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Frank Herbert (Autre)
EAN : 9782221252307
Éditeur : Robert Laffont (11/03/2021)
  Existe en édition audio
4.06/5   1805 notes
Résumé :
Douze ans après sa victoire sur Arrakis, Paul règne sur un empire meurtri par une guerre sainte qu'il ne contrôle plus.
Vénéré comme un messie par ses fidèles, il est prisonnier de ses visions, incapable de mettre fin à la violence.
Quel sera le prix de la rédemption ?

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Critiques, Analyses et Avis (90) Voir plus Ajouter une critique
4,06

sur 1805 notes
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Kalgan
  29 mai 2018
Quelle gracieuse surprise! le Messie de Dune réalise l'exploit de surpasser la réussite du premier tome et semble combler les attentes des lecteurs les plus réticents. En renouvelant son écriture, et quasiment son style, ainsi que l'ambiance et le décor du livre précédent, Herbert arrive encore une fois à captiver son lecteur et à balayer les doutes sur l'écriture de cette suite, qui est sûrement meilleure ou du moins aussi bonne que Dune. Dans un format beaucoup plus court, Herbert réussit à développer une intrigue haletante dans un récit qui diffère totalement de celui du précédent, tout en en gardant l'univers.
Paul Atréides qui a désormais vaincu ses ennemis, règne maintenant presque en tant que Dieu vivant sur la galaxie. Il a le don de prescience et voit l'avenir; rien ne semble pouvoir l'arrêter. Pourtant cela n'empêche pas certains protagonistes d'imaginer un terrible complot le visant et que même ses pouvoirs ne peuvent arrêter. Vivant dans un monde entre visions et réalité, et sentant que son amour pour Chani n'est pas compatible avec sa vie d'Empereur, le futur paraît s'assombrir pour Paul.
Herbert semble presque avoir changer de style pour écrire le roman tant il réussit à renouveler la narration et sa façon d'écrire. Celui-ci n'a bien sûr changer en rien son style, toujours aussi précis, poétique et chantant, mais s'adapte aux besoins de l'intrigue de ce nouveau récit, plus subtil, abondant d'implicites. L'ambiance beaucoup plus sombre et tendue que celle du premier roman met une distance entre le narrateur et le lecteur, accentuant son recul sur l'histoire, comme s'il lisait un mythe; la légende de Paul Atréides.
Les visions de prescience de ce dernier et de sa soeur Alia les éloignent de la réalité et les propulsent dans un autre monde, qu'Herbert décrit et transcrit de façon très juste et compréhensible pour le lecteur, si de telles visions, appartenant à une dimension aussi floue que celle du rêve puissent être représentées. Cette magnifique transcription laisse transparaître la dimension poétique de l'écriture d'Herbert, qui a toujours le bon goût de partager des poèmes venant des différents coins de la galaxie de son univers. Il ajoute toujours au début de chaque chapitre, comme dans le premier livre, des ‘extraits' de livres fictifs de l'univers de Dune, qui font office de truismes et apportent une touche de finesse au récit.
Herbert développe une atmosphère de complot, qui amène une tension dramatique au récit, une ambiance étouffante, un suspens insoutenable qui dure jusqu'à la chute finale. Ce complot combiné à la capacité à voir dans l'avenir de certains personnages, entraîne un jeu subtil de tromperies entre chacun d'eux, où le doute domine, créant une opposition entre des personnages aux fortes personnalités. Les dialogues en deviennent d'une extrême subtilité, élevant le niveau d'écriture, mettant en scène de façon intelligible ces jeux incessant de duperies.
Et l'un des attrait du récit qui existait déjà dans Dune, est que le lecteur a connaissance de chacune des pensées, réflexions et opinions des personnages, qui sont consignées en italique dans chaque dialogue.
Herbert laisse ainsi l'occasion à chaque personnages de défendre sa position dans le grand jeu de la conspiration en partageant leur raisonnement.
La présence de la religion, dont on ne cerne pas toujours très bien le rôle, à part celui évident d'assurer le contrôle du peuple, ajoute à la dimension mystique du récit et au halo divin entourant son héros, Paul, le messie, le Muad'Dib.
Comme tout n'est que subtilités, Herbert ne laisse qu'une mince frontière entre les personnages bons et mauvais, permettant de souligner que rien n'est tranché en ce qui concerne leur rôle. Et contrairement au précédent roman, Herbert se garde de dévoiler le dénouement avant la fin. On distingue en effet sans cesse les contours de la conspiration qui se joue mais sans pouvoir en saisir la forme. Tout au long du roman, la question est de découvrir quels moyens ont été mis en place pour mener le complot, et comment il a été orchestré afin d'être mené à son terme.
Cette suite fait preuve du génie de son auteur et réjouit par la diversité qu'elle apporte au genre de la science-fiction. Un classique qui appelle à découvrir très vite la suite du Cycle de Dune.
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Gwen21
  02 août 2014
Ce second tome, pour être plus riche en mysticisme et en psychologie que son aîné, n'est pas moins dense en action. Un action certes plus latente et au rythme feutré mais qui permet à l'auteur d'instaurer cette incroyable tension psychique sans égale et qui caractérise si bien cette immense fresque de science-fiction. Excusez ce quasi-blasphème mais c'est un peu comme lorsqu'on lit un livre saint, l'esprit laisse passer un certain nombre d'éléments qui pourtant frappent notre esprit et forment au final un tout cohérent et grandiose.
Une lecture moins aisée que pour le premier tome mais où la fascination qu'exerce Herbert joue pleinement son rôle. Avec "Le Messie de Dune", la saga gagne en profondeur et en complexité et renforce la dimension politico-religieuse avec, à la clé, stratégie, considérations économiques et politiques, pensée sociétale très forte, remise en cause du manichéisme et psychologie approfondie de l'ensemble des personnages principaux.
L'axe de réflexion (car oui, il s'agit bien de réflexion en parallèle de l'action) demeure le culte de la personnalité du gouvernant, de l'Empereur Muad'Dib. Culte qui atteint la divinité, plongeant Paul Atréides dans une solitude insondable qui le rend impuissant alors même qu'il est au faîte de sa puissante. Solitude bien compréhensible mais inextricable du dieu qui ne peut croire en lui-même ou en un autre dieu quand tous les autres êtres croient en lui.
***ALERT SPOILER***
La solitude, seul choix de la liberté.
Paul Atréides choisit de mourir dans le désert. Mais qui sur Dune aura jamais la certitude de son trépas ? En prenant cette initiative, à la fois geste de fuite et de sauvegarde, Paul Atréides renforce donc (volontairement ou non) le mystère qui entoure ses pouvoirs et assoit ainsi sa divinité tout en s'en délivrant humainement. "Il ne fera qu'un avec le désert. Par le désert il sera accompli. [...] le désert le prend. Et il en fait un dieu" [dixit Duncan Idaho].
Ce dénouement tragique mais non dépourvu d'espérance plonge le lecteur qui s'est attaché à l'Empereur de Dune dans une sorte de désarroi mais il ouvre aussi la voie à la descendance de Paul et de Chani, sous la régence d'Alia qui, comme son frère, conjugue les pouvoirs de la prescience et de l'enseignement Bene Gesserit. En un mot, cette fin ne semble être qu'un commencement...
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Wiitoo
  28 novembre 2013
Dans le premier tome, le jeune Paul Atreides devint le légendaire Empereur Muad'Dib. Dans ce deuxième tome l'Empereur deviendra un Dieu aux yeux du peuple Fremen !
On retrouve ici les mêmes personnages, très charismatiques, du premier volet du cycle de Dune mais on retrouve surtout Frank Herbert, plus magistral que jamais dans ce qui, à mon humble avis, est un pur chef-d'oeuvre en termes d'écriture. Nous voici au sommet de la littérature de Science-fiction en compagnie d'un guide, qui nous dévoile une prose sans pareille.
Mais si d'un côté l'auteur est remarquable, si on se délecte de chacune des phrases avec un plaisir non dissimulé, si on prend une leçon de stratégie politique, si l'on est totalement subjugué par la tension psychologique entre les nombreux personnages du roman, il n'en découle pas forcement, pour autant, de considérer ce livre comme un chef-d'oeuvre littéraire et malheureusement il faut reconnaître que ce deuxième tome manque cruellement de contenu et d'action.
Cette histoire relativement courte de 260 pages aurait grandement mérité le double de pages avec un contenu un peu plus « fouillé » et une aventure un peu plus dynamique, stimulante, épique ! (après tout, tous les éléments sont réunis pour qu'un empereur qui règne sur l'ensemble des planètes de l'univers vive une aventure épique plutôt que de passer 200 pages d'une pièce à l'autre de sa demeure….) Il est vraiment dommage que les protagonistes de cette aventure évoluent au sein d'un scénario aussi plat.
Ceci étant, je me réjouis de poursuivre l'aventure avec « Les enfants de Dune » car cette histoire est marquante et ne peut laisser personne indifférent, malgré ses défauts.
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FeyGirl
  30 septembre 2021
Douze ans après le tome précédent, Paul-Muad'Did est l'Empereur de l'univers connu. Durant cette ellipse temporelle, le jihad des Fremens a déferlé sur des milliers de planètes, tué des milliards de personnes, et imposé une nouvelle religion dont Paul est la divinité. le cadre que l'on découvre au début de ce roman est bien différent de celui qu'on avait laissé à la fin de Dune : si le lecteur pouvait espérer un avenir meilleur, Frank Herbert fait le pari du réalisme cru en proposant un monde sous le joug de la tyrannie de notre héros.
Le ton est donné : Paul n'est pas devenu un personnage positif, mais un Empereur inflexible qui n'a pas hésité à exécuter des opposants. Notamment, toute personne qui se dresse contre « sa » religion s'expose à la fureur de Paul-Muad'Did. Même si celui-ci n'approuve pas tous les éléments de cette croyance, il s'en sert pour asseoir son pouvoir. La vision qu'a l'auteur de l'utilisation voire de la manipulation de la religion par le pouvoir est sombre et réaliste, l'Histoire l'a montrée.
Pourtant, le protagoniste imaginé par Frank Herbert reste humain : il est profondément attaché à sa compagne Chiani malgré les pressions pour avoir un héritier avec son épouse Bene Gesserit Irulan, à sa soeur Alia devenue un personnage clef de la religion et par-là même du pouvoir, et à ses lieutenants de la première heure. C'est un trait de génie : ne pas faire de Paul un monstre tyrannique, mais le montrer comme un être humain en dépit des horreurs commises en son nom. On est loin du « grand méchant ». Car Paul est doté d'une prescience qui lui laisse entrevoir des possibilités d'avenir qui s'entrechoquent et qui l'effraient, mais tenter de le changer serait, de son point de vue, pire encore. Cette certitude plane tout le long du roman et accentue l'ambiance sombre. le destin est en marche, et Paul n'est que son instrument.
Car Paul a de nombreux ennemis, dont tous ceux qui ont beaucoup perdu lors de l'accession des Atréides au trône : les Bene Gesserit, la Guilde de l'espace, et les Bene Tleilaxu, nouveaux venus dans l'univers de Frank Herbert. Ils créent des gholas en « ressuscitant » un mort à partir de la chair des défunts et le modèlent pour servir leurs intérêts. Avec les Grandes Maisons vaincues, ils montent une conspiration, mais chacun a ses propres intérêts et place ses pièces dans un jeu complexe.
Pour Paul, le danger est partout et la menace omniprésente. Entre sa soeur Alia au tempérament guerrier et impulsif, le ghola de Duncan Idaho offert par ses ennemis et qu'il est obligé d'accepter, le manque d'héritier, des Fremens attachés aux anciennes traditions qui complotent, les manoeuvres de la Guilde et des Bene Gesserit et des Bene Tleilaxu, et enfin toutes ses visions qui l'assaillent, le prix du pouvoir est très élevé.
Ce roman est bien plus court que le précédent et sans grande bataille, mais possède une atmosphère dense et étouffante. La ville capitale et son palais sont dangereux. Des passages entiers sont introspectifs et parfois cryptiques. Certains événements regorgent de symbolique, notamment ce qui arrive à Paul à la fin du récit et qui souligne le titre du tome : le Messie a définitivement échappé à ses créateurs.
De la tension, des plans dans les plans pour renverser l'Empereur, une Arrakis en mutation, des perdants prêts à tout, des trahisons, un pouvoir politique qui se base sur la religion et multiplie ses ennemis, une vision fragmentée et effrayante de l'avenir : un tome riche qui appelle une suite. Ça tombe bien, elle m'attend.

Lien : https://feygirl.home.blog/20..
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Cer45Rt
  28 septembre 2019
J'avais beaucoup aimé le premier tome de "Dune" ; il en est de même pour le deuxième, même s'il y a quelque différence.
Cet opus est très différent du premier, c'est vrai.
Il y a moins de place laissé à la spiritualité, moins d'émotions, et il n'y a que, dans une moindre mesure, cette tension qui s'installait peu à peu dans les premières pages, du premier tome de "Dune".
Ce n'est pas un hasard, si ce deuxième tome est moins long que le premier ; l'objectif était probablement de faire un tome plus bref, plus centré sur l'action que le premier, avec beaucoup moins de spiritualité et où il est beaucoup moins question de l'univers, créé par Frank Herbert. Cet univers conserve une place importante, dans l'histoire, c'est vrai, il est même essentiel à ladite histoire ; mais il a été déjà introduit dès le premier tome, et il n'est plus nécessaire d'en parler autant.
En revanche, ce qui intéresse Frank Herbert, je pense, c'est de continuer à nous faire vibrer avec les aventures de Paul Atréides, avec cette fois-ci, non plus son ascension, mais son déclin.
Et, pour ce qui est de nous faire vibrer, ou, du moins, de me faire vibrer, c'est une parfaite réussite.
Le célèbre romancier de science-fiction écrit ici un roman sombre, noir, qui ne laisse pas indifférent et qui est digne des plus grandes, des plus belles tragédies ( par moments, je pense presque à Shakespeare... ).
"Le Cycle de Dune" constitue l'une des meilleures preuves que la science-fiction n'est pas un sous-genre mineur de la littérature, mais bel et bien un genre de la littérature à part entière, un genre, grand, beau, intéressant.
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Citations et extraits (111) Voir plus Ajouter une citation
LugSamildatekLugSamildatek   24 octobre 2021
Quel que soit le degré d'exotisme atteint par la civilisation humaine, quels que soient les développements de l'existence et de la société où la complexité des rapports homme/machine, il existe des interludes de pouvoir solitaire durant lesquels l'évolution de l'humanité, son avenir, dépendent des actions relativement simples de certains individus.
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LugSamildatekLugSamildatek   24 octobre 2021
Certains Fremen avaient vu l'eau du ciel sur les autres mondes. Lui aussi il l'avait vu et il l'avait désirée pour Arrakis. Mais, dans sa mémoire, il semblait que ce fût advenu à quelqu'un d'autre. On appelait cela la pluie. Il eut le brusque souvenir d'un orage sur son monde natal, la vision de lourds nuages gris dans le ciel de Caladan. L'électricité, les éclairs, l'air humide, les premières gouttes énormes qui tambourinaient sur les verrières. La pluie en ruisseaux dans les chéneaux. La rivière grossie qui devenait boueuse derrière les vergers de la famille... les arbres aux branches scintillantes sous les gouttes.
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Paul_Le_Saint_BarbuPaul_Le_Saint_Barbu   20 octobre 2021
Immergé dans la transe oraculaire, dérivant dans les profondeurs de l'épice, le regard tourné vers l'intérieur, Paul vit la lune devenir une sphère allongée. Elle roula et se déforma en sifflant - le sifflement terrible d'une étoile plongée dans une mer infinie - tombant toujours plus bas... comme une balle lancée par un enfant. Elle avait disparu.
Elle n'était plus là. Il le comprit soudain. Il n'y avait plus de lune. La terre frémit comme un animal en mue. La terreur vint. Paul se redressa sur sa couche, les yeux écarquillés. Une partie de son esprit regardait encore vers l'intérieur. Celle qui voyait la réalité reconnaissait la grille de plasmeld de sa chambre, savait qu'il reposait auprès d'un des abîmes de pierre de la Citadelle.
Au fond de lui, la lune continuait de tomber. p.127
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VermeilVermeil   22 octobre 2021
On n'implore pas la pitié du soleil.
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Paul_Le_Saint_BarbuPaul_Le_Saint_Barbu   19 octobre 2021
La Mère du Chaos est née de la mer, dit Farok. Un Qizara Tafwid était là quand je me suis plongé dans toute cette eau. Il n'y est pas entré. Il est resté sur le sable... le sable qui était humide... avec ceux de mes hommes qui avaient peur, comme lui. Et quand il m'a regardé, j'ai lu dans ses yeux qu'il savait que j'avais compris quelque chose qui lui était refusé. J'étais devenu une créature marine et il avait peur de moi. L'eau m'a guéri du Jihad et je crois qu'il l'a tout de suite compris. p.52
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Vidéo de Frank Herbert
Fabien le Roy, éditeur et traducteur, vous présente l'ouvrage " le cycle de Dune. Volume 1, Dune" de Frank Herbert aux éditions Robert Laffont.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2457478/frank-herbert-le-cycle-de-dune-volume-1-dune
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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