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Brice Matthieussent (Traducteur)
ISBN : 2253113360
Éditeur : Le Livre de Poche (24/05/2006)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 112 notes)
Résumé :
Catch 22, l'Article 22, est un "attrape-nigaud" qui permet à un colonel américain d'imposer un nombre de missions sans cesse croissant à son escadrille de bombardiers basée dans une petite île de la Méditerranée pendant la Seconde Guerre mondiale. Yossaran, héros tragicomique de cette épopée burlesque, est décidé à tout tenter pour sauver sa peau : il estime que sa seule mission, quand il s'envole, consiste à atterrir vivant. Simuler la folie dans cet univers délira... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
BlaueBlume
22 juin 2011
Pourquoi un best seller aussi incontournable que Catch-22 est-il si peu connu hors du monde anglo-saxon ? Un mystère aussi épais que la disparition de Clevinger par delà des nuages…
Le premier roman de Joseph Heller est le Voyage au bout de la Nuit américain. Tout aussi subversif que l'oeuvre de Céline, il propose sur le mode de l'absurde une dénonciation de la guerre et de l'armée. Son héro, Yossarian, sorte d'anti-Achille moderne d'une épopée tragi-comique, fait partie d'une escadrille d'aviateurs basée sur l'île de Pianosa en Méditerranée. A des centaines de miles du front, c'est moins la terreur des frappes ennemies que la folie des supérieurs internes qui font craindre la mort des aviateurs. Attachés à leur camp militaire par une entourloupe administrative, l'Article 22 qui interdit le rapatriement de quiconque se trouvant assez sain d'esprit pour se faire passer pour fou afin d'éviter le combat, les soldats n'ont d'autres choix que d'effectuer des missions toujours plus nombreuses au bon vouloir d'un colonel tyrannique dont l'unique ambition est de figurer en première page du Saturday Evening Post. Dialogues et épisodes burlesques se succèdent, faisant apparaître une galerie de personnages aussi attachants qu'hauts en couleurs aux noms toujours évocateurs : Milo Minderbinder, le « veilleur » qui pour les « intérêts du syndicat » va jusqu'à bombarder son propre camps pour honorer un contrat juteux avec l'ennemi, Major Major, major de son état bien malgré lui, Nately le « bleu » si candidement amoureux d'une prostituée de la Città eterna, ou encore le lieutenant Scheisskopf, littéralement « tête de merde »… Yossarian, le principal protagoniste est le seul pour qui l'étymologie reste obscure. Peut-être parce qu'il est aussi le seul à reconnaître pleinement la fragilité du nom. Il est si facile d'en changer pour devenir faussaire, si difficile de le faire reconnaître lorsque l'administration se méprend sur son identité… Et si finalement le nom comme l'uniforme n'était qu'une façade pour dissimuler la vérité de chacun, un tas de viscères, de chair et de sang, vérité « n'éclatant » au grand jour que sous le coup des obus ? le lecteur est libre d'interpréter les succédanés de vie militaire que constitue Catch 22, sous la forme d'un immense puzzle narratif. La temporalité est aussi brouillée que l'esprit des personnages car l'auteur substitue à la linéarité une écriture du fragment et du « déjà-vu ». Les événements reviennent comme des leitmotivs sous des angles toujours différents formant ainsi une structure narrative apparemment complexe voire déroutante, mais finissant par se raccorder morceau par morceau. C'est au final l'humour et la dérision qui l'emportent sur la tragédie, trouvant leur expression la plus forte à l'hôpital, où finissent invariablement les soldats après chaque désastre militaire. Les dialogues en particulier, frisant le non sens, sont des compositions très réussies où s'affiche l'aberration de la guerre et du patriotisme triomphant.
La notation subjective et personnelle : 3.5/5. Malgré l'humour, une attention un peu relâchée vers le milieu des 638 pages, pour ensuite revenir avec exaltation dans le dernier quart. Gare à se perdre dans le foisonnement des personnages ! Mais l'expérience reste riche et plaisante. Incontestablement un grand roman.
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stcyr04
21 juin 2015
Satire féroce et déjantée, catch 22 prend le contre pied de l’imagerie héroïque, mainte fois ressassée, du soldat américain sauveur de l’univers en péril, en maniant avec virtuosité un humour burlesque et irrévérencieux, corrosif par son absurdité.
Chronique d’une escadrille basée sur une petite île italienne, série de portraits et de narrations s’entrecroisant pour tisser une intrigue suivie, le présent roman dont le nom fait référence à un article farfelu, imparable, affirmant que “quiconque veut se faire dispenser d’aller au feu n’est pas réellement fou”, est remarquable par sa drôlerie et l’efficacité avec laquelle il démontre l’absurdité foncière de l’univers guerrier. Les hauts gradés sont des ignares infatués d’eux-mêmes, monomaniaques, passant leur temps à se tirer dans les pattes, procéduriers, se frottant les mains à l’idée d’une promotion, même si celle-ci signifie la mort préalable du précédent titulaire du poste. Les hommes de troupes et les sous-officiers n’attendent qu’une chose, l’ordre de rapatriement, qu’un colonel assoiffé de gloire à peu de frais - pour lui s’entend - repousse comme à plaisir sine die; la perspective d’être des héros étant la dernières de leur préoccupations, les véritables ennemis étant ceux qui les envoient au feu, certains mettent à mal la camaraderie militaire, d’autres n’hésitent pas à faire leur beurre avec le ravitaillement, menant le libre échange, la liberté d’entreprise, l'actionnariat, sacro-saints piliers des valeurs américaines jusqu'à ces ultimes conséquences absurdes, irresponsables, inhumaines, antinationales.
Catch 22 est un livre irrésistible de drôlerie sur un sujet qui ne l’est pas. Certaines scènes sont proprement désopilantes, à vous faire rire bêtement dans les transports en commun. Un best-seller américain dont le titre est devenu une expression désignant une situation kafkaïenne par son inextricabilité.
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PC37Shu
12 juin 2016
J'ai adoré ce roman! de dialogues absurdes en scènes loufoques,cette critique de la guerre m'a souvent fait éclater de rire. Pourtant, la situation est loin d'être drôle: seconde guerre mondiale, des bombardiers américains basés sur une petite île de la Méditerranée enchaînent les missions avec plus ou moins de chance... Yossarian, le personnage principal essaie vainement de se faire passer pour fou en vue d'être rapatrié.
Je suis assez étonnée qu'on ne m'ait pas fait lire ce livre en secondaire parce que même si j'ai souvent ri, c'est un roman sérieux qui appelle à réflexion et pas seulement sur le sujet de la guerre Je trouve qu'il devrait figurer parmi les livres à avoir lu une fois dans sa vie.
J'ai eu un peu de mal à suivre, au début, à cause du grand nombre de personnages, mais j'ai vite pris mes repères et plongé dans l'histoire. Je me suis beaucoup attachée au sort de ces hommes, partageant leurs espoirs, leur sentiment d'injustice ou leur émotion à la perte de l'un des leurs. le livre fait plus de six cents pages et pourtant, on ne s'ennuie à aucun moment. Un très bon roman que je recommande sans hésiter.
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Fx1
16 septembre 2014
L'on a beaucoup écrit sur la guerre , en cela cet opus n'apporte guére de nouveauté . Par contre on à rarement écrit ainsi de la guerre , avec cet humour ravageur qui dans un tel contexte pourrait paraitre un tantinet génant , mais qui au final s'adapte trés bien grace à la maitrise de l'auteur . A aucun moment le récit n'apparait léger , on est en présence ici d'une tentative audacieuse et réussie et cela fait tout l'intéret de ce petit bijou . Un grand livre trop oublié hélas .
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liberliger
16 février 2015
Yossarian fait partie d'une escadrille de bombardiers basée sur la petite île italienne de Pianosa, où règne en tyran un colonel absurde, prêt à tout pour avoir sa photo dans le Saturday Evening Post. Quant à Yossarian, il estime que sa seule mission quand il s'envole est de revenir vivant. Dans Catch 22, la guerre ne sévit pas entre Américains et Allemands: elle fait rage au sein même de l'armée américaine, entre généraux rivaux, officiers et subalternes...C'est l'occasion pour Heller de brosser la plus absurde galerie de portraits de militaires: un major qui refuse de recevoir qui que soit quand il est dans bureau, un médecin qui considère qu'il est plus malheureux que n'importe lequel de ses patients, un officier de mess qui va jusqu'à signer un contrat avec l'ennemi pour qu'il bombarde sa propre base, un officier supérieur féru de défilé...Sans doute la plus violente satire de l'armée dans toute sa bêtise mais aussi de la guerre où l'humour peut aussi triompher de l'absurdité. Un grand livre, jamais ennuyeux.
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
KaaliopeKaaliope30 décembre 2015
- Tu as des mouches qui volent dans les yeux, répéta Yossarian. C'est probablement pour ça que tu ne peux pas les voir.

Appleby eut un mouvement de recul, il lança à Yossarian un regard abasourdi, haineux, et se renfrogna jusqu'à ce qu'il eût retrouvé Havermeyer dans la jeep qui les emmenait par la longue route droite à la salle de briefing, où le major Dandy, le nerveux officier d'opérations du groupe, attendait pour commencer le briefing préliminaire l'arrivée de tous les pilotes de tête , bombardiers et navigateurs. Appleby parlait à voix basse pour ne pas être entendu par le chauffeur ou le capitaine Black, qui était vautré, les yeux fermés, sur le siège avant de la jeep.

- Havermeyer, demanda-t-il avec hésitation, est-ce que j'ai des mouches dans les yeux?

Havermeyer écarquilla les yeux d'étonnement.

- Des louches?
- Non, des mouches.

Havermeyer cligna de nouveau les yeux.

- Des mouches?
- Dans mes yeux.
- Tu dois être cinglé, fit Havermeyer.
- Non je ne suis pas cinglé. C'est Yossarian le cinglé. Dis-moi franchement si j'ai, oui ou non, des mouches qui volent dans les yeux. Vas-y, je peux tout encaisser.

Havermeyer se fourra dans la bouche un autre morceau de nougat aux cacahuètes et scruta très attentivement les yeux d'Appleby.

- Je ne vois rien, annonça-t-il.

Appleby poussa un immense soupir de soulagement. Havermeyer avait des morceaux de nougats collés aux lèvres, au menton et aux joues.

- Tu as des miettes de nougat sur la figure, lui fit remarquer Appleby.
- Je préfère avoir des miettes de nougat sur la figure plutôt que des mouches dans les yeux, riposta Havermeyer.
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IncongrueIncongrue25 février 2013
En un moment d’intuition divine, l’aumônier avait maîtrisé la technique précieuse de rationalisation justificative et sa découverte le transportait de joie. Un véritable miracle.
Tout compte fait, c’était un jeu d’enfant de transformer le vice en vertu, la calomnie en vérité, l’impuissance en abstinence, l’arrogance en humilité, le pillage en philanthropie, l’escroquerie en altruisme, le blasphème en sagesse, la brutalité en patriotisme et le sadisme en justice. A la porté de n’importe qui.
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MeyvischJCMeyvischJC30 juin 2014
Major Major était né trop tard et trop médiocre.
Certains hommes naissent médiocres, d'autres le deviennent, et à d'autres encore, la médiocrité est imposée.
Major Major cumulait les trois cas.
Même au milieu d'hommes sans distinction, il se faisait remarquer par un manque de distinction plus grand encore, et les gens qui le rencontraient étaient toujours impressionné de le voir aussi peu impressionnant.
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IncongrueIncongrue20 février 2013
Puisqu'on acceptait même les malades à l'hôpital, il n'était jamais sûr d'y être entouré d'une joyeuse bande de gais-lurons, si bien que l'ambiance laissait parfois à désirer. Il devait se rendre à l'évidence : la vie à l'hôpital se détériorait régulièrement, à mesure que la guerre se poursuivait et qu'on se rapprochait du front.
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bgnbgn17 novembre 2016
— Ah bon ? Vous savez que j’ai menti ? (Yossarian était de plus en plus méfiant.)
— Bien sûr. Nous ne sommes pas complètement stupides, ricana le médecin en allumant une autre cigarette. Comment voulez-vous être crédible avec votre maladie de foie si vous continuez à peloter les seins des infirmières dès qu’elles passent à portée de la main ? Non, si vous voulez convaincre les gens que vous avez le foie malade, il va bien falloir que vous renonciez au sexe.
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