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Critiques sur Les trophées (12)
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PhilippeCastellain
  06 janvier 2017
Il plane sur Heredia une beauté et un calme sans égale. Chaque sonnet semble avoir été arrangé avec soin et patience, chaque mot choisit de manière à aboutir à un idéal d'harmonie. L'équilibre est parfait, presque miraculeux ; rien ne semble laborieux. La forme est rigoureuse, et pourtant l'auteur ne semble jamais y avoir sacrifié le fond.

Nombre d'entre nous ont appris ‘Les conquérants' à l'école, et parfois s'en souviennent encore. C'est un joli petit poème plein de lumière. Impossible de rester indifférent face aux rêves de ce conquistador rêvant de gloire en contemplant des constellations inconnues monter à l'horizon.

À l'intersection des anciens et des modernes, Heredia s'inspire aussi bien de thèmes tirés de l'antiquité gréco-romaine que d'éléments contemporains. Dans la première catégorie, on notera l'originalité des poèmes des centaures : leur fuite devant Héraclès, la jalousie de Nessus, le désespoir des centauresses voyant leurs époux leurs préférer les humaines...

Présente à chaque strophe, la nature est également célébrée dans ses propres poèmes, des récifs de corail aux couchés de soleil. Et il nous fait voyager de l'Amérique au Japon, de l'Égypte antique aux rivages de Bretagne.

Certains écrivains sont prolixes. Heredia, lui, choisit de consacrer sa vie à la rédaction de ces cent dix-huit sonnets. Et pour moi, il toucha du doigt la perfection.
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ThierryCABOT
  03 juin 2013
Plus d'un siècle après sa mort, José Maria de Heredia fait l'objet de maintes controverses.
Parmi les lecteurs contemporains, les uns ne manquent pas de louer la qualité de ses sonnets, les autres au contraire le jugent superficiel et n'ont pas de mots assez durs pour stigmatiser son art de parnassien attardé.
S'ils présentent un intérêt historique non négligeable - chacun de ses poèmes n'offre-t-il pas en effet le tableau saisissant de l'humanité en marche? - "Les Trophées" aujourd'hui n'en conservent pas moins, au-delà des critiques glanées ici et là, une réelle valeur poétique.
Beaucoup d'entre nous ont vibré à la lecture des "Conquérants", ces conquistadors dont José Maria de Heredia descendait en droite ligne et dont non sans talent il avait su décrire l'épopée.
Certes trop de ses vers claquent, tonnent, vrombissent dans un style un peu grandiloquent mais quand à la faveur d'une scène réussie le poète soudain rencontre le visionnaire, on se laisse facilement emporter par ce torrent d'images colorées pleines de force et de relief.
Le tour de main du sonnetiste n'a jamais été remis en question. Orfèvre consciencieux, Heredia cisèle admirablement ses alexandrins. On a d'autant plus de raisons de s'en réjouir que les morceaux de bravoure sont loin d'être absents de son oeuvre :
" Et sur elle courbé, l'ardent Impérator
Vit dans ses larges yeux étoilés de points d'or
Toute une mer immense où fuyaient des galères."
"Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail."
"Hannibal écoutait, pensif et triomphant,
Le piétinement sourd des légions en marche."

Comme un habile organisateur de spectacles, Heredia peaufine ses effets et rayonnant d'une fougue presque juvénile, nous charme avec brio. Il est inutile cependant de chercher en lui la moindre intériorité, le moindre intimisme. Celui-ci avant tout s'attache au pittoresque, au mouvement, à l'enflure quelquefois. Les événements historiques dans lesquels il trempe sa belle plume, lui donnent l'occasion de montrer ses muscles de sculpteur aguerri. Examinés de plus près, les fameux sonnets De Heredia ne dissimulent pas toujours sous leur habit éclatant des procédés rhétoriques quelque peu stéréotypés. Car bien qu'il sache plier ce genre poétique à toutes ses exigences, l'auteur des "Trophées" de temps à autre semble écrire de manière assez mécanique.
Qu'importe ! Laissons le dernier mot à Paul Guth :
"A côté d'une poésie métaphysique, d'une poésie occulte, d'une poésie psychanalytique, d'une poésie des profondeurs et des correspondances, pourquoi nous interdire une poésie des surfaces, des images, des gestes, des poses ?"
Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-bl..
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michfred
  27 juillet 2015
José Maria de Heredia, parnassien accompli -sans les failles tragiques ni les pastels estompés d'un Verlaine- tout de marbre et d'onyx...personnellement, il me laisse...de glace!

Poésie formelle, ciselée et parfaite...ment ennuyeuse!
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petiteplumeblanche
  15 mars 2014
Les conquérants" C'est un poème que nous récitons(restituons) à chaque fin de repas familial(va-t-en comprendre),dont je vous livre quelques lignes que je place dans les critiques,mais je ne manquerai pas de l'installer dans les" citations",c'est juste pour vous donner l'envie de lire ce poème;il me semble que beaucoup d'entre vous le reconnaîtront,car il est souvent appris à l'école,et c'est tant mieux:


Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
ils regardaient monter en un ciel ignoré
du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.


Vous vous imaginez le trip des mecs sur ces navires...en route vers la recherche,alors,de l'or, "l'or que Cipango mûrit dans ses mines lointaines"...
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badpx
  31 juillet 2017
"Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore,
Éclaire la forêt des coraux abyssins
Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins,
La bête épanouie et la vivante flore."
C'est ce dont je me souviens de ce sonnet appris quand j'étais au lycée. Je n'ai jamais étudié cet auteur, et évidemment je n'ai pas le bagage culturel pour apprécié à leur juste valeur ces écrits.
Mais j'adore cette poésie tellement visuelle et tellement colorée.
Alors, quand pour le challenge multi-défis 2017, je "dois" lire un recueil de poésies, c'est avec délectation que j'ouvre à nouveau celui ci, et que je grappille au hasard des pages, au hasard de quelques minutes de disponibilité, quelques vers qui m'emmène en voyage, en Grèce antique, sous les tropiques, au moyen-âge ou en Bretagne.
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frandj
  24 mars 2017
José-Maria de Heredia n'a pas été un poète prolifique. Il a écrit seulement une centaine de sonnets sous le titre "Les trophées".
Ces poésies très classiques, se référant souvent à l'Antiquité ou à des pays exotiques, semblent somptueuses et très ciselées. La plus célèbre d'entre elles évoque les conquistadors en route vers l'Amérique, elle faisait autrefois partie intégrante de la culture littéraire des potaches; encore maintenant, elle me semble particulièrement bien tournée. "Les trophées" ne se résument pas à ce seul poème ! On trouve d'autres sonnets qui sont agréables à lire.
Toutefois, à mon avis, d'autres poésies sont d'une facture plus laborieuse et ils sonnent moins bien: ça manque de spontanéité, de simplicité, de musicalité; les mots sont trop recherchés; les références se situent trop loin de notre culture actuelle. Mon appréciation globale sur le recueil est donc un peu réservée...
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SCOman
  06 novembre 2013
La poésie française compte selon moi quatre chefs-d'oeuvre ultimes : Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, La Légende des siècles de Victor Hugo, les Poèmes barbares de Leconte de Lisle, et Les Trophées de José-Maria de Heredia. Les trois derniers cités se distinguent par une poésie au souffle épique que je trouve pour ma part éblouissant. Il n'est donc pas étonnant qu'Anny Detalle, dans sa préface des Trophées, parle ainsi De Heredia : « les années 1850 à 1870 nous laissent l'image d'un artiste hésitant entre Leconte de Lisle, son maître reconnu, Hugo, dont la phrase épique sous-tend Les Conquérants de l'Or, et Baudelaire, dont l'influence inavouée pèse plus lourdement qu'il ne voudrait l'admettre ». Membre emblématique du Parnasse, Heredia est un génie de la poésie qui rappelle Baudelaire, Hugo et Leconte de Lisle, et qui parfois même les dépasse par la beauté de son verbe.

Il m'est personnellement difficile de dresser une critique objective des Trophées, tant l'émotion affleure au détour des rythmiques de la rime. Ce recueil de poème est constitué d'une centaine de sonnets, ainsi de quelques formes poétiques plus libres et plus longues, telles Romancero et Les Conquérants de l'Or. Si La Légende des siècles de Victor Hugo entend traduire une histoire universelle du monde, la portée historique des Trophées est plus modeste, se découpant en sept parties intrinsèquement différentes : La Grèce et la Sicile, Rome et les Barbares, le Moyen Âge et la Renaissance, L'Orient et les Tropiques, La Nature et le Rêve, Romancero, et Les Conquérants de l'Or. le style De Heredia est fluide, très (...)
Lien : http://leslecturesdares.over..
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lecteur84
  21 mars 2014
Un classique de la poésie, qui n'a pas étudié "les conquérants"! simple peut être certains le trouveront démodés...c'est une poésie bien construite, qui témoigne d'une époque...a lire...
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VACHARDTUAPIED
  28 mars 2013
Magnifiques vers pleins de référence à, l'Antiquité, fort agréable.....
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PatrickCasimir
  25 septembre 2017
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