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EAN : 9782841161638
56 pages
Cheyne (13/10/2010)
4.53/5   18 notes
Résumé :
Le corps amoureux sur sa couche. Et si tout était d'un seul coup englouti dans la dévoration calme de ce bout du monde, et que plus jamais je n'avais besoin de partir, comme lorsqu'on sort d'une ville et qu'on atteint les premières forêts. Comme dans cet espace pareil à une maison, où quelque chose pourrait se passer peut-être bien, s'entrouvrir, s'éclairer.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Pasoa
  04 septembre 2021
Écrit lors d'un séjour en Chine Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe, est pour moi une belle retrouvaille avec la poésie de Deborah Heissler.
Dans quatre chapitres désignés en japonais Kaimamiru (entrevoir), Seijaku (Silence), Seishiga (Image fixe) et Yakei (Scène de nuit), c'est tout un jeu de couleurs, de formes, de sonorités, de sensations qui se forment, apparaissent sous une écriture qui se fait légère, contemplative. Elle recueille une à une toutes les nuances particulières d'une trame de paysages, de saisons et d'instants à part, et en rapporte minutieusement toute la secrète et singulière beauté.
C'est une poésie très attachante, méditative, détachée, qui va comme au rythme d'une lente respiration, qui à sa lecture agit comme une dilatation, une ouverture au temps et à l'espace mais qui resserre aussi le regard du lecteur sur la part la plus essentielle de notre présence au monde. C'est dans l'infime, dans l'éloignement que Deborah Heissler va chercher cette part cachée du monde qui est la plus capable de nous rappeler à nous, de cette vie de passage que nous ne faisons qu'emprunter.
Je me souviens
le bleu des nues d'orage et celui
de la source, le bleu de la sauge
fait pour être froissé dans la main.
L'abandon, le don, cela seul.
Les derniers arbres fleuris dans les jardins.
La pluie de juin qui tombe
comme un chuchotement, universel,
sur un chemin d'herbe et de violettes
mêlées – et la fraîcheur du soir
qui vous saisit.
(extrait de Seijaku - Silence)
Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe de Deborah Heissler est d'une écriture qui obsède par sa profonde justesse et sa douceur.
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Noag
  16 août 2016
Note de lecture de Pierrick de Chermont dans "Recours au poème, Poésie et Mondes poétiques"
Lien : http://www.recoursaupoeme.fr..
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phrensswa
  20 novembre 2012
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
PasoaPasoa   01 septembre 2021
La longue chaîne de bleus qui porte
jusqu'à l'horizon, à la fois proche,
à la toucher, et tellement lointaine,
dans le froid qui tombe. Cela se
fait presque sans bruit, sans aucun
déchirement.

Les montagnes sont bleues avec des
voiles de brume froide. Un bleu
nouveau a fleuri soudain sur l'eau
vivante. Tout ce grésil sous le ciel
gris, ces heures qui se fanent une
à une derrière moi.

Portée par cet air frais, j'avance
doucement dans la paix.


(extrait de "Seishiga - Image fixe") - p.39
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PasoaPasoa   06 septembre 2021
Et là
soudain sous les yeux, les fleurs.

Ailleurs le souffle lumineux de la
brume et le ciel qui offre lui aussi
le champ d'un illimité, d'un lieu de
conversion, point de rencontre où
se trouvent tous les contraires.

Les fleurs
en explosion de couleurs, de rouge
et de pourpre. Leur constellation
sur la terre, le mouvement de leur
don vers la terre, et déjà
on s'approche d'un corps, de la peau.

Et il me semble que la terre pour-
rait ici s'inverser, acquérir la densité
de lignes limpides et singulières.

(extrait de "Seishiga - Image fixe") - p. 46
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NoagNoag   16 août 2016
L’image est fixe sur la rétine. (...) Tout était devenu chant dans le froissement de l’herbe. La courbe du chemin sous les nuages ici, et là les touches de terre sombre, le vert et le gris, le rose déchiré de la glaise et du gravier sous la pointe des doigts. L'accord surtout était celui de l’ombre et du gazon, feutrés, jusqu'au plus profond du ciel où frémit un battement de plumes heureuses.
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hermineghermineg   16 juillet 2011
YAKEI
Scène de nuit

Ce n'est plus l'heure de réfléchir. Il ne me reste plus aujourd'hui que le souvenir de cet immense jardin. Les rouges sont un feu dans la terre et les bleues, une nuit d’avant la nuit.
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hermineghermineg   16 juillet 2011
SEIJAKU
Silence

Je me souviens / / le bleu des nues d'orage et celui de la source, le bleu de la sauge fait pour être froissé dans la main.
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Video de Deborah Heissler (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Deborah Heissler
"Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe" (Cheyne éditeur, 2010) traduit en anglais et lu (en anglais et en français) par Sabine Huynh.
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