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Dune - Editions Pocket tome 2 sur 7
EAN : 9782266154512
320 pages
Pocket (09/06/2005)
  Existe en édition audio
4.04/5   2355 notes
Résumé :
Paul Atréides est devenu l'empereur Muad'Dib. Il doit sa victoire aux Fremen qui ont porté sa bannière et sa parole aux confins de l'univers humain. Mais le prix en a été élevé. Les douze années sanguinaires de Jihad ont laissé des traces indélébiles sur le peuple fremen, et les couloirs de la Citadelle impériale d'Arrakeen bruissent des rumeurs les plus folles.

Désormais presque un dieu vivant, Paul n'en est pas moins la cible d'un complot de grande ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (136) Voir plus Ajouter une critique
4,04

sur 2355 notes

Quelle gracieuse surprise! le Messie de Dune réalise l'exploit de surpasser la réussite du premier tome et semble combler les attentes des lecteurs les plus réticents. En renouvelant son écriture, et quasiment son style, ainsi que l'ambiance et le décor du livre précédent, Herbert arrive encore une fois à captiver son lecteur et à balayer les doutes sur l'écriture de cette suite, qui est sûrement meilleure ou du moins aussi bonne que Dune. Dans un format beaucoup plus court, Herbert réussit à développer une intrigue haletante dans un récit qui diffère totalement de celui du précédent, tout en en gardant l'univers.

Paul Atréides qui a désormais vaincu ses ennemis, règne maintenant presque en tant que Dieu vivant sur la galaxie. Il a le don de prescience et voit l'avenir; rien ne semble pouvoir l'arrêter. Pourtant cela n'empêche pas certains protagonistes d'imaginer un terrible complot le visant et que même ses pouvoirs ne peuvent arrêter. Vivant dans un monde entre visions et réalité, et sentant que son amour pour Chani n'est pas compatible avec sa vie d'Empereur, le futur paraît s'assombrir pour Paul.

Herbert semble presque avoir changer de style pour écrire le roman tant il réussit à renouveler la narration et sa façon d'écrire. Celui-ci n'a bien sûr changer en rien son style, toujours aussi précis, poétique et chantant, mais s'adapte aux besoins de l'intrigue de ce nouveau récit, plus subtil, abondant d'implicites. L'ambiance beaucoup plus sombre et tendue que celle du premier roman met une distance entre le narrateur et le lecteur, accentuant son recul sur l'histoire, comme s'il lisait un mythe; la légende de Paul Atréides.

Les visions de prescience de ce dernier et de sa soeur Alia les éloignent de la réalité et les propulsent dans un autre monde, qu'Herbert décrit et transcrit de façon très juste et compréhensible pour le lecteur, si de telles visions, appartenant à une dimension aussi floue que celle du rêve puissent être représentées. Cette magnifique transcription laisse transparaître la dimension poétique de l'écriture d'Herbert, qui a toujours le bon goût de partager des poèmes venant des différents coins de la galaxie de son univers. Il ajoute toujours au début de chaque chapitre, comme dans le premier livre, des ‘extraits' de livres fictifs de l'univers de Dune, qui font office de truismes et apportent une touche de finesse au récit.

Herbert développe une atmosphère de complot, qui amène une tension dramatique au récit, une ambiance étouffante, un suspens insoutenable qui dure jusqu'à la chute finale. Ce complot combiné à la capacité à voir dans l'avenir de certains personnages, entraîne un jeu subtil de tromperies entre chacun d'eux, où le doute domine, créant une opposition entre des personnages aux fortes personnalités. Les dialogues en deviennent d'une extrême subtilité, élevant le niveau d'écriture, mettant en scène de façon intelligible ces jeux incessant de duperies.

Et l'un des attrait du récit qui existait déjà dans Dune, est que le lecteur a connaissance de chacune des pensées, réflexions et opinions des personnages, qui sont consignées en italique dans chaque dialogue.

Herbert laisse ainsi l'occasion à chaque personnages de défendre sa position dans le grand jeu de la conspiration en partageant leur raisonnement.

La présence de la religion, dont on ne cerne pas toujours très bien le rôle, à part celui évident d'assurer le contrôle du peuple, ajoute à la dimension mystique du récit et au halo divin entourant son héros, Paul, le messie, le Muad'Dib.

Comme tout n'est que subtilités, Herbert ne laisse qu'une mince frontière entre les personnages bons et mauvais, permettant de souligner que rien n'est tranché en ce qui concerne leur rôle. Et contrairement au précédent roman, Herbert se garde de dévoiler le dénouement avant la fin. On distingue en effet sans cesse les contours de la conspiration qui se joue mais sans pouvoir en saisir la forme. Tout au long du roman, la question est de découvrir quels moyens ont été mis en place pour mener le complot, et comment il a été orchestré afin d'être mené à son terme.

Cette suite fait preuve du génie de son auteur et réjouit par la diversité qu'elle apporte au genre de la science-fiction. Un classique qui appelle à découvrir très vite la suite du Cycle de Dune.

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Ce second tome, pour être plus riche en mysticisme et en psychologie que son aîné, n'est pas moins dense en action. Un action certes plus latente et au rythme feutré mais qui permet à l'auteur d'instaurer cette incroyable tension psychique sans égale et qui caractérise si bien cette immense fresque de science-fiction. Excusez ce quasi-blasphème mais c'est un peu comme lorsqu'on lit un livre saint, l'esprit laisse passer un certain nombre d'éléments qui pourtant frappent notre esprit et forment au final un tout cohérent et grandiose.

Une lecture moins aisée que pour le premier tome mais où la fascination qu'exerce Herbert joue pleinement son rôle. Avec "Le Messie de Dune", la saga gagne en profondeur et en complexité et renforce la dimension politico-religieuse avec, à la clé, stratégie, considérations économiques et politiques, pensée sociétale très forte, remise en cause du manichéisme et psychologie approfondie de l'ensemble des personnages principaux.

L'axe de réflexion (car oui, il s'agit bien de réflexion en parallèle de l'action) demeure le culte de la personnalité du gouvernant, de l'Empereur Muad'Dib. Culte qui atteint la divinité, plongeant Paul Atréides dans une solitude insondable qui le rend impuissant alors même qu'il est au faîte de sa puissante. Solitude bien compréhensible mais inextricable du dieu qui ne peut croire en lui-même ou en un autre dieu quand tous les autres êtres croient en lui.

***ALERT SPOILER***

La solitude, seul choix de la liberté.

Paul Atréides choisit de mourir dans le désert. Mais qui sur Dune aura jamais la certitude de son trépas ? En prenant cette initiative, à la fois geste de fuite et de sauvegarde, Paul Atréides renforce donc (volontairement ou non) le mystère qui entoure ses pouvoirs et assoit ainsi sa divinité tout en s'en délivrant humainement. "Il ne fera qu'un avec le désert. Par le désert il sera accompli. [...] le désert le prend. Et il en fait un dieu" [dixit Duncan Idaho].

Ce dénouement tragique mais non dépourvu d'espérance plonge le lecteur qui s'est attaché à l'Empereur de Dune dans une sorte de désarroi mais il ouvre aussi la voie à la descendance de Paul et de Chani, sous la régence d'Alia qui, comme son frère, conjugue les pouvoirs de la prescience et de l'enseignement Bene Gesserit. En un mot, cette fin ne semble être qu'un commencement...

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Douze ans après le tome précédent, Paul-Muad'Did est l'Empereur de l'univers connu. Durant cette ellipse temporelle, le jihad des Fremens a déferlé sur des milliers de planètes, tué des milliards de personnes, et imposé une nouvelle religion dont Paul est la divinité. le cadre que l'on découvre au début de ce roman est bien différent de celui qu'on avait laissé à la fin de Dune : si le lecteur pouvait espérer un avenir meilleur, Frank Herbert fait le pari du réalisme cru en proposant un monde sous le joug de la tyrannie de notre héros.

Le ton est donné : Paul n'est pas devenu un personnage positif, mais un Empereur inflexible qui n'a pas hésité à exécuter des opposants. Notamment, toute personne qui se dresse contre « sa » religion s'expose à la fureur de Paul-Muad'Did. Même si celui-ci n'approuve pas tous les éléments de cette croyance, il s'en sert pour asseoir son pouvoir. La vision qu'a l'auteur de l'utilisation voire de la manipulation de la religion par le pouvoir est sombre et réaliste, l'Histoire l'a montrée.

Pourtant, le protagoniste imaginé par Frank Herbert reste humain : il est profondément attaché à sa compagne Chiani malgré les pressions pour avoir un héritier avec son épouse Bene Gesserit Irulan, à sa soeur Alia devenue un personnage clef de la religion et par-là même du pouvoir, et à ses lieutenants de la première heure. C'est un trait de génie : ne pas faire de Paul un monstre tyrannique, mais le montrer comme un être humain en dépit des horreurs commises en son nom. On est loin du « grand méchant ». Car Paul est doté d'une prescience qui lui laisse entrevoir des possibilités d'avenir qui s'entrechoquent et qui l'effraient, mais tenter de le changer serait, de son point de vue, pire encore. Cette certitude plane tout le long du roman et accentue l'ambiance sombre. le destin est en marche, et Paul n'est que son instrument.

Car Paul a de nombreux ennemis, dont tous ceux qui ont beaucoup perdu lors de l'accession des Atréides au trône : les Bene Gesserit, la Guilde de l'espace, et les Bene Tleilaxu, nouveaux venus dans l'univers de Frank Herbert. Ils créent des gholas en « ressuscitant » un mort à partir de la chair des défunts et le modèlent pour servir leurs intérêts. Avec les Grandes Maisons vaincues, ils montent une conspiration, mais chacun a ses propres intérêts et place ses pièces dans un jeu complexe.

Pour Paul, le danger est partout et la menace omniprésente. Entre sa soeur Alia au tempérament guerrier et impulsif, le ghola de Duncan Idaho offert par ses ennemis et qu'il est obligé d'accepter, le manque d'héritier, des Fremens attachés aux anciennes traditions qui complotent, les manoeuvres de la Guilde et des Bene Gesserit et des Bene Tleilaxu, et enfin toutes ses visions qui l'assaillent, le prix du pouvoir est très élevé.

Ce roman est bien plus court que le précédent et sans grande bataille, mais possède une atmosphère dense et étouffante. La ville capitale et son palais sont dangereux. Des passages entiers sont introspectifs et parfois cryptiques. Certains événements regorgent de symbolique, notamment ce qui arrive à Paul à la fin du récit et qui souligne le titre du tome : le Messie a définitivement échappé à ses créateurs.

De la tension, des plans dans les plans pour renverser l'Empereur, une Arrakis en mutation, des perdants prêts à tout, des trahisons, un pouvoir politique qui se base sur la religion et multiplie ses ennemis, une vision fragmentée et effrayante de l'avenir : un tome riche qui appelle une suite. Ça tombe bien, elle m'attend.


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Dans le premier tome, le jeune Paul Atreides devint le légendaire Empereur Muad'Dib. Dans ce deuxième tome l'Empereur deviendra un Dieu aux yeux du peuple Fremen !

On retrouve ici les mêmes personnages, très charismatiques, du premier volet du cycle de Dune mais on retrouve surtout Frank Herbert, plus magistral que jamais dans ce qui, à mon humble avis, est un pur chef-d'oeuvre en termes d'écriture. Nous voici au sommet de la littérature de Science-fiction en compagnie d'un guide, qui nous dévoile une prose sans pareille.

Mais si d'un côté l'auteur est remarquable, si on se délecte de chacune des phrases avec un plaisir non dissimulé, si on prend une leçon de stratégie politique, si l'on est totalement subjugué par la tension psychologique entre les nombreux personnages du roman, il n'en découle pas forcement, pour autant, de considérer ce livre comme un chef-d'oeuvre littéraire et malheureusement il faut reconnaître que ce deuxième tome manque cruellement de contenu et d'action.

Cette histoire relativement courte de 260 pages aurait grandement mérité le double de pages avec un contenu un peu plus « fouillé » et une aventure un peu plus dynamique, stimulante, épique ! (après tout, tous les éléments sont réunis pour qu'un empereur qui règne sur l'ensemble des planètes de l'univers vive une aventure épique plutôt que de passer 200 pages d'une pièce à l'autre de sa demeure….) Il est vraiment dommage que les protagonistes de cette aventure évoluent au sein d'un scénario aussi plat.

Ceci étant, je me réjouis de poursuivre l'aventure avec « Les enfants de Dune » car cette histoire est marquante et ne peut laisser personne indifférent, malgré ses défauts.

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J'avais beaucoup aimé le premier tome de "Dune" ; il en est de même pour le deuxième, même s'il y a quelque différence.

Cet opus est très différent du premier, c'est vrai.

Il y a moins de place laissé à la spiritualité, moins d'émotions, et il n'y a que, dans une moindre mesure, cette tension qui s'installait peu à peu dans les premières pages, du premier tome de "Dune".

Ce n'est pas un hasard, si ce deuxième tome est moins long que le premier ; l'objectif était probablement de faire un tome plus bref, plus centré sur l'action que le premier, avec beaucoup moins de spiritualité et où il est beaucoup moins question de l'univers, créé par Frank Herbert. Cet univers conserve une place importante, dans l'histoire, c'est vrai, il est même essentiel à ladite histoire ; mais il a été déjà introduit dès le premier tome, et il n'est plus nécessaire d'en parler autant.

En revanche, ce qui intéresse Frank Herbert, je pense, c'est de continuer à nous faire vibrer avec les aventures de Paul Atréides, avec cette fois-ci, non plus son ascension, mais son déclin.

Et, pour ce qui est de nous faire vibrer, ou, du moins, de me faire vibrer, c'est une parfaite réussite.

Le célèbre romancier de science-fiction écrit ici un roman sombre, noir, qui ne laisse pas indifférent et qui est digne des plus grandes, des plus belles tragédies ( par moments, je pense presque à Shakespeare... ).

"Le Cycle de Dune" constitue l'une des meilleures preuves que la science-fiction n'est pas un sous-genre mineur de la littérature, mais bel et bien un genre de la littérature à part entière, un genre, grand, beau, intéressant.

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Citations et extraits (125) Voir plus Ajouter une citation
Quelques citations/extraits du roman Le Messie de Dune (1969) de Frank Herbert (Édition Pocket, 2012) traduit de l’américain par Michel Demuth :
• « Nous savons que ce moment de suprême puissance portait en lui le germe de son anéantissement et nous ne pouvons en déduire qu’une chose : toute divination absolue et précise est mortelle. » (Muad’Dib. Une analyse historique, par Bronso d’Ix) p. 9.
• « La raison est la première victime de toute émotion violente » (Scytale) p. 16.
• « Sans doute sait-il lire la vérité, mais il est des mensonges plus faciles à croire que la vérité elle-même. » (Irulan en parlant de Paul) p. 16.
• « Nu, immobile, il était étrangement en harmonie avec ce monde qui était le sien : Dune, ce paradoxe, cette forteresse assiégée qui était le cœur du pouvoir. Mais n’était-ce pas le destin inéluctable du pouvoir que d’être assiégé ? » (à propos de Paul) p. 26-27.
• « Il sentit sa bouche devenir sèche. Pendant un instant, l’âcre fumée de désastres à venir emplit ses narines et il entendit une voix l’invitant à se retirer… se retirer… se retirer. Il y avait si longtemps que son regard de prophète sondait l’éternité, si longtemps qu’il captait des bribes de langages étrangers, si longtemps qu’il épiait les pierres, qu’il guettait une chair qui n’était pas la sienne. Depuis le jour où il avait en connaissance du but terrible auquel il était voué, il avait ainsi interrogé l’avenir, espérant y découvrir la paix. Il existait un moyen, cependant. Il le connaissait par cœur sans toutefois en connaître le cœur. Un avenir dont les instructions rigoureuses étaient : se retirer… se retirer… » (à propos de Paul) p. 31-32.
• « Cet avenir qui ne lui était accessible qu’au prix d’un effort qui suçait sa vie, que pourrait-il lui révéler, sinon le chagrin ? » (Sur les visions prescientes de Paul) p. 32.
• « Je suis une figure de proue. Lorsque l’on a fait de vous une divinité, il n’est plus possible au soi-disant dieu de refuser la divinité. […] Je n’ai jamais souhaité être un dieu. Je voulais seulement disparaître comme les gouttes de rosée au matin. Je voulais fuir les anges comme les damnés… seul… comme par erreur… » (Paul à Chani puis ses pensées) p. 37-38.
• « Il était étrange qu’ils éprouvent dans le même temps le même fardeau de responsabilité envers cet univers idolâtre et violent partagé entre ses moments d’extase tranquille et de mouvements sauvages. Devons-nous donc les protéger d’eux-mêmes ? Ils jouent avec le néant… avec des existences vides, des mots videos. Ils me demandent trop. Il avait la gorge serrée. Combien de moments perdrait-il encore ? Quels fils ? Quels rêves ? Cela valait-il le prix que lui avait révélé sa vision ? Qui poserait la question aux lointains habitants du futur ? Qui leur dirait : Sans Muad’Dib, vous ne seriez pas ici ? » (Paul en pensant à Alia puis à sa vie) p. 58.
• « Où était Duncan dans ce corps de chair ? Le véritable Idaho était étendu mort à jamais sur le sol d’une caverne d’Arrakis. En cet instant, seul son fantôme regardait par les yeux de métal du ghola. Dans ce revenant, cette imitation, deux êtres cohabitaient. L’un d’eux était une menace dont la nature et la puissance se dissimulaient derrière des voiles sans pareils. Fermant les yeux, Paul laissa des visions anciennes se glisser en son esprit, au sein d’une mer houleuse, où les essences de l’amour et de la haine se mêlaient, une mer d’où n’émergeait aucun rocher, aucun récif. Une lieu de chaos sans point fixe. » p. 78-79.
• « La vérité souffre trop d’être trop analysée. » (Ancienne maxime fremen) p. 80.
• « Certains, reprit Scytale, prétendent que les peuples s’en tiennent à un gouvernement impérial parce que l’espace est infini. Sans un symbole d’unité, ils seraient gagnés par une impression de solitude. Pour ceux qui sont seuls, l’Empereur constitue un lieu sûr défini. Ils peuvent se tourner vers lui et dire : « Le voici. Il est bien là. A lui seul, il est nous. » Peut-être, après tout, les religions obéissent-elles au même sentiment, Mon Seigneur. » (Scytale à Paul) p. 107.
• « L’un comme l’autre, vous avez appris à gouverner, dit-il. Vous avez été conditionnés pour une avidité extrême de puissance. On a infusé en vous une connaissance subtile des jeux de la politique ainsi qu’une profonde compréhension des rites et de la guerre. Des lois naturelles ? Quelles lois naturelles ? Celles qui disent que l’Histoire de l’humanité est hantée par le mythe ? Un fantôme la hante. Irréel, sans substance ! Votre Jihad est-il donc une lois naturelle ? » (Hayt/Duncan à Alia) p. 123.
• « Ah, silence ! cria Scytale. On ne peut arrêter une épidémie mentale. D’un être à l’autre, elle s’étend très vite sur des parsecs et des parsecs d’espace. Elle est contagieuse et dévastatrice. Elle frappe aux points faibles, là où sont relégués les fragments d’autres épidémies semblables. Qui pourrait l’arrêter ? Muad’Dib ne possède pas l’antidote. Et les racines de cette maladie plongent jusqu’au chaos… Quels ordres pourraient arriver jusque-là ? » (Scytale rétorquant à Edric que Paul ne pouvait arrêter le Jihad) p. 154.
• « Oh, les lois… dit-il. Il s’approcha de la fenêtre et écarta les rideaux. Qu’est-ce donc que la loi ? Un contrôle ? La loi filtre le chaos et laisser passer… quoi ? La sérénité ? La loi, notre idéal le plus élevé et notre premier fondement. Ne te penche pas trop sur la loi. Si tu le fais, tu découvriras les interprétations rationalisées, la casuistique légale, les précédents commodes. Et tu trouveras la sérénité, qui n’est jamais qu’une autre mot pour mort. » (Paul à Chani) p. 201.
• « Il fut troublé par ces paroles. Il n’en laissa rien transparaître sur son visage, aucun de ses muscles ne frémit… mais elle sut. La mémoire-vision le lui révéla. Pourtant, elle eut l’impression qu’une partie de la vision lui échappait, qu’elle aurait dû se rappeler autre chose à propos du futur. Il existait une autre perception qui ne s’exerça pas par les sens, quelque chose qui investissait l’esprit à partir de nulle part, tout comme la prescience. Quelque chose qui résidait dans les ombres du Temps… et qui était imprégné d’une infinie souffrance. L’émotion ! C’était cela… l’émotion ! Elle était apparue dans la vision, non directement, mais comme un produit à partir duquel elle pouvait devenir ce qui existait au-delà. Elle avait été possédée par l’émotion. La peur, le chagrin, l’amour… Ils étaient là dans sa vision, ressemblés en un corps unique, épidémique primordial et dominateur. » (Alia après avoir parlé avec Duncan/Hayt) p. 230.
• « Cela aussi est vrai. Mais mes mains sont bleuies par le temps. Je pense… je pense que j’ai essayé d’inventer la vie sans comprendre qu’elle avait déjà été inventée. » (Paul à Chani) p. 233.
• « Pas même un Empereur ne le pouvait. Il avait vécu une vie de possession, tenté de créer un univers à son image. Mais cet univers exultant jetait maintenant sur lui ses vagues silencieuses. Je crache sur Dune, se dit-il. Je lui donne mon eau ! Ce mythe qu’il avait façonné par des mouvements complexes, par l’imagination, l’amour et le clan de lune, par des prières plus anciennes qu’Adam, des falaises grises et des ombres écarlates, des lamentations, des fleuves de martyrs… ce mythe, sur quoi s’achevait-il ? Lorsque les vagues se seraient retirées, les plages du Temps, vides, lavées, n’offriraient plus que les grains brillants du souvenir… Etait-ce cela la genèse dorée de l’homme ? » (Paul au Sietch Tabr avant que Chani meurt) p. 241.
• « Le corps de Chani reposait au centre d’un cercle de lumière. Quelqu’un avait rajusté sa robe blanche pour cacher le sang de la naissance. Mais c’était de son visage dont il ne pouvait détacher sa vision. Ses traits immobiles étaient le miroir de l’éternité. Il se détourna mais la vision l’accompagna. Chani était partie… elle ne reviendrait jamais. L’air, l’univers étaient vides. Etait-ce donc là l’essence de la pénitence ? Se demanda-t-il. Il appelait les larmes mais elles ne venaient pas. Avait-il vécu trop longtemps en Fremen ? Cette mort exigeait son humidité. » (Paul devant le corps de Chani après son accouchement) p. 249.
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— Pour les Fremen, le Jihad de Muad’Dib a laissé des traces dans l’univers comme les pas dans le sable au matin. Des traces qui s’inscrivent dans les existences humaines."
—Et alors ?"
— Alors survient la nuit, dit Scytale. Et le vent."
— Oui… le Jihad doit avoir un terme. Muad’Dib s’est servi de son Jihad pour…"
— Il ne s’en est pas servi, l’interrompit Scytale. C’est le Jihad qui s’est servi de lui. Je pense que, s’il l’avait pu, il l’aurait arrêté en chemin."
— S’il l’avait pu ? Mais il lui suffisait de…"
— Ah, silence ! cria Scytale. On ne peut arrêter toute épidémie mentale. D’un être à l’autre, elle s’étend très vite sur des parsecs et des parsecs d’espace. Elle est contagieuse et dévastatrice. Elle frappe aux points faibles, là où sont relégués les fragments d’autres épidémies semblables. Qui pourrait l’arrêter ? Muad’Dib ne possède pas l’antidote. Et les racines de cette maladie plongent jusqu’au chaos… Quels ordres pourraient arriver jusque-là ?"
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- On ne construit pas une politique sur l'amour, dit-il. Le peuple ne se sent pas concerné par l'amour qui comporte trop de désordre. Le peuple préfère le despotisme. Trop de liberté n'engendre que le chaos. [...] Et comment conjuguer le despotisme et l'amour ?
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- [...] Il est notoire que les puissants ont toujours été cyniques vis-à-vis de la religion. Mais la religion elle aussi est une arme. Que devient-elle donc, cette arme, quand la religion devient le gouvernement ?
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Écologie de Dune
Au-delà d’un point critique dans un espace fini, la liberté décroit comme s’accroît le nombre. Cela est aussi vrai des humains dans l’espace fini d’un écosystème planétaire que des molécules d’un gaz dans un flacon scellé. La question qui se pose pour les humains n’est pas de savoir combien d’entre eux survivront dans le système mais quel sera le genre d’existence de ceux qui survivront.
Pardot Kynes
Premier planétologiste d’Arrakis
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Vidéo de Frank Herbert
Avis aux fans de Jules Verne, Isaac Asimov et Frank Herbert, à ceux qui vivraient volontiers sur Mars ou en compagnie d'humanoïdes : vous a-t-on déjà raconté la fabuleuse histoire de la science-fiction ? 
Ce septième épisode se penche au-dessus du (tout) petit tiret qui relie la science à la fiction. Pourquoi avoir accolé deux mots a priori si différents ? Et à quel genre littéraire mutant ont-ils donné naissance ? Deux immenses connaisseurs de la SF, le physicien Roland Lehoucq et son partenaire d'imaginaire le philosophe Vincent Bontems, en dressent la généalogie, complexe et pleine de rebondissements, depuis les voyages sur la Lune de Lucien jusqu'aux derniers avatars du genre, propulsés par les États-Unis entre deux bombes nucléaires. Ce faisant, nos deux compères émettent l'hypothèse suivante : la fiction ne constituerait-elle pas, pour la science, un formidable laboratoire à ciel ouvert ? Tout n'y est certes pas permis, puisque la fiction obéit aussi à des règles, mais les expériences s'y font à moindre frais et à l'infini, nous poussant à interroger le futur de notre humanité. Et si cette pratique rationnelle de l'imaginaire nous permettait de garder les pieds sur terre ?
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