses qui sont d'avantage "qu'un toit, deux fenêtres et une porte" et nous les faire aimer.
Comme la physionomie d'une personne, la maison quelle soit rurale, urbaine ou de résidence secondaire a sa particularité propre : type d'architecture locale, agencement intérieur (les pièces de vie, teinte des tissus, nappes, motifs du carrelage..) sans oublier le jardin, prolongement indispensable de lieu de vie en harmonie avec la nature ; La maison est là devant nous tant la description est dans le moindre détail, tant elle est vraie.
A l'intérieur de la maison comme les bras d'une personne, l'auteure selon son état intérieur vit et ressent soit des moments de bonheur intense soit parfois de triste solitude, seul cas où elle sera soulagée de laisser une part d'elle même.
Pour l'auteure, le pur bonheur est la ferme du Monteillet, où enfant elle séjournait en vacances et s'emplissait d'émotions et de sensations : courir libre dans la campagne, chanter, écouter l'aboiements des chiens, sentir le café du matin, goûter la saveur des fruits, respirer l'air, s'enivrer de lumière. Adulte, ces sons et ces goûts lui rappelleront toujours Monteillet mais sans plus ressentir leur extrême jouissance parce que "la petite fille a cessé d'exister".
Aide à la construction de la personnalité au temps de l'enfance et de l'adolescence, "maison médicament" où l'on aime se réfugier en cas de blessure, la maison porte aussi l'état d'épanouissement intellectuel, l'amour des livres, l'inspiration qui sera pour l'auteure Montmachoux.
De fait, le récit fourmille de références littéraires classiques où est rattachée avec émotion une maison à une histoire lue à l'enfance ou à l'adolescence .
Adulte, il s'agit pour l'auteure de trouver ou "constuire une maison avec l'homme de sa vie" correspondant à leur projet de vie en commun.
Chacun de nous a son "Monteillet, lire ces lignes fait ressurgir dans notre mémoire avec bonheur et douce mélancolie ce que l'on a connu et....perdu. Perdu pour non possession, par la vente à un tiers, dégradation, démolition ou impossibilité de reconnaître LA maison dans le cadre d'une restructuration urbaine : "mais ne pas même savoir si ce qu'on a connu existe encore, et où, alors même qu'on y est - comment l'accepter ?".
La grande réussite de cet essai qui était une gageure de Nathalie Heinich est, en le lisant, de partager le deuil que l'on fait un jour d'une maison qui nous a vu grandir et de surmonter la douleur de la perte en se consolant de ces mots qui touchent profondément.
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fuligineuse
  03 mars 2013

Quel que soit notre âge, nous en avons tous, de ces maisons qui ont existé dans notre vie et que nous avons, pour une raison ou une autre, perdues. Dans un court livre (une grosse centaine de pages), Nathalie Heinich évoque dix maisons qui ont compté pour elle, depuis sa plus tendre enfance. Elles sont prises dans l'ordre chronologique et réparties (la carte de France, à la fin du livre, en fait foi) selon un axe Nord-Ouest/Sud-Est, sauf Montmachoux, près de Montereau, qui fait figure d'exception.
Ce ne sont pas forcément des maisons qu'elle a habitées, mais dans lesquelles elle a séjourné, ou s'est rendue régulièrement : chez les grands-parents, ou des cousins, ou des amis. A part la toute première, boulevard Piot à Marseille, elles sont situées à la campagne. Il y a de ce fait dans le livre quelque chose d'un monde disparu, et Nathalie Heinich en a bien conscience, évoquant ces années 60 de la guerre froide et de l'exode rural. Elles vont de pair avec les personnages que l'on découvre sur des photos « toujours en noir et blanc ivoire avec les bords dentelés ».
Familles, alliances, généalogies, pièces rapportées… La mémoire des maisons perdues suscite des souvenirs de repas, de réunions, de jeux, mais aussi ceux de bienheureuses heures de lecture. Fêtes, rituels, et aussi moments quotidiens, anodins, sans importance, mais qui tout autant façonnent la vie qui viendra. « Les maisons, quand elles sont là, nous paraissent insubmersibles – jusqu'au jour où, d'un coup, elles s'enfoncent dans le néant. » Et ce que nous perdons, avec elles, ce sont des morceaux de nos propres existences : « Les maisons sont aussi de moments de nous-mêmes en lesquels, parfois, nous ne nous reconnaissons plus : leur perte nous fait grandir. »
Celle du Monteillet, dans le Massif Central, pour l'auteur, la plus aimée : elle avoue n'éprouver « d'aucun visage humain, à ce point, la nostalgie ». C'est sans doute pour y avoir connu, comme nulle part ailleurs, le « bonheur absolu » de l'enfance, qui se manifeste par la joie, chaque matin, au réveil, que cet endroit conserve un tel pouvoir émotionnel : « Rien qu'à y penser, en écrivant, le coeur me bat », dit Nathalie Heinich, en écho à François Villon : « En écrivant cette parole, à peu que le coeur ne me fend »…
C'est peut-être parce que son univers m'est familier, de par l'époque où il se situe ; c'est aussi que le livre de Nathalie Heinich est touchant, sans jamais tomber dans la mièvrerie ni la complaisance. A tout moment il sonne juste, avec la mélancolie légère des choses pour toujours disparues et d'autant plus précieuses à notre mémoire.
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liberlibri
  16 février 2013
Pousser de nouveau la porte des maisons de sa jeunesse, celles auxquelles elle n'a plus accès, celles qui n'existent plus, un peu comme l'on évoque « des gens qu'on a aimés », tel est l'objet de Maisons perdues de Nathalie Heinich. Retrouver par l'écriture ces lieux de l'enfance qui l'ont façonnée. A travers les maisons, c'est elle-même finalement qu'évoque la sociologue, dans ce qu'elle qualifie d' « autobiographie par les toits ».
L'on y découvre une enfance marseillaise auprès de la bâtisse des grands-parents. La petite fille y fait ses premiers pas, cherchant l'équilibre, comme en témoigne de vieilles photos. C'est l'une d'entre elle qui est choisie pour la couverture du livre. L'enfant qui trottine ignore encore le mariage forcé de ses grands-parents, la grand-mère aînée de trois filles que, par l'entremise du pasteur, on a marié dans l'urgence, alors même qu'elle en aimait un autre, à un jeune homme bien inconsistant à côté de l'élu de son coeur. Elle ne perçoit pas pour le moment que ses parents ont allié une famille protestante austère, un brin pétainiste, à des Juifs soudés par la disparition de beaucoup trop d'entre eux, par les fuites incessantes devant l'occupant. Pour l'instant l'enfant profite des confitures et des gâteaux de son aïeule. D'autres maisons façonnent la jeunesse de Nathalie Heinich dans le sud-est, maisons des oncles et tantes, qui reçoivent régulièrement pour le plus grand bonheur des cousins qui ont ainsi de beaux terrains de jeu.
Et puis il y a les maisons de vacances, celles des bonheurs d'été, les paradis de l'Ardèche et du Massif central. Des grandes fermes typiques de ces régions, aux pièces nombreuses. Autour, des jardins immenses, puis la nature, sauvage, où gambader. Plus tard, les maisons de l'adolescence, celle des amies plus mûres qui sont autant de mentors pour la narratrice. En Ile-de-France, puis en Bretagne. Ces derniers lieux sont indissociables de leurs propriétaires qui en sont les fées autant que les gardiennes.
Enfin ce sont les maisons de l'adulte avec l'un ou l'autre des « hommes-de-ma-vie ». Difficile pour l'adolescente d'imaginer qu'il pourrait y en avoir plusieurs, et pourtant. Eux aussi sont attachés à des gîtes accueillants. Dans le sud-est, à l'aplomb de la Méditerranée, puis de nouveau dans le Massif central.
Ces lieux enchanteurs, il faut les quitter pourtant. Les aléas d'un divorce, de disputes parfois entre les hôtes et les invités. Des décès trop souvent. Les maisons perdues vivent dans la mémoire et s'invitent parfois dans les rêves, comme une douleur si douce au souvenir. C'est l'écriture qui permet de les faire revivre tout en apaisant leur perte.
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liratouva2
  17 janvier 2013
Et si moi aussi je faisais le récit de ma vie à travers les endroits où j'ai vécus et plus précisément les immeubles, appartements, chambres d'étudiants, maisons d'amis ou de parents, pensionnat où le hasard de ma naissance et de ma vie m'a posée un temps suffisamment long pour m'y créer des souvenirs et me forger mon identité actuelle?
Des lieux perdus désormais -définitivement- qui font mal quand je les revois parce que la magie n'y est plus. Ils sont morts. Ils appartiennent à d'autres et c'est leur deuil que je dois renouveler quand j'y retourne très exceptionnellement.
Telles sont les réflexions que je me fais une fois le livre de Nathalie Heinich refermé. Il m'inspire, me parle, me donne des idées... Je l'ai aimé, m'y suis retrouvée, ai revécu en sa compagnie des moments forts de ma génération, des plaisirs, des espoirs, des influences, des modes mais aussi des souffrances, des révoltes, des déceptions que j'avais oubliées.
Quand elle parle de ses maisons et des pans de sa vie qui y demeurent liés, elle me rappelle aussi des moments de la mienne, noirs ou roses mais toujours intensément vécus. Elle est fondamentalement du sud et moi profondément de l'ouest mais qu'importe... Les émotions, les sentiments, les joies de l'enfance, les craintes et les ambitions de l'âge adulte, les regrets des années qui défilent, tout est semblable en définitive.
Évidemment le chapitre 8, "Du Mont Dol à Plougasnou" me parle peut-être davantage. J'y ai encore des attaches, de très chères amies de pensionnat qui vivent dans deux maisons voisines mais ce n'est pas de topographie dont il s'agit ici et nos souvenirs divergent dans leurs précisions même. Il reste les sensations que je prends plaisir à recopier parce que ce sont les mêmes que j'y ai ressenties.
Un beau moment de lecture. Un seul regret: le manque de photographies des lieux évoqués.
Lien : http://liratouva2.blogspot.f..
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cathulu
  09 mars 2013
Sociologue de formation, Nathalie Heinrich a choisi la fome plus intime du récit pour égrener, au fil de dix chapitres, Les maisons perdues., celles qu'elle a aimées, où elle a té heureuse .En filigrane, de 1950 à nos jours, se lit l'histoire d'une famille, l'évolution de la narratrice-auteure quant à sa volonté de trouver sa maison.
C'est aussi l'occasion de brosser des portraits tendres et chaleureux de ceux qui ont habité au sens fort du terme ces demeures et ont accompagné la narratrice dans son chemin de vie. Une écriture précise et sensible , une réflexion intéressante mais quelques longueurs dans les descriptions de ces maisons.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
liratouva2liratouva2   17 janvier 2013
Un jour, j'ai eu envie d'écrire sur les maisons que j'ai fréquentées, et qui ont disparu de ma vie, exactement comme des gens qu'on a aimés, qui ont énormément compté pour nous, et puis qui sortent de nos existences, pour telle ou telle raison.( ...)Et puis enfin, un jour, j'ai trouvé ma maison.
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liratouva2liratouva2   17 janvier 2013
Les soirs de juin, après dîner, je prenais sa voiture et montais la côte au-delà de Saint-Jean-du-Doigt, sur le promontoire où je me garais pour m’asseoir au bord de la falaise en à-pic au-dessus de l’océan, face au grand large, avec le ciel clair à onze heurs, les mouettes qui piaillaient tout autour de moi, la vue sur la maison au loin dans son bouquet de pins. (…) J’étais seule et heureuse. Bien que seule – ou parce que seule ? L’avenir allait à l’infini, comme l’horizon. J’étais sans âge.
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cathulucathulu   09 mars 2013
"Les maisons sont aussi des moments de nous-mêmes en lesquels, parfois, nous ne nous reconnaissons plus : leur perte nous fait grandir."
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