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EAN : 9791090724457
384 pages
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (07/02/2019)
4.57/5   37 notes
Résumé :
Tout de mesure et de détermination, lentement, Eddie Brown se prépare. Après neuf ans sur le ring, son heure a sonné : il va combattre pour le titre. luttes et sacrifices vont bientôt trouver leur sens lors d’un unique match où le fils d’un maçon ­pourrait devenir un immense champion. Mais, en attendant, Eddie Brown se prépare. Et telle une caméra, Frank Hughes, journaliste esthète, suit l’athlète les derniers jours avant le combat. Entraînements, repas, conversatio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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HordeduContrevent
  07 novembre 2021
Laissez-moi vous parler avant toute chose du livre, de l'objet j'entends. le contenant avant le contenu. Il mérite en effet que nous nous y arrêtions. Ce livre est beau, presque sensuel avec ses bords arrondis, ses pages douces, sa couverture chocolat veloutée en remake leather… Pas étonnant, il est publié aux Editions Toussaint Louverture que j'affectionne tout particulièrement. Mon livre est unique, j'ai le numéro 3090 sur les 5000 exemplaires tirés. Numérotation manuelle, rien que ça. Je le découvre sur la toute dernière page du livre qui comporte également ces mots : « La leçon de W.C Heinz est que les perdants en savent plus sur la vie que les autres ». le ton est donné. Ce livre se veut fruit de l'artisanat, un livre de grande qualité qui interpelle grandement avant même de plonger dedans.
Vous me direz, qu'importe le flacon, pourvu qu'il y ait l'ivresse. Il se trouve que dans notre cas, le contenant reflète le contenu. La qualité du livre signale celle du récit dans sa forme et surtout dans son fonds. Ce livre a en effet pour sujet la persévérance, l'abnégation, la façon de peaufiner et de perfectionner peu à peu son art. Cet art étant ici la boxe mais l'auteur évoque tout au long du livre différentes formes d'art pour lesquelles l'abnégation, la persévérance, le travail régulier sont de mises, la chance étant un ingrédient secondaire. le thème principal du livre est donc la qualité exigée par tout art, et donc plus particulièrement la boxe. J'ai beaucoup aimé ces parallèles avec d'autres arts.
« Lorsqu'un gamin décide de devenir boxeur et quand, quelque part, il se pointe dans une salle, sac à la main, il est comme un bloc de marbre tout droit sorti d'une carrière, un bloc de la taille d'un homme. Un tailleur de pierres peut voir beaucoup de choses dans le marbre brut, mais le sculpteur n'en voit qu'une. Pour lui, il n'y a pas deux blocs identiques, et ce qu'il voit, c'est ce que le bloc est destiné à devenir, et c'est ainsi qu'est née la Victoire de Samothrace ».
Dans les années 50, aux Etats-Unis, nous suivons de près Eddie, boxeur professionnel qui se prépare pour les championnats du monde catégorie poids moyen, suivi de près par son manager le Doc et son entraineur Jay. C'est un combat décisif pour sa carrière. Nous lisons les propos de Franck, journaliste sportif, qui désire écrire un article sur Eddie et qui est ainsi autorisé à être présent durant toute la préparation, stage de plusieurs semaines ayant lieu dans un hôtel au bord d'un lac. Là, un ensemble de boxeurs, de managers, d'entraineurs sont réunis. Franck entre vraiment dans l'intimité de cette communauté de sportifs, dans l'intimité d'Eddie. Il est présent lors des entrainements, des conversations, des disputes, des repas, des balades. Il est présent sans être obnubilé par son article, il désire réellement avant toute chose comprendre, sentir et avec lui nous comprenons…
« Un boxeur est un monstre. Il va passer dix ans dans le milieu le plus dur au monde, un milieu qui va lui siphonner chaque gramme de sa force et chaque seconde de sa vie. Il n'y a pas un geste qui ne va pas avoir d'impact sur sa boxe. Il est pas peintre en bâtiment, pas avocat, pas écrivain. Il a pas trente ou quarante devant lui. Il doit tout donner maintenant, ou jamais ».
Nous comprenons ce que cela a couté et ce que cela coute d'atteindre un tel niveau. Ce que cela coute en termes d'années de travail pour un combat, ce combat. La préparation physique quotidienne. La pression psychologique, le dosage subtil entre l'excitation et contrôle de soi. Les sacrifices sur le plan familial. Nous comprenons ce que cela coute de manager de tels sportifs en termes d'intuition, de foi, de discipline à inculquer. Heinz, lui-même journaliste, est conscient que « Quel que soit le métier, personne ne comprend. A moins de faire la même chose, personne ne saisit jamais comment ça se passe vraiment », pourtant nous parvenons au fil des pages à comprendre cet univers. Et à l'aimer même lorsque, de prime abord, ce milieu ne nous intéresse pas spécialement.
La prose est étonnante et m'a quelque peu déroutée. Énormément de dialogues, courts, âpres, tranchants. Sans fioritures, sans graisse.Une prose qui claque. Et par moment, lorsque les pensées s'évadent, que les silences s'installent, des passages d'une grande beauté. Des effluves de sueur s'échappent des pages, des odeurs de vestiaires, d'adrénaline, qui se mêlent à cette prose virile quelque peu déstabilisante. Qui s'entrelacent également avec une certaine poésie, mélange permettant de mettre en valeur les personnages, de cerner leurs personnalités, leurs valeurs, de saisir l'ambiance et même les paysages. Oui, c'est une véritable atmosphère qui se dégage de ces lignes, une poésie brute.
« L'avenue était sale et sombre. Il était à peine neuf heures et demi d'un matin gris chargé des signes d'un printemps précoce, dans la rosée sur les ordures des caniveaux et dans les traces de boue présentes sur les taches d'huile du macadam des stations-service, des ateliers de réparation et des carrossiers ».
Et nous nous prenons à attendre le combat final, à espérer, à alterner entre craintes et confiance, avec eux. La chute s'avère être magistrale et inoubliable !
Un immense merci à Bookycooky qui m'a donné envie de découvrir ce chef-d'oeuvre, chef d'oeuvre publié en 1958 aux Etats-Unis sous le titre « The Professional » et publié en français en 2019 aux Éditions Monsieur Toussaint Louverture.
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Bookycooky
  29 octobre 2019
« Le problème avec mon métier, c'est que j'ai le droit d'avoir des opinions, comme tout le monde, mais je dois aussi établir ce que les psychiatres, les psychologues,
les travailleurs sociaux appellent le “contact”» , paroles de Frank, journaliste de sport, sosie de l'auteur. Durant un mois, il va suivre comme une ombre, Eddie, boxeur professionnel, pour écrire un article sur ce qu'il traverse, alors que celui-ci se prépare pour un combat de titre décisif pour sa carrière. Ils sont dans un hôtel au bord d'un lac où Eddie s'entraîne avec une colonie d'autres boxeurs, managers, entraîneurs, masseurs. A travers un quotidien chargé d'adrénaline, il pénètre l'intimité d'un homme, ses entraînements, ses repas, ses conversations, ses liens avec son entraîneur, son masseur, ses joies, ses angoisses....
Dans une prose exquise, dans le fond et la forme, dans les années 50 aux États Unis, un trio attachant, de par leur honnêteté, leur humilité et leur sens de l'amour propre, dans un monde de pro et de business , donc de pognon, où les sentiments arrivent à primer sur ce dernier.
Tendresse de l'entraîneur Doc Carroll pour son poulain, Eddie Brown, garçon poli et discret, le boxeur que Doc aurait voulu être,
Amitié et complicité entre Frank et Doc qui se connaissent depuis des lustres,
Franchise et lucidité de Frank, qui sait que comme journaliste il s'engage dans un combat perdu d'avance, conserver son objectivité,”je n'en peux plus de développer des liens affectifs avec les gens sur qui j'écris.”,
Mais aussi récit émouvant d'une colonie de sportifs professionnels aux couleurs divers, comme le superbe personnage de Memphis Kid,
Le tout raconté dans un contexte de descriptions détaillées sublimes, de personnages, de paysages et d'ambiance, dont certains m'ont fortement fait penser à l'atmosphère du théâtre de Tennessee Williams et d'Arthur Miller.
Un livre qui touche aussi à la philosophie du boxe, où le combat est toujours un spectacle en direct, ne donnant aucune chance à l'esquisse, et où selon Doc, tout est calculé et rien laissé à la chance ?
Le temps d'un livre j'ai vécu avec eux, chargée à bloc d'émotion, attendant avec impatience le combat, et mon coeur a battu fort pour que Doc, Eddie et Frank n'en ressortent pas déçus........comme moi d'ailleurs .....
Ce chef-d'oeuvre publié en 1958 aux Etats-Unis sous le titre « The Professional » est introuvable en v.o., du moins dans mes contrées; donc chapeau aux Éditions Monsieur Toussaint Louverture, qui viennent de le publier en français ( février 2019 ) dans une présentation, un format et une traduction superbe. Si vous ne deviez lire qu'un livre cette année, lisez celui-là et si vous avez des listes de Papa Noël, n'hésitez pas à le mettre tout de suite tout en haut de votre liste, au cas où ce dernier serait un peu radin cette année, vu la situation économique 😊.
Gros coup de coeur !
“LA LEÇON
de W.C.Heinz est que les perdants en savent plus sur la vie que les autres.”
Je remercie Bison qui me l'a vendue avec une unique citation.
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le_Bison
  22 octobre 2019
Le corps en sueur, le coeur battant, l'âme pas encore battu, un genou à terre. J'entends cette petite musique dans la tête, genre ta ta ta ta ta la la la la, tu vois le genre, genre tu cours dans la rue, et dès que tu vois des marches d'escalier, tu accélères, et une fois gravi le sommet de cette colline urbaine, tu lèves les bras au ciel et tu te retournes en regardant la ville en bas, le regard si fier que tu aurais envie de crier au vent « Adriennnnneee ». Une foule t'applaudit, hurle ton nom, des flashs crépitent, c'est le délire, abondance de lumières, de brouhaha, de femmes en maillot de bain échancré venu tourner autour de l'arène, ce mélange de sueur et de testostérone, bientôt tu auras une statue à ton image, les larmes aux yeux. Oui, mais voilà, tu te réveilles ce matin, dans un matelas qui pue autant le moisi que la pisse, toujours en sueur, dans un motel autant moisi que miteux, seul, la vie c'est pas ce putain de rêve. le mythe du boxeur, c'est une autre paire de gants.
Tu l'auras compris, je vais te parler de boxe, sport roi il y a quelques années. Il y a ce type, Eddie Brown, qui se prépare à jouer sa carrière sur un match, le match d'une vie, le regard perdu face au champion du monde des poids moyens et ses soixante et onze kilos et neuf cents grammes de muscles et de sueur. Jouer ainsi sa vie en quinze rounds… Parce qu'il n'y a de place que pour le vainqueur. Si tu t'allonges, tu restes dans le monde de loser qui te colle tant à la peau. Si tu l'allonges, des poupées bien roulées seront à tes pieds, prêtes à te donner leurs âmes et leurs seins. La force est dans l'oeil du tigre dirait le coach. Mais laisse tomber tout ça. Avant, réfléchis à « ce que cela coûte ».
Car peu importe l'issue du combat, ce livre c'est l'avant combat, tous les sacrifices pour atteindre ce grand rendez-vous et juste espérer. Entre superbe roman et grande enquête journalistique, tu suis ces quelques mois avant le jour J, celui où l'oeil gauche au beurre noir, l'arcade sourcilière en sang tu t'écrouleras, ou celui l'oeil droit tuméfié, deux côtes cassées, tu lèveras les bras. Chaque matin devient un éternel recommencement. Dès l'aube, sous le froid la neige le vent, la nuit qui ne s'est pas encore couchée, le regard imperturbable, tu laces tes lacets, silence et sacerdoce de l'instant présent, une bouffée d'air frais, et tu enchaînes les pas, lentement au début, les muscles se réchauffent, se délient, le coeur se réveille, tu accélères progressivement, les oiseaux se réveillent également à l'unisson de tes enjambées, la foulée se fait plus grande, de plus en plus aérienne, pas de foule à cette heure-ci. Arrivée au gymnase, encore tout frais, au menu du jour, saut à la corde, pompes à deux mains, pompes à une main, pompes sautées, tractions et haltères, jeu de jambes, jeu de bras… J'adore suivre ces entraînements, des journées où la solitude pèse tout son poids, même pour un poids mi-lourd tel que moi, des mois que cela dure, l'entrainement de plus en plus dur, les réveils qui traînent mais tu tentes de faire bonne figure devant l'entraîneur… Changement de programme, tu tapes dans des carcasses de bidoches dans une chambre froide, méthode recommandée par Balboa. Sauf qu'Eddie n'est pas Rocky.
Quelle merveilleuse littérature que celle de la boxe, celle des valeurs humaines, du respect et de l'abnégation. Une odeur de sueur se lèvent d'entre les pages et s'emmêlent à celle entêtante de la nature poétique d'une prose toute journalistique. Des articles comme ça, tu peux en trouver dans le National Geographic, mais tu ne t'y attends pas à trouver des faits relatant à la boxe, sport aussi bestial qu'(in)humain, une autre façon d'écrire, une autre vision du journalisme, celle des années cinquante…
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Ambages
  30 mai 2020
Avant tout, merci pour le cadeau Bookycooky 😊 J'ai adoré !
C'est rare que je fasse un billet plusieurs mois après avoir lu un livre. L'émotion sera-t-elle encore là ? Qu'est-ce qu'il me reste en mémoire après tout ce temps… ?
Une chute ! Oui une chute, comme celle d'un peintre en bâtiment qui se foudroie, entrainant avec lui ses peintures qui frappent les murs dans un kaléidoscope d'éclats de vie.
Mais de quoi parle-t-elle, enfin ?
De boxe ! Oui le lien n'est pas facile à voir (c'est mon cerveau qui est mal fichu, qu'y puis-je). J'ai découvert tout un monde haut en couleurs dans ce roman. C'est un superbe récit, bien écrit avec une trame qui permet de brosser tous les aspects de cette passion, de ce métier, de ce sport jusqu'à la chute finale de l'histoire.
Je n'y connaissais rien en matière de boxe, ou plus exactement je ne savais que les Cerdan et Mohamed Ali, et un peu de vocabulaire : poids coq (ça m'amuse toujours cette idée, vous avez déjà tenu un coq dans vos bras ? vous l'avez soupesé ? C'est du vent. Imaginer un poids plume^^)
C'est ainsi que j'ai commencé le livre. Une bleusaille qui défriche, d'où les quelques petites difficultés au démarrage mais après c'est parti. Et ce d'autant plus facilement que le narrateur est un journaliste (Heinz assurément) qui aime ce sport et les gens qui le font. Tous les gens. Pas seulement les boxeurs, il peint toute la galerie : l'entraîneur, les logeurs, les intervieweurs, les épouses (ou leur absence), les copains, les propriétaires de salle, les boxeurs (en devenir et ceux qui en sont revenus)… toute une galerie de personnages qui interviennent à différents moments de la vie d'un boxeur, de ses débuts jusqu'à son apogée. C'est superbement bien décrit, la sincère empathie de certains, les regrets d'autres, et l'envie de tous.
Ce que cela coûte pour atteindre le sommet ! Des années de travail pour une seconde de bonheur …qui vous envoie au firmament ou dans les cordes. La description de ce parcours est très bien rendue dans le roman qui ne manque pas de réalisme et d'une dose d'humour. Mais qui s'en souvient de ces parcours ? On ne garde que cette seconde en mémoire, la faste …ou la fatale.
Cette lecture est encore très présente dans mon esprit et je garde précieusement ce somptueux livre-cadeau. Monsieur Toussaint Louverture a réalisé un superbe objet qui colle parfaitement au sujet : la couverture marron en remake leather qui fait penser au ring, au toucher des cordes et même à un nom Brown, Eddie Brown, « un nom qu'on n'oublie » pas.
Une fois fermé, c'est la leçon de W.C. Heinz qui vous restera en mémoire « les perdants en savent plus sur la vie que les autres. »
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blandine5674
  12 avril 2020
Bookycooky, une fois de plus, je l'encense pour m'avoir fortement conseillé ce bouquin. Sur la boxe, pas mon truc ! Mais bien vite, Frank Hughes, journaliste, nous fait aimer et partager le quotidien et surtout les entraînements de Eddie Brown qui se prépare depuis neuf ans pour le titre de champion du monde. Il y a aussi son manager, sacré bonhomme, et d'autres dans cet hôtel réservé, durant une période, pour les pros de la boxe et leurs accompagnateurs. Beaucoup de dialogues bruts qui rend l'ambiance très réaliste. Attachement à tous les personnages. Rarement l'envie n'a été aussi forte d'aller lire la fin pour en connaître l'aboutissement. Je ne l'ai pas fait, bien sûr. Lorsqu'on tourne la dernière page, il est difficile de retourner à son quotidien. Évasion garantie. le courage, la détermination, les valeurs, le respect, des vies consacrées à une passion et à un sport qui n'est pas sans penser à ceux qui visent les J.O. et tout plein d'autres choses encore qui laissent le lecteur KO.
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critiques presse (1)
LeMonde   12 février 2019
Heinz semble avoir toujours su que la gloire est éphémère, qu’un faux pas peut coûter la vie. Son style est musclé et modeste. Attentif aux perceptions et aux gestes, dialoguiste authentique, il écrit avec clarté et sans graisse. Il évite superlatifs et sensationnalisme.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   26 octobre 2019
Elle avait presque la trentaine. Elle portait une robe de chambre à fleurs blanches et rouges, des mules rouges, et ses ongles étaient vernis de la même couleur.....

-Donc, c’est vous qui allait écrire un article sur Eddie......

-Quel genre d’article allez-vous écrire ?
-Je ne sais jamais à l’avance. Il sera bien.
-Espérons.
-Si c’est à propos d’Eddie, il sera forcément bien. Eddie est un type bien.
-Dit-il, avant de presser la détente.
-Je ne suis pas un tueur.
-Espérons. “
Quel visage calme pour balancer tout ça, ai-je pensé.
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HordeduContreventHordeduContrevent   06 novembre 2021
Quand la cloche retentit, j'observais le poulain de Doc s'avancer lentement, commencer à décrire des cercles, garde basse et tête baissée, et ça ne fit aucun doute. C'était bien un des boxeurs de Doc. C'est comme ce qu'un peintre insuffle dans ses peintures, qui fait qu'on les reconnait même si elles ne sont pas signées, comme ce qu'un écrivain insuffle dans sa prose, s'il est assez accompli, qui fait qu'on le reconnaitrait entre mille.
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le_Bisonle_Bison   18 octobre 2019
Je ne me rappelle plus quand j'ai rencontré Doc Carroll, mais je me souviens de la nuit où j'ai vu Eddie Brown pour la première fois. J'étais à Pittsburg à la recherche d'un sujet, c'était la fin juillet et un combat en extérieur était organisé à Forbes Fields. Il faisait chaud et humide depuis des jours, et un orage avait éclaté vers le milieu de l'après-midi, obscurcissant la ville, mais déchirant le ciel d'éclairs éblouissants comme une immense faux. A présent le crépuscule tombait, et je me dirigeais vers le stade sous les frondaisons de Schenley Park, sentant l'air frais sur mon visage, mes mains et dans mes poumons, et je le voyais, après plusieurs jours presque irrespirables, ramener à la vie les gens autour de moi dans la rue. Je le voyais raviver leurs regards, ils entrouvraient le désir de marcher sans entrave, et je l'entendais, désormais sans retenue, prêt à éclater, dans les rires naissants qui montaient de leur voix.
Je m'installai près du ring et assistai aux premières rencontres, sans en attendre grand-chose, et entre les rounds et les combats, j'écoutais l'agitation de la foule et goûtais à la nuit et cherchais à déceler les étoiles que je savais présentes par-delà les lumières et le léger voile bleuté des fumées de cigarettes qui stagnait, translucide, au-dessus de nos têtes. Puis sur le ring, la demi-finale arriva, et je vis Doc, qui passait entre les cordes et les maintenait écartées pour un gamin aux cheveux clairs en peignoir de satin vert et blanc.
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BookycookyBookycooky   26 octobre 2019
Avant de partir pour le club, j’ai mangé de l’ail. Et pas qu’un peu. Et dans le vestiaire, Doc a cru mourir. Il voulait même pas rester avec moi. Il est sorti faire les cent pas dans le couloir. T’as qu’à lui demander, il te racontera. Bref, le combat commence et Muldane fonce sur moi. Je lui souffle un peu dessus et y recule illico. Deux trois mouvements après et y revient à la charge, et je lui souffle encore à la tronche. Ah, fallait voir sa tête, il m’a traité de sale Rital puant, mais y s’est plus approché, et je l’ai bien démoli.
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le_Bisonle_Bison   20 octobre 2019
Ici, le métro est aérien. Il y a quelque chose d’étrange avec ça, mais dans le Bronx, de longs tronçons de rails sortent de terre et filent loin au-dessus des rues, comme la ligne E1. J’imagine qu’un jour, ils vont l’enterrer, elle aussi, et ça sera dommage, parce que de là-haut, un jour comme celui-ci, on peut voir plein de choses de New-York.
Je veux dire que souvent, même trois ou quatre nuits après une averse, on peut encore voir sur les toits plats et goudronnés, les flaques d’eau scintillantes qui reflètent le ciel. Et quand le vent souffle, les extracteurs métalliques, certains tournent, tournent, et d’autres, leurs pales telles des crinières, s’agitent brusquement, susceptibles et nerveux, à la manière dont parfois on voit un pur-sang prendre le mors aux dents à l’approche de la ligne de départ, alors que son jockey essaie de l’apaiser, avant – si on parvient à l’entendre – de l’injurier.
Il y a aussi les pots de fleurs sur les escaliers de secours. La plupart avec des géraniums, parfois même un rosier, et toujours, bien après la saison, des lys avec les longues feuilles jaunies, un emballage de papier rose encore autour des pots.
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