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Anne Bouvier Cavoret (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070322084
Éditeur : Gallimard (08/12/1981)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 68 notes)
Résumé :
«Après le mythe imposé par Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Apollinaire, sans parler du surréalisme, du poète révolté, mal aimé, marginal, un artiste comme Heredia, qui écrit sa poésie en disposant, sauf dans les dernières années de sa vie, d'une fortune personnelle, vit toute son existence en honorable époux et père de famille, est élu à l'Académie française largement, dès sa première candidature, après une sorte de plébiscite organisé par Le Figaro, dont la première... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  06 janvier 2017
Il plane sur Heredia une beauté et un calme sans égale. Chaque sonnet semble avoir été arrangé avec soin et patience, chaque mot choisit de manière à aboutir à un idéal d'harmonie. L'équilibre est parfait, presque miraculeux ; rien ne semble laborieux. La forme est rigoureuse, et pourtant l'auteur ne semble jamais y avoir sacrifié le fond.
Nombre d'entre nous ont appris ‘Les conquérants' à l'école, et parfois s'en souviennent encore. C'est un joli petit poème plein de lumière. Impossible de rester indifférent face aux rêves de ce conquistador rêvant de gloire en contemplant des constellations inconnues monter à l'horizon.
À l'intersection des anciens et des modernes, Heredia s'inspire aussi bien de thèmes tirés de l'antiquité gréco-romaine que d'éléments contemporains. Dans la première catégorie, on notera l'originalité des poèmes des centaures : leur fuite devant Héraclès, la jalousie de Nessus, le désespoir des centauresses voyant leurs époux leurs préférer les humaines...
Présente à chaque strophe, la nature est également célébrée dans ses propres poèmes, des récifs de corail aux couchés de soleil. Et il nous fait voyager de l'Amérique au Japon, de l'Égypte antique aux rivages de Bretagne.
Certains écrivains sont prolixes. Heredia, lui, choisit de consacrer sa vie à la rédaction de ces cent dix-huit sonnets. Et pour moi, il toucha du doigt la perfection.
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ThierryCABOT
  03 juin 2013
Plus d'un siècle après sa mort, José Maria de Heredia fait l'objet de maintes controverses.
Parmi les lecteurs contemporains, les uns ne manquent pas de louer la qualité de ses sonnets, les autres au contraire le jugent superficiel et n'ont pas de mots assez durs pour stigmatiser son art de parnassien attardé.
S'ils présentent un intérêt historique non négligeable - chacun de ses poèmes n'offre-t-il pas en effet le tableau saisissant de l'humanité en marche? - "Les Trophées" aujourd'hui n'en conservent pas moins, au-delà des critiques glanées ici et là, une réelle valeur poétique.
Beaucoup d'entre nous ont vibré à la lecture des "Conquérants", ces conquistadors dont José Maria de Heredia descendait en droite ligne et dont non sans talent il avait su décrire l'épopée.
Certes trop de ses vers claquent, tonnent, vrombissent dans un style un peu grandiloquent mais quand à la faveur d'une scène réussie le poète soudain rencontre le visionnaire, on se laisse facilement emporter par ce torrent d'images colorées pleines de force et de relief.
Le tour de main du sonnetiste n'a jamais été remis en question. Orfèvre consciencieux, Heredia cisèle admirablement ses alexandrins. On a d'autant plus de raisons de s'en réjouir que les morceaux de bravoure sont loin d'être absents de son oeuvre :
" Et sur elle courbé, l'ardent Impérator
Vit dans ses larges yeux étoilés de points d'or
Toute une mer immense où fuyaient des galères."
"Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail."
"Hannibal écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche."
Comme un habile organisateur de spectacles, Heredia peaufine ses effets et rayonnant d'une fougue presque juvénile, nous charme avec brio. Il est inutile cependant de chercher en lui la moindre intériorité, le moindre intimisme. Celui-ci avant tout s'attache au pittoresque, au mouvement, à l'enflure quelquefois. Les événements historiques dans lesquels il trempe sa belle plume, lui donnent l'occasion de montrer ses muscles de sculpteur aguerri. Examinés de plus près, les fameux sonnets De Heredia ne dissimulent pas toujours sous leur habit éclatant des procédés rhétoriques quelque peu stéréotypés. Car bien qu'il sache plier ce genre poétique à toutes ses exigences, l'auteur des "Trophées" de temps à autre semble écrire de manière assez mécanique.
Qu'importe ! Laissons le dernier mot à Paul Guth :
"A côté d'une poésie métaphysique, d'une poésie occulte, d'une poésie psychanalytique, d'une poésie des profondeurs et des correspondances, pourquoi nous interdire une poésie des surfaces, des images, des gestes, des poses ?"
Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-bl..
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petiteplumeblanche
  15 mars 2014
Les conquérants" C'est un poème que nous récitons(restituons) à chaque fin de repas familial(va-t-en comprendre),dont je vous livre quelques lignes que je place dans les critiques,mais je ne manquerai pas de l'installer dans les" citations",c'est juste pour vous donner l'envie de lire ce poème;il me semble que beaucoup d'entre vous le reconnaîtront,car il est souvent appris à l'école,et c'est tant mieux:

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
ils regardaient monter en un ciel ignoré
du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

Vous vous imaginez le trip des mecs sur ces navires...en route vers la recherche,alors,de l'or, "l'or que Cipango mûrit dans ses mines lointaines"...
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michfred
  27 juillet 2015
José Maria de Heredia, parnassien accompli -sans les failles tragiques ni les pastels estompés d'un Verlaine- tout de marbre et d'onyx...personnellement, il me laisse...de glace!
Poésie formelle, ciselée et parfaite...ment ennuyeuse!
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badpx
  31 juillet 2017
"Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore,
Éclaire la forêt des coraux abyssins
Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins,
La bête épanouie et la vivante flore."
C'est ce dont je me souviens de ce sonnet appris quand j'étais au lycée. Je n'ai jamais étudié cet auteur, et évidemment je n'ai pas le bagage culturel pour apprécié à leur juste valeur ces écrits.
Mais j'adore cette poésie tellement visuelle et tellement colorée.
Alors, quand pour le challenge multi-défis 2017, je "dois" lire un recueil de poésies, c'est avec délectation que j'ouvre à nouveau celui ci, et que je grappille au hasard des pages, au hasard de quelques minutes de disponibilité, quelques vers qui m'emmène en voyage, en Grèce antique, sous les tropiques, au moyen-âge ou en Bretagne.
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Citations et extraits (127) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   05 décembre 2016
La Trebbia

L'aube d'un jour sinistre a blanchi les hauteurs.
Le camp s'éveille. En bas roule et gronde le fleuve
Où l'escadron léger des Numides s'abreuve.
Partout sonne l'appel clair des buccinateurs.

Car malgré Scipion, les augures menteurs,
La Trebbia débordée, et qu'il vente et qu'il pleuve,
Sempronius Consul, fier de sa gloire neuve,
A fait lever la hache et marcher les licteurs.

Rougissant le ciel noir de flamboîments lugubres,
A l'horizon, brûlaient les villages Insubres ;
On entendait au loin barrir un éléphant.

Et là-bas, sous le pont, adossé contre une arche,
Hannibal écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche.
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palamedepalamede   15 novembre 2016
Le réveil d'un dieu

La chevelure éparse et la gorge meurtrie,
Irritant par les pleurs l'ivresse de leurs sens,
Les femmes de Byblos, en lugubres accents,
Mènent la funéraire et lente théorie.

Car sur le lit jonché d'anémone fleurie
Où la Mort avait clos ses longs yeux languissants,
Repose, parfumé d'aromate et d'encens,
Le jeune homme adoré des vierges de Syrie.

Jusqu'à l'aurore ainsi le chœur s'est lamenté,
Mais voici qu'il s'éveille à l'appel d'Astarté,
L'Epoux mystérieux que le cinname arrose.

Il est ressuscité, l'antique adolescent !
Et le ciel tout en fleur semble une immense rose
Qu'un Adonis céleste a teinté de son sang.
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palamedepalamede   10 décembre 2016
Le lit

Qu'il soit encourtiné de brocart ou de serge,
Triste comme une tombe ou joyeux comme un nid,
C'est là que l'homme naît, se repose et s'unit,
Enfant, époux, vieillard, aïeule, femme ou vierge.

Funèbre ou nuptial, que l'eau sainte l'asperge
Sous le noir crucifix ou le rameau bénit,
C'est là que tout commence et là que tout finit,
De la première aurore au feu du dernier cierge.

Humble, rustique et clos, ou fier du pavillon
Triomphalement peint d'or et de vermillon,
Qu'il soit de chêne brut, de cyprès ou d'érable ;

Heureux qui peut dormir sans peur et sans remords
Dans le lit paternel, massif et vénérable,
Où tous les siens sont nés aussi bien qu'ils sont morts.
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PiatkaPiatka   07 septembre 2014
SOIR DE BATAILLE

Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor dans l'air où vibraient leurs voix fortes
La chaleur du carnage et ses âcres parfums.

D'un oeil morne, comptant leurs compagnons défunts,
Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes,
Au loin, tourbillonner les archers de Phraortes ;
Et la sueur coulait de leurs visages bruns.

C'est alors qu'apparut, tout hérissé de flèches,
Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
Sous la pourpre flottante et l'airain rutilant,

Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maîtrisant son cheval qui s'effare,
Sur le ciel enflammé, l'Imperator sanglant.

Deuxième poème du triptyque Antoine et Cléopâtre
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PiatkaPiatka   06 septembre 2014
LE CYDNUS

Sous l'azur triomphal, au soleil qui flamboie,
La trirème d'argent blanchit le fleuve noir
Et son sillage y laisse un parfum d'encensoir
Avec des sons de flûte et des frissons de soie.

A la proue éclatante où l'épervier s'éploie,
Hors de son dais royal se penchant pour mieux voir,
Cléopâtre debout en la splendeur du soir
Semble un grand oiseau d'or qui guette au loin sa proie.

Voici Tarse, où l'attend le guerrier désarmé ;
Et la brune Lagide ouvre dans l'air charmé
Ses bras d'ambre où la pourpre a mis des reflets roses.

Et ses yeux n'ont pas vu, présage de son sort,
Auprès d'elle, effeuillant sur l'eau sombre des roses,
Les deux enfants divins, le Désir et la Mort.


Premier poème du triptyque Antoine et Cleopâtre
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Videos de José-Maria de Heredia (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de José-Maria de Heredia
José-Maria de Heredia (1842-1905) : Epiphanie "Donc, Balthazar, Melchior et Gaspar, les Rois Mages," Extrait du recueil Les trophées
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