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EAN : 9782379410048
420 pages
L'Arbre vengeur (05/09/2019)
3.47/5   18 notes
Résumé :
Surgissant au Nord de La France, la maladie bleue s'attaque aux métaux qu'elle détruit impitoyablement et se répand dans l'Europe avant de gagner le monde entier. Le chaos sans nom qu'elle engendre va révéler les pires penchants de l'espèce humaine, apocalypse inattendue qui réveille une humanité endormie : la pire, qui se déchaîne, et la meilleure, qui trouvera là l'occasion d'une possible rédemption.

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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
En ouverture, il va encore falloir parler de celui que l'on pourrait aisément qualifier de « gargouille » de la critique littéraire française, l'inénarrable Juan Asensio qui, entre deux vomis d'insultes aux Modernes sur twitter, se fend de textes plutôt longs et compliqués sur des chefs-d'oeuvre littéraires, enjoignant le lecteur sérieux à supporter sa logorrhée afin de ne pas rater ses pertinentes mises en lumière.

Il n'est pas donné à tout le monde de pondre une préface de près de quarante pages.
Je laisse aux autres la tâche de son appréciation… ce n'est pas faute d'avoir essayer : la concision parfois voisine d'une forme de flemme tropicalo-insulaire…

Il faut en tout cas le remercier pour avoir ressuscité, par l'intermédiaire des éditions de L'Arbre Vengeur, coutumière du fait, ce roman d'anticipation oublié de 1931, composé par un ingénieur dans une langue précise et précieuse, dont ce sera l'unique roman.

D'une intrigue alléchante, frisant les thèmes collapsologues, ce roman peut surprendre par ses développements ; certains ont pu y voir des visées réactionnaires, d'autres un esprit clairement contre-révolutionnaire ; je nuancerai ces jugements, malgré la tentation d'y rattacher l'obédience politique de son préfacier et « re-découvreur ».

Non, le bât blesse selon moi dans l'exploitation même de l'intrigue, aux personnages d'un certain relief sans toutefois bien s'y développer, au talent de description limité aux processus industriels, au vraisemblable du récit s'abimant en d'inutiles méandres narratifs (les conséquence de la catastrophe manquant cruellement d'ambition, voire d'imagination), le tout solidaire d'une tenace impression de misanthropie.

Une relative déception donc, rappelant qu'au jeu du chef-d'oeuvre oublié, finalement bien peu d'appelés pour beaucoup de fantasmés…
Reste une langue acérée donnant lieu à quelques morceaux de bravoure…
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Si l'on ne saurait faire de procès en « manque de style » à son auteur, La mort du fer oscille entre un roman d'anticipation d'une grande actualité et un roman social à mon avis très daté et encore un pamphlet politique très positionné. Ce n'est pas tant le fait que l'effondrement politique et social donne lieu à une véritable lutte de classe qui gêne (cet aspect là est au contraire sans doute non seulement bien vu mais résonne encore étrangement avec l'actualité), mais l'assimilation des classes laborieuses à des classes dangereuses (à de multiples reprises dans le propos de l'auteur) et presque coupables du chaos plutôt qu'une remise en cause d'un modèle économique et politique qui en est à l'origine. Serge Simon Held sait pourtant faire place à des idées qui ne sont visiblement pas les siennes, par exemple sur l'évolution des arts dans une société mercantile (avec des thèses qui rappellent ce que dira l'École de Francfort sur le sujet) ou donner la voix à des socialistes (au sens rigoureux du terme, entendons-nous bien, c'est-à-dire d'un projet de justice sociale accomplie, donc égalitaire).  On peut même trouver, au début de l'ouvrage, des réflexions qui font penser à ce que diront les situationnistes des risques de la marchandisation de notre civilisation. Mais ces idées ne sont clairement pas celles de l'auteur, qui avoue plus souvent qu’à son tour un anti-communisme viscérale voire haineux (notamment en seconde partie d'ouvrage) : il a, pour la classe prolétaire et ses défenseurs, un regard franchement hostile et méprisant (et ne parlons même pas des remarques racistes qui parsèment péniblement le texte - certes daté du début des années trente, - et qu’il faut donc régulièrement supporter).
Ces jugements (de classes) pleins de suffisance et de malhonnêteté sont venus gâcher, pour moi, ce qui aurait été sans cela un court mais intéressant roman d'anticipation. Car sur le thème de l'effondrement de la société industrielle, peu importe que le risque qui plane au-dessus de nos têtes vienne, comme ici, d'un métal (qui symbolise le machinisme) qui tombe malade ou, comme cela est plus probable, d'un tarissement des énergies fossiles, couplé ou non d'une crise financière de grande ampleur, le résultat sera le même : la fin de notre civilisation basée sur la puissance matérielle et la croissance sans fin ne sera pas un dîner de gala.
Mais on passe donc à côté du bon diagnostic... car, à bien y penser, la vraie maladie dont notre monde risque de périr n'est pas celle du fer (ou de tout autre acier - Stal en russe), mais sans doute celle du « faire », maladie contractée depuis que l'homme des sociétés industrielles capitalistes a sacrifié son savoir-faire à la mécanisation croissante pour posséder toujours plus vite et toujours davantage. Et l'on regrette encore plus que l'auteur n'ait pas voulu (par posture idéologique) montrer que cette pléonexie consciente , qui est aussi une skyzophrénie (comme l'avoue l'un des personnages : « si je n'avais pas toute ma fortune engagée dans cette affaire, je les aurais pris au mot » ), est belle et bien d'abord et avant tout celle d'une classe sociale et le résultat d'une idéologie bien spécifique, celle-la même dont on devrait accoler le nom au désastre que nous connaissons déjà et connaîtrons plus encore dans les années à venir en parlant de capitalocène plutôt que d'anthropocène.
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Cette pépite vient d'être redécouverte par L'Arbre vengeur, tout comme le Nuage pourpre de M. P. Shiel, chroniqué dans Gandahar 15.
En 1931, La Mort du fer a fait partie des finalistes du prix Goncourt, attribué en bout de course à Jean Fayard.
D'autres romans avaient déjà traité du même sujet : La Famine de fer d'Henri Allorge en 1913, le Fer qui meurt de Raoul Bigot en 1918 ou encore La Grande panique de l'acier d'Irvin Lester et Fletcher Pratt en 1928, mais ce qui donne à La Mort du fer son côté remarquable c'est bien sa dimension visionnaire.
Dans une usine sidérurgique située dans le nord de la France, des dysfonctionnements répétitifs produisent de curieux accidents. On finit par se rendre compte que le fer a perdu ses propriétés aux endroits où il se couvre de bleu.
Et survient la pandémie de sidérie, le Mal bleu, une sorte de maladie contagieuse qui atteint toute construction en fer et qu'on présume d'origine extraterrestre. Naturellement, c'est le mystérieux ingénieur Sélévine, celui qui réfléchit autrement, qu'on soupçonne d'avoir délibérément contaminé son usine avec un métal provenant d'une météorite.

« Un jour viendra, songeait Sélévine, où le dernier arbre périra sur la terre stérilisée par l'effort de la race. Alors, à la place des floraisons et des forêts, on ne verra plus que les architectures de l'acier, dressant leurs flèches, courbant leurs vertèbres, découpant sur un horizon fumeux leurs squelettes enchevêtrés. Les pétrifications dures et les cristaux anguleux remplaceront les molles courbes et les exubérances de la vie ».
Tout se dérègle ensuite petit à petit et on assiste au délitement d'une société qui vacille sur ses bases et sombre dans la violence et l'anarchie.
L'intrigue présente dans ce récit reste au second plan. Elle sert de prétexte à la description méticuleuse, intelligente d'un effondrement sociétal et politique que l'on peut aisément mettre en parallèle avec certaines périodes historiques qui ont suivi, voire même avec notre actualité.
Sélévine n'est pas immédiatement identifiable comme le personnage central du roman, mais c'est au travers de sa pensée que l'auteur nous livre des réflexions qui s'élèvent progressivement vers la spiritualité.
« Un jour viendra où la Conscience de l'univers, sommeillante en chacun de nous, deviendra une présence réelle. L'homme verra alors les choses dépouillées de leurs représentations artificielles, dans leur généralité et leur essence. Il se délivrera des conventions du Temps et de l'Espace, établira la cohésion de l'âme avec le monde environnant, participera à la plénitude et à la grandeur du Cosmos. » CB

Gandahar n°21, décembre 2019


Lien : https://www.chrisbrigonne.fr
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La mort du fer (1931), l'unique roman de Serge Simon Held, rappelle de façon évidente toute une frange de la littérature d'anticipation de l'entre-deux-guerres : les divers romans de Jacques Spitz, notamment La guerre des mouches et L'homme élastique, Les hommes frénétiques de Pérochon, Quinzinzinzili de Messac, ou encore La guerre des salamandres et La fabrique d'absolu de Karel Čapek, pour sortir de la France. À cette époque, après le choc de la Grande Guerre, comme le dit Paul Valéry, les civilisations savent désormais qu'elles sont mortelles. Et La mort du fer s'inscrit totalement dans cette tradition.

En effet, au niveau de la construction du récit, l'auteur ne se concentre par sur des personnages, mais sur des évènements. Ce qui compte, c'est le mal bleu et la chute de la civilisation industrialisée. C'est d'ailleurs le point faible du roman : là où Spitz et Pérochon compensent cette perspective globale avec un retour régulier sur un protagoniste principal relativement développé (Čapek de son côté se servant de l'humour) Serge Simon Held échoue sur le plan humain de la narration. Il y a bien des personnages, mais on n'est jamais vraiment avec eux, ils vont et viennent aléatoirement sans jamais être développés. Deux d'entre eux semblent vaguement émerger du lot, mais l'un meurt subitement en hors-champ, tandis que l'autre disparait tout bonnement avant la fin du roman sans qu'on connaisse son destin. C'est dommage, car La mort du fer aurait certainement gagné à une trame un peu plus recentrée sur une ou deux subjectivités, histoire de donner au lecteur un certain fil conducteur, et tout simplement des personnages intéressants.

Le suite sur mon blog :
Lien : http://lespagesdenomic.blogs..
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Une oeuvre étonnante de 1931 qui allie l'efficacité du roman catastrophe avec une analyse froide, presque clinique des dérèglements d'une société sans ses précieux alliages. Held prend peut-être parti, mais personne n'est innocent. Toute la société en prend pour son grade dans une débauche de veuleries, d'aveuglements, de pillages, de mauvaises décisions. Il y a aussi des passions, des tourments, de longues discussions politiques sur les événements en cours, mais toujours décrites avec la même distance. Et si le mal bleu n'était au final que notre mal-être ?
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Raymond Leclair, ayant constaté l'invraisemblable résultat auquel aboutissaient ses mesures, n'en accusa pas la science, au-dessus de tout soupçon, mais la faillible nature humaine.
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