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Anne Bouvier Cavoret (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070322084
371 pages
Éditeur : Gallimard (08/12/1981)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 81 notes)
Résumé :
Recueil unique de poésies de José Maria de Hérédia.

Extrait:

L’OUBLI

Le temple est en ruine au haut du promontoire.
Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
Les Déesses de marbre et les Héros d’airain
Dont l’herbe solitaire ensevelit la gloire.

Seul, parfois, un bouvier menant ses buffles boire,
De sa conque où soupire un antique refrain
Emplissant le ciel calme et l’hori... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  06 janvier 2017
Il plane sur Heredia une beauté et un calme sans égale. Chaque sonnet semble avoir été arrangé avec soin et patience, chaque mot choisit de manière à aboutir à un idéal d'harmonie. L'équilibre est parfait, presque miraculeux ; rien ne semble laborieux. La forme est rigoureuse, et pourtant l'auteur ne semble jamais y avoir sacrifié le fond.
Nombre d'entre nous ont appris ‘Les conquérants' à l'école, et parfois s'en souviennent encore. C'est un joli petit poème plein de lumière. Impossible de rester indifférent face aux rêves de ce conquistador rêvant de gloire en contemplant des constellations inconnues monter à l'horizon.
À l'intersection des anciens et des modernes, Heredia s'inspire aussi bien de thèmes tirés de l'antiquité gréco-romaine que d'éléments contemporains. Dans la première catégorie, on notera l'originalité des poèmes des centaures : leur fuite devant Héraclès, la jalousie de Nessus, le désespoir des centauresses voyant leurs époux leurs préférer les humaines...
Présente à chaque strophe, la nature est également célébrée dans ses propres poèmes, des récifs de corail aux couchés de soleil. Et il nous fait voyager de l'Amérique au Japon, de l'Égypte antique aux rivages de Bretagne.
Certains écrivains sont prolixes. Heredia, lui, choisit de consacrer sa vie à la rédaction de ces cent dix-huit sonnets. Et pour moi, il toucha du doigt la perfection.
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Laureneb
  25 novembre 2020
Puis-je dire que l'élève a dépassé le maître ? Lisant les Trophées, dédiés à Leconte de Lisle, juste après avoir terminé ses Poèmes barbares, je déclare préférer la poésie de José Maria de Heredia. J'avais trouvé des longueurs chez Leconte de Lisle, je regrettais le manque d'organisation - certes, cela peut sembler le contraire de la poésie de faire des classements, ou plutôt des sections, mais chez Hérédia, on se retrouve plus facilement, on comprend mieux l'élargissement du monde - on ne passe en quelques poèmes de la Babylone antique à la savane africaine ou à l'Irlande païenne. Hérédia se disperse donc moins en quelque sorte, et reste dans un domaine de référence plus accessible - relativement, mais je suis plus familière de la mythologie grecque que des légendes hindoues.
D'un point de vue de la langue, je dirais aussi que je préfère Hérédia, en partie parce que les poèmes sont plus courts, avec des formes souvent assez classiques - beaucoup de sonnets, mais les vers résonnent, les rimes sont plus musicales. D'ailleurs, Hérédia reprend certains thèmes de son "maître et ami", notamment la réécriture du mythe du Cid. Combien ai-je préféré la version d'Hérédia, plus évocatrice, plus subtile, plus forte. Très beau poème dernier poème également, "les Conquérants de l'or", avec sa chute au sens propre dans le dernier vers, la echute du soleil" qui marque la fin d'un monde.
Et puis, d'un point de vue très personnel, très intime, j'ai eu les larmes aux yeux en découvrant des vers dont je ne connaissais pas l'auteur mais que mon grand-père récitait souvent dans des repas de famille : "Sempronius consul, fier de sa gloire neuve, a fait lever la hache et marcher les licteurs", des mots que je ne comprenais pas forcément quand j'étais enfant, mais qui maintenant me relient à mon cher grand-père disparu. Et c'est finalement ça la beauté de l'écriture et plus encore de la poésie, unir ceux qui s'aiment, par-delà les générations et la mort.
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petiteplumeblanche
  15 mars 2014
Les conquérants" C'est un poème que nous récitons(restituons) à chaque fin de repas familial(va-t-en comprendre),dont je vous livre quelques lignes que je place dans les critiques,mais je ne manquerai pas de l'installer dans les" citations",c'est juste pour vous donner l'envie de lire ce poème;il me semble que beaucoup d'entre vous le reconnaîtront,car il est souvent appris à l'école,et c'est tant mieux:

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
ils regardaient monter en un ciel ignoré
du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

Vous vous imaginez le trip des mecs sur ces navires...en route vers la recherche,alors,de l'or, "l'or que Cipango mûrit dans ses mines lointaines"...
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JacquesBonhomme
  04 octobre 2020
Un petit in-8, ou un grand in-16, me fait de l'oeil sur l'étagère du haut. Toute résistance est vaine.
Reliure fin XIXème en veau havane à coins, agréables roulettes dorées sur le dos à cinq nerfs: petit mais cossu. Familier et désirable.
Lecture à nouveau frais, mais ambiance toujours aussi cosy : comme énormément de gens je me sens ici à la maison (si on ne connait pas tout on a au moins déjà croisé quelques gerfauts au sortir de leur charnier natal), aucune originalité donc, mais origines, patrimoine, cocon. Mais on ne s'endort pas dans ce cocon, on est revigoré.
Du commun donc, mais dans le bon sens du terme, du pour-tous; mais surtout du vif et du beau, dans une langue et une métrique de grande classe. Oeuvre classique, voire classiquissime, elle même fruit de l'héritage, mais nullement empesée (enfin, pas de laissez aller non plus :) . Pompeux, certes. Et alors? Je vous propose d'assumer un certain goût pour les pâtisseries bien goûtues. le paris-brest ce n'est pas du sans sucre, ni du sans gluten. Vive la gourmandise.
Bref, on écrit de belles choses aujourd'hui, mais le flot de sève du patrimoine est encore là. Il nourrit, et il amuse et il fait rêver. Ils là Scipion, Hannibal le chef borgne, les femmes de Byblos, Cipango, le récif de corail, la houle, le chêne brut, le cyprès et l'érable, la chaleur du carnage et ses âcres parfums, l'airain rutilant, la pourpre flottante.
Je n'en dirai pas ni plus ni mieux que ce qui a déjà été dit, notamment ici dans une critique sensible par Philippe Castellain, et je ne suis pas un technicien de la poésie. Cependant j'ai plaisir ici à déposer un petit témoignage pour entretenir la braise et donner rendez-vous aux amis de la belle ouvrage et des dieux des forêts.
Depuis le sommet du Parnasse, on est au spectacle. Les images explosent. La Grèce, la Sicile, Rome, les barbares, l'Orient, la nature, Michel-Ange, un marbre brisé, le bain des nymphes.
Je vous laisse. J'ai garé mon éléphant gétule en double file. Et qui plus est j'ai un lectisterne à organiser pour la fin de semaine. Débordé :)
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michfred
  27 juillet 2015
José Maria de Heredia, parnassien accompli -sans les failles tragiques ni les pastels estompés d'un Verlaine- tout de marbre et d'onyx...personnellement, il me laisse...de glace!
Poésie formelle, ciselée et parfaite...ment ennuyeuse!
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Citations et extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   05 décembre 2016
La Trebbia

L'aube d'un jour sinistre a blanchi les hauteurs.
Le camp s'éveille. En bas roule et gronde le fleuve
Où l'escadron léger des Numides s'abreuve.
Partout sonne l'appel clair des buccinateurs.

Car malgré Scipion, les augures menteurs,
La Trebbia débordée, et qu'il vente et qu'il pleuve,
Sempronius Consul, fier de sa gloire neuve,
A fait lever la hache et marcher les licteurs.

Rougissant le ciel noir de flamboîments lugubres,
A l'horizon, brûlaient les villages Insubres ;
On entendait au loin barrir un éléphant.

Et là-bas, sous le pont, adossé contre une arche,
Hannibal écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche.
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palamedepalamede   15 novembre 2016
Le réveil d'un dieu

La chevelure éparse et la gorge meurtrie,
Irritant par les pleurs l'ivresse de leurs sens,
Les femmes de Byblos, en lugubres accents,
Mènent la funéraire et lente théorie.

Car sur le lit jonché d'anémone fleurie
Où la Mort avait clos ses longs yeux languissants,
Repose, parfumé d'aromate et d'encens,
Le jeune homme adoré des vierges de Syrie.

Jusqu'à l'aurore ainsi le chœur s'est lamenté,
Mais voici qu'il s'éveille à l'appel d'Astarté,
L'Epoux mystérieux que le cinname arrose.

Il est ressuscité, l'antique adolescent !
Et le ciel tout en fleur semble une immense rose
Qu'un Adonis céleste a teinté de son sang.
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PiatkaPiatka   07 septembre 2014
SOIR DE BATAILLE

Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor dans l'air où vibraient leurs voix fortes
La chaleur du carnage et ses âcres parfums.

D'un oeil morne, comptant leurs compagnons défunts,
Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes,
Au loin, tourbillonner les archers de Phraortes ;
Et la sueur coulait de leurs visages bruns.

C'est alors qu'apparut, tout hérissé de flèches,
Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
Sous la pourpre flottante et l'airain rutilant,

Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maîtrisant son cheval qui s'effare,
Sur le ciel enflammé, l'Imperator sanglant.

Deuxième poème du triptyque Antoine et Cléopâtre
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palamedepalamede   10 décembre 2016
Le lit

Qu'il soit encourtiné de brocart ou de serge,
Triste comme une tombe ou joyeux comme un nid,
C'est là que l'homme naît, se repose et s'unit,
Enfant, époux, vieillard, aïeule, femme ou vierge.

Funèbre ou nuptial, que l'eau sainte l'asperge
Sous le noir crucifix ou le rameau bénit,
C'est là que tout commence et là que tout finit,
De la première aurore au feu du dernier cierge.

Humble, rustique et clos, ou fier du pavillon
Triomphalement peint d'or et de vermillon,
Qu'il soit de chêne brut, de cyprès ou d'érable ;

Heureux qui peut dormir sans peur et sans remords
Dans le lit paternel, massif et vénérable,
Où tous les siens sont nés aussi bien qu'ils sont morts.
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   06 septembre 2014
LE CYDNUS

Sous l'azur triomphal, au soleil qui flamboie,
La trirème d'argent blanchit le fleuve noir
Et son sillage y laisse un parfum d'encensoir
Avec des sons de flûte et des frissons de soie.

A la proue éclatante où l'épervier s'éploie,
Hors de son dais royal se penchant pour mieux voir,
Cléopâtre debout en la splendeur du soir
Semble un grand oiseau d'or qui guette au loin sa proie.

Voici Tarse, où l'attend le guerrier désarmé ;
Et la brune Lagide ouvre dans l'air charmé
Ses bras d'ambre où la pourpre a mis des reflets roses.

Et ses yeux n'ont pas vu, présage de son sort,
Auprès d'elle, effeuillant sur l'eau sombre des roses,
Les deux enfants divins, le Désir et la Mort.


Premier poème du triptyque Antoine et Cleopâtre
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Videos de José-Maria de Heredia (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de José-Maria de Heredia
D'abord érigé à des fins militaires, le bâtiment de la Bibliothèque de l'Arsenal a basculé dès la seconde moitié du XVIIIe siècle dans le champ de la sociabilité savante et mondaine, sous l'égide du marquis de Paulmy qui y constitua une remarquable collection encylopédique à partir de 1756. À sa suite, d'autres hommes et femmes s'illustrèrent à l'Arsenal comme passeurs pédagogiques et culturels, à l'instar de Madame de Genlis, Charles Nodier ou José Maria de Heredia.
Anne-Bérangère Rothenburger, conservatrice à la Bibliothèque de l'Arsenal, vous invite sur les pas de ces illustres, à travers une promenade dans les représentations iconographiques variées (gravures, statues, peintures, photographies…) conservées dans les collections de la BnF.
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